Taux bas : nouvelles décisions fortes de la part de la BCE

Mickaël Touré • 16 Septembre 2019 • 14:06

Comme attendu, Mario Draghi, le président de la BCE s'est exprimé, ce jeudi, à Francfort. Il a annoncé une nouvelle baisse du taux de dépôts ainsi que la réactivation des rachats de dettes publique et privée.

Taux bas : nouvelles décisions fortes de la part de la BCEBuilding de la Banque Centrale Européenne à Francfort (Allemagne)

Pour le président de la BCE, Mario Draghi, la réunion du 12 septembre pouvait s'apparenter à un champ du cygne. Un dernier tour de piste avant de laisser la lumière à Christine Lagarde, qui prendra sa place à la tête de l'institution européenne le 1er novembre prochain. Cela tombe bien, après son discours de Sintra en juin dernier, tous les acteurs du marché étaient pendus à ses lèvres.

Alors que la conjoncture est marquée par une situation pourtant exceptionnelle au niveau du crédit immobilier, elle l'est beaucoup moins en termes d'épargne et pour les acteurs de la banque. Que ce soit dans la banque traditionnelle, la banque en ligne ou les néo-banques, toutes subissent une forte baisse de leur rentabilité.

Face à ce contexte, la Banque centrale avait ouvert la voie à une salve de nouvelles mesures plus accommodantes afin de tenter de relancer l'économie européenne. Chose promise, chose due, la réunion d'hier fut donc le théâtre d'un certains nombres d'annonces, certaines plus fracassantes que d'autres.

Une mesure phare controversée

Ainsi, « Super Mario » a d'emblée annoncé la couleur : « Vous vous souvenez que j'avais dit que tous les instruments étaient sur la table, prêts à être utilisés. Eh bien, aujourd'hui, nous l'avons fait » a-t-il déclaré avant d'annoncer la première mesure, et surement la plus controversée, à savoir : la réactivation des rachats de dettes publiques et privées.

Dès le 1er novembre, la BCE va reprendre ses achats d'obligations à hauteur de 20 milliards d'euros par mois et financés via la création de monnaie. Déjà l'oeuvre entre mars 2015 et fin 2018, cette politique communément appelée « Quantitative Easing » a permis de déverser 2 600 milliards d'euros sur les marchés.

Cette fois-ci, Mario Draghi a indiqué que la mesure serait en place « aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l'effet accommodant de sa politique de taux bas ». La perspective de voir le QE s'installer sur le long-terme a été accueillie positivement, pour autant, la BCE devra rapidement trouver des obligations à acheter.

L'application de cette mesure a d'ailleurs suscité beaucoup de réticences au sein même du conseil des gouverneurs, très partagés sur la relance du QE. Pour certains d'entre eux, elle serait inefficace. D'autant plus lorsque l'on sait que cette « arme » est surtout efficiente en temps de crise, alors que l'union monétaire ne fait face qu'à un ralentissement.

Nouvelle baisse du taux de dépôt

La seconde grande mesure était elle beaucoup plus attendue et à très logiquement suscitée beaucoup moins d'émois. Il s'agit d'une nouvelle baisse des taux de dépôt à hauteur de -0,1 point de pourcentage. Il passe ainsi de -0,4% à -0,5%, et devrait rester à ce niveau tant que l'objectif d'inflation de 2% ne sera pas atteint.

Lors de son allocution, Mario Draghi a tout de même insisté sur le fait que malgré cette nouvelle baisse, le soutien à la croissance devrait avant tout venir de la politique budgétaire des États. L'idée est ici d'encourager les banques à prêter aux ménages et aux entreprises. Dans le même temps, le taux de refinancement a été maintenant à 0% soit son niveau le plus bas depuis 3 ans.

Reste désormais à savoir si les mesures seront efficaces. Sinon, la BCE pourrait bien se tourner vers la distribution gratuite d'argent aux Européens, une solution qui commence à faire son chemin auprès des banquiers centraux. 

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