Louer sa résidence secondaire avec le statut LMNP

Arsalain EL KESSIR
Louer sa résidence secondaire avec le statut LMNP

✍ Les points à retenir

  • Vérifier la définition du meublé : Pour bénéficier du statut LMNP, votre résidence secondaire doit être équipée de tout le mobilier indispensable à la vie quotidienne (literie, cuisine équipée, table, sièges, etc.) conformément à la liste légale.
  • Choisir le régime réel pour l'amortissement : Contrairement au régime Micro-BIC, le régime réel vous permet de déduire l'amortissement comptable du prix d'achat du bien et des travaux. Cela permet souvent de réduire votre bénéfice imposable à zéro et de ne payer aucun impôt sur vos loyers.
  • Respecter les seuils de recettes : Pour rester "non professionnel", vos recettes locatives annuelles ne doivent pas dépasser 23 000 € ou représenter plus de 50 % des revenus d'activité de votre foyer fiscal. Au-delà, vous basculez automatiquement dans le statut LMP (Professionnel).
  • S'immatriculer auprès du greffe : Même pour une résidence secondaire, vous devez déclarer votre activité de loueur en meublé dans les 15 jours suivant le début de la location afin d'obtenir un numéro SIRET (formulaire P0i ou via le guichet unique).
  • Anticiper les réglementations locales : Dans de nombreuses communes (zones tendues), la location saisonnière d'une résidence secondaire nécessite une autorisation de changement d'usage ou un numéro d'enregistrement. Renseignez-vous en mairie pour éviter de lourdes amendes.

Qu'est-ce que le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) ?

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel est un régime fiscal et juridique particulièrement adapté aux propriétaires qui souhaitent rentabiliser une résidence secondaire. Contrairement à la location nue, ce statut concerne la mise à disposition d'un logement garni d'un mobilier suffisant pour permettre au locataire d'y vivre, d'y dormir et d'y manger normalement. Pour un propriétaire de résidence secondaire, ce cadre permet de générer des revenus locatifs tout en conservant la possibilité d'occuper le bien une partie de l'année, notamment dans le cadre de la location saisonnière ou de courte durée.

Une définition fiscale précise du loueur non professionnel

Le statut LMNP n'est pas une structure juridique en soi, mais une qualification fiscale. Pour être considéré comme non professionnel lors de la mise en location de votre résidence secondaire, vous devez respecter deux conditions cumulatives définies par le Code général des impôts. Premièrement, les recettes annuelles tirées de l'activité de location meublée (loyers et charges compris) ne doivent pas excéder 23 000 €. Deuxièmement, ces recettes doivent être inférieures aux revenus du foyer fiscal soumis à l'impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux (autres que la location meublée), bénéfices agricoles ou bénéfices non commerciaux. Si l'une de ces limites n'est pas franchie, le propriétaire conserve son statut de non professionnel, ce qui simplifie grandement la gestion de sa résidence secondaire.

La nature commerciale des revenus perçus

L'une des particularités majeures du statut LMNP est que les revenus issus de la location de votre résidence secondaire ne sont pas imposés dans la catégorie des revenus fonciers, mais dans celle des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Cette distinction est fondamentale car elle offre une souplesse comptable et fiscale bien supérieure à celle de la location nue. En étant considéré fiscalement comme un exploitant commercial, le propriétaire d'une résidence secondaire peut déduire une palette de charges beaucoup plus large et, sous certaines conditions, pratiquer l'amortissement comptable du bien. Cette approche transforme la perception du logement : il n'est plus seulement un lieu de villégiature, mais un actif productif dont la fiscalité est optimisée en fonction des coûts réels de détention et d'entretien.

