Bilan du crédit immobilier : un rattrapage massif et des taux en recul fin 2025

Le marché du financement immobilier français affiche une vitalité retrouvée après des mois de prudence. Portée par une détente continue des conditions d'emprunt, la production de crédits a franchi des sommets annuels, redonnant un second souffle aux projets d'acquisition des ménages.
Une accélération historique du volume de financement à l'habitat
L'année 2025 restera gravée comme celle du rebond pour le secteur bancaire français. Selon les données communiquées ce lundi par la Banque de France, les nouveaux prêts à l'habitat (hors opérations de renégociation) ont atteint la somme globale de 146,5 milliards d'euros. Cette performance traduit une progression fulgurante de 33 % sur une année glissante. En décembre, le flux mensuel s'est maintenu à un niveau élevé de 12,8 milliards d'euros, confirmant la dynamique observée le mois précédent.
Ce dynamisme s'appuie directement sur l'érosion des taux d'intérêt. Alors que le coût du crédit s'établissait en moyenne à 3,32 % en tout début d'année, il a progressivement glissé pour s'établir à 3,08 % en décembre (hors frais d'assurance et garanties annexes). Cette baisse de 24 points de base sur douze mois, et de plus d'un point complet depuis le pic de janvier 2024, redonne mécaniquement du pouvoir d'achat immobilier aux familles françaises.
| Indicateur de crédit (Décembre 2025) | Valeur moyenne |
|---|---|
| Taux d'intérêt moyen (hors assurance) | 3,08 % |
| Durée d'emprunt (résidence principale) | 23 ans et 4 mois |
| Part des primo-accédants (Q4 2025) | 47 % à 48 % |
Le retour en force des nouveaux acheteurs sur le marché national
Le fait marquant de ce bilan annuel réside dans l'omniprésence des primo-accédants. Ces derniers ont profité des conditions assouplies pour concrétiser leur premier achat. Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) souligne une évolution spectaculaire : alors qu'ils ne représentaient qu'environ 30 % des dossiers au début de la décennie, ils pèsent désormais près de la moitié des nouveaux crédits (entre 47 et 48 %) au dernier trimestre 2025. Cette catégorie d'emprunteurs bénéficie généralement de durées de remboursement légèrement plus longues, s'étalant sur 23 ans et 10 mois en moyenne.
Malgré cette euphorie, la prudence reste de mise sous l'égide du régulateur. Le HCSF maintient ses garde-fous pour prévenir le surendettement des foyers. Les règles strictes restent la norme : une limite d'endettement fixée à 35 % des revenus nets et une durée de crédit plafonnée à 25 ans. Ce cadre rigide, couplé à des taux désormais plus digestes, semble avoir trouvé son point d'équilibre, permettant un accès massif au crédit tout en sécurisant le bilan des banques prêteuses.