Qui paie les frais de notaire lors d'un achat immobilier ?

✍ Les points à retenir
- L'acheteur comme payeur principal : Selon l'usage et l'article 1593 du Code civil, les frais d'acquisition (frais de notaire) sont intégralement à la charge de l'acquéreur, sauf stipulation contraire dans le contrat.
- Le cas particulier de la "vente acte en mains" : Il est possible de négocier une clause spécifique où le vendeur accepte de prendre à sa charge les frais de notaire, une pratique parfois utilisée dans le neuf ou pour faciliter une transaction difficile.
- Le partage des frais entre deux notaires : Si l'acheteur et le vendeur choisissent chacun leur propre notaire, les honoraires sont partagés entre les deux offices sans aucun surcoût pour les parties concernées.
- L'impact du mobilier sur le montant : Déduire la valeur des meubles (cuisine équipée, électroménager) du prix de vente permet à l'acheteur de réduire la base de calcul des droits de mutation et donc de payer moins de frais de notaire.
- Le versement lors de la signature : Les frais de notaire doivent être réglés par virement bancaire le jour de la signature de l'acte authentique, incluant les taxes collectées pour le compte de l'État et la rémunération de l'étude.
Le principe légal : l'acheteur comme redevable principal des frais d'acte
Dans le système juridique français, la question de savoir qui assume la charge financière lors d'une transaction immobilière est régie par des usages et des textes de loi séculaires. Par défaut, c'est l'acquéreur qui supporte l'intégralité des sommes versées à l'officier public le jour de la vente. Ces frais de notaire, qui regroupent des taxes, des débours et une rémunération réglementée, viennent s'ajouter au prix d'achat net du bien. Cette règle de principe est essentielle à comprendre pour tout futur propriétaire, car elle conditionne directement le calcul de son budget global et de son plan de financement auprès des banques.
Une responsabilité financière ancrée dans le droit civil
La désignation de l'acquéreur comme payeur n'est pas une simple habitude commerciale, mais une application stricte du droit des contrats. L'idée fondamentale est que celui qui bénéficie du transfert de propriété et de la création d'un titre de propriété sécurisé doit en assumer le coût. En réglant les frais de notaire, l'acheteur s'assure que son acte sera publié au service de la publicité foncière, le rendant ainsi opposable aux tiers. C'est cette formalité qui garantit que personne d'autre ne pourra contester son droit de propriété sur le bien acquis. Le vendeur, de son côté, perçoit le prix net convenu sans avoir à déduire de sa poche les frais liés à la rédaction de l'acte authentique.
L'impact des frais sur l'apport personnel de l'acheteur
Puisque l'acheteur est le redevable principal, les banques considèrent généralement que les frais de notaire doivent être financés par l'épargne résiduelle, également appelée apport personnel. En effet, ces frais ne représentent pas une valeur d'actif tangible : ils s'évaporent pour l'essentiel sous forme de taxes pour l'État. En conséquence, si un bien est acheté 200 000 euros, l'acquéreur devra souvent disposer de 15 000 à 16 000 euros de côté dans l'ancien pour couvrir ces frais d'acte. Cette obligation de financement propre est souvent le premier frein à l'accession à la propriété, imposant une discipline d'épargne rigoureuse bien avant la recherche du bien immobilier.
La transparence du décompte notarié pour l'acquéreur
Le notaire a un devoir d'information envers l'acquéreur concernant la ventilation des sommes perçues. Bien que l'acheteur paie une somme globale, le notaire lui remet, quelques mois après la vente, un décompte définitif. Ce document précise la part exacte des frais de notaire qui a été reversée au Trésor public au titre des droits de mutation, les sommes remboursées pour les frais de formalités administratives et enfin les émoluments de l'étude. Cette clarté permet à l'acquéreur de constater que l'officier public n'est, pour la majeure partie du montant, qu'un collecteur d'impôts mandaté par l'État pour sécuriser les flux financiers de la transaction.
