Quelle place sur le marché des assurances pour celles à la demande ?

Timothée Talbi • 07 Mai 2018 • 11:43

Les assurances à la demande ont émergé au début de la décennie mais ne sont arrivées en France qu'en ce début de nouvelle année par le biais d'acteurs profitant de la révolution numérique. Ne pouvant pas s'affirmer comme de réels concurrents aux assurances classiques, elles ont en réalité plus vocation à être complémentaires de ces dernières.

Quelle place sur le marché des assurances pour celles à la demande ?Les assurances à la demande témoignent d'un principe de fonctionnellement essentiellement divergent par rapport à celui des assureurs classiques.

En France, les principaux assureurs à la demande sont Revolut et Valoo. Le premier est une néo-banque britannique à la base qui a décidé d'inclure une assurance voyage à son offre pour la somme quotidienne d'un euro. Deux mois après, en mars, Valoo a infiltré le marché français en proposant une assurance également journalière de biens spécifiques tels que ceux informatiques, les smartphones mais aussi des accessoires sportifs ou encore des instruments de musique.

Pour se faire une place sur ce marché relativement opaque, ces nouveaux acteurs se sont notamment alliés avec des assureurs plus traditionnels. C'est notamment le cas de Valoo avec « Altima », la filiale tech de la Maif en plus des collaborations intensives avec Macif ou Matmut. « Leocare » d'Insurlytech, spécialisée dans la gestion de clauses de contrats auto ou habitation, a été impulsée par l'assureur Generali.

Un modèle opposé à celui des assurances habituelles

En effet, l'assurance classique fonctionne sur la base des cotisations des assurés qui sont systématiquement mutualisées et versées sous forme d'indemnités lorsqu'un des clients est victime d'un dommage ou d'un sinistre. En revanche, celle à la demande repose sur la ponctualité, la transparence et le contrôle accru offert aux clients qui l'active lorsqu'elle est nécessaire. Cependant, c'est précisément cette possibilité de flexibilité propre aux assurances à la demande qui peut facilement les rendre plus coûteuses qu'une assurance traditionnelle. À titre d'exemple, là où une assurance classique pour smartphone est facturée entre 7 et 20 euros par mois, le coût mensuel peut grimper à 30 euros chez Valoo.

Pourtant, si faire concurrence aux assureurs obligatoires tels que ceux dédiés à l'auto ou l'habitation relève de l'impossible, les assurances à la demande peuvent s'insérer dans le créneau des biens et services de moindre importance. Mais là encore, un problème peut apparaître : celui de la « surassurance ». Et pour cause, l'achat d'un bien, typiquement d'une carte bancaire, peut inclure la souscription à une assurance couvrant le vol d'une multitude d'objets personnels liés au moyen de paiement tels que les clés ou le téléphone portable. Ainsi, une superposition d'assurances peut avoir lieu, ce contre quoi certaines assurances à la demande comme Valoo entendent lutter en travaillant étroitement avec les assureurs traditionnels. 

Malgré ces écueils que peuvent induire les assurances à la demande, ces dernières sont promises à un bel avenir pour bon nombre de spécialistes du marché. Ce futur radieux est envisageable grâce à la tendance à la personnalisation des contrats d'assurés et plus globalement à l'usage croissant des smartphones qui va de pair avec des particuliers de plus en plus mobiles.  

>> Pour aller plus loin : Les assurtech dépoussièrent le marché de l'assurance

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