La protection des données, un enjeu majeur pour les FinTech

Mickaël Touré • 24 Mai 2019 • 16:52

La technologie est de plus en plus présente dans le monde financier. Depuis quelques années, la banque et l'assurance connaissent une véritable révolution numérique. Pour autant, cette évolution est-elle risquée pour les usagers ?

La protection des données, un enjeu majeur pour les FinTech

Avec l'arrivée du digital, notamment dans la relation client, les banques et les sociétés d'assurances tentent de trouver de nouvelles façons de se démarquer vis-à-vis de la concurrence.

Cet aspect est d'autant plus visible avec les FinTech qui misent sur des process toujours plus rapides, des opérations qui nécessitent moins d'intervention humaine et des nouveaux moyens de paiement.

Au fur et à mesure que la technologie progresse, ces nouveaux acteurs du monde financier doivent apprendre à maîtriser les nouveaux outils à leur disposition. D'ailleurs, cela est aussi vrai pour les banques et assurances traditionnelles qui, bien que légèrement en retard, misent davantage aujourd'hui sur une collaboration avec les FinTech.

Plus qu'une évolution, la révolution numérique est un enjeu de survie pour établissements bancaires. Le risque est que cette « digitalisation sauvage » se fasse au détriment du client.  

Alors que la banque et l'assurance évoluent dans des environnements très réglementés, la protection des données est déjà un enjeu majeur pour les FinTech... Et cela devrait être de plus en plus vrai.

Toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort

Ici, la question n'est pas de remettre en cause l'intérêt de la technologie dans le monde bancaire. Ses apports sont indéniables. Grâce à elle, les opérations les plus fastidieuses se trouvent automatisées et simplifiées.

L'ambition serait plutôt d'alerter. Et surtout d'affirmer que l'arrivée de la technologie coïncide également avec l'arrivée de nouvelles problématiques qui ne pourront pas être omises par les FinTech. Pour expliquer cela, il faut partir d'un constat déjà établi un peu plus tôt dans l'article. Soit les acteurs (surtout traditionnels) adoptent la technologie, soit ils disparaissent.

Cette digitalisation galopante se matérialise avant tout par une simplification des processus. Elle permet de responsabiliser l'usager grâce à des outils qui rendent plus faciles les opérations complexes.

Cette simplification des process passe par une personnalisation des services. Les Fintech veulent avant tout proposer l'expérience la plus personnalisée possible afin de fidéliser le client et également lui proposer un service plus qualitatif.

C'est là que l'analyse des données entre en jeu. L'analyse de la « data » facilite cette personnalisation de l'offre. Alors que les banques traditionnelles tentent de rattraper leur retard (via des processus très réglementés), les nouveaux acteurs du secteur, en l'occurrence les FinTech, misent eux sur l'immédiateté.

Dans cette course à l'innovation, deux écoles s'affrontent donc. Celle des acteurs traditionnels qui tentent d'assurer leur avenir et celui des FinTech qui entendent bien aller toujours plus loin dans l'expérience qu'ils proposent à leurs clients. Une question demeure : Quid de la sécurité ?

Partant d'une intention tout à fait louable, si manque de vigilance il y a, elle pourrait bien se retourner contre ces établissements, mais surtout contre l'usager.

Pas le droit à l'erreur

Car devant le nombre de données qui sont en jeu, les établissements financiers n'ont pas le droit à l'erreur. La moindre défaillance pourrait avoir des conséquences catastrophiques.

Il apparaît donc impératif que ce nouveau système assure un niveau de sécurité sans faille. Selon Laurent Corbière, directeur du département opération chez Ayming, deux niveaux d'attention sont particulièrement importants :

« La criminalité, c'est-à-dire la préservation de notre compte en banque et des avoirs associés aux personnes extérieures malveillantes notamment les hameçonneurs ; et la confidentialité : la préservation de la propriété privée des données bancaires. Si un tiers (employeur, débiteur, créditeur...) avait connaissance du niveau de dépenses de ses employés, de son voisin ou de son client, lui serait-il loisible d'utiliser cette donnée comme un outil de pression ? »

Aujourd'hui, l'utilisation des nouvelles technologies passe par la confiance des usagers envers les établissements bancaires. En cas de rupture du contrat de confiance, il deviendrait très compliqué pour l'entreprise de survivre.

Certaines FinTech prennent le contre-pied

Face à cette déroute potentielle, certaines FinTech ont décidé d'opter pour la stratégie inverse. Ainsi, une FinTech comme « ZeProfile » assume totalement sa gestion des données personnelles.

Elle propose aux internautes de monétiser une partie de leurs données personnelles. Pour faire simple, elle propose d'échanger un « profil minimum » basé sur les dépenses du mois de l'usager contre des offres promotionnelles offertes en contrepartie par les e-commerçants qui bénéficieront des données. 

Interrogé par l'usine-digitale.fr, Hubert Le Liepvre, président fondateur de la start-up, explique son choix de manière très simple. "Il va y avoir un monde post-RGPD où beaucoup de robinets vont se fermer". Il promet cependant que les données récoltées ne sont « pas trop intrusive ».

Le RGPD est la dénomination du règlement général de la protection des données. Ses dispositions sont applicables depuis le 25 mai 2018. Comme son nom l'indique il a surtout vocation protéger davantage les usagers mais également à responsabiliser les entreprises qui utilisent des données personnelles dans leur activité.

À première vue, il semble également donner de nouvelles idées aux créateurs de FinTech. Comme quoi, rien n'arrête le progrès...

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