L'article 1593 du Code civil : le fondement juridique de la charge des frais
Pour comprendre pourquoi l'acheteur paie, il faut se référer au texte fondateur qui régit les ventes en France. L'article 1593 du Code civil stipule de manière concise que « les frais d'actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur ». Ce texte simple constitue le socle sur lequel repose toute la pratique immobilière. Il définit une norme supplétive de volonté, ce qui signifie qu'elle s'applique automatiquement si les parties n'ont pas expressément prévu une autre répartition dans leur compromis ou leur promesse de vente.
La distinction entre frais d'actes et prix de vente
L'article 1593 établit une séparation nette entre le prix du bien lui-même et les coûts nécessaires pour acter légalement le transfert de propriété. Les frais de notaire sont considérés comme des « accessoires ». Cette distinction juridique permet d'éviter toute ambiguïté sur le montant net qui doit revenir au vendeur. Si un contrat mentionne un prix de 300 000 euros sans précision supplémentaire, la loi interprète systématiquement que l'acheteur devra payer 300 000 euros au vendeur, et environ 23 000 euros supplémentaires (dans l'ancien) pour les frais d'acte. Cette structure protège le vendeur d'une érosion imprévue de son prix de vente par des taxes dont il ne serait pas responsable.
Une règle supplétive mais modulable par contrat
Bien que l'article 1593 désigne l'acheteur, il ne s'agit pas d'une règle d'ordre public à laquelle on ne peut déroger. Cela signifie que le vendeur et l'acheteur sont libres de s'entendre sur une répartition différente. Cependant, dans 99 % des transactions immobilières entre particuliers, le texte du Code civil est appliqué à la lettre. Le notaire, en tant que garant de la légalité, s'assure simplement que la convention signée entre les parties reflète bien cette répartition. Si aucune mention contraire n'est inscrite dans l'avant-contrat, le principe de la charge pour l'acheteur devient irrévocable lors de la réitération de la vente.
Les enjeux de l'opposabilité de l'acte
Le fondement juridique de cet article repose également sur l'intérêt direct de l'acheteur. En payant les « frais d'actes », l'acquéreur finance sa propre sécurité juridique. Les frais de notaire couvrent notamment la taxe de publicité foncière, qui est la condition sine qua non pour que le nom de l'acheteur apparaisse dans le fichier immobilier national. Sans le paiement de ces droits par l'acheteur, l'acte resterait « sous seing privé » et ne protégerait pas le propriétaire contre d'éventuels créanciers du vendeur qui voudraient saisir le bien. L'article 1593 lie donc la responsabilité financière à la protection juridique acquise par le nouvel occupant.
La clause "acte en main" : quand le vendeur accepte de payer les frais de notaire
Malgré le principe général, il existe une alternative contractuelle de plus en plus utilisée dans certains contextes de marché : la vente « acte en main ». Dans ce scénario, le vendeur déroge volontairement à l'article 1593 du Code civil et accepte de prendre à sa charge l'intégralité des frais de notaire. Cette pratique ne change pas le montant total des taxes dues à l'État, mais elle déplace la responsabilité du paiement effectif. C'est un argument commercial puissant qui peut faciliter une vente dans un secteur très concurrentiel ou aider un acheteur dont l'apport personnel est trop juste.
Le fonctionnement contractuel de la vente acte en main
Dans une vente classique, on parle de prix « net vendeur ». Dans une vente acte en main, on parle de prix global « frais de notaire inclus ». Le prix affiché dans l'annonce et dans le compromis de vente englobe alors le prix du bien et l'estimation des frais d'acquisition. Le jour de la signature, le notaire prélève directement sur le prix total versé par l'acquéreur les sommes nécessaires pour payer les droits de mutation et ses propres honoraires. Pour le vendeur, cela signifie qu'il recevra in fine une somme moins importante que le prix facial de la vente. C'est une stratégie de prix qui nécessite une grande précision de la part du notaire pour évaluer les frais en amont.
