Tout savoir sur la taxe d'habitation des résidences secondaires

✍ Les points à retenir
- Identifier les redevables : La taxe est due par le propriétaire (ou l'usufruitier) au 1er janvier de l'année, dès lors que le logement est meublé et habitable, même s'il n'est occupé que quelques semaines par an.
- Anticiper la majoration en "zone tendue" : Dans plus de 3 700 communes (villes moyennes et zones touristiques), les conseils municipaux peuvent voter une surtaxe allant de 5 % à 60 % de la part communale pour encourager la mise en location longue durée.
- Comprendre le calcul de l'impôt : Le montant est basé sur la Valeur Locative Cadastrale (VLC) du bien, à laquelle s'applique le taux voté par la collectivité. Notez que les dépendances (garage, parking à moins d'un kilomètre) sont également taxées.
- Connaître les cas d'exonération : Des dégrèvements sont possibles sous conditions strictes, notamment si vous quittez votre résidence principale pour entrer en maison de retraite, ou si vous prouvez que le logement est impropre à l'habitation (travaux majeurs).
- Cumuler avec la taxe sur les logements vacants : Un bien ne peut pas être soumis à la fois à la taxe d'habitation et à la taxe sur les logements vacants (TLV). Si le logement est meublé, c'est la taxe d'habitation qui s'applique systématiquement.
Définition et principe de la taxe d'habitation
La taxe d'habitation est un impôt local français qui s'applique aux locaux meublés affectés à l'habitation. Historiquement perçue pour l'ensemble des logements, elle a connu une mutation profonde avec la réforme fiscale entamée en 2018. Désormais, le principe de cet impôt repose sur la distinction entre la résidence principale, totalement exonérée, et les autres types de propriétés. Elle constitue une ressource essentielle pour les collectivités territoriales, permettant de financer divers services publics et infrastructures de proximité. En 2025, la taxe d'habitation demeure un levier fiscal majeur pour les communes, notamment pour réguler le marché du logement dans les secteurs géographiques où la demande est particulièrement forte.
Un impôt lié à l'occupation et à l'ameublement
Le principe fondamental de la taxe d'habitation repose sur l'état d'occupation et d'équipement du bien au 1er janvier de l'année d'imposition. Pour qu'un logement soit assujetti à cette taxe, il doit impérativement être pourvu d'un ameublement suffisant pour en permettre l'habitation effective. Cela signifie qu'un bien totalement vide ne peut, en théorie, pas être soumis à la taxe d'habitation (il peut cependant relever de la taxe sur les logements vacants). Sont concernés non seulement les appartements et maisons individuelles, mais également les dépendances immédiates, même si elles ne sont pas attenantes au bâtiment principal, comme les parkings privatifs ou les garages situés à proximité.
La distinction fiscale entre résidence principale et secondaire
Depuis le 1er janvier 2023, la taxe d'habitation a été définitivement supprimée pour toutes les résidences principales, quel que soit le niveau de revenu des occupants. Cette réforme a transformé la nature de cet impôt, qui est désormais quasi exclusivement recentré sur les résidences secondaires. Dans le langage fiscal, une résidence secondaire se définit par défaut comme tout local d'habitation meublé qui n'est pas le lieu de séjour principal et habituel du contribuable. Contrairement à la résidence principale qui bénéficiait de divers abattements (notamment pour charge de famille), la taxe d'habitation sur les résidences secondaires ne prévoit généralement aucune réduction liée à la situation personnelle du redevable.
La finalité budgétaire pour les collectivités locales
Au-delà de sa dimension technique, la taxe d'habitation remplit une fonction budgétaire précise. Les recettes générées par cet impôt sont intégralement reversées aux communes et aux groupements de communes (EPCI). Ces fonds servent à financer les dépenses quotidiennes des municipalités : entretien de la voirie, gestion des écoles, action sociale, équipements sportifs ou culturels. Pour les communes touristiques, la taxe d'habitation permet de compenser les charges supplémentaires engendrées par l'afflux saisonnier de population, qui utilise les infrastructures locales sans y résider de manière permanente. C'est pourquoi le taux d'imposition est voté chaque année par les conseils municipaux, en fonction de leurs besoins budgétaires respectifs.
