Peut-on suspendre son crédit immobilier avant de vendre son bien ?

Arsalain EL KESSIR
Peut-on suspendre son crédit immobilier avant de vendre son bien ?

✍ Les points à retenir

  • Vérifier les clauses de votre contrat : La suspension n'est pas un droit automatique. Elle doit être prévue dans votre offre de prêt sous forme de clause de "report d'échéances" ou de "modularité". Si elle n'y figure pas, vous devrez négocier un avenant spécifique avec votre banquier.
  • Choisir entre report partiel ou total : Le report partiel permet de ne rembourser que les intérêts et l'assurance (le capital est mis "en pause"). Le report total suspend capital et intérêts, mais l'assurance emprunteur reste presque toujours due chaque mois.
  • Anticiper le surcoût de l'opération : Suspendre un crédit n'est pas gratuit. Les intérêts non payés pendant la pause sont généralement capitalisés (ils produisent eux-mêmes des intérêts), ce qui allonge la durée du prêt et augmente son coût global final.
  • Respecter les conditions de durée : En règle générale, une suspension peut durer de 1 à 12 mois (parfois jusqu'à 24 mois selon les banques). Il faut souvent justifier d'une ancienneté de remboursement (souvent 24 mois) pour pouvoir activer cette option.
  • Saisir le juge en cas de difficultés graves : Si votre banque refuse le report alors que vous faites face à une baisse de revenus (licenciement, séparation), vous pouvez demander un "délai de grâce" au tribunal. Le juge peut suspendre le prêt jusqu'à 2 ans sans pénalités.

Définition et fonctionnement de la suspension de prêt immobilier

La suspension d'un crédit immobilier, également désignée sous le terme technique de report d'échéances, est un dispositif contractuel qui permet à un emprunteur de cesser temporairement le paiement de ses mensualités. Cette pause peut s'avérer cruciale lors de phases de transition patrimoniale, notamment lorsque l'on souhaite vendre un bien tout en préparant une nouvelle acquisition ou en faisant face à une fluctuation de trésorerie. Contrairement à une modulation, qui ne fait que varier le montant, la suspension interrompt le cycle habituel de remboursement pour une durée déterminée, généralement comprise entre quelques mois et un an, selon les clauses négociées lors de la signature du contrat initial.

Le mécanisme contractuel du report d'échéances

Le fonctionnement de cette option repose sur la flexibilité du contrat de crédit immobilier. En activant cette clause, l'emprunteur demande à son établissement bancaire de décaler le remboursement du capital. Il est important de comprendre que suspendre son prêt ne signifie pas l'annulation de la dette, mais son décalage dans le temps. Ce mécanisme rallonge mécaniquement la durée totale du prêt. Durant la période de suspension, le tableau d'amortissement est mis à jour. Selon les banques, cette option peut être activée après une période minimale de détention du prêt (souvent 24 mois) et peut être sollicitée une ou plusieurs fois sur la durée totale du financement, sous réserve du respect d'un délai de carence entre deux suspensions.

Le rôle des intérêts et de l'assurance durant la pause

Même lorsque le remboursement du capital d'un crédit immobilier est suspendu, certains coûts fixes demeurent actifs. Dans la majorité des cas de suspension, les intérêts continuent de courir sur le capital restant dû. De plus, l'assurance emprunteur reste une obligation légale et technique : elle ne peut en aucun cas être suspendue. L'emprunteur doit donc continuer de s'acquitter des primes d'assurance chaque mois pour maintenir sa protection contre les risques de décès, d'invalidité ou d'incapacité. Cette distinction est fondamentale pour la gestion de sa trésorerie, car elle implique que la mensualité ne tombe jamais réellement à zéro, sauf dans des cas très spécifiques de report total où les intérêts sont capitalisés, c'est-à-dire ajoutés au montant global de la dette.