L'accessibilité du statut pour les propriétaires particuliers

Le statut LMNP est accessible à tout contribuable français résidant fiscalement en France qui possède une résidence secondaire prête à être louée. Aucune inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) n'est requise pour le loueur non professionnel, ce qui réduit les démarches administratives complexes. La seule obligation déclarative initiale consiste à informer l'administration de l'existence de l'activité via le formulaire P0i, afin d'obtenir un numéro SIRET. Ce numéro est indispensable pour identifier l'exploitation de votre résidence secondaire et pour choisir le régime d'imposition le plus favorable. Cette simplicité d'accès fait du LMNP la solution privilégiée pour les familles souhaitant couvrir les charges fixes (taxes, assurances, entretien) d'un bien de vacances tout en bénéficiant d'un cadre fiscal protecteur et évolutif.

Les avantages fiscaux du LMNP pour une résidence secondaire : régime micro-BIC vs réel

Le choix du régime d'imposition est l'étape la plus cruciale pour optimiser la rentabilité d'une résidence secondaire. En LMNP, deux options s'offrent au propriétaire : le régime micro-BIC, apprécié pour sa simplicité, et le régime réel, reconnu pour sa puissance d'optimisation par l'amortissement. Le tableau ci-dessous synthétise les différences majeures pour vous aider à arbitrer selon la situation de votre résidence secondaire.

Critères de comparaisonRégime Micro-BICRégime Réel Simplifié
Seuil d'application Revenus < 77 700 € (ou 188 700 € pour les classés) Obligatoire au-delà des seuils ou sur option
Abattement forfaitaire 50 % (jusqu'à 71 % pour les meublés de tourisme) Aucun (déduction des frais réels)
Déduction des charges Impossible (incluse dans l'abattement) Intérêts, travaux, taxes, assurances, entretien
Amortissement du bien Non autorisé Oui (permet de réduire l'imposition à 0 €)
Comptabilité Très simplifiée Obligatoire (Bilan et Compte de résultat)

Le micro-BIC : l'option de la tranquillité administrative

Le régime micro-BIC est souvent le premier choix des propriétaires de résidence secondaire qui louent de manière occasionnelle. Son fonctionnement est rudimentaire : vous déclarez le montant brut des loyers perçus, et l'administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 50 % représentatif de vos charges. Vous n'êtes donc imposé que sur la moitié de vos revenus locatifs. Si votre résidence secondaire est classée en meublé de tourisme, cet avantage devient encore plus compétitif avec un abattement qui peut atteindre 71 % dans certaines zones. C'est un excellent calcul si vos charges réelles (intérêts d'emprunt, taxe foncière, électricité, ménage) sont inférieures à la moitié de vos recettes.

Le régime réel : l'outil d'optimisation fiscale par excellence

Le régime réel est techniquement plus complexe mais bien souvent plus avantageux pour une résidence secondaire récemment acquise ou lourdement chargée. Il permet de déduire l'intégralité des dépenses engagées pour le bien. Au-delà des factures d'entretien, vous pouvez déduire les intérêts de votre crédit immobilier, les frais de notaire la première année et les primes d'assurance. Le levier le plus puissant reste l'amortissement : vous déduisez comptablement chaque année une fraction de la valeur de votre résidence secondaire et de son mobilier. Cette charge non décaissée vient souvent "gommer" le bénéfice imposable, vous permettant de percevoir des loyers nets d'impôts sur une très longue période.

L'arbitrage entre les deux régimes selon votre profil

Pour décider du meilleur régime pour votre résidence secondaire, une simulation est indispensable. Si le bien n'est plus grevé par un emprunt et que les travaux sont terminés, le micro-BIC peut s'avérer suffisant. En revanche, si vous avez des charges de copropriété élevées, un emprunt en cours ou des projets de rénovation énergétique pour votre résidence secondaire, le régime réel sera presque systématiquement plus rentable. Attention toutefois : le passage au régime réel impose la tenue d'une comptabilité rigoureuse respectant le plan comptable général, ce qui nécessite généralement l'accompagnement d'un expert-comptable dont les honoraires sont, eux aussi, déductibles de vos revenus locatifs.