Les avantages pour l'acheteur et le vendeur
Pour l'acheteur, le bénéfice est immédiat : il n'a pas à sortir d'épargne supplémentaire pour payer les frais de notaire au moment de la signature. Cela peut transformer un dossier de prêt immobilier refusé en un dossier accepté. Pour le vendeur, accepter une clause acte en main permet souvent de vendre plus rapidement ou de maintenir un prix de vente élevé tout en offrant un avantage psychologique à l'acquéreur. C'est un levier de négociation qui se substitue souvent à une baisse de prix directe. Au lieu de baisser le prix de 15 000 euros, le vendeur propose de payer les frais d'un montant équivalent, ce qui est parfois plus séduisant pour un acheteur sans liquidités.
Les limites fiscales et bancaires de la clause
Il est important de noter que l'administration fiscale reste attentive à ces montages. L'assiette de calcul des droits de mutation (les taxes d'État) doit normalement être basée sur la valeur réelle du bien, déduction faite des frais. Si le prix acte en main est artificiellement gonflé, le fisc pourrait y voir une tentative de minimiser les taxes. De même, les banques ne sont pas toujours favorables au financement d'une vente acte en main à 100 %, car elles craignent que le prêt ne dépasse la valeur réelle du bien sur le marché. L'acheteur doit donc s'assurer, avant de signer une telle clause, que son établissement prêteur accepte de financer le montant global incluant les frais de notaire.
Acheter sans apport : l'intérêt stratégique de la vente acte en main
L'acquisition immobilière sans apport personnel est un défi de taille dans le contexte actuel de régulation bancaire. La principale difficulté réside dans le fait que les établissements de crédit refusent presque systématiquement de financer les « frais annexes ». C'est ici que la vente acte en main prend tout son intérêt stratégique. En intégrant les frais de notaire directement dans le prix de vente, l'acquéreur peut théoriquement solliciter un prêt couvrant l'intégralité de la somme à verser le jour de la signature authentique.
Contourner la barrière de l'apport personnel
Généralement, pour un achat de 250 000 euros, une banque exigera au moins 20 000 euros d'apport pour couvrir les frais de notaire. Si l'acheteur ne possède pas cette somme, son projet est bloqué. En optant pour une transaction acte en main à 270 000 euros (prix du bien + frais), la banque finance un « prix d'achat » global. Bien que la banque finance techniquement les frais, elle le fait sous l'étiquette du prix du bien. Cette nuance permet de respecter les critères d'octroi de certains prêts, à condition que l'expertise immobilière confirme que le bien vaut réellement le prix global demandé. C'est une stratégie de « lissage » du coût qui rend l'immobilier accessible à ceux qui ont une bonne capacité de remboursement mais peu d'épargne accumulée.
Une solution prisée par les investisseurs locatifs
Les investisseurs immobiliers cherchent souvent à maximiser l'effet de levier du crédit en conservant leur épargne pour d'autres projets ou pour des travaux. Pour eux, négocier une vente acte en main est une technique courante. En évitant de payer les frais de notaire avec leur trésorerie, ils améliorent leur rentabilité nette immédiate. Cela leur permet également de déduire les intérêts d'emprunt sur une somme plus globale. Dans ce cadre, l'acheteur privilégie le flux de trésorerie (cash-flow) plutôt que la réduction de sa dette initiale. C'est une approche financière rigoureuse où chaque euro d'épargne conservé peut être réinvesti ailleurs pour générer un rendement supérieur au coût du crédit.
Les points de vigilance pour un montage réussi
Réussir un achat sans apport via une clause acte en main demande une transparence totale avec le notaire et la banque. Le notaire doit rédiger l'acte de manière à ce que les frais de notaire soient clairement identifiés comme étant à la charge du vendeur, tout en s'assurant que l'acquéreur est bien le redevable légal vis-à-vis de l'administration foncière. Il faut également être attentif au taux d'usure et à la durée de l'emprunt, car augmenter le montant total du prêt peut faire basculer le dossier au-delà des limites d'endettement autorisées. Enfin, il est conseillé de réaliser cette opération sur des biens dont le prix de base est légèrement en dessous du marché, afin que le prix final (frais inclus) reste cohérent avec les valeurs de référence locales.