L'impact sur le tableau d'amortissement et la durée de vie du prêt

L'activation de la suspension modifie profondément la structure du crédit immobilier. Puisque le capital n'est pas remboursé pendant la durée du report, la fin du prêt est décalée d'une durée au moins égale à celle de la suspension. Dans les faits, le coût global du crédit augmente car la période pendant laquelle les intérêts sont calculés est plus longue. Les banques procèdent alors à l'édition d'un nouvel échéancier qui détaille la reprise des paiements et le nouveau coût total. Pour un propriétaire souhaitant vendre son bien, cette solution offre une respiration financière immédiate, permettant de ne plus porter le poids de la mensualité pleine tout en attendant la concrétisation de la transaction immobilière devant le notaire.

Pourquoi suspendre son crédit immobilier lors d'une mise en vente ?

Optimiser son reste à vivre pendant la période de transition

Vendre un bien immobilier est un processus qui peut durer plusieurs mois, entre la mise sur le marché, les visites et la signature de l'acte authentique. Durant cette période, les charges fixes liées au crédit immobilier en cours peuvent devenir pesantes, surtout si le propriétaire a déjà emménagé dans un nouveau logement ou doit assumer un loyer ailleurs. La suspension permet de libérer une capacité financière immédiate. Ce "ballon d'oxygène" peut être réinvesti dans la mise en valeur du bien à vendre (home staging, petites réparations) ou simplement servir à couvrir les frais de déménagement sans entamer l'épargne de sécurité, assurant ainsi une transition plus sereine entre deux projets de vie.

Éviter le cumul de deux charges de logement

Le risque majeur lors d'une vente-achat est de se retrouver à payer simultanément les mensualités du crédit immobilier du logement actuel et le financement ou le loyer du futur domicile. Cette situation, souvent appelée double charge, peut rapidement déstabiliser un budget familial. Suspendre le remboursement du prêt initial permet d'annuler temporairement ce cumul. Cela offre une marge de manoeuvre précieuse pour ne pas vendre son bien dans la précipitation à un prix inférieur à sa valeur de marché par nécessité financière. Le propriétaire peut ainsi attendre l'offre d'achat idéale en sachant que ses sorties d'argent mensuelles sont réduites au strict minimum.

Gérer les imprévus liés aux délais de vente

Le marché immobilier est sujet à des aléas : désistement d'un acheteur, refus de prêt ou ralentissement économique local. Dans ces circonstances, le délai de vente peut s'allonger au-delà des prévisions initiales. La suspension de crédit immobilier agit comme une barrière de sécurité contre ces imprévus. Elle permet de maintenir la solvabilité du ménage et d'éviter les incidents de paiement auprès des organismes bancaires. En stabilisant sa situation financière grâce à cette option contractuelle, le vendeur garde la maîtrise de son calendrier et évite le stress lié à l'échéance mensuelle qui tombe alors que le produit de la vente n'est pas encore encaissé.

Comment formuler une demande de report d'échéances à sa banque ?

Vérifier les clauses de son offre de prêt

Avant toute démarche officielle, il est impératif de se replonger dans l'offre de crédit immobilier initiale. Toutes les banques n'intègrent pas automatiquement la suspension d'échéances. Il faut chercher les mentions relatives à la "flexibilité des mensualités" ou au "report d'échéances". Ces clauses précisent généralement la durée maximale autorisée, le nombre de fois où l'on peut y avoir recours et les frais de dossier éventuellement applicables. Si l'option n'est pas explicitement prévue, la suspension devient une négociation commerciale de gré à gré, dont l'issue dépendra de la qualité de la relation avec le conseiller bancaire et de la solidité du dossier financier global de l'emprunteur.

Préparer un dossier justificatif solide

Même si la clause est contractuelle, la banque demande souvent de justifier la nécessité de suspendre le crédit immobilier. Dans le contexte d'une vente, il est utile de fournir le mandat de vente signé avec une agence immobilière ou les premières preuves de mise sur le marché. S'il s'agit d'une difficulté financière temporaire liée à un changement de situation, des justificatifs de revenus ou des devis liés au futur projet peuvent être demandés. L'objectif est de démontrer au banquier que la situation est transitoire et que le remboursement intégral du capital reprendra dès la vente du bien ou à la fin de la période de report définie par le contrat.

