Seniors : comment adapter son logement pour être autonome ?

Anissa Hammadi • 05 Décembre 2014 • 15:20

La Silver Economy Expo et le Salon des services à la personne, consacrés à l'économie du vieillissement, se sont tenus les 4 et 5 décembre à Paris. Des dizaines d'innovations ont été présentées pour mieux vivre chez soi lorsque l'on est senior.

Seniors : comment adapter son logement pour être autonome ?La Silver Economy Expo, salon consacré à l'économie du vieillissement

Rester à domicile plutöt que de partir vivre en résidence seniors, maison de retraite ou Ehpad, c'est le rêve d'une grande majorité de personnes âgées. Mais ce plaisir nécessite plusieurs aménagements et travaux pour se sentir en sécurité chez soi. Bon nombre d'outils d'alerte innovants ont été présentés lors d'un grand salon à Paris, regroupant Solulo, la Silver Economy Expo et le Salon des services à la personne. Dans la partie « Maison du mieux vivre », près de 40 innovations ont été dévoilées sur les stands. Tour d'horizon des principales solutions pour rester autonome.

• Les capteurs et systèmes d'alerte

C'est le moyen le plus simple et le moins coûteux d'être en sécurité. Legrand, spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment, a présenté le panel le plus complet en la matière. Le capteur « large bande » assure un suivi d'activité avec localisation, détection de chutes ou de situations anormales. Cette technologie permet de voir à travers les obstacles, comme une cloison ou un mobilier.

L'entreprise propose également un capteur de mouvement combiné à un capteur d'ouverture de porte, afin de détecter une sortie du domicile le soir sans retour. L'alerte est alors enclenchée.

Autres gadgets pratiques, une prise à extraction facile pour éviter les basculements vers l'arrière, une tirette de douche en cas de problèmes dans la salle de bains ou encore un bouton d'alerte à porter au poignet ou en médaillon. Tous ces objets sont reliés à un transmetteur de téléassistance, à placer de préférence près du téléphone. Ce transmetteur prévient un opérateur qui prend les mesures d'aide nécessaires.

« Les prix sont très variables : un balisage radio coûte environ 300 €, mais un balisage lumineux intégré à l'électricité est bien plus onéreux », explique un représentant de la société Legrand.

« L'objectif n'est pas d'être intrusif mais bienveillant »

Tous ces détecteurs de mouvement pourraient rebuter plus d'une personne, effrayée par leur cöté « Big Brother ». Toutefois, l'entreprise Legrand se veut rassurante : « L'objectif n'est pas d'être intrusif mais bienveillant, de pouvoir secourir une personne dans l'urgence », assure Olivier Vallée, l'un des responsables. Il ajoute : « Les gens sont demandeurs de ces solutions-là. Eux ne les voient pas comme une surveillance mais comme des objets qui les rassurent. Une personne âgée peut ainsi rester chez elle sans se demander ce qu'il lui arriverait si elle tombait ».

Pour Olivier Vallée, la solution des capteurs est toujours préférable à une surveillance dans un Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), bien plus contraignante : « Entrer dans la chambre d'un patient en Ehpad toutes les deux heures, ce n'est pas mieux. Et nous n'avons aucune données d'images, ce n'est pas une télé-réalité », poursuit-il.

Plusieurs autres sociétés se sont spécialisées sur ce genre d'installation comme Maé Agencement, destiné plutöt aux personnes en fauteuil roulant, ou encore C2S (Cash Systems Security) qui propose le VAC (visualisation et alerte de chute). Pour l'acquérir, il faut compter 1000 €, tarif comprenant la licence, le logiciel et le capteur optique : en cas de chute, ce dernier envoie une alerte et donne la possibilité de parler directement à l'assistant.

Otono-me offre aussi un service d'alerte et de monitoring, afin de « favoriser l'autonomie des personnes fragilisées ». Le principe est le même : cinq capteurs sont installés dans le domicile. Lorsqu'une anomalie est détectée dans le logement, comme une chute par exemple, une alerte est automatiquement envoyée, soit vers un plateau d'assistance, soit par SMS aux proches ou aux aidants.

• Aménager son domicile

Si les capteurs ne suffisent pas, les personnes à mobilité réduite peuvent aménager leur salle de bains ou leur cuisine pour faciliter les déplacements du quotidien. Surélever les WC avec une barre d'appui, installer un siège de douche ou remplacer la baignoire par une douche de plain-pied font partie des travaux les plus courants.

Parmi les fabricants présents sur le salon, Harmonie Douche, entreprise 100% française, propose une formule à 4500 € environ tout compris, incluant la pose de mosaïque décorative, la pose de carrelage certifié Handibat, le mitigeur et l'installation d'un siège de douche.

Pas de panique, les personnes âgées ne sont jamais lâchées dans la nature pour ce type d'aménagement. Le mouvement PACT, en lien avec la Caisse de retraite, les accompagne dans leur projet. Premier réseau associatif au service de l'habitat, il regroupe 145 associations.

Le PACT envoie un ergothérapeute qui évalue les difficultés de la personne ainsi que les points forts et points faibles du logement. Ce diagnostic lui permet de conseiller au mieux le propriétaire, selon ses besoins et ses attentes, et de préconiser certains travaux.

« Un service intéressant pour les assureurs »

Medialis offre également un service de conseils, depuis deux mois seulement. Un spécialiste des nouvelles solutions facilitant la vie à domicile se déplace chez la personne. Il faut compter 149 € pour 1h30 d'échanges, de conseils et un diagnostic personnalisé. « Ce service est très intéressant pour les assureurs car nous permettons d'éviter les accidents », affirme la responsable du stand Medialis.

En général, plusieurs acteurs publics, dont l'assurance retraite, les collectivités locales et les bailleurs sociaux, financent en grande majorité les travaux. Par exemple, le remplacement d'une baignoire et l'installation d'un monte-escalier est facturé 15 000 €. Mais les aides sont nombreuses et plus ou moins élevées selon l'apport personnel du propriétaire, son lieu d'habitation et son niveau de dépendance et/ou de handicap.

Autre point, il est important de ne pas négliger les aménagements extérieurs, où les obstacles peuvent être nombreux. Il est préférable de remplacer un escalier par un plan incliné, de poser une main courante, d'automatiser des ouvertures ou d'installer des éclairages.

• Un robot chez soi

Enfin, solution plus futuriste et bien plus onéreuse, le robot ! Parmi les innovations les plus modernes, Cybedroïd tient le haut du pavé. Cette start-up française conçoit des robots humanoïdes grandeur nature destinés à moyen terme, d'ici 5 ans, à l'aide à la personne.

Un peu de patience donc, si vous souhaitez acquérir Aria, 1m70, le dernier prototype de la société. Il interagit de façon autonome avec son environnement grâce à ses multiples fonctions, comme la reconnaissance vocale et faciale, la synthèse vocale et les gestes.

Aria pourra ramasser un objet au sol, porter un plateau, ouvrir une porte, rappeler la prise de médicaments. Le robot est aussi capable de répondre au téléphone, allumer la télévision, lire ou écrire un e-mail. Pour les personnes fragiles ou isolées, Aria assure un röle de véritable compagnon interactif et détecte les anomalies, comme une fuite de gaz, une chute ou une intrusion. Ainsi, un référent pourra prendre le contröle du robot à distance pour résoudre le problème.
 

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