Le transfert de prêt immobilier : comment ça marche ?

Arsalain EL KESSIR
Le transfert de prêt immobilier : comment ça marche ?

✍ Les points à retenir

  • Maintenir son taux d'intérêt initial : Le principal avantage est de conserver un taux historiquement bas pour votre nouvelle acquisition, évitant ainsi de subir la hausse des taux de marché et réduisant considérablement le coût total de votre second crédit.
  • Éviter les indemnités de remboursement anticipé (IRA) : En transférant le capital restant dû au lieu de clôturer le prêt lors de la revente, vous n'avez pas à payer les pénalités de remboursement, qui peuvent s'élever jusqu'à 3 % du capital restant dû.
  • Vérifier la présence d'une clause de portabilité : Le transfert n'est pas un droit automatique ; il doit être explicitement mentionné dans votre offre de prêt initiale. En 2025, bien que des évolutions législatives visent à généraliser ce droit, l'accord contractuel de la banque reste indispensable.
  • Respecter les conditions de la nouvelle acquisition : Pour accepter le transfert, la banque exige généralement que le prix du nouveau logement soit supérieur ou égal au capital restant dû et que le délai entre la vente et le nouvel achat n'excède pas 6 mois.
  • Actualiser les garanties et l'assurance : Si la caution peut parfois être transférée, une hypothèque doit être levée (avec frais de mainlevée) pour être réinscrite sur le nouveau bien. Votre solvabilité sera également réexaminée par la banque pour valider le maintien du risque.

Qu'est-ce que le transfert de prêt immobilier et quels sont ses avantages financiers ?

Le prêt immobilier est traditionnellement attaché à un bien spécifique qui sert de garantie à la banque. Cependant, le transfert de crédit est une opération contractuelle qui permet à un emprunteur de conserver son financement actuel pour l'appliquer à l'acquisition d'un nouveau logement. Plutôt que de solder le capital restant dû lors de la vente de son ancienne propriété, le propriétaire demande à sa banque de "transporter" la dette sur la nouvelle acquisition. Cette technique transforme un crédit d'un support immobilier à un autre sans en modifier les caractéristiques fondamentales. Le prêt immobilier n'est donc plus perçu comme une dette rigide liée à quatre murs, mais comme une ressource financière mobile qui suit l'évolution du patrimoine de l'emprunteur.

Le maintien d'un taux d'intérêt compétitif

L'avantage financier le plus immédiat et le plus puissant du transfert de prêt immobilier réside dans la conservation du taux d'intérêt d'origine. Dans un contexte où les taux de crédit peuvent fluctuer à la hausse, conserver un taux souscrit plusieurs années auparavant peut représenter une économie de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du financement. En évitant de contracter un nouveau prêt immobilier aux conditions actuelles du marché, l'emprunteur protège son pouvoir d'achat immobilier. Cette stratégie permet de maintenir des mensualités connues et maîtrisées, offrant une visibilité budgétaire précieuse lors d'un changement de résidence, tout en profitant d'un coût du crédit potentiellement bien inférieur aux standards récents.

L'exonération des indemnités de remboursement anticipé

Lors d'une vente classique, le remboursement anticipé du prêt immobilier entraîne généralement des frais appelés Indemnités de Remboursement Anticipé (IRA). Ces pénalités peuvent atteindre jusqu'à 3 % du capital restant dû. En optant pour le transfert de crédit, l'emprunteur ne rembourse pas techniquement son prêt ; il le poursuit. Par conséquent, les IRA ne sont pas exigibles. Pour un capital restant dû significatif, l'économie réalisée se chiffre instantanément en milliers d'euros. Cette optimisation du prêt immobilier permet de réallouer ces fonds, qui auraient été perdus en frais bancaires, directement dans l'apport personnel du nouveau projet ou dans le financement de travaux de rénovation pour le futur logement.

La conservation des avantages contractuels et de l'assurance

Au-delà du taux, le transfert de prêt immobilier permet de garder l'ensemble des options négociées lors de la signature initiale. Cela inclut les clauses de modularité des échéances, le report de mensualités ou encore les conditions spécifiques liées à l'assurance emprunteur. L'assurance de prêt immobilier est un poste de dépense majeur : conserver un contrat souscrit plus jeune, ou avant l'apparition de problèmes de santé, évite de subir des surprimes ou des exclusions liées à l'âge lors d'une nouvelle souscription. De plus, les frais de dossier inhérents à la mise en place d'un tout nouveau financement sont supprimés ou largement réduits, rendant le transfert de crédit particulièrement attractif pour la rentabilité globale de l'opération immobilière.