Comment transformer sa résidence secondaire en location meublée : les critères à respecter

La liste obligatoire du mobilier et des équipements

Pour que votre résidence secondaire bénéficie légalement du statut LMNP, elle doit être "décente" et équipée d'un inventaire mobilier minimum défini par la loi (décret n°2015-981). Le logement doit comporter au moins : une literie avec couette ou couverture, des volets ou rideaux dans les chambres, des plaques de cuisson, un four ou un micro-ondes, un réfrigérateur, un congélateur (ou au moins un compartiment à basse température), de la vaisselle, des ustensiles de cuisine, une table et des sièges, des étagères de rangement, des luminaires et le matériel d'entretien ménager. Pour une résidence secondaire haut de gamme, il est conseillé d'aller au-delà de ce socle légal pour séduire une clientèle exigeante et justifier un prix à la nuitée plus élevé.

L'importance de l'inventaire contradictoire

Dans le cadre d'une résidence secondaire louée en meublé, l'inventaire est un document aussi crucial que l'état des lieux. Il doit être précis, détailler l'état de chaque meuble et équipement, et être signé par les deux parties à l'entrée et à la sortie. Pour le propriétaire, c'est la seule preuve permettant de retenir tout ou partie du dépôt de garantie en cas de casse ou de disparition d'objets. Étant donné qu'une résidence secondaire contient souvent des objets personnels, il est recommandé de mettre sous clé les effets de valeur ou sentimentaux dans un placard "propriétaire" condamné, afin d'éviter tout litige et de préserver votre intimité tout en respectant les standards de la location meublée.

Mise aux normes et sécurité du logement

Transformer votre résidence secondaire en location implique également de vérifier la conformité des installations techniques. Les diagnostics obligatoires (DPE, électricité, gaz, plomb, amiante) doivent être à jour et communiqués au locataire. La sécurité incendie ne doit pas être négligée : l'installation de détecteurs de fumée est obligatoire. Si votre résidence secondaire dispose d'une piscine, elle doit impérativement être équipée d'un dispositif de sécurité homologué (barrière, alarme, bâche ou abri). Un logement sûr et aux normes est non seulement une obligation légale pour le statut LMNP, mais aussi une garantie indispensable pour votre responsabilité civile de propriétaire bailleur en cas d'accident survenant durant un séjour locatif.

Changement d'usage et autorisation préalable : les règles spécifiques selon les communes

Comprendre la notion d'usage en urbanisme

La mise en location d'une résidence secondaire pour de courtes durées (location saisonnière) peut être soumise à une réglementation stricte sur le changement d'usage. Juridiquement, le Code de l'urbanisme distingue l'usage d'habitation (longue durée) de l'usage commercial ou de "meublé de tourisme" (courte durée). Si vous louez votre résidence principale, vous bénéficiez d'une tolérance dans la limite de 120 jours par an. En revanche, pour une résidence secondaire, cette tolérance n'existe pas : dès la première nuitée louée à une clientèle de passage, vous changez l'usage de votre bien. Selon la taille de votre commune et la tension du marché immobilier local, ce changement peut nécessiter une autorisation préalable de la mairie.

La réglementation dans les zones tendues et les grandes villes

Dans les villes de plus de 200 000 habitants (et celles de la petite couronne parisienne), ainsi que dans certaines communes ayant pris des délibérations spécifiques, l'autorisation de changement d'usage est obligatoire pour louer votre résidence secondaire. Certaines municipalités imposent même une règle de "compensation" : pour chaque mètre carré de résidence secondaire transformé en meublé de tourisme, vous devez créer une surface équivalente de logement classique (souvent par la transformation de bureaux ou de locaux commerciaux). Cette mesure vise à limiter la raréfaction des logements pour les résidents permanents. Il est impératif de consulter le service d'urbanisme de votre mairie avant de lancer la commercialisation de votre bien pour éviter des amendes pouvant atteindre 50 000 €.