Frais de notaire dans le neuf vs ancien : qui paie quoi et combien ?
Le montant des frais de notaire varie de façon spectaculaire selon la nature du bien immobilier. Cette différence est principalement due à la fiscalité appliquée par l'État, qui encourage la construction de logements neufs via des taux réduits. Quel que soit le type de bien, l'acheteur reste le payeur par défaut, mais l'enveloppe budgétaire à prévoir passe du simple au triple, ce qui impacte lourdement le calcul de rentabilité et la capacité d'achat.
| Type de bien | Pourcentage moyen des frais | Part des taxes (Trésor Public) | Rémunération du notaire |
|---|---|---|---|
| Immobilier Ancien | 7 % à 8 % | Environ 5,8 % (DMTO) | Environ 1 % à 1,5 % |
| Immobilier Neuf | 2 % à 3 % | Environ 0,7 % (Taxe de pub. foncière) | Environ 1 % à 1,5 % |
Le poids de la fiscalité dans l'ancien
Dans l'ancien, les frais de notaire sont élevés car ils incluent les Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO). Ces taxes sont perçues par les départements et les communes. Sur un achat de 200 000 euros, l'acheteur doit verser environ 15 000 euros de frais. Cette somme est majoritairement composée d'impôts, la part revenant réellement au notaire étant minime. C'est pour cette raison que l'apport personnel est crucial dans l'ancien : l'acquéreur doit être capable d'avancer ces taxes qui ne créent aucune valeur directe sur son patrimoine, mais qui sont obligatoires pour valider la vente.
L'avantage fiscal du logement neuf
Acheter dans le neuf permet de bénéficier de frais de notaire réduits. L'État allège la fiscalité pour compenser le fait que le prix du neuf inclut déjà la TVA immobilière (20 %). Ainsi, les droits de mutation tombent à environ 0,7 % au lieu de 5,8 %. Pour un bien de 200 000 euros, l'acheteur ne paiera qu'environ 5 000 euros de frais. Cet écart massif de 10 000 euros peut être réutilisé pour financer des options de confort (cuisine équipée, domotique) ou pour réduire le montant de l'emprunt. C'est un argument de vente majeur pour les promoteurs, permettant à l'acheteur de devenir propriétaire avec un apport personnel très limité.
Qui décide de la qualification "neuf" ou "ancien" ?
C'est la loi fiscale qui définit la catégorie du bien, influençant directement qui paie quel montant. Un bien est considéré comme neuf s'il vient d'être achevé et n'a jamais été habité, ou s'il est vendu en l'état futur d'achèvement (VEFA). Si un particulier achète un appartement neuf et le revend deux ans plus tard, le bien bascule dans la catégorie "ancien" pour le second acheteur, même s'il est en parfait état. Le nouvel acquéreur devra alors assumer les frais de notaire au taux plein de 7-8 %. La vigilance est donc de mise lors d'un achat à un particulier pour un bien récent : l'économie des frais réduits n'est pas attachée à l'âge du bâtiment, mais au cycle de revente et au statut du vendeur professionnel.
Deux notaires pour une seule vente : comment se répartissent les honoraires ?
Il est fréquent, lors d'une transaction immobilière, que l'acheteur et le vendeur souhaitent chacun faire intervenir leur propre officier public. Contrairement à une idée reçue, l'intervention de deux notaires ne double pas les frais de notaire pour l'acquéreur. Le coût total reste strictement le même que s'il n'y avait qu'un seul intervenant. La loi prévoit un mécanisme de partage des émoluments entre les deux études, garantissant ainsi que la liberté de choix n'alourdisse pas la facture finale de celui qui paie les frais.
Le principe du partage des émoluments
Lorsqu'il y a deux notaires, on parle de vente en « participation ». La rémunération du notaire (les émoluments proportionnels) est alors divisée en deux selon un barème interne à la profession. Généralement, le notaire de l'acquéreur se charge de la rédaction de l'acte et de la collecte des fonds, tandis que le notaire du vendeur s'occupe de la purge des droits de préemption et du suivi du dossier côté vendeur. Ce partage de travail justifie la répartition de la rémunération. Pour l'acheteur, qui reste le payeur des frais de notaire, le montant inscrit sur le décompte reste identique aux tarifs réglementés en vigueur.
