Immobilier : vers une hausse durable des taux d'intérêt pour 2026 et 2027

Le secteur immobilier fait face à un nouveau tournant marqué par un renchérissement du coût de l'argent. Selon les dernières projections de l'Observatoire Crédit Logement/CSA, les futurs acquéreurs devront composer avec des conditions de financement de plus en plus exigeantes au cours des deux prochaines années.
Des prévisions orientées à la hausse pour les deux prochaines années
Le temps de l'accalmie semble révolu sur le front du financement immobilier. Après avoir atteint des seuils bas à 3,06 % durant l'été 2025, le coût moyen des emprunts a entamé une remontée dès la fin de l'année dernière. L'Observatoire Crédit Logement/CSA indique que le taux moyen s'établissait à 3,14 % en décembre 2025. Cette tendance devrait s'accentuer : les experts tablent sur une moyenne annuelle de 3,41 % en 2026, culminant à 3,55 % au dernier trimestre.
Le mouvement de hausse ne s'arrêterait pas là. Pour l'année 2027, les projections évoquent un taux moyen annuel de 3,60 %, avec un pic attendu à 3,95 % en fin d'exercice. Comme l'a souligné l'économiste Michel Mouillart, les banques sont contraintes d'ajuster leurs barèmes pour préserver leurs marges dans un environnement financier instable, marquant ainsi une période de revalorisation tarifaire durable.
| Période | Taux moyen attendu (hors assurance) | Moyenne annuelle estimée |
|---|---|---|
| Décembre 2025 | 3,14 % | - |
| 4ème Trimestre 2026 | 3,55 % | 3,41 % |
| 4ème Trimestre 2027 | 3,95 % | 3,60 % |
L'impact de la dette publique sur le financement des particuliers
La situation du crédit immobilier est intrinsèquement liée à la santé financière de l'État. En 2025, le coût auquel la France emprunte sur les marchés financiers a atteint des sommets inédits depuis quinze ans. Les établissements bancaires, qui se refinancent en partie sur ces mêmes marchés, répercutent logiquement ce surcoût sur les crédits accordés aux ménages. Cette pression sur la dette souveraine limite la capacité des banques à proposer des taux bas sans compromettre leur propre équilibre économique.
Parallèlement, la durée des emprunts s'étire pour compenser la perte de pouvoir d'achat. L'Observatoire note que la durée moyenne des prêts atteint désormais 250 mois, soit près de 21 ans. C'est un record historique depuis deux décennies. On frôle aujourd'hui la limite réglementaire de 25 ans imposée par les autorités financières, réduisant ainsi les marges de manoeuvre des foyers pour abaisser leurs mensualités.
Un accès à la propriété de plus en plus sélectif
Si les prix des logements continuent de progresser légèrement (+0,8 % l'an dernier selon les indicateurs de la Fnaim), le marché risque de se gripper. L'équation devient complexe pour les ménages : soit ils acceptent des mensualités plus lourdes par rapport à leurs revenus, soit ils sont contraints d'abandonner leur projet. Cette seconde option est la plus redoutée, car elle pourrait entraîner une baisse significative du volume de transactions.
Le constat dressé par les professionnels du secteur, notamment la Fnaim, est sans appel : le financement immobilier devient un privilège réservé aux profils les plus aisés. Pour les classes moyennes et les primo-accédants, le ticket d'entrée sur le marché du crédit est de plus en plus difficile à obtenir. Sans une stabilisation des taux ou une baisse franche des prix de vente, le risque de voir le nombre d'emprunteurs s'effriter est réel, accentuant la fracture sociale dans l'accès au logement.