Sociétés Civiles de Placement Immobilier : une année 2025 marquée par le rebond de l'épargne

Après une période de turbulences et d'incertitudes, l'immobilier pierre-papier retrouve enfin de l'élan en ce début d'année 2026. Porté par des rendements en progression et un appétit renouvelé des investisseurs, le secteur des SCPI tourne la page des ajustements pour entrer dans une phase de consolidation prometteuse.
Une dynamique de souscription retrouvée pour l'immobilier collectif
Le secteur des SCPI affiche une santé robuste avec des flux financiers en nette accélération. Selon les indicateurs consolidés par l'ASPIM et l'IEIF, l'année 2025 s'est clôturée sur une collecte nette de 4,6 milliards d'euros. Ce résultat traduit une hausse spectaculaire de 29 % par rapport à l'exercice précédent, signe que la confiance des épargnants est de retour. La fin d'année a été particulièrement porteuse, le dernier trimestre concentrant à lui seul 1,3 milliard d'euros d'investissements nouveaux.
Dans ce contexte de reprise, les investisseurs privilégient massivement la mutualisation. Les SCPI dites "diversifiées" ont capté près de deux tiers des nouvelles parts (65 %), devançant largement le secteur des bureaux (24 %). Cette tendance souligne une volonté de répartir les risques sur plusieurs typologies d'actifs (commerces, logistique, hôtellerie) pour sécuriser le capital dans un environnement économique qui reste en observation.
| Indicateur de marché (2025) | Valeur / Performance | Évolution / Part |
|---|---|---|
| Collecte nette globale | 4,6 Mds € | + 29 % |
| Taux de distribution moyen | 4,91 % | + 0,19 pt |
| Part des SCPI diversifiées | 65 % | Leader du marché |
Des dividendes en hausse et une gestion ciblée de la liquidité
La rentabilité est le second moteur de ce redressement. Le rendement moyen pondéré s'est élevé à 4,91 % en 2025, offrant une prime de risque attractive par rapport aux placements sans risque. La disparité des stratégies reste toutefois de mise : les véhicules diversifiés atteignent des sommets à 6 %, tandis que l'immobilier résidentiel, plus défensif, se stabilise autour de 4,2 %. Symboliquement, la performance globale du marché repasse en territoire positif (+1,46 %), effaçant les stigmates des deux dernières années de baisse des valeurs de parts.
Le point de vigilance majeur reste la liquidité, bien que le problème soit désormais identifié et circonscrit. Le stock de parts en attente de rachat représente 3,1 % de la capitalisation globale (soit 2,8 milliards d'euros). Il est crucial de noter que cette tension ne concerne qu'une infime minorité de fonds : 15 SCPI, essentiellement centrées sur des parcs de bureaux anciens, concentrent 75 % des demandes de retrait. Pour la grande majorité des porteurs, le marché reste fluide, avec près d'un milliard d'euros de transactions enregistrées sur le marché secondaire.
Sélectivité : le maître-mot pour les épargnants en 2026
Le paysage des SCPI en 2026 ne doit plus être abordé comme un bloc monolithique. Le marché se segmente entre des fonds agiles, capables de saisir des opportunités à des prix d'acquisition décotés, et des véhicules historiques contraints de gérer la dépréciation de leurs actifs les plus anciens. La logistique (+5,8 %) et l'hôtellerie (+5,1 %) confirment leur statut de relais de croissance, tandis que les secteurs de la santé et de l'éducation subissent encore quelques ajustements de valorisation.
Pour les investisseurs, la stabilisation des taux d'intérêt offre une fenêtre de tir intéressante. La clé du succès réside désormais dans l'analyse fine de la réserve de report à nouveau (RAN) et de la qualité des locataires. En privilégiant les gestionnaires ayant une stratégie de liquidité transparente et une exposition sectorielle équilibrée, la SCPI s'affirme à nouveau comme un pilier incontournable de la diversification patrimoniale à long terme, capable de générer des revenus réguliers malgré les cycles économiques.