Les avantages d'avoir son propre notaire
Avoir chacun son notaire présente un intérêt majeur en termes de conseil et de protection. Le notaire est un officier public impartial, mais chaque étude peut apporter une attention particulière aux intérêts de son client. Le notaire de l'acheteur vérifiera scrupuleusement les clauses suspensives et l'état des diagnostics, tandis que celui du vendeur sécurisera le déblocage des fonds. Comme l'acheteur assume déjà la charge des frais de notaire, il a tout intérêt à solliciter son propre conseil pour s'assurer que l'acte qu'il finance le protège de manière optimale, sans aucun surcoût.
La coordination entre les deux études
La présence de deux notaires nécessite une coordination administrative fluide. Les frais de notaire sont collectés par l'un des deux (souvent celui de l'acquéreur), qui se charge ensuite de reverser les taxes à l'État et la part des honoraires à son confrère. Cette collaboration est régie par le Règlement National des Notaires. Pour les parties, cela ne change rien au calendrier de signature ni aux modalités de paiement. Le seul "risque" est une légère rallonge dans le délai de préparation du dossier si les échanges entre les deux études sont complexes, mais la sécurité juridique et la qualité du conseil s'en trouvent renforcées.
Les frais à la charge exclusive du vendeur : diagnostics et mainlevée d'hypothèque
Si l'acheteur paie l'essentiel des frais d'acte, le vendeur n'est pas totalement exonéré de coûts lors de la transaction. Certaines dépenses lui incombent de manière exclusive et ne font pas partie des frais de notaire réglés par l'acquéreur. Ces frais sont liés à l'obligation du vendeur de livrer un bien conforme et libre de toute charge financière occulte.
Le coût des diagnostics techniques obligatoires
Avant même de mettre son bien en vente, le propriétaire doit réaliser un Dossier de Diagnostic Technique (DDT). Amiante, plomb, termites, performance énergétique (DPE), électricité ou gaz : ces diagnostics sont payés directement par le vendeur aux entreprises spécialisées. Ces sommes ne transitent pas par le notaire et ne peuvent pas être répercutées sur l'acheteur. Bien que ce ne soient pas des frais de notaire, ils constituent une charge indispensable pour sécuriser la vente et protéger le vendeur contre d'éventuels recours pour vices cachés.
Les frais de mainlevée d'hypothèque
Si le vendeur a encore un crédit en cours sur le bien vendu, une hypothèque a probablement été inscrite par sa banque. Pour que l'acheteur puisse acquérir un bien « libre de toute charge », le vendeur doit faire procéder à une mainlevée d'hypothèque. Cette formalité administrative engendre des frais qui sont prélevés par le notaire sur le prix de vente revenant au vendeur. Contrairement aux frais de notaire d'acquisition payés par l'acheteur, les frais de mainlevée sont un coût de sortie pour le vendeur. Ils incluent des droits d'enregistrement et les émoluments du notaire pour la rédaction de l'acte de mainlevée.
Les frais de copropriété et l'état daté
Lorsqu'on vend un appartement, le syndic de copropriété doit fournir au notaire un document appelé « état daté ». Ce document récapitule les charges dues par le vendeur et les éventuelles dettes de la copropriété. Les frais de rédaction de cet état daté, souvent facturés plusieurs centaines d'euros par les syndics professionnels, sont à la charge exclusive du vendeur. Là encore, le notaire prélève généralement cette somme sur le prix de vente final. Ainsi, même si l'acheteur est le redevable des frais de notaire liés au transfert de propriété, le vendeur voit son prix net réduit par ces frais de gestion et de sécurisation indispensables à la finalisation du dossier.