Le numéro d'enregistrement et la déclaration en mairie

Même en dehors des zones soumises au changement d'usage, la plupart des communes touristiques imposent désormais une déclaration préalable en mairie pour toute résidence secondaire louée en meublé. Cette formalité, souvent réalisable en ligne, débouche sur l'attribution d'un numéro d'enregistrement à 13 chiffres. Ce numéro est obligatoire : il doit figurer sur toutes vos annonces de location, que ce soit sur des plateformes spécialisées ou dans les journaux locaux. Cette mesure permet aux collectivités de suivre l'évolution de l'offre locative sur leur territoire et de s'assurer du bon paiement de la taxe de séjour. Ne pas respecter cette obligation administrative peut entraîner des sanctions financières et le blocage de vos annonces par les plateformes de réservation.

Le classement en "Meublé de Tourisme" : un levier pour optimiser votre abattement fiscal

Qu'est-ce que le classement en étoiles ?

Le classement en "meublé de tourisme" est une démarche volontaire du propriétaire d'une résidence secondaire. Il consiste à faire évaluer le confort, les équipements et les services du logement par un organisme agréé (comme une agence départementale de tourisme ou un organisme certificateur). Le classement s'étend de 1 à 5 étoiles et est valable pour une durée de 5 ans. Contrairement au label (Gîtes de France, Clévacances), le classement est une norme officielle d'État. Pour une résidence secondaire, obtenir des étoiles n'est pas seulement un gage de qualité pour les futurs locataires, c'est surtout un outil stratégique pour réduire drastiquement l'imposition de vos revenus locatifs en régime micro-BIC.

L'impact fiscal majeur : l'abattement de 71 %

L'avantage principal du classement pour votre résidence secondaire se situe au niveau de votre déclaration de revenus. Alors que le régime micro-BIC classique offre un abattement de 50 %, le classement en meublé de tourisme permet de porter cet abattement à 71 % (sous réserve de ne pas dépasser le plafond de recettes de 188 700 €). Cela signifie que vous n'êtes taxé que sur 29 % du chiffre d'affaires généré par votre résidence secondaire. Cet avantage fiscal est considérable : il peut permettre de diviser par deux le montant de l'impôt dû par rapport à un logement non classé. C'est souvent l'option la plus rentable pour les propriétaires qui souhaitent conserver la simplicité du micro-BIC sans passer par une comptabilité au régime réel.

Réduction de la taxe de séjour et visibilité accrue

Le classement offre d'autres avantages concrets pour la gestion de votre résidence secondaire. D'une part, la taxe de séjour est souvent calculée de manière fixe (au forfait ou à un taux réduit) pour les hébergements classés, alors qu'elle peut être proportionnelle et plus élevée pour les logements non classés. Cela rend votre offre plus compétitive pour le client final. D'autre part, votre résidence secondaire bénéficie d'une meilleure visibilité auprès des offices de tourisme et des sites de réservation qui proposent souvent des filtres par nombre d'étoiles. Enfin, le classement permet également l'adhésion aux Chèques-Vacances (ANCV), un moyen de paiement très prisé qui permet d'élargir votre base de locataires potentiels et de sécuriser vos réservations hors saison.

Taxe de séjour en LMNP : comment la collecter et la reverser ?

Les différents modes de calcul de la taxe

La taxe de séjour est une contribution payée par les voyageurs séjournant dans votre résidence secondaire, destinée à financer les dépenses liées à l'accueil touristique et à la protection des espaces naturels de la commune. Il existe deux régimes : la taxe au réel et la taxe au forfait. Dans le cas du réel, la taxe est perçue par nuitée et par personne (plus de 18 ans). Dans le cas du forfait, le propriétaire de la résidence secondaire paie une somme fixe annuelle basée sur la capacité d'accueil et la durée d'ouverture du logement, indépendamment de l'occupation effective. La plupart des communes optent aujourd'hui pour la taxe au réel, car elle est plus équitable et plus facile à tracer grâce aux outils numériques.