Taxe d'habitation et résidences secondaires : comprendre le cadre légal actuel
Le cadre législatif entourant la taxe d'habitation a subi un bouleversement sans précédent avec la loi de finances pour 2018. Si cette réforme a abouti à la suppression totale de l'impôt pour les résidences principales en 2023, elle a sanctuarisé son maintien pour tout bien immobilier considéré comme un pied-à-terre occasionnel. Pour le propriétaire d'une résidence secondaire, la donne a changé : cet impôt n'est plus une charge partagée par tous les citoyens, mais une contribution spécifique liée à la détention d'un patrimoine immobilier de loisir ou d'investissement non affecté à l'habitation permanente.
L'article 1407 du Code général des impôts
La base légale de la taxe d'habitation repose sur l'article 1407 du CGI, qui dispose que la taxe est due pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation. Pour une résidence secondaire, la loi précise que l'impôt est dû par la personne qui a la disposition ou la jouissance des locaux au 1er janvier de l'année d'imposition. Peu importe que vous soyez propriétaire ou locataire longue durée de ce bien : dès lors qu'il ne s'agit pas de votre résidence principale déclarée au fisc, le cadre légal impose l'assujettissement. Cette règle s'applique uniformément sur tout le territoire français, créant une distinction nette entre le logement "nécessaire" et le logement "de plaisance".
L'autonomie des collectivités dans l'application de la taxe
Le cadre légal actuel offre une grande liberté aux municipalités pour gérer la taxe d'habitation de leur parc de résidences secondaires. Depuis la réforme, les communes ont récupéré la part départementale de la taxe foncière, mais elles conservent le pouvoir de fixer le taux de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires. La loi autorise également les communes situées en "zones tendues" à voter une majoration annuelle. Ce cadre légal vise à donner aux maires des outils pour lutter contre la raréfaction des logements permanents, transformant la taxe d'habitation en un véritable instrument de politique d'urbanisme locale.
La notion de meublé et de disponibilité au 1er janvier
La jurisprudence fiscale est constante : pour qu'une résidence secondaire soit soumise à la taxe d'habitation, elle doit être "habitable". Cela signifie qu'elle doit disposer d'un mobilier élémentaire (lit, table, chaises) permettant une occupation, même brève. Si vous entreprenez des travaux de rénovation totale rendant le logement inhabitable au 1er janvier, le cadre légal peut permettre une contestation de l'impôt. Cependant, la simple inoccupation volontaire ne suffit pas à échapper à la taxe d'habitation. Tant que le bien est pourvu de meubles, il est légalement considéré comme disponible pour votre usage, déclenchant ainsi l'exigibilité de la taxe pour l'année entière.
Quelles sont les démarches obligatoires pour déclarer une résidence secondaire ?
La nouvelle déclaration "Gérer mes biens immobiliers"
Depuis 2023, une nouvelle obligation déclarative s'impose à tous les propriétaires de résidence secondaire. Via l'espace sécurisé sur le site impots.gouv.fr, dans l'onglet "Gérer mes biens immobiliers", vous devez indiquer à quel titre vous occupez vos logements. Pour votre résidence secondaire, il est impératif de préciser s'il s'agit d'une occupation personnelle, d'une occupation par des tiers ou si le bien est loué. Cette démarche est cruciale car elle permet à l'administration fiscale d'identifier précisément les locaux soumis à la taxe d'habitation et d'éviter les erreurs d'imposition entre résidence principale et secondaire.
Déclarer les changements de situation et d'occupants
Toute modification concernant l'usage de votre résidence secondaire doit être signalée au fisc. Si vous décidez de transformer votre résidence principale en résidence secondaire (par exemple suite à un déménagement), ou inversement, cette information doit être transmise avant le 1er juillet de l'année en cours. De même, si vous mettez votre résidence secondaire en location longue durée, l'identité des locataires doit être renseignée. Cette transparence déclarative assure que la taxe d'habitation soit émise au nom de la bonne personne et au tarif correspondant à la réalité de l'occupation au 1er janvier.