Les conditions d'éligibilité : votre contrat de prêt autorise-t-il le transfert ?

La présence impérative de la clause de transférabilité

La première condition pour envisager cette opération est la présence d'une clause de transférabilité au sein des conditions générales ou particulières de votre contrat de prêt immobilier. Contrairement à d'autres options, le transfert n'est pas un droit légal, mais une modalité contractuelle. Si cette clause est absente, la banque n'a aucune obligation d'accepter votre demande. L'examen minutieux de l'offre de prêt immobilier initiale est donc l'étape préalable indispensable. Cette clause précise généralement que le transfert est possible sous réserve de l'accord de la banque et du respect de critères spécifiques, soulignant que le crédit reste un contrat intuitu personae où le risque doit rester maîtrisé par l'établissement financier.

Les critères liés à l'usage et à la nature du bien

Même si la clause existe, le transfert de prêt immobilier est souvent conditionné par l'usage du futur bien. La plupart des banques exigent que la nouvelle acquisition soit de même nature que la précédente. Par exemple, un prêt souscrit pour une résidence principale pourra être transféré sur une nouvelle résidence principale, mais rarement sur un investissement locatif ou une résidence secondaire. De plus, la valeur du nouveau bien doit être suffisante pour garantir le capital restant dû du prêt immobilier. Si le prix d'achat du nouveau logement est inférieur au montant qu'il reste à rembourser, la banque pourra exiger un remboursement partiel afin de maintenir un ratio de garantie cohérent avec les standards de sécurité bancaire.

Le maintien de la solvabilité de l'emprunteur

L'accord de la banque pour un transfert de prêt immobilier n'est jamais automatique. L'établissement bancaire procède à une nouvelle étude de votre situation financière au moment de la demande. Si votre situation professionnelle a changé (passage en auto-entrepreneur, période de chômage) ou si votre taux d'endettement s'est dégradé, la banque peut refuser le transfert. Le prêt immobilier doit rester "sain" aux yeux du prêteur. De plus, il est souvent exigé que les paiements aient été effectués sans aucun incident (rejet de prélèvement, retard) sur les mois précédant la vente. La banque voit dans le transfert une occasion de réévaluer son risque, et elle ne l'acceptera que si la garantie offerte par le nouvel emprunteur et son bien est au moins équivalente à la situation initiale.

Comment fonctionne concrètement le transfert de crédit sur un nouveau bien ?

La phase de synchronisation entre vente et achat

Le transfert de prêt immobilier nécessite une coordination temporelle parfaite entre la vente de l'ancien bien et l'acquisition du nouveau. Idéalement, les deux signatures chez le notaire doivent avoir lieu le même jour ou à une date très proche. En effet, l'argent issu de la vente ne doit pas être perçu directement par l'emprunteur pour solder sa dette, mais doit être réinjecté dans l'achat suivant pour maintenir la continuité du crédit. Si un décalage existe, certaines banques acceptent de mettre en place un "portage" temporaire, mais cela complexifie l'opération. La réussite du transfert de votre prêt immobilier repose sur une communication transparente avec le notaire, qui jouera un rôle de séquestre pour les fonds durant l'intervalle entre les deux transactions.

L'instruction du dossier par l'établissement bancaire

Dès que le compromis de vente de l'ancien logement et l'avant-contrat du nouveau sont signés, vous devez solliciter formellement la banque pour l'activation du transfert. L'établissement bancaire va alors éditer un avenant à votre contrat de prêt immobilier. Ce document juridique modifiera l'objet du financement (la désignation du bien) et les garanties associées, tout en confirmant le maintien du taux, de la durée restante et des mensualités. Cette étape d'instruction peut prendre plusieurs semaines, car elle implique souvent un passage en comité de crédit. Il est crucial de ne pas attendre la dernière minute pour initier cette démarche, car le transfert de votre prêt immobilier est une procédure moins automatisée qu'un remboursement standard et demande une attention particulière des services de gestion.

La régularisation de l'avenant et le dénouement financier

Une fois l'avenant de transfert validé, il doit être signé par l'emprunteur après le respect du délai de réflexion légal de 10 jours. Le jour de la vente de l'ancien bien, le notaire prélève sur le prix de vente la somme nécessaire pour payer le nouveau bien, en tenant compte du montant du prêt immobilier qui est conservé. Si le nouveau bien est plus cher, l'emprunteur complète avec son apport personnel ou un crédit complémentaire. Si le nouveau bien est moins cher, le reliquat de la vente doit obligatoirement servir à un remboursement anticipé partiel du prêt immobilier, car la banque ne vous laissera pas empocher de liquidités tout en maintenant une dette importante. L'opération se clôture par l'inscription de la nouvelle garantie sur le logement acquis.