Droits de mutation et taxes : ce que le notaire reverse réellement à l'État
Il est courant d'entendre que le notaire coûte cher, mais une analyse détaillée des frais de notaire révèle une réalité différente. L'officier public agit avant tout comme un collecteur d'impôts. En réalité, environ 80 % de la somme payée par l'acheteur quitte l'étude notariale pour rejoindre les caisses de l'État et des collectivités territoriales. Le notaire ne conserve qu'une fraction de la somme pour couvrir ses frais de fonctionnement et sa rémunération.
Les Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO)
La part la plus importante des frais de notaire est constituée par les DMTO. Ces taxes sont composées d'une taxe départementale (environ 4,5 % du prix du bien), d'une taxe communale (1,2 %) et de frais d'assiette reversés à l'État. C'est cet empilement fiscal qui alourdit la facture dans l'ancien. Le notaire a l'obligation de collecter ces sommes au centime près et de les reverser au Trésor public dès l'enregistrement de l'acte. Sans ce versement, la vente n'est pas reconnue officiellement par l'administration fiscale, ce qui montre l'importance du rôle de collecteur de l'officier public.
La contribution de sécurité immobilière
Une autre taxe, plus modeste mais systématique, est incluse dans les frais de notaire : la contribution de sécurité immobilière. Elle est perçue au profit de l'État pour l'accomplissement des formalités de publicité foncière. Son taux est de 0,10 % du prix du bien, avec un minimum de 15 euros. Bien que faible, elle participe à la part « fiscale » des frais. Elle rémunère le service public qui gère le fichier immobilier national, permettant de savoir à tout moment qui est propriétaire de quoi en France. Cette taxe est payée par l'acheteur au même titre que les autres droits de mutation.
Les débours : le remboursement des frais administratifs
Au-delà des taxes, les frais de notaire comprennent les débours. Ce sont les sommes que le notaire a avancées pour obtenir les documents nécessaires à la vente : extraits de cadastre, états d'urbanisme, certificats d'état civil, ou encore frais de géomètre. Ces sommes sont facturées au prix réel et reversées aux administrations ou prestataires concernés. Le notaire ne réalise aucune marge sur les débours. Pour l'acheteur, cela représente une part de transparence : il rembourse à l'étude les frais techniques indispensables pour que son dossier soit juridiquement inattaquable.
La rémunération du notaire (émoluments) : un barème réglementé et dégressif
Ce que le notaire garde réellement pour son étude s'appelle les « émoluments ». Contrairement aux honoraires des avocats ou des agents immobiliers, les frais de notaire liés à la rémunération ne sont pas fixés librement. Ils obéissent à un barème national strict, établi par décret. Ce barème est proportionnel au prix de vente et présente la particularité d'être dégressif : plus le prix du bien est élevé, plus le pourcentage perçu par le notaire diminue.
Le calcul par tranches de prix
La rémunération du notaire est calculée en appliquant des taux différents sur quatre tranches de prix définies par la loi. Par exemple, sur la tranche allant de 0 à 6 500 euros, le taux est le plus élevé, tandis qu'au-delà de 60 000 euros, le taux est le plus bas (environ 0,8 %). En combinant ces tranches, on obtient une rémunération moyenne qui se situe entre 1 % et 1,5 % du prix de vente pour la plupart des transactions courantes. Ce système garantit que les frais de notaire restent proportionnés à l'enjeu financier de l'achat, assurant une forme d'équité entre les petits et les gros acquéreurs.
Une tarification identique sur tout le territoire
L'un des avantages de ce barème réglementé est la prévisibilité. Que vous achetiez un terrain en Bretagne ou un appartement à Lyon, la part des frais de notaire revenant à l'étude pour un même prix de vente sera identique. Il n'y a pas de concurrence sur les prix entre les notaires pour les actes de vente classiques. Cette absence de liberté commerciale vise à garantir l'indépendance de l'officier public : il n'est pas tenté de brader ses conseils pour obtenir un dossier, et il peut consacrer le temps nécessaire à la sécurisation juridique de chaque acte, quel que soit le client.