Les formalités spécifiques en cas de location saisonnière
Si votre résidence secondaire est destinée à la location de courte durée, des démarches supplémentaires auprès de votre mairie peuvent être nécessaires. Dans de nombreuses communes, vous devez déclarer votre bien comme "meublé de tourisme". Cette formalité administrative est souvent couplée à l'obtention d'un numéro d'enregistrement obligatoire pour publier des annonces en ligne. Bien que cette démarche soit distincte de la taxe d'habitation au sens strict, elle permet à l'administration de croiser les données pour vérifier que le bien est correctement imposé et que la taxe de séjour est bien collectée.
Comment est calculée la taxe d'habitation sur les résidences secondaires ?
Le calcul de la taxe d'habitation pour une résidence secondaire repose sur une formule complexe combinant des valeurs cadastrales et des taux votés localement. Contrairement à la résidence principale, les abattements pour charges de famille ou revenus modestes ne s'appliquent généralement pas, ce qui explique pourquoi la facture peut sembler élevée.
| Élément du calcul | Description | Impact sur la facture |
|---|---|---|
| Valeur Locative Cadastrale (VLC) | Loyer théorique annuel que le bien pourrait produire. | Base de calcul fixe révisée chaque année selon l'inflation. |
| Taux Communal | Pourcentage voté par le conseil municipal de la commune. | Multiplicateur principal de la VLC. |
| Majoration "Zone Tendue" | Surtaxe optionnelle appliquée aux résidences secondaires. | Augmentation de 5% à 60% de la part communale. |
| Frais de gestion | Prélèvement de l'État pour le recouvrement de l'impôt. | Ajout d'environ 3% au montant total. |
La base d'imposition : la Valeur Locative Cadastrale
Le point de départ du calcul est la valeur locative cadastrale de votre résidence secondaire. Cette valeur est déterminée par les services fiscaux en fonction de la surface pondérée du bien, de son niveau de confort (présence d'eau courante, chauffage, nombre de sanitaires) et de sa situation géographique. Pour une résidence secondaire, cette base est réévaluée chaque année par la loi de finances, généralement en fonction de l'indice des prix à la consommation. Plus votre bien est spacieux et luxueux, plus la base de votre taxe d'habitation sera élevée, indépendamment de la fréquence à laquelle vous l'occupez.
L'application des taux locaux et intercommunaux
Une fois la base nette établie, on y applique le taux d'imposition voté par la commune où se situe votre résidence secondaire. Ce taux varie considérablement d'une localité à l'autre : une station balnéaire huppée pourra voter un taux plus élevé qu'un petit village de campagne pour financer ses services touristiques. Dans certains cas, un taux intercommunal (EPCI) s'ajoute au taux communal. Le montant obtenu constitue le principal de votre taxe d'habitation. Il est donc essentiel de se renseigner sur les taux pratiqués avant d'acquérir un pied-à-terre, car ils déterminent la pérennité de votre budget annuel.
Les frais de gestion perçus par l'État
Enfin, le montant final de la taxe d'habitation inclut des frais de gestion. Bien que la taxe soit perçue au profit des collectivités, c'est l'administration fiscale nationale qui se charge de l'émission des avis, de l'envoi des courriers et du recouvrement des sommes. En contrepartie de ce service, l'État applique un pourcentage supplémentaire sur le montant des cotisations. Pour votre résidence secondaire, ces frais apparaissent distinctement sur votre avis d'imposition et viennent clore le calcul avant l'éventuelle application d'une majoration pour zone tendue.
Majorations et taux : pourquoi la facture varie-t-elle selon les communes ?
Le mécanisme de la surtaxe en zone tendue
L'une des raisons majeures de la variation du prix de la taxe d'habitation réside dans la majoration pour zone tendue. Depuis 2023, la liste des communes autorisées à appliquer cette surtaxe a été considérablement élargie. Si votre résidence secondaire se situe dans une ville où la demande de logements est très supérieure à l'offre, la municipalité peut décider de majorer la part communale de la taxe de 5 % à 60 %. Cette mesure dissuasive vise à encourager les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché de la location longue durée, augmentant ainsi mécaniquement la facture pour ceux qui conservent un usage de loisir.