La procédure d'envoi et de validation

La demande doit impérativement être formulée par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, adressée au service client ou au conseiller habituel. Dans ce courrier, il faut préciser la date de début souhaitée pour la suspension et la durée envisagée. Une fois la demande reçue, la banque dispose d'un délai pour l'analyser. En cas d'acceptation, un avenant au contrat de crédit immobilier ou une simple lettre de confirmation sera émis. Ce document détaillera le nouvel échéancier, le montant des intérêts intercalaires et les nouvelles modalités de fin de prêt. Il est conseillé d'anticiper cette démarche au moins deux mois avant la date d'échéance que l'on souhaite suspendre.

Quelles sont les conditions d'éligibilité pour suspendre ses mensualités ?

L'ancienneté et le bon fonctionnement du prêt

La première condition d'éligibilité pour suspendre un crédit immobilier concerne souvent l'ancienneté du remboursement. La plupart des banques exigent que le prêt soit en phase d'amortissement depuis au moins 12 à 24 mois. De plus, un historique irréprochable est indispensable : aucun incident de paiement, rejet de prélèvement ou découvert bancaire non autorisé ne doit avoir été constaté récemment. La banque accorde cette flexibilité comme un service à un client "sain". Si le prêt a déjà fait l'objet de reports ou de restructurations suite à des difficultés majeures, l'accès à une nouvelle suspension peut être plus difficile, voire refusé selon les politiques internes de gestion des risques.

La nature du projet et du prêt immobilier

Toutes les typologies de financement ne sont pas éligibles de la même manière à la suspension. Si les prêts amortissables classiques offrent généralement cette option, les prêts aidés (comme le Prêt à Taux Zéro ou le PEL) disposent de règles beaucoup plus rigides. Dans le cadre d'un investissement locatif, la banque peut également se montrer plus réticente que pour une résidence principale, estimant que le loyer perçu doit couvrir la mensualité. Par ailleurs, si le crédit immobilier est garanti par une caution (type Crédit Logement), l'accord de l'organisme de caution peut parfois être requis en plus de celui de la banque, car la suspension allonge la durée de leur engagement de garantie.

Les limites de durée et les plafonds contractuels

L'éligibilité est aussi dictée par les limites temporelles fixées dans le contrat. En général, la suspension d'un crédit immobilier ne peut excéder 12 mois consécutifs. Il existe également souvent un plafond global sur toute la durée du prêt, par exemple 24 mois au total. Si l'emprunteur a déjà consommé une grande partie de son droit au report, il peut se voir refuser une nouvelle demande. Enfin, certaines banques imposent une condition de revenus : la suspension ne doit pas amener le coût total du crédit à dépasser une certaine limite de solvabilité à long terme. Il est donc essentiel de calculer l'impact final avant de postuler pour s'assurer de rester dans les clous de l'éligibilité bancaire.

Report partiel vs report total : comprendre les différents types de suspension

Il existe deux manières principales de mettre en pause son crédit immobilier. Le choix entre le report partiel et le report total dépend directement de la capacité financière résiduelle de l'emprunteur et de son souhait de limiter, ou non, le surcoût final de son emprunt.

