Réforme du budget 2026 : quel impact fiscal sur vos avoirs en Plan Épargne Retraite ?

Le passage à l'année 2026 marque un tournant pour la fiscalité de l'épargne retraite en France. Alors qu'un doute subsistait sur le sort des contrats assurantiels, la Direction générale des finances publiques vient de trancher sur l'application de la nouvelle flat tax.
Une augmentation globale des prélèvements sociaux sur les revenus financiers
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026, validée mi-décembre par le Parlement, a instauré un relèvement de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) de 1,4 point sur les revenus du patrimoine. Cette mesure fait grimper le taux global des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Par conséquent, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé flat tax, subit une révision automatique, passant de 30 % à 31,4 % pour la majorité des actifs financiers.
Si l'assurance vie a bénéficié d'une dérogation spécifique via l'amendement gouvernemental n°1104, le flou a longtemps persisté concernant les Plans Épargne Retraite (PER). La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a finalement mis un terme aux débats techniques : tous les PER, qu'ils soient de nature assurantielle ou bancaire, sont soumis à cette nouvelle pression fiscale. Aucun privilège n'est accordé aux contrats gérés par des compagnies d'assurance, malgré leur proximité structurelle avec l'assurance vie.
| Type de taxe | Ancien taux (2025) | Nouveau taux (2026) |
|---|---|---|
| Prélèvements sociaux (CSG/CRDS...) | 17,2 % | 18,6 % |
| Flat Tax globale (PFU) | 30,0 % | 31,4 % |
Le détail des placements préservés par le législateur
Malgré cette offensive fiscale sur l'épargne longue, certains produits de précaution conservent leur statut privilégié. Les livrets réglementés restent le dernier rempart contre l'imposition. À l'inverse du PER, ces supports ne subissent ni l'impôt sur le revenu, ni les cotisations sociales, protégeant ainsi le rendement réel pour les épargnants les plus modestes ou prudents.
En plus de l'assurance vie qui échappe à cette hausse de 1,4 point, d'autres dispositifs liés au logement bénéficient d'une exclusion. C'est le cas des intérêts générés par le Compte Épargne Logement (CEL) et des gains issus du Plan d'Épargne Logement (PEL). Cette volonté politique vise à préserver les capacités d'apport personnel des Français dans un contexte immobilier complexe, tout en faisant peser l'effort budgétaire sur les produits de capitalisation plus globaux.
| Produits concernés par la hausse | Produits exclus (maintien du taux) |
|---|---|
| PER (Bancaires et Assurantiels) | Assurance Vie |
| Comptes-titres ordinaires | Livret A / LDDS / LEP |
| Certains revenus fonciers | PEL / CEL |
Les conséquences concrètes pour les futurs retraités
Le durcissement de la fiscalité modifie l'arbitrage pour les épargnants au moment de la liquidation de leur PER. Pour ceux qui ont profité de la déduction fiscale sur leurs versements volontaires durant leur activité, la note sera plus salée lors d'une sortie en capital. Si le principal reste taxé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, la part correspondant aux plus-values est désormais amputée de 31,4 % au titre de la flat tax révisée.
Pour les investisseurs n'ayant pas opté pour la déduction fiscale à l'entrée, seule la plus-value est taxée. Néanmoins, l'alourdissement de la CSG réduit mécaniquement la performance nette de long terme. Cette décision de la DGFiP souligne la volonté de Bercy d'harmoniser la fiscalité du capital, en ne laissant subsister que peu de niches face aux besoins de financement de la Sécurité sociale. Il est donc essentiel pour les épargnants de revoir leur stratégie de sortie pour optimiser la part nette de capital récupérée au moment de la retraite.