L'influence des investissements publics locaux
Le taux de base de la taxe d'habitation dépend directement de la politique budgétaire de la mairie. Une commune qui investit massivement dans de nouveaux équipements (piscine municipale, médiathèque, aménagement du front de mer) aura tendance à maintenir ou augmenter ses taux d'imposition. À l'inverse, une commune rurale avec peu de services peut afficher une taxe d'habitation plus modérée. Pour une résidence secondaire, cela signifie que vous payez pour le niveau de service et d'entretien dont vous bénéficiez lors de vos séjours, ce qui explique les disparités parfois spectaculaires entre deux communes limitrophes.
La péréquation et les transferts de fiscalité
Enfin, les variations s'expliquent par les transferts de fiscalité entre l'État et les collectivités. Suite à la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, les communes ont reçu de nouvelles ressources (part de TVA, transfert de taxe foncière départementale). Selon l'équilibre financier de chaque localité, certaines ont pu stabiliser le taux appliqué aux résidences secondaires, tandis que d'autres ont dû l'augmenter pour compenser une perte de revenus globaux. La taxe d'habitation de votre résidence secondaire reflète donc la santé financière et les choix stratégiques de votre lieu de villégiature.
Peut-on être exonéré de la taxe d'habitation sur une résidence secondaire ?
L'exonération pour départ en établissement de soins (EHPAD)
Il existe un cas d'exonération spécifique qui peut concerner l'ancienne résidence principale devenue de fait une résidence secondaire. Les personnes qui quittent leur logement pour être hébergées durablement dans un établissement de soins ou une maison de retraite (EHPAD) peuvent bénéficier du maintien de l'exonération de taxe d'habitation sur leur ancien logement. Pour cela, le bien doit rester libre de toute occupation. Cette mesure permet d'éviter que des personnes âgées fragiles ne soient pénalisées fiscalement par leur changement de situation forcée, tout en conservant leur patrimoine immobilier sans la charge d'une taxe d'habitation de plein tarif.
Le cas de la résidence secondaire proche du lieu de travail
Une demande de dégrèvement de la majoration de taxe d'habitation (et parfois de la taxe elle-même) peut être formulée si vous êtes contraint de résider dans un second logement pour des raisons professionnelles. Si votre résidence secondaire est située à proximité de votre lieu de travail et que vous ne pouvez pas regagner votre résidence principale quotidiennement, vous pouvez solliciter une exonération de la surtaxe auprès de votre centre des impôts. Il faudra cependant prouver le caractère impératif de cette double résidence. Bien que rare, cette souplesse administrative reconnaît que la taxe d'habitation ne doit pas être un frein à la mobilité professionnelle.
Logement inhabitable et réclamations contentieuses
Si votre résidence secondaire est dans un état tel qu'elle ne peut pas être occupée au 1er janvier (absence totale de meubles, gros oeuvre en cours, absence de raccordement aux réseaux vitaux), vous pouvez demander une exonération totale de la taxe d'habitation pour l'année concernée. Il ne s'agit pas d'un droit automatique mais d'une réclamation contentieuse. Vous devrez fournir des preuves tangibles (factures de travaux lourds, constat d'huissier, photos). L'administration vérifiera que le logement n'est pas simplement "peu confortable", mais bien impropre à toute habitation, pour valider l'annulation de la taxe d'habitation.
Les cas particuliers : logements vacants et résidences transformées en meublés de tourisme
La distinction entre taxe d'habitation et Taxe sur les Logements Vacants (TLV)
Il ne faut pas confondre la taxe d'habitation sur les résidences secondaires avec la Taxe sur les Logements Vacants (TLV). La TLV s'applique aux logements non meublés et inoccupés depuis plus d'un an dans les zones tendues. Si votre résidence secondaire est meublée, elle échappe à la TLV mais reste soumise à la taxe d'habitation. Dans les communes qui ne sont pas en zone tendue, c'est la Taxe d'Habitation sur les Logements Vacants (THLV) qui peut être instaurée par la mairie. Le but est identique : s'assurer que chaque mètre carré bâti participe au financement de la commune, que le propriétaire choisisse de meubler son bien pour ses vacances ou de le laisser vide.