CaractéristiqueReport PartielReport Total
Ce qui est suspendu Remboursement du capital uniquement Capital ET Intérêts
Ce qui reste à payer Intérêts + Assurance Assurance uniquement
Impact sur le coût Modéré (intérêts payés au fil de l'eau) Élevé (intérêts capitalisés)
Recommandé pour Soulager le budget sans trop de frais Arrêt quasi-total des sorties d'argent

Le report partiel : une solution d'équilibre

Dans un report partiel, l'emprunteur suspend uniquement le remboursement du capital de son crédit immobilier. Il continue de régler chaque mois les intérêts calculés sur la somme restant due, ainsi que les cotisations d'assurance. Cette solution est souvent privilégiée car elle allège considérablement la mensualité (souvent de 40% à 70% selon l'avancement du prêt) tout en évitant le phénomène de l'anatocisme, c'est-à-dire les intérêts qui produisent eux-mêmes des intérêts. C'est l'option la plus saine pour maintenir un lien financier avec la banque tout en libérant suffisamment de trésorerie pour gérer une mise en vente ou un déménagement sans alourdir démesurément la dette finale.

Le report total : la pause maximale mais coûteuse

Le report total permet de suspendre à la fois le capital et les intérêts du crédit immobilier. Seule l'assurance emprunteur reste prélevée. C'est la solution de dernier recours ou de confort extrême, car elle réduit les sorties d'argent au minimum vital. Cependant, les intérêts non payés ne sont pas effacés : ils sont ajoutés au capital restant dû. À la fin de la période de suspension, les futurs intérêts seront calculés sur une base plus large, ce qui entraîne un surcoût significatif. Ce type de suspension est généralement limité à une durée très courte par les banques (souvent 6 mois maximum) en raison de l'impact financier qu'il génère sur l'équilibre du prêt.

Comment choisir entre les deux formules ?

Le choix doit se porter sur le report partiel si l'on dispose encore d'un minimum de revenus permettant de couvrir les intérêts. Cela limite l'impact sur le coût total du crédit immobilier. À l'inverse, si la situation est critique ou si la vente du bien est imminente et garantie, le report total peut s'envisager pour ne plus avoir aucune charge significative pendant quelques mois. Il est conseillé de demander une simulation pour les deux scénarios afin de visualiser précisément la différence sur le coût final et sur le montant de la nouvelle mensualité lors de la reprise de l'amortissement.

Quelles sont les conséquences financières et l'impact sur le coût total du crédit ?

Le rallongement de la durée de remboursement

La conséquence la plus immédiate de la suspension d'un crédit immobilier est l'extension de sa durée de vie. Si vous suspendez votre prêt pendant 6 mois, la date de fin de votre crédit sera décalée d'au moins 6 mois. Ce rallongement signifie que vous restez engagé plus longtemps auprès de votre banque. Pour un vendeur, ce n'est pas problématique si le bien est vendu avant le terme prévu, car le prêt sera remboursé par anticipation grâce au prix de vente. Cependant, si la vente n'aboutit pas, il faudra assumer ces mensualités supplémentaires en fin de contrat, ce qui peut impacter d'autres projets futurs, comme la préparation de la retraite ou un nouvel investissement.

L'augmentation mécanique du coût des intérêts

Suspendre son crédit immobilier n'est jamais gratuit. Même sans frais de dossier, le simple fait de décaler le remboursement du capital augmente le volume d'intérêts que vous paierez au final. Plus le capital reste élevé longtemps, plus les intérêts courent. Dans le cas du report total, ce surcoût est encore plus marqué à cause de la capitalisation des intérêts. Pour une suspension de 6 mois sur un prêt moyen, le coût total peut augmenter de plusieurs centaines, voire milliers d'euros. Il est donc crucial de considérer cette dépense comme un coût lié à la transaction immobilière, au même titre que les honoraires d'agence ou les frais de mutation, et non comme une simple pause neutre.

Les frais annexes et l'assurance emprunteur

Enfin, il ne faut pas oublier les frais accessoires. Certaines banques facturent l'émission de l'avenant nécessaire à la suspension du crédit immobilier. De plus, l'assurance emprunteur étant calculée soit sur le capital initial, soit sur le capital restant dû, le fait de rallonger la durée du prêt entraîne le paiement de mensualités d'assurance supplémentaires. Si votre prêt est rallongé de 12 mois, vous devrez payer 12 mois d'assurance de plus que prévu initialement. Au moment de réévaluer le budget de la vente, ces éléments doivent être pris en compte pour calculer le bénéfice réel net que vous tirerez de la transaction immobilière une fois le prêt soldé.

