Rendements assurance vie 2025 : les banques ajustent leur stratégie de rémunération

Depuis le début du mois de janvier, les grands réseaux bancaires dévoilent progressivement les performances de leurs fonds en euros pour l'année 2025. Après une période de forte remontée, la tendance penche désormais vers une légère décrue des taux de base, compensée par des mécanismes de bonus toujours très agressifs pour les épargnants.
Un virage stratégique vers les bonus de rendement
Le secteur bancaire, qui avait surpris le marché en 2023 par un redressement spectaculaire de ses performances, semble entrer dans une phase de stabilisation, voire de léger repli. Alors que la moyenne du marché pour l'année 2024 s'établissait autour de 2,6 %, les premières publications pour l'exercice 2025 montrent une baisse modérée. Des établissements majeurs comme BNP Paribas, SG (ex-Société Générale) ou le Crédit Agricole confirment cette érosion du taux de base, les experts tablant sur une moyenne globale avoisinant les 2,5 % pour l'année écoulée.
Pour maintenir l'attractivité de leurs contrats phares, les banques privilégient désormais les politiques de bonification. En incitant les clients à verser de nouveaux capitaux ou à orienter une partie de leur épargne vers les unités de compte (UC), certains acteurs parviennent à servir des rémunérations totales bien plus compétitives, dépassant parfois les 4,50 %. Cette stratégie de "boost" permet d'afficher des performances de haut de tableau tout en préservant les marges sur le fonds en euros classique.
| Établissement | Contrat de référence | Taux de base 2025 | Plafond avec bonus 2025 |
|---|---|---|---|
| BNP Paribas | Multiplacements 2 | 2,75 % | 4,55 % |
| SG | Séquoia | 2,55 % | 4,65 % |
| Crédit Agricole | Prédissime 9 série 2 | 2,15 % | 3,95 % |
Le comportement des réseaux bancaires face à la concurrence
Historiquement moins généreuses que les mutuelles ou les assureurs en ligne, les banques traditionnelles ont fait des efforts considérables depuis 2021 pour ne plus être distancées. Si l'on regarde les chiffres compilés, des réseaux comme LCL ou le Crédit Mutuel avaient réussi à stabiliser leurs offres en 2024 autour de 2,60 % à 2,80 %. En 2025, la sélectivité devient le maître-mot : la rémunération "sans conditions" s'essouffle au profit d'une épargne plus active.
L'enjeu pour ces acteurs est de fidéliser une clientèle qui pourrait être tentée par d'autres produits de placement. En proposant des bonus attractifs (allant jusqu'à 4,70 % l'année précédente pour la Banque Populaire ou 4,35 % pour la Caisse d'Épargne), les banques transforment le fonds en euros en un produit d'appel pour la diversification. Les épargnants doivent donc rester vigilants : le taux facial affiché en baisse peut cacher une opportunité réelle si les conditions de bonification correspondent à leur profil de risque.
Perspectives et vigilance pour les épargnants en 2026
La publication de ces résultats marque une étape cruciale pour l'arbitrage patrimonial des ménages. Dans un environnement financier où les taux directeurs évoluent, la capacité des assureurs bancaires à piocher dans leurs réserves (la Provision pour Participation aux Excédents) sera déterminante pour l'avenir. Il est conseillé aux détenteurs de contrats de vérifier les clauses de leur contrat, car les taux planchers annoncés ne sont pas toujours représentatifs de ce qui sera réellement crédité sur leur compte après prélèvements sociaux.
La tendance à la baisse du rendement socle souligne l'importance d'une gestion dynamique. Avec une inflation qui se normalise, obtenir un rendement net positif reste possible, mais demande une attention particulière aux frais de gestion et aux opportunités de bonus offertes lors des campagnes de versement ponctuelles qui devraient fleurir tout au long du premier trimestre 2026.