L'impact sur les garanties : que deviennent l'hypothèque ou la caution lors du transfert ?

Le cas de l'hypothèque et du privilège de prêteur de deniers

Si votre prêt immobilier initial est garanti par une hypothèque ou un Privilège de Prêteur de Deniers (PPD), la procédure de transfert implique des démarches juridiques précises. L'hypothèque étant attachée au bien, elle doit impérativement être levée sur l'ancien logement au moment de la vente, ce qu'on appelle la mainlevée. En parallèle, une nouvelle hypothèque doit être inscrite sur le nouveau bien pour garantir le prêt immobilier transféré. Ces actes sont rédigés par le notaire et engendrent des frais (droits d'enregistrement, émoluments). Bien que le crédit lui-même perdure, la garantie "physique" change, ce qui nécessite une mise à jour des registres de la publicité foncière pour protéger les intérêts de la banque sur la nouvelle adresse.

Le transfert de la caution bancaire (Type Crédit Logement)

Lorsque le prêt immobilier est garanti par un organisme de cautionnement mutuel, le transfert est souvent plus simple et moins coûteux que pour une hypothèque. L'emprunteur doit demander l'accord de l'organisme de caution pour qu'il reporte sa garantie sur le nouveau bien. Si l'organisme accepte, il n'y a pas de frais de mainlevée à payer. Des frais de transfert de garantie, généralement modérés, peuvent être appliqués. Le fonctionnement est fluide car il ne nécessite pas de passage devant le service de la publicité foncière pour radier une inscription. La pérennité de la caution facilite grandement la mobilité de votre prêt immobilier, à condition que le nouvel actif présente un profil de risque jugé acceptable par la société de cautionnement.

Le nantissement de placements financiers comme alternative

Dans certaines configurations patrimoniales, le transfert de prêt immobilier peut être l'occasion de modifier la nature de la garantie. Si l'emprunteur dispose d'une épargne conséquente (assurance-vie, PEA), il peut proposer à la banque un nantissement de ces actifs financiers en remplacement de l'hypothèque sur le nouveau bien. Cette solution évite les frais notariés d'inscription hypothécaire et simplifie la gestion du prêt immobilier. Cependant, la banque exigera que la valeur du placement nanti soit supérieure au capital restant dû, souvent avec une marge de sécurité. Cette option, bien que spécifique, illustre la flexibilité qui peut être négociée lors d'une opération de transfert pour optimiser les coûts de garantie et la structure de sûreté du financement.

Analyse comparative : transfert de prêt vs rachat de crédit immobilier

Le choix entre conserver son crédit actuel par un transfert ou souscrire un nouveau contrat via un rachat dépend principalement du différentiel de taux et des frais annexes. Voici un comparatif des deux solutions pour vous aider à arbitrer la meilleure stratégie pour votre prêt immobilier.

CritèresTransfert de prêtRachat de crédit immobilier
Taux d'intérêt Conservation du taux initial (avantageux si les taux ont monté). Application des nouveaux taux du marché (avantageux si les taux ont baissé).
Indemnités (IRA) Aucune (économie de 0 à 3% du capital). Dues à l'ancienne banque (coût à financer).
Frais de garantie Frais de transfert ou mainlevée + nouvelle inscription. Mainlevée obligatoire + nouvelle inscription complète.
Assurance emprunteur Maintien du contrat initial (tarifs basés sur l'âge à la signature). Nouvelle souscription (tarifs basés sur l'âge actuel).
Frais de dossier Réduits (avenant au contrat). Complets (nouveau dossier bancaire).

Quand privilégier le transfert de prêt ?

Le transfert de prêt immobilier est la solution royale lorsque vous détenez un crédit à un taux très bas, dit "taux de marché plancher", et que les taux actuels sont nettement plus élevés. C'est également un choix judicieux si vous approchez de la fin de votre prêt, car les intérêts restants sont faibles, ou si votre état de santé rendrait une nouvelle souscription d'assurance très coûteuse. En protégeant les conditions d'origine, le transfert sécurise l'économie globale de votre acquisition et minimise les sorties de cash au moment de la transaction, car il évite de financer des pénalités de remboursement anticipé souvent lourdes sur un prêt immobilier récent.