La suspension de prêt est-elle la seule option avant la vente d'un bien ?

L'importance d'évaluer sa situation globale

Avant d'activer une suspension de crédit immobilier, il est essentiel de se demander si cette mesure est proportionnée à ses besoins. Si la difficulté est très légère, d'autres réglages contractuels peuvent suffire. La suspension est une mesure forte qui modifie le contrat. Si vous êtes certain de vendre dans les trois mois, le jeu en vaut la chandelle. Mais si la vente est hypothétique, engager un report peut s'avérer risqué sur le long terme. Il convient d'analyser ses actifs disponibles, son épargne de précaution et ses revenus futurs avant de figer le remboursement de sa dette immobilière principale.

La vente avec faculté de rachat ou portage immobilier

Il existe des solutions plus complexes pour les propriétaires en difficulté majeure souhaitant éviter la saisie ou une suspension trop longue de leur crédit immobilier. Le portage immobilier permet de vendre son bien à des investisseurs tout en continuant à l'occuper moyennant une indemnité d'occupation, avec la possibilité de le racheter plus tard ou de finaliser la vente au prix du marché quand la situation s'améliore. Bien que radicale et coûteuse, cette solution permet de solder le crédit immédiatement et de repartir sur des bases saines. Elle reste toutefois marginale par rapport à la flexibilité offerte par une simple suspension bancaire classique.

Le remboursement anticipé partiel

Si vous disposez d'une petite rentrée d'argent mais pas assez pour solder le prêt, faire un remboursement anticipé partiel de votre crédit immobilier peut être plus judicieux qu'une suspension. Cela permet de réduire soit la durée du prêt, soit le montant des mensualités futures. Si votre objectif est de réduire vos charges mensuelles jusqu'à la vente, demandez à réduire la mensualité suite à ce versement. Contrairement à la suspension qui coûte de l'argent, le remboursement partiel réduit le coût total du crédit. C'est une option à privilégier si vous vendez pour acheter plus petit et que vous disposez déjà d'un acompte ou d'une épargne disponible.

Les alternatives à la suspension : modulation d'échéances et prêt relais

La modulation d'échéances : la souplesse au quotidien

La modulation est une alternative très courante à la suspension de crédit immobilier. Elle permet de modifier le montant de la mensualité, généralement à la hausse ou à la baisse dans une limite de 10% à 30%. Contrairement à la suspension qui arrête tout, la modulation permet de continuer à rembourser, mais plus doucement. C'est idéal pour réduire ses charges sans pour autant cesser de capitaliser. La plupart des contrats modernes permettent de moduler une fois par an gratuitement. Pour un vendeur, baisser sa mensualité au maximum autorisé peut suffire à équilibrer son budget le temps de trouver un acquéreur, tout en limitant l'augmentation du coût global du crédit.

Le prêt relais : l'outil spécifique de l'achat-revente

Le prêt relais est conçu spécifiquement pour les propriétaires qui achètent un nouveau bien avant d'avoir vendu l'ancien. Au lieu de suspendre le crédit immobilier en cours, la banque accorde un prêt de transition basé sur la valeur du bien à vendre (généralement 70%). Ce prêt permet de solder le crédit initial ou de financer le nouvel achat. Durant le prêt relais (souvent 12 à 24 mois), l'emprunteur ne paie que les intérêts (franchise partielle) ou rien du tout jusqu'à la vente (franchise totale). C'est techniquement une forme de suspension optimisée pour la transaction immobilière, mais elle nécessite que le projet d'achat soit déjà engagé.

