Brexit : l'immobilier britannique déjà impacté

Luigi Delmet • 03 Octobre 2019 • 16:28

La perspective du Brexit perturbe le marché immobilier britannique, notamment à Londres, où les prix ont baissé de 4 % l'an dernier. Cette situation ne s'était pas vue depuis la crise financière de 2008.

Brexit : l'immobilier britannique déjà impactéLe Brexit est prévu pour le 31 octobre 2019 - © Charles Postiaux

Le Brexit n'a pas encore eu lieu, et pourtant, certains de ses effets sont déjà palpables. L'un des exemples les plus flagrants concerne la capitale britannique, où l'évolution des prix de l'immobilier est nettement influencée par la sortie annoncée du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Des prix en baisse à Londres

Selon l'indice national des prix du logement, la valeur des biens dans la métropole est en net recul, avec une régression de 4 % au premier trimestre 2019. C'est la plus forte baisse depuis 10 ans. À l'époque, le pays subissait de plein fouet les conséquences de la crise systémique de 2008. La simple perspective du Brexit suffit à replonger le marché immobilier londonien dans le marasme économique de la fin des années 2000.

Des prix qui stagnent dans le reste du pays

Cette tendance n'est d'ailleurs pas propre à la ville, puisqu'au niveau national, les chiffres ne sont guère plus encourageants. En juillet, selon l'AFP, les prix à la vente avaient seulement crû de 0,7 % sur l'année écoulée. Là encore, les incertitudes liées au Brexit ont conduit à une situation inédite depuis fin 2012.

Malgré cette conjoncture terne, les biens situés à Londres demeurent très largement supérieurs, en termes de prix, à la moyenne nationale. Toujours selon l'AFP, un appartement s'y échangeait en moyenne à 480.000 livres en juillet 2019 (environ 540.000 €), soit toujours deux fois plus cher que dans le reste du pays.  

Une aubaine pour les investisseurs français ?

Cette situation n'a pas que des inconvénients, surtout pour la France. D'abord, les incertitudes liées à l'événement conduisent de nombreux Français expatriés à retourner s'installer dans l'Hexagone, notamment en Île-de-France. Selon le site SeLoger, le nombre d'annonce immobilières consultées depuis le Royaume-Uni a explosé fin 2018 (+75 % au dernier trimestre), preuve de la véracité du phénomène.

Enfin, dans l'autre sens, les Français souhaitant investir outre-Manche bénéficient de conditions très favorables, d'une part grâce au taux immobilier moyen historiquement bas, ensuite, grâce à l'actuelle faiblesse de la livre sterling (-20 % depuis le référendum de 2016), et enfin, grâce à la stagnation – voire la baisse – des prix de l'immobilier britannique.

C'est peut-être le moment de faire une affaire, d'autant plus que certains observateurs, comme le cabinet d'analyses Pantheon Macroeconomics, misent sur un retournement de tendance dès l'année prochaine.

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