Les Français séduits par l'épargne solidaire

Mickaël Touré • 21 Novembre 2019 • 10:18

L'épargne solidaire à le vent en poupe en France. Bien aidé par les pouvoirs publics, ce type d'investissement séduit de plus en plus de Français.

Les Français séduits par l'épargne solidaire

En matière d'épargne, un nouvel adage pourrait bientôt faire autorité : quitte à placer son argent, autant le placer pour une bonne cause.

Pas toujours connue des épargnants, la finance solidaire semble séduire de plus en plus de Français. Ces placements permettent de financer l'accès à l'emploi et au logement pour les personnes en difficulté, les activités écologiques ou l'entreprenariat dans les pays en développement.

Un bon moyen de faire un effort de solidarité soit sous la forme d'un partage de gain, soit sous la forme de dons (qui donnent droit à un avantage fiscal). Il est également possible d'investir dans des sociétés ayant reçu l'agrément Entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS).

L'épargne solidaire a le vent en poupe

Ainsi, depuis sa création il y a 24 ans, la certification Finansol, l'association pour la finance solidaire, concerne 13 milliards d'euros d'épargne, répartis entre 161 placements solidaires. Cette dernière à même battu un record d'attribution du label en 2018, avec 19 nouveaux produits certifiés. De plus, selon Finansol, ma finance solidaire aura permis de créer ou de sauver près de 48 000 emplois en 2018.

 

 

Pour rappel, le label Finansol permet de distinguer les produits d'épargne solidaire, des produits d'épargne normaux auprès du grand public. Finansol certifie donc des produits et pas des entreprises ou des associations. Par ailleurs, le label s'appuie sur des critères d'attribution très stricts afin de rassurer au maximum les épargnants.

source : Finansol

Alors qu'elle se démocratise de plus en plus, l'épargne solidaire a pu se développer grâce à une riche promotion des pouvoirs publics.

Un travail de longue haleine soutenu par les pouvoirs publics

En effet, dès 1994, la Caisse des dépôts crée un fonds commun de placement d'entreprise (FCPE). 6 ans plus tard, en 2001, la loi Fabius crée un cadre légal pour ces fonds. 5 à 10% des actifs doivent alors être investis dans les titres émis par des entreprises solidaires.

Dès lors, dans le sillage de la création du PERCO (plan d'épargne retraite collectif en épargne salariale), la loi Fillon de 2003 rend également obligatoire de proposer un FCPE solidaire aux salariés. Une mesure renforcée sous la présidence Sarkozy, en 2008, avec la loi de modernisation de l'économie qui oblige entreprises et sociétés de gestion à proposer un fonds solidaire dans tous les plans d'épargne d'entreprises (PEE). En 2014, la création du statut ESUS, dans le cadre de la loi Hamon, élargi les possibilités de financement dans l'économie sociale et solidaire.

Enfin, dernière avancée en date, la loi PACTE, adoptée depuis mai dernier, oblige les assureurs à proposer au moins un fonds solidaire ou responsable dans tous les contrats d'assurance vie en unités de compte à partir de 2022.  Toutes ces avancées font de la France un pays pionnier en la matière. Pour autant, des avancées restent encore à effectuer.

Une épargne encore marginale

Car même si elle séduit de plus en plus, la finance solidaire reste encore bien marginale. Malgré un encours de 12,6 milliards en 2018, soit une augmentation d'environ 1 milliard (+8,7%) par rapport à l'année précédente, elle ne représente que 0,25 % de l'épargne responsable (1 400 milliards d'euros).

En effet, la finance solidaire doit faire face à l'arrivée de nombreuses autres certifications, comme l'ISR, qui représente à elle seule 71 milliards d'euros d'encours pour 262 fonds labellisés. Face à cela, l'épargne solidaire a pris une décision radicale : miser avant tout sur le social.

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