L'impact du classement en meublé de tourisme
Transformer sa résidence secondaire en meublé de tourisme classé peut avoir des conséquences sur la taxe d'habitation. Dans certaines zones très spécifiques, une résidence secondaire exclusivement dédiée à la location saisonnière et classée peut bénéficier d'une exonération de taxe d'habitation, à condition qu'elle ne soit jamais occupée personnellement par le propriétaire. Cependant, dès que vous vous réservez quelques semaines d'occupation (même une seule nuit), la taxe d'habitation redevient due. Cette règle fiscale est complexe et varie selon les délibérations locales, soulignant l'importance de bien définir l'usage réel de son pied-à-terre.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) pour les loueurs
Si vous louez votre résidence secondaire de manière régulière, vous pouvez être assujetti à la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Normalement, la CFE remplace la taxe d'habitation pour les locaux professionnels. Toutefois, pour le loueur en meublé non professionnel, la règle est subtile : si le logement fait partie de votre patrimoine personnel et que vous l'occupez occasionnellement, vous restez redevable de la taxe d'habitation. Si le bien est exclusivement loué, vous payerez la CFE. Ce transfert de charge fiscale peut être avantageux ou non selon les taux locaux, et constitue un point de vigilance pour optimiser le coût de détention de sa résidence secondaire.
Quand et comment payer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires ?
Le calendrier de réception des avis d'imposition
Contrairement à la taxe foncière qui arrive généralement en septembre, l'avis de taxe d'habitation pour une résidence secondaire est mis en ligne plus tardivement. Les contribuables reçoivent généralement leur avis au cours du mois de novembre. Il est disponible dans l'espace "Particulier" sur le portail des impôts. L'administration ne procède plus systématiquement à l'envoi postal, il est donc de votre responsabilité de vérifier vos notifications numériques. Ce calendrier décalé permet de lisser les dépenses fiscales en fin d'année, mais nécessite d'anticiper le prélèvement pour ne pas fragiliser votre trésorerie au moment des fêtes.
Les modes de paiement privilégiés par l'administration
Le paiement de la taxe d'habitation est désormais quasi exclusivement dématérialisé pour tout montant supérieur à 300 €. Vous pouvez opter pour le paiement direct en ligne, le prélèvement à l'échéance ou le prélèvement mensuel. Pour votre résidence secondaire, le prélèvement mensuel est souvent une excellente option : il permet d'étaler le coût de la taxe sur dix mois, évitant ainsi un décaissement brutal en fin d'année. Si vous payez en ligne, vous bénéficiez généralement d'un délai supplémentaire de cinq jours après la date limite de paiement indiquée sur l'avis de taxe d'habitation.
Le recours au prélèvement à l'échéance pour plus de sécurité
Pour éviter tout oubli, le prélèvement à l'échéance est le mode de gestion le plus serein pour une résidence secondaire. En adhérant à ce service, le montant de votre taxe d'habitation est prélevé automatiquement sur votre compte bancaire dix jours après la date limite de paiement. Vous n'avez aucune action à effectuer chaque année, le contrat étant tacitement reconduit. C'est une garantie de ne jamais subir de majorations pour retard de paiement, surtout si vous n'habitez pas à proximité de votre résidence secondaire et que vous ne recevez pas vos alertes de manière régulière.
Calendrier fiscal et sanctions : éviter les pénalités de retard
La date limite de paiement : le 15 décembre
La date butoir pour le règlement de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires est traditionnellement fixée au 15 décembre de chaque année. Si vous utilisez un mode de paiement dématérialisé (paiement en ligne), cette date est souvent repoussée au 20 décembre. Passé ce délai, l'administration fiscale considère que vous êtes en retard. Il est impératif de respecter ce calendrier fiscal, car la taxe d'habitation est l'un des impôts les plus suivis par les services de recouvrement, et le caractère "secondaire" du bien ne justifie aucune indulgence particulière en cas d'oubli.
La majoration de 10 % pour retard de paiement
En cas de dépassement de la date limite sans motif légitime, une majoration automatique de 10 % est appliquée sur le montant total de la taxe d'habitation. Cette sanction financière s'ajoute immédiatement à votre dette fiscale. Pour une résidence secondaire dont la taxe s'élève par exemple à 1 500 €, un simple oubli vous coûtera 150 € supplémentaires. Si le retard se prolonge, des intérêts de retard peuvent également s'ajouter. En cas de difficultés financières passagères, il est préférable de contacter votre centre des impôts avant l'échéance pour solliciter un délai de paiement gracieux et éviter ainsi l'application des sanctions.