Ce que couvrent les émoluments de l'étude
Les émoluments perçus ne sont pas un bénéfice net pour le notaire. Ils servent à financer l'ensemble de la structure de l'étude : salaires des clercs et formalistes, loyers, abonnements aux bases de données juridiques et assurance responsabilité civile professionnelle. La responsabilité du notaire est en effet engagée sur chaque acte qu'il signe. Si une erreur de droit est commise, le notaire doit indemniser les parties. Une partie des frais de notaire payés par l'acheteur sert donc à financer cette garantie de sécurité absolue, indispensable à la sérénité des transactions immobilières en France.
Remises sur les émoluments : les marges de négociation possibles pour l'acquéreur
Bien que les tarifs des notaires soient réglementés, il existe depuis quelques années une petite fenêtre de négociation. La loi dite « Macron » de 2016 a introduit la possibilité pour les notaires d'accorder des remises sur leurs émoluments dans des conditions très précises. Pour l'acheteur, qui est celui qui paie les frais de notaire, cela peut représenter une économie supplémentaire, même si elle reste encadrée et limitée aux transactions d'un certain montant.
Les conditions de la remise de 20 %
Un notaire peut accorder une remise maximale de 20 % sur la part de sa rémunération calculée sur les tranches de prix supérieures à 150 000 euros. Cela signifie que pour les petits appartements ou les maisons à prix modéré, la marge de négociation est nulle. En revanche, pour un bien de prestige ou un immeuble de rapport coûtant plusieurs centaines de milliers d'euros, l'économie sur les frais de notaire peut se chiffrer en milliers d'euros. Il est important de noter que cette remise ne s'applique que sur les émoluments du notaire, et jamais sur les taxes reversées à l'État, qui restent fixes quoi qu'il arrive.
La règle de l'uniformité des remises
La négociation avec un notaire est différente de celle avec un commerçant. Si un notaire décide d'accorder une remise de 10 % ou 20 % sur ses émoluments pour une catégorie de clients ou un certain montant de transaction, il a l'obligation d'appliquer cette même remise à tous ses clients se trouvant dans la même situation. Il ne peut pas accorder une remise « à la tête du client ». Avant de choisir votre étude, vous pouvez donc demander si le notaire a instauré une politique de remise. Si c'est le cas, elle profitera automatiquement à l'acquéreur qui assume la charge des frais de notaire.
Les remises pour les transactions de grande ampleur
Pour des transactions exceptionnelles, dépassant les 10 millions d'euros, le taux de remise peut atteindre 40 % sur les tranches de prix très élevées. Cela concerne principalement l'immobilier d'entreprise ou les investisseurs institutionnels. Pour le particulier moyen, les frais de notaire restent largement dictés par le barème standard. Néanmoins, pour un achat de 500 000 euros, une remise de 20 % sur la part supérieure à 150 000 euros peut permettre d'économiser quelques centaines d'euros. C'est une démarche à entreprendre dès le premier rendez-vous, car la remise doit être clairement stipulée et appliquée de manière transparente dans le décompte final.
Le paiement des frais : calendrier et modalités lors de la signature authentique
Le paiement des frais de notaire intervient au moment ultime de la transaction : la signature de l'acte authentique. Contrairement au prix du bien, qui peut parfois faire l'objet d'un séquestre lors du compromis, les frais d'acte sont exigibles en une seule fois le jour du transfert de propriété. L'acquéreur doit être prêt financièrement pour cette étape, car le notaire ne peut pas accorder de délai de paiement pour les taxes d'État.
Le versement de la provision sur frais
Quelques jours avant la signature définitive, le notaire envoie à l'acheteur un « appel de fonds ». Ce document récapitule le montant restant du prix de vente à payer, ainsi qu'une provision pour les frais de notaire. Cette somme est qualifiée de « provision » car le notaire ne connaît pas encore au centime près le coût de tous les débours (frais de cadastre, certificats, etc.). Le virement doit impérativement être crédité sur le compte de l'étude avant la signature. Sans la réception de la totalité des fonds, le notaire ne peut pas légalement signer l'acte, car il doit garantir le paiement immédiat des droits de mutation à l'administration fiscale.