Le rachat de crédit ou la renégociation

Si la mise en vente de votre bien prend plus de temps que prévu et que vos charges de crédit immobilier deviennent insupportables, vous pouvez envisager un rachat de crédit. En regroupant vos différentes dettes ou en allongeant la durée totale du prêt de manière pérenne, vous pouvez diviser par deux vos mensualités. Bien que cela augmente le coût total, c'est une solution plus stable qu'une suspension temporaire si la situation financière est durablement dégradée. Cependant, attention aux frais de dossier et aux pénalités de remboursement anticipé qui peuvent s'appliquer lors d'un rachat par une banque concurrente.

FAQ - Suspension de prêt immobilier

Peut-on suspendre un crédit immobilier sans l'accord de la banque ?

Non, il est impossible de suspendre un crédit immobilier unilatéralement. La suspension est une option contractuelle qui doit être validée par l'établissement prêteur. Un arrêt des prélèvements sans accord préalable est considéré comme un incident de paiement, ce qui entraîne des pénalités, l'inscription au fichier des incidents de remboursement (FICP) et peut mener à la déchéance du terme, obligeant le remboursement immédiat de la totalité de la dette.

Quelle est la durée maximale d'une suspension de mensualités ?

La durée dépend des conditions inscrites dans votre contrat de crédit immobilier. En règle générale, les banques autorisent des suspensions allant de 1 à 12 mois. Certaines clauses permettent de fractionner ce temps, par exemple en prenant deux mois de pause chaque année. Pour des cas exceptionnels liés à une vente difficile, une prolongation peut parfois être négociée avec le conseiller, mais elle n'est pas automatique.

Est-ce que suspendre son prêt immobilier coûte cher ?

La suspension d'un crédit immobilier engendre un surcoût. Il y a d'abord les intérêts qui continuent de courir et qui sont reportés en fin de prêt (ou capitalisés), ce qui augmente le montant total à rembourser. Ensuite, il y a le coût de l'assurance emprunteur qui doit être payée plus longtemps. Enfin, certaines banques prélèvent des frais de gestion ou de dossier pour la mise en place de l'avenant de suspension.

L'assurance emprunteur est-elle suspendue pendant le report ?

Non, l'assurance emprunteur de votre crédit immobilier ne s'arrête jamais pendant une période de suspension de paiement. Vous restez couvert contre les risques de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail, et vous devez donc continuer à payer les primes d'assurance chaque mois. C'est une sécurité indispensable tant pour vous que pour la banque, car le risque de sinistre existe indépendamment du remboursement du capital.

La suspension est-elle possible sur tous les types de prêts immobiliers ?

La majorité des prêts amortissables à taux fixe permettent cette option si elle a été prévue au contrat. En revanche, elle est beaucoup plus rare, voire interdite, sur les prêts à taux zéro (PTZ), les prêts conventionnés ou les prêts épargne logement. Pour les prêts In Fine, où l'on ne rembourse que les intérêts jusqu'au terme, la suspension du crédit immobilier est également complexe car elle viderait le contrat de sa substance financière.

Quels sont les risques d'une suspension de prêt prolongée ?

Le risque principal d'une suspension prolongée de crédit immobilier est l'alourdissement de la dette. Si la vente du bien tarde trop, le coût des intérêts capitalisés peut rogner la plus-value espérée lors de la transaction. De plus, multiplier les suspensions peut être mal vu par la banque si vous sollicitez un nouveau financement par la suite, car cela peut être interprété comme un signe de fragilité financière structurelle.

La banque peut-elle refuser une demande de suspension pourtant contractuelle ?

Si la clause de suspension est inscrite dans votre contrat de crédit immobilier et que vous respectez toutes les conditions (ancienneté du prêt, absence d'impayés), la banque est tenue de respecter ses engagements. Toutefois, elle peut discuter des modalités (date de début, justificatifs). Si l'option n'est pas contractuelle mais simplement "possible sous réserve d'étude", la banque dispose d'un pouvoir discrétionnaire total pour accepter ou refuser votre demande.

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