Les sanctions liées au défaut de déclaration d'occupation
Au-delà du paiement, le non-respect de l'obligation de déclaration d'occupation (le service "Gérer mes biens immobiliers") est passible d'une amende forfaitaire de 150 € par logement. Si vous omettez de déclarer votre résidence secondaire ou si vous fournissez des informations erronées, vous risquez cette sanction administrative. De plus, une mauvaise déclaration peut entraîner l'émission d'un avis de taxe d'habitation erroné ou l'absence d'exonération indue, ce qui vous obligera à effectuer des démarches de régularisation fastidieuses a posteriori. La vigilance sur le calendrier déclaratif est donc tout aussi importante que celle sur le calendrier de paiement.
FAQ - Taxe d'habitation
Pourquoi dois-je payer la taxe d'habitation alors qu'elle a été supprimée ?
La taxe d'habitation n'a été supprimée que pour les résidences principales. Le gouvernement a maintenu cet impôt pour les résidences secondaires afin de préserver les recettes des communes et de réguler l'usage des logements. Si vous possédez un bien qui n'est pas votre foyer habituel, vous restez assujetti à cette taxe conformément à la loi en vigueur depuis 2023.
Comment savoir si ma commune applique une majoration pour zone tendue ?
Pour vérifier si votre résidence secondaire est concernée par une surtaxe, vous pouvez consulter le simulateur officiel sur le site des impôts ou contacter votre mairie. Les communes votent cette majoration chaque année ; son taux peut varier de 5 % à 60 % et apparaît clairement sur une ligne spécifique de votre avis de taxe d'habitation.
Peut-on payer la taxe d'habitation avec des chèques vacances ?
Non, il n'est pas possible de régler la taxe d'habitation de sa résidence secondaire avec des chèques vacances. Cet impôt doit être payé par les moyens de paiement légaux acceptés par le Trésor Public : prélèvement, virement, carte bancaire en ligne ou, pour les montants inférieurs à 300 €, en espèces ou par chèque chez un buraliste partenaire.
Je loue ma résidence secondaire en Airbnb, dois-je payer la taxe d'habitation ?
Oui, si vous conservez la jouissance de votre résidence secondaire une partie de l'année (même hors périodes de location), la taxe d'habitation reste due à votre nom. Le fait de louer ponctuellement en saisonnier ne transforme pas le bien en local professionnel exonéré. C'est l'occupation au 1er janvier et la disponibilité du bien pour le propriétaire qui déclenchent l'imposition.
Est-il possible de contester le montant de sa taxe d'habitation ?
Oui, vous pouvez contester le montant de la taxe d'habitation si vous estimez que la valeur locative est erronée ou si vous auriez dû bénéficier d'une exonération. La réclamation se fait en ligne ou par courrier auprès de votre centre des finances publiques. Attention : déposer une réclamation ne vous dispense pas de payer la taxe à la date prévue, sous peine de majoration, sauf si vous demandez un sursis de paiement.
La taxe d'habitation est-elle due si j'ai acheté ma résidence secondaire en cours d'année ?
La taxe d'habitation est due par la personne qui dispose du bien au 1er janvier. Si vous avez acheté votre résidence secondaire en juin, c'est théoriquement le vendeur qui doit payer la taxe pour l'année entière. Cependant, il est fréquent que les actes de vente prévoient une répartition "prorata temporis" entre l'acheteur et le vendeur, mais cela reste une convention privée qui ne lie pas l'administration fiscale.
Quelle est la différence entre taxe foncière et taxe d'habitation ?
La taxe foncière est due par le seul propriétaire du bien immobilier, qu'il s'agisse d'un terrain ou d'un bâtiment. La taxe d'habitation, elle, est liée à l'occupation et à l'usage des locaux meublés. Pour une résidence secondaire, le propriétaire cumule généralement ces deux impôts locaux, ce qui représente la charge fiscale annuelle globale liée à la détention du bien.
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