Les modalités de virement bancaire
Depuis 2013, pour toute transaction supérieure à 3 000 euros, le paiement des frais de notaire doit obligatoirement s'effectuer par virement bancaire. Les chèques de banque, autrefois courants, sont désormais interdits pour ces montants. L'acheteur doit donc coordonner avec sa banque et celle du vendeur pour que les flux financiers soient fluides. Si une partie des frais est payée via un prêt immobilier, le notaire sollicite directement la banque prêteuse pour le déblocage des fonds. Si les frais sont payés sur apport personnel, l'acquéreur effectue lui-même le virement vers le compte de tiers de l'étude notariale.
La régularisation et le remboursement du trop-perçu
Une fois l'acte signé et les formalités de publicité foncière accomplies (ce qui peut prendre entre 3 et 6 mois), le notaire clôture le compte de la vente. Comme la provision initiale pour les frais de notaire est souvent calculée de manière large pour éviter tout manque à gagner pour l'État, il reste fréquemment un reliquat en faveur de l'acheteur. Le notaire envoie alors par courrier le titre de propriété définitif accompagné d'un chèque ou d'un virement correspondant au remboursement du trop-perçu. Ce remboursement, bien que modeste (souvent quelques dizaines ou centaines d'euros), marque la fin officielle de la mission du notaire pour cette transaction et confirme que l'acquéreur a payé le prix juste.
Questions fréquentes sur le paiement des frais de notaire (FAQ)
Pourquoi l'acheteur doit-il payer les frais de notaire et non le vendeur ?
Le paiement par l'acheteur est le principe légal fixé par l'article 1593 du Code civil. La logique est que l'acquéreur est celui qui bénéficie du titre de propriété et de la sécurité juridique apportée par l'acte authentique. C'est donc à lui d'assumer les coûts liés à l'officialisation de son nouveau droit de propriété.
Est-il possible de négocier les frais de notaire ?
On ne peut pas négocier les taxes reversées à l'État (environ 80 % du total). En revanche, pour les biens immobiliers dont le prix dépasse 150 000 euros, vous pouvez demander au notaire s'il accorde une remise sur ses émoluments (sa rémunération propre), dans la limite de 20 % sur les tranches de prix supérieures.
Que comprend exactement la somme versée au notaire ?
La somme globale comprend trois éléments : les taxes d'État et de collectivités (droits de mutation), les débours (frais engagés pour les pièces administratives) et les émoluments (la rémunération du notaire). Dans l'ancien, les taxes représentent la majeure partie de la somme.
Peut-on payer les frais de notaire par chèque ?
Non, pour toute transaction immobilière, le paiement doit impérativement être effectué par virement bancaire. Les chèques ne sont plus acceptés par les études notariales pour les montants supérieurs à 3 000 euros, afin de garantir la traçabilité des fonds et la rapidité du paiement des taxes.
Quand faut-il payer les frais de notaire lors d'un achat sur plan (VEFA) ?
Dans le cas d'une VEFA, les frais de notaire sont payés intégralement lors de la signature de l'acte authentique initial chez le notaire, même si le logement n'est pas encore construit. Ils sont calculés sur le prix total du bien à venir, mais bénéficient du taux réduit (2-3 %).
Le vendeur a-t-il des frais à payer de son côté ?
Oui, le vendeur doit payer les diagnostics immobiliers, les frais de mainlevée d'hypothèque s'il avait un crédit en cours, et les frais de syndic pour l'état daté s'il s'agit d'une copropriété. Ces frais sont déduits de son prix de vente et ne sont pas payés par l'acheteur.
Qui paie les frais de notaire s'il y a deux notaires pour la vente ?
C'est toujours l'acheteur qui paie la totalité des frais. L'intervention de deux notaires ne change rien au montant final. Les deux études se partagent simplement la rémunération prévue par le barème réglementé, sans aucun surcoût pour l'acquéreur.
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- Frais de notaire pour 250 000 euros
- Frais de notaire pour 300 000 euros
- Frais de notaire pour 350 000 euros