Quand se tourner vers un rachat de crédit ?

À l'inverse, si les taux d'intérêt actuels sont significativement plus bas que ceux de votre contrat d'origine, le transfert perd de son intérêt. Un rachat de crédit permettra de renégocier la durée ou de baisser la mensualité de votre prêt immobilier, compensant ainsi largement le coût des IRA et des nouveaux frais de garantie. Le rachat est aussi la solution par défaut si votre contrat initial ne prévoit pas de clause de transfert ou si la banque refuse l'opération pour des raisons de solvabilité ou de nature du bien. Dans ce cas, il convient de simuler le gain net sur la durée restante du prêt immobilier pour s'assurer que l'opération est financièrement pertinente après déduction de tous les frais de mise en place.

L'impact du temps restant sur la décision

Le facteur "temps" est déterminant dans l'arbitrage. Plus votre prêt immobilier est ancien, plus la part d'intérêts dans vos mensualités diminue au profit du capital. Transférer un prêt déjà bien amorti permet de continuer à rembourser du capital rapidement. À l'inverse, repartir sur un nouveau financement via un rachat peut rallonger la durée de remboursement et augmenter le coût total des intérêts, même avec un taux nominal plus bas. L'analyse ne doit pas se limiter au taux facial, mais doit englober le coût total restant du prêt immobilier, incluant l'assurance et les frais de gestion, pour déterminer la stratégie qui préservera au mieux votre patrimoine sur le long terme.

Le rôle de l'apport personnel et du prix de vente dans l'opération de transfert

L'utilisation du prix de vente pour l'achat suivant

Dans un transfert de prêt immobilier, le prix de vente de votre ancien logement devient la source principale de financement pour le nouveau bien, en complément du crédit qui perdure. Contrairement à une vente classique où la banque se sert en premier pour éponger la dette, ici, la banque vous autorise à "utiliser" l'équivalent du capital restant dû pour payer le vendeur de votre futur logement. Votre apport personnel réel est constitué de la plus-value éventuelle réalisée sur la vente et du capital que vous aviez déjà remboursé. Cette gestion des flux financiers est le pivot du transfert de votre prêt immobilier et doit être clairement explicitée dans les actes notariés pour éviter tout quiproquo fiscal ou bancaire.

L'ajustement en cas de différence de prix entre les biens

Il est rare que le nouveau bien coûte exactement le même prix que l'ancien. Si le nouveau logement est plus cher, le transfert de prêt immobilier couvre une partie du besoin, et l'emprunteur doit compléter. Ce complément peut venir d'une épargne disponible ou d'un prêt complémentaire souscrit aux taux actuels. Si le nouveau logement est moins cher, la banque impose presque systématiquement un remboursement anticipé partiel du prêt immobilier à hauteur de la différence. L'objectif pour le prêteur est que le ratio entre la valeur du bien et le montant du crédit (le "loan-to-value") ne se dégrade pas. Un transfert ne peut pas servir à dégager des liquidités pour d'autres usages que l'acquisition immobilière elle-même.

L'importance de l'évaluation du nouveau bien

La banque basera son acceptation du transfert de prêt immobilier sur la valeur vénale du nouveau bien. Si vous achetez un logement au-dessus du prix du marché, la banque peut estimer que sa garantie est insuffisante et refuser le transfert. Dans certains cas, elle peut exiger l'intervention d'un expert immobilier pour valider la valeur du bien avant d'éditer l'avenant. Cette étape est cruciale car elle lie directement votre prêt immobilier à la qualité de votre nouvelle acquisition. Un apport personnel solide reste un atout majeur pour rassurer la banque et faciliter le transfert, car il diminue la part de risque pesant sur l'établissement prêteur en augmentant la "marge" de sécurité en cas de revente forcée.

Que faire en cas de refus de la banque : les alternatives pour financer votre achat

Contester ou négocier les motifs du refus

Si la banque refuse le transfert de votre prêt immobilier, elle doit normalement en justifier les raisons (absence de clause, solvabilité insuffisante, nature du bien). La première étape est d'essayer de lever les blocages. S'il s'agit d'un problème de garantie, proposer une caution plus solide ou un nantissement peut débloquer la situation. Si le refus est lié à une situation professionnelle jugée fragile mais temporaire, apporter des garanties complémentaires peut aider. Le transfert de prêt immobilier est une négociation commerciale : si vous êtes un bon client avec d'autres produits (épargne, assurances), faites valoir votre fidélité pour obtenir une exception commerciale de la part de votre conseiller.