Le rôle des plateformes de réservation en ligne

Si vous louez votre résidence secondaire via des plateformes comme Airbnb, Abritel ou Booking.com, ces dernières ont l'obligation légale de collecter la taxe de séjour directement auprès du locataire lors de la réservation. Elles se chargent ensuite de la reverser globalement à la commune ou à l'EPCI concerné. Pour le propriétaire, cela simplifie considérablement la gestion administrative. Il est toutefois de votre responsabilité de vérifier que le montant collecté correspond bien au tarif en vigueur dans votre commune (en fonction du classement de votre résidence secondaire) et de conserver les récapitulatifs fournis par la plateforme pour les présenter en cas de contrôle des services municipaux.

Obligations en cas de location directe

Si vous gérez la location de votre résidence secondaire en direct (via votre propre site, le bouche-à-oreille ou des annonces sans paiement intégré), c'est à vous de collecter la taxe de séjour. Vous devez faire figurer son montant sur le contrat de location et l'encaisser auprès du locataire. La loi impose de tenir un "registre du logeur" où figurent le nombre de personnes, le nombre de nuitées et le montant perçu. À intervalles réguliers (généralement trimestriels ou semestriels), vous devez déclarer ces sommes à la mairie et effectuer le versement. Une négligence ou un retard dans le reversement de la taxe pour votre résidence secondaire peut entraîner des intérêts de retard et des amendes administratives, la transparence étant devenue la règle absolue dans le secteur du meublé de tourisme.

Cotisations sociales et seuils de revenus : quand bascule-t-on vers le statut professionnel (LMP) ?

Le seuil fatidique des 23 000 € de recettes

L'exploitation d'une résidence secondaire en LMNP peut rester une activité purement patrimoniale, mais elle est surveillée de près par les organismes de sécurité sociale. Le seuil principal à mémoriser est celui des 23 000 € de recettes annuelles brutes. En dessous de ce montant, les revenus de votre résidence secondaire sont considérés comme des revenus du patrimoine et sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %) lors de votre déclaration de revenus. Cependant, si vos recettes saisonnières dépassent 23 000 € par an, vous pouvez être considéré comme exerçant une activité professionnelle, ce qui entraîne l'assujettissement aux cotisations sociales des travailleurs indépendants (SSI), dont le taux est généralement plus élevé, mais qui ouvrent des droits à la retraite.

La distinction entre LMNP et LMP (Loueur en Meublé Professionnel)

Pour basculer du statut non professionnel (LMNP) au statut professionnel (LMP), deux conditions doivent être remplies simultanément. Premièrement, vos recettes annuelles tirées de l'activité de location meublée (incluant votre résidence secondaire et tout autre bien loué en meublé) doivent être supérieures à 23 000 €. Deuxièmement, ces recettes doivent être supérieures au montant total des autres revenus professionnels de votre foyer fiscal (salaires, BIC, BNC, BA). Si vous respectez ces deux critères, vous devenez LMP. Ce statut professionnel offre des avantages (comme l'imputation des déficits sur le revenu global ou l'exonération d'IFI sous conditions), mais il complexifie la gestion de votre résidence secondaire avec des obligations sociales et comptables plus lourdes.

Le cas particulier des locations de courte durée

Il existe une subtilité importante pour les propriétaires de résidence secondaire louant en saisonnier. Même si vous restez LMNP (car vos loyers sont inférieurs à vos salaires), si vos recettes dépassent 23 000 €, vous pouvez être contraint de payer des cotisations sociales si vous louez à une clientèle de passage. Il y a une exception notable : si votre résidence secondaire est classée en "meublé de tourisme", le seuil de basculement vers les cotisations sociales est beaucoup plus élevé (environ 82 800 €). C'est un argument supplémentaire de poids en faveur du classement de votre bien, car il vous permet de générer des revenus importants sans être assommé par les charges sociales des commerçants, préservant ainsi la rentabilité nette de votre projet.

Est-il encore possible de cumuler le statut LMNP et le dispositif Censi-Bouvard ?

