Inspeer, la start-up qui repense l'assurance

Anissa Hammadi • 09 Décembre 2014 • 17:18

Finaliste du Grand Prix de l'Innovation de la ville de Paris 2014, Inspeer est la première société française à proposer une franchise d'assurance collaborative. Facile d'utilisation et économique, le système sera ouvert à tous les assurés au premier trimestre 2015.

Inspeer, la start-up qui repense l'assuranceEmmanuelle Mury et Louis de Broglie, dirigeants de la startup Inspeer

À première vue, tout oppose les deux co-fondateurs d'Inspeer. Emmanuelle Mury et Louis de Broglie se définissent eux-mêmes comme « le ying et le yang ». Elle, c'est un petit brin de femme à l'allure chic, plutöt extravertie. Lui, un jeune homme réservé, au style décontracté, qui fröle les 2 mètres.

Leurs points communs ? Une bonne dose d'autodérision et, surtout, une idée qui les a réunis : tous deux croient dur comme fer au concept d'assurance collaborative. Leur expérience dans ce secteur leur a permis de mettre au point le projet Inspeer.

Louis de Broglie, ancien actuaire, a dans la poche un diplöme du MBA (Master of Business Administration) de l'IE Business School, à Madrid (Espagne). Expert en assurance, il a peaufiné son idée de franchise collaborative courant 2012.

« À cette époque, on parlait beaucoup de l'économie collaborative. Cela avait impacté beaucoup de secteurs mais pas encore celui de l'assurance », se souvient-il.

Comme bien souvent, le déclic est venu après un événement banal. « On a loué une voiture avec des amis et on se demandait quelle option d'assurance choisir. En gros, le montant de l'assurance variait en fonction de la franchise. Comme on était cinq, on a pris la plus élevée et on s'est dit que si on avait un sinistre, on se partagerait la somme. Mais seul, cela aurait été impossible ».

C'est lors de son MBA qu'il rencontre Emmanuelle Mury. Avec 15 ans d'expérience en marketing et direction de projets dans l'assurance-crédit, elle a tout de suite été convaincue par le potentiel d'Inspeer. « Elle a réagi au quart de tour ! » ajoute Louis en souriant. « J'avais aussi l'ambition de créer une start-up, avec un partenaire et une idée valable », explique Emmanuelle.

 

L'équipe dirigeante d'Inspeer. De gauche à droite : Thomas Bosc, Emmanuelle Mury et Louis de Broglie.

Revenir aux origines de l'assurance

L'idée d'Inspeer est de « réinventer le principe de l'assurance en mutualisant les risques entre plusieurs personnes et en intégrant la notion de solidarité », résume Louis. En somme, revenir aux origines de l'assurance. « Et puis pour les assureurs, c'est une opportunité de se distinguer et d'innover ! ».

Pour l'instant, la mutualisation se limite à la franchise. Elle s'applique à trois types d'assurance : auto, moto et habitation, quel que soit l'assureur. Et pas besoin de changer de contrat d'assurance !

Un fonctionnement simple et transparent

Tous les utilisateurs pourront consulter les autres profils, s'ils souhaitent partager la franchise avec des inconnus. « Pour ce genre d'engagement, la plupart des assurés souhaitent choisir des personnes de confiance, mais on peut se connecter avec n'importe qui sur le réseau Inspeer, c'est un choix », raconte Emmanuelle.

Dans les deux cas, les membres d'Inspeer sauront où ils mettent les pieds. Par souci de transparence, la start-up a conçu un algorithme pour évaluer le degré de risque de chaque personne. « Les inscrits doivent déclarer leur contrat. À partir de ces données, on en déduit des statistiques de sinistralité clairement affichées sur leur profil », affirment les co-fondateurs. L'analyse des contrats est totalement gratuite.

Chacun est libre de déterminer la taille de son réseau. Seule condition, le principe de réciprocité. « C'est un système en étoile, ça ne fonctionne pas par groupe, explique Louis. Vous pouvez mutualiser avec trois personnes qui ne se connaissent pas forcément et qui elles-mêmes mutualiseront un montant – différent ou non – avec d'autres personnes ».

Pour ne laisser personne sur le bord de la route, Inspeer n'impose aucun budget minimum. Ouverte à tous, « la plateforme est très souple, précise Emmanuelle. Certains peuvent mettre des petits montants, par exemple 3 euros seulement avec une centaine d'amis s'ils le souhaitent. À l'inverse, d'autres peuvent partager leur franchise avec un cercle restreint de personnes de confiance, mais pour une somme plus élevée, 100 euros par exemple ».

Point important, les adhérents ne reversent rien tant qu'aucun sinistre n'est déclaré par l'un des membres de son réseau. Cöté rémunération, Inspeer prélèvera une commission de 10 % sur les sommes collectées.

Du pain béni pour les assurances

Les assureurs ont plutöt bien accueilli le concept de la start-up. Pour eux, les avantages sont nombreux : ce système inciterait à renforcer l'aléa moral. « Si l'on fraude auprès de son assureur, on le fait moins volontiers auprès de ses proches. Il y a une pression sociale », dit Louis. « En ce sens, la franchise collaborative responsabilise les assurés, car on engage sa famille ou ses amis ».

Les co-fondateurs parient donc sur une diminution des déclarations de faux sinistres, qui coûtent 2 milliards d'euros par an aux assureurs.

Autre avantage, atténuer l'aspect « punitif » de la franchise, souvent perçue de manière négative par les assurés. « Lui donner une dimension collaborative permet de redorer son image en quelque sorte ».

Finalistes du Grand Prix de l'Innovation

Le 2 décembre dernier, Emmanuelle et Louis ont participé au Grand Prix de l'Innovation, organisé par la ville de Paris. Ils sont arrivés en finale dans la catégorie « services aux particuliers ». Face à eux, quatre autres jeunes entreprises.

Au bout du compte, c'est la très médiatisée Ornikar, soutenue par Xavier Niel, qui emporte le trophée. « Nous étions très déçus d'avoir perdu mais cela nous a permis de gagner en visibilité », confie Emmanuelle.

Loin d'être démotivés pour autant, les deux associés n'ont « aucun doute » sur l'application du service entre particuliers dans le domaine de l'assurance. Pour Emmanuelle, l'économie collaborative devrait même y tenir « une place folle ».

Le site sera opérationnel en février ou mars 2015. Les associés visent 6 000 adhérents d'ici six mois.
 

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