Se tourner vers un nouveau financement bancaire

En cas de refus définitif de transfert, la solution standard est de clôturer votre prêt immobilier actuel et d'en souscrire un nouveau auprès de la même banque ou d'un concurrent. Bien que vous perdiez l'avantage du taux initial et que vous deviez payer des IRA, cela reste la voie la plus simple pour concrétiser votre achat. Dans ce scénario, n'hésitez pas à faire jouer la concurrence. Un nouvel établissement pourra parfois compenser le coût des IRA de votre ancien prêt immobilier en vous offrant des conditions de taux ou d'assurance très compétitives pour capter votre profil. Le rachat avec changement de banque devient alors une opportunité de repartir sur des bases neuves adaptées à votre nouveau projet de vie.

Le prêt relais comme solution de transition

Si le blocage du transfert de prêt immobilier est lié à un problème de calendrier (vous achetez avant d'avoir vendu), le prêt relais est l'alternative de choix. Il permet d'avancer les fonds pour l'achat sans attendre la vente. Une fois l'ancien bien vendu, vous soldez le relais et votre ancien crédit. C'est une solution coûteuse en intérêts, mais elle offre une souplesse indispensable si la banque refuse la simultanéité qu'impose le transfert. Il est parfois possible de transformer un projet de transfert en un montage incluant un prêt relais, permettant de conserver à terme votre prêt immobilier initial tout en gérant le décalage entre les deux transactions immobilières.

Conseils stratégiques pour négocier et réussir son transfert de prêt immobilier

Anticiper dès la signature du premier contrat

La réussite d'un transfert commence souvent des années avant l'opération, lors de la négociation de votre premier prêt immobilier. Si vous prévoyez de déménager à moyen terme, exigez l'insertion d'une clause de transférabilité sans frais. Même si cela ne garantit pas l'accord futur de la banque (qui reste juge du risque), cela pose le cadre contractuel nécessaire. Un prêt immobilier bien négocié au départ est un outil patrimonial bien plus puissant qu'un simple emprunt. Soyez attentif à la rédaction de cette clause pour qu'elle soit la moins restrictive possible concernant la nature du futur bien et les conditions de solvabilité à respecter au moment du transfert.

Présenter un dossier "achat-revente" irréprochable

Pour convaincre la banque d'accepter le transfert de votre prêt immobilier, vous devez présenter un projet sans faille. Cela signifie avoir des estimations de vente réalistes et un compromis de vente déjà signé ou très avancé. La banque doit avoir la certitude que l'ancien bien sera vendu rapidement pour libérer les fonds. Montrez que le transfert de votre prêt immobilier s'inscrit dans une logique de montée en gamme de votre patrimoine ou dans une nécessité professionnelle évidente. Plus votre projet semble solide et réfléchi, moins la banque percevra le transfert comme un risque de dégradation de sa garantie, et plus elle sera encline à valider l'avenant sans exiger de garanties excessives.

Faire appel à des experts pour l'accompagnement

Le transfert de prêt immobilier est une opération technique qui peut impressionner les conseillers bancaires généralistes peu habitués à cette procédure. N'hésitez pas à solliciter votre notaire dès le début du projet pour qu'il valide la faisabilité juridique du transfert de garantie. Parfois, l'appui d'un professionnel du patrimoine peut aider à structurer l'argumentaire financier face à la banque. En expliquant clairement l'économie réalisée sur les IRA et l'assurance, vous montrez à la banque que vous maîtrisez les enjeux de votre prêt immobilier. Une approche structurée et argumentée est souvent la clé pour transformer une demande complexe en une formalité administrative réussie auprès de votre établissement financier.

Les frais à prévoir : avenant au contrat, frais de garantie et dossier

Le coût de l'avenant bancaire

Bien que le transfert évite les indemnités de remboursement anticipé, il n'est pas totalement gratuit. La banque facture généralement des frais de dossier pour l'étude et la rédaction de l'avenant au contrat de prêt immobilier. Ces frais sont souvent fixes et oscillent entre 300 et 800 euros selon les établissements. Ils couvrent le travail administratif nécessaire pour modifier la désignation de l'objet du financement et mettre à jour le tableau d'amortissement. Comparés au coût d'ouverture d'un nouveau prêt immobilier complet, ces frais d'avenant restent très compétitifs, mais ils doivent être prévus dans votre budget global d'acquisition pour éviter les surprises lors du décompte final.