La fin d'un dispositif de défiscalisation majeur

Le dispositif Censi-Bouvard permettait aux investisseurs d'acquérir des logements neufs dans des résidences de services (étudiantes, seniors, ou EHPAD) pour les louer sous le statut LMNP tout en bénéficiant d'une réduction d'impôt directe de 11 % du prix de revient. Pour beaucoup de propriétaires, c'était un moyen de financer une future résidence secondaire déguisée ou un complément de retraite. Cependant, ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2022. Il n'est donc plus possible d'initier un nouvel investissement sous ce régime. Si vous possédez déjà un bien sous Censi-Bouvard, vous continuez bien sûr à bénéficier de votre avantage fiscal jusqu'au terme de votre engagement de location de 9 ans.

Le retour au LMNP "amortissable" classique

Depuis la disparition du Censi-Bouvard, les investisseurs se sont tournés à nouveau vers le LMNP classique au régime réel. Pour une résidence secondaire ou un bien en résidence de services, ce retour aux sources est loin d'être une mauvaise nouvelle. En effet, le Censi-Bouvard interdisait de pratiquer l'amortissement sur la part du prix ayant servi au calcul de la réduction d'impôt. Le LMNP classique, lui, permet d'amortir 100 % de la valeur du bâti. Sur le long terme, l'économie d'impôt générée par l'amortissement comptable du bien est souvent supérieure à la réduction ponctuelle offerte par le Censi-Bouvard. Pour une résidence secondaire transformée en meublé, l'amortissement reste aujourd'hui le levier de défiscalisation le plus pérenne et le plus efficace.

Les opportunités de revente et le statut LMNP d'occasion

L'extinction du Censi-Bouvard a également dynamisé le marché de la revente (marché secondaire). Acquérir une résidence secondaire ou un appartement déjà géré en résidence de services permet de bénéficier immédiatement du statut LMNP et de commencer à amortir le bien sur sa valeur de rachat. C'est ce qu'on appelle le "LMNP d'occasion". Pour l'acquéreur, c'est l'assurance d'une fiscalité neutre dès le premier jour, sans les incertitudes liées à la construction d'un programme neuf. Que ce soit pour un bien de loisir ou un investissement pur, le statut LMNP prouve sa robustesse face aux changements législatifs, confirmant que l'optimisation par la déduction des charges réelles est le socle le plus solide pour détenir un patrimoine immobilier.

Les obligations comptables et déclaratives pour le loueur en meublé

L'immatriculation et le numéro SIRET

Dès le début de la location de votre résidence secondaire, vous avez 15 jours pour déclarer votre activité. Cette formalité se fait désormais via le Guichet Unique des entreprises (géré par l'INPI). Vous recevrez un numéro SIRET qui sera votre identifiant pour toutes vos relations avec l'administration fiscale. Même si vous n'avez qu'une seule résidence secondaire en location, cette étape est impérative. Le choix du régime fiscal (micro-BIC ou réel) doit être précisé lors de cette déclaration initiale, bien qu'il soit possible de changer d'option ultérieurement en respectant les délais légaux de dénonciation. Sans SIRET, vous ne pouvez pas légalement déduire vos charges ou amortir votre bien, ce qui fragiliserait votre situation en cas de contrôle.

La tenue de la comptabilité en régime réel

Si vous optez pour le régime réel afin de défiscaliser les revenus de votre résidence secondaire, vos obligations comptables s'intensifient. Vous devez tenir un livre-journal et un grand livre recensant toutes les recettes et dépenses. À la fin de chaque exercice (généralement le 31 décembre), vous devez établir un bilan, un compte de résultat et un tableau des amortissements. Ces éléments constituent la liasse fiscale (formulaire 2031 et ses annexes 2033) qui doit être transmise de manière dématérialisée à l'administration fiscale avant le mois de mai de l'année suivante. Pour une résidence secondaire, la rigueur est de mise : chaque dépense (ménage, blanchisserie, abonnement internet, travaux) doit être justifiée par une facture conforme pour être déductible.

La déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042)

Quelle que soit l'option choisie pour votre résidence secondaire, l'étape finale reste la déclaration de revenus annuelle sur votre formulaire 2042. Si vous êtes en micro-BIC, vous reportez le montant brut de vos loyers sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO. Si vous êtes au régime réel, vous reportez le bénéfice ou le déficit calculé sur votre liasse fiscale. N'oubliez pas que les revenus issus de la location meublée de votre résidence secondaire sont également soumis aux prélèvements sociaux. Une erreur dans ces reports peut entraîner une surimposition ou des pénalités. Pour sécuriser votre démarche, l'adhésion à un Centre de Gestion Agréé (CGA) est recommandée : elle permet d'éviter une majoration du bénéfice imposable et offre souvent une réduction d'impôt pour frais de comptabilité.

FAQ - Louer sa résidence secondaire en LMNP

Puis-je continuer à utiliser ma résidence secondaire si je la loue en LMNP ?

Oui, c'est tout l'intérêt du statut. Vous pouvez louer votre résidence secondaire seulement quelques semaines ou mois par an et en profiter le reste du temps. Attention toutefois : si vous êtes au régime réel, vous devez proratiser vos charges et vos amortissements. Vous ne pouvez déduire que la part des dépenses correspondant aux périodes où le bien est disponible à la location. Les périodes d'occupation personnelle sont exclues de la déduction fiscale.

Faut-il obligatoirement un expert-comptable pour déclarer une résidence secondaire en LMNP ?

En régime micro-BIC, non, car il suffit de reporter le montant brut des loyers. En revanche, en régime réel, c'est extrêmement recommandé. Les règles d'amortissement par composants et la liasse fiscale sont complexes. Un professionnel sécurise votre déclaration, maximise vos déductions et, grâce à son visa, peut vous faire bénéficier d'une réduction d'impôt couvrant les deux tiers de ses honoraires.

Comment déclarer les revenus de ma résidence secondaire sur Airbnb ?

Les revenus perçus via Airbnb ou d'autres plateformes doivent être déclarés chaque année à l'administration fiscale. La plateforme vous envoie un récapitulatif annuel de vos revenus bruts. Vous devez reporter cette somme sur votre déclaration 2042-C-PRO. Depuis 2020, les plateformes transmettent automatiquement ces données au fisc, la transparence est donc totale et l'omission est risquée.

Qu'est-ce que le formulaire P0i et est-il toujours d'actualité ?

Le formulaire P0i était le document papier historique pour s'enregistrer comme loueur meublé non professionnel. Depuis le 1er janvier 2023, il a été remplacé par une déclaration dématérialisée sur le portail du Guichet Unique de l'INPI. C'est par cette plateforme numérique que vous obtenez désormais votre numéro SIRET indispensable pour gérer votre résidence secondaire en LMNP.

Quels travaux sont déductibles en LMNP réel pour ma résidence secondaire ?

Presque tous les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles. Cela inclut le ravalement, le changement de chaudière, la réfection des peintures ou l'isolation. Si les travaux sont importants (supérieurs à 600 €), ils ne sont pas déduits immédiatement mais "activés" et amortis sur plusieurs années. Cela permet de lisser la charge fiscale et de réduire l'imposition de votre résidence secondaire sur le long terme.

Peut-on être exonéré de taxe foncière pour une résidence secondaire en LMNP ?

D'une manière générale, non. La taxe foncière est due par le propriétaire du bien au 1er janvier. Cependant, certaines communes peuvent accorder des exonérations temporaires (pour des logements neufs ou des rénovations énergétiques majeures). À noter que la Contribution Foncière des Entreprises (CFE) est également due par les loueurs meublés, bien que les résidences secondaires puissent parfois en être exonérées selon les spécificités locales.

Qu'advient-il si je vends ma résidence secondaire après l'avoir louée en LMNP ?

C'est un avantage majeur du statut LMNP : lors de la revente, c'est le régime des plus-values immobilières des particuliers qui s'applique. Contrairement aux professionnels, les amortissements pratiqués durant la location ne sont pas réintégrés dans le calcul de la plus-value. Vous bénéficiez également des abattements pour durée de détention qui permettent une exonération totale d'impôt après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.

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