Les frais de mainlevée et de nouvelle garantie

C'est souvent le poste de dépense le plus important lors d'un transfert de prêt immobilier avec hypothèque. Comme expliqué précédemment, vous devrez payer la mainlevée de l'hypothèque sur l'ancien bien (environ 0,3% à 0,5% du montant initial du prêt) et les frais d'inscription de la nouvelle garantie sur le nouveau logement (environ 1% à 1,5% du montant garanti). Si vous utilisez une caution type Crédit Logement, ces frais sont remplacés par des frais de transfert de garantie bien moindres. Dans tous les cas, ces frais notariés ou de cautionnement sont indispensables pour sécuriser juridiquement le prêt immobilier sur son nouveau support et font partie intégrante du coût de la mutation de votre patrimoine.

Les frais d'assurance et les coûts de transition

Si le transfert de prêt immobilier s'accompagne d'un changement dans le contrat d'assurance (par exemple si vous devez augmenter le capital garanti car le nouveau bien est plus cher), des frais d'adhésion ou des frais d'avenant d'assurance peuvent s'ajouter. De plus, n'oubliez pas les éventuels frais de "doubles intérêts" si les dates de vente et d'achat ne coïncident pas parfaitement, obligeant la banque à maintenir deux lignes de crédit pendant quelques jours. Malgré ces différents frais, le bilan financier reste très largement en faveur du transfert pour un prêt immobilier dont le taux initial est attractif, car les économies réalisées sur les intérêts et les IRA surpassent de loin ces coûts administratifs et de garantie.

FAQ - Transfert de prêt immobilier

Peut-on transférer un prêt immobilier d'une banque à une autre ?

Non, le transfert de prêt immobilier est une opération interne à l'établissement qui vous a accordé le crédit initial. Si vous souhaitez changer de banque tout en vendant votre bien, vous devrez passer par un rachat de crédit classique, ce qui implique de solder votre ancien prêt et d'en ouvrir un nouveau, avec les frais et les taux correspondants.

La banque peut-elle refuser le transfert de mon crédit ?

Oui, la banque dispose d'un pouvoir discrétionnaire. Même si une clause de transfert existe dans votre contrat de prêt immobilier, elle peut s'opposer à l'opération si elle juge que le nouveau bien présente une garantie insuffisante ou si votre situation de solvabilité s'est dégradée depuis la souscription initiale du crédit.

Quels sont les délais pour organiser un transfert de prêt ?

Il faut généralement compter entre un et deux mois. Entre l'analyse de votre nouveau projet, l'évaluation du bien par la banque, l'édition de l'avenant au prêt immobilier et le respect du délai de réflexion de 10 jours, la procédure est plus longue qu'un remboursement standard. Anticipez dès la signature de votre compromis d'achat.

Le transfert de prêt est-il possible pour un investissement locatif ?

Cela dépend strictement des clauses de votre contrat. La plupart des banques limitent le transfert aux résidences principales. Si votre prêt immobilier d'origine finançait votre logement principal et que vous souhaitez le transférer sur un autre logement principal, c'est envisageable. Pour le locatif, les critères sont souvent beaucoup plus restrictifs.

Est-il possible de transférer un prêt à taux zéro (PTZ) ?

Le transfert du PTZ est possible sous certaines conditions strictes. Vous devez racheter une résidence principale et respecter les critères d'éligibilité au moment du transfert. Comme pour un prêt immobilier classique, vous devez obtenir l'accord de la banque qui gère le PTZ pour qu'elle maintienne cet avantage sur votre nouvelle adresse.

Peut-on augmenter le montant de son prêt lors d'un transfert ?

Techniquement, non. Un transfert concerne le capital restant dû de votre contrat actuel. Si vous avez besoin de plus de fonds pour votre nouvel achat, vous devrez souscrire une ligne de prêt immobilier complémentaire aux conditions actuelles du marché. Le transfert portera sur l'ancienne dette, et le nouveau crédit couvrira le besoin supplémentaire.

Le transfert de prêt annule-t-il les frais de remboursement anticipé ?

C'est l'un des principaux avantages ! Comme il n'y a pas de remboursement effectif du capital mais une simple mutation de l'objet du crédit, vous n'avez pas à payer les indemnités de remboursement anticipé (IRA) prévues dans votre contrat de prêt immobilier. C'est une source d'économie majeure pour l'emprunteur.

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