Comment investir dans l'épargne solidaire ?

La Rédaction • 24 Avril 2019 • 14:16

Face à l'opacité des banques, il n'est pas toujours aisé de comprendre où va notre argent. Grâce à la finance solidaire, il est possible de donner du sens à son épargne en plaçant son argent dans des projets ayant une utilité sociale ou environnementale.

Comment investir dans l'épargne solidaire ?

C'est une pratique qui ne date pas d'hier. Pourtant, elle n'est pas toujours bien relayée auprès des épargnants. Alors qu'elle est née dans les années 90, la finance solidaire peut aujourd'hui se targuer d'être de plus en plus structurée.

Lorsque l'on est plongé dans la vie active, il n'est pas toujours facile de s'engager dans des causes humanitaires, sociales ou environnementales. Stress du boulot, manque de ressources, projets familiaux, l'engagement dans des causes solidaires demandent bien souvent un investissement conséquent de la part des volontaires.

Dans le cadre d'une épargne classique, l'épargnant ne sait pas ce que va devenir son placement. Il laisse à la banque le soin de choisir les projets financés grâce à ses économies. Grâce à l'épargne solidaire, il choisit de soutenir des projets qui sont généralement laissés de côté par les banques.

Alors que la France est actuellement bouleversée par une crise sociale profonde avec la crise des Gilets Jaunes, la finance solidaire ne serait-elle pas un début de réponse ?

L'épargne solidaire, comment ça marche ?

L'épargne solidaire s'est développée dans les années 90. En termes simple, elle peut être définie comme étant un échange équitable entre un citoyen épargnant qui dispose de ressources monétaires et un autre citoyen qui a besoin d'emprunter pour réaliser un projet personnel ou professionnel.

Concrètement, l'épargne solidaire est un moyen de financer des projets considérés comme étant peu rentables par les organismes traditionnels. Par exemple, elle va permettre de loger des personnes en difficultés, de soutenir des associations caritatives ou encore de faciliter la réinsertion des personnes par le travail.

Pour l'épargnant, l'intérêt est double. Il peut faire fructifier son argent et également s'investir dans les enjeux sociétaux.

Bien que toujours marginaux, ces placements connaissent tout de même un essor important dernièrement. Selon le dernier baromètre publié par Finansol en mai 2018, l'épargne solidaire ne cesse de croître.

Portant sur l'année 2017, l'étude montre qu'1.8 milliards d'euros ont été collectés. 5 millions d'euros ont par exemple été reversés à des associations et on dénombrait alors plus d'un million d'épargnants solidaires.  

Les pièges de l'épargne solidaire

Malgré tout, l'épargne solidaire reste un placement qui ne doit pas être réalisé à la légère. Il ne faut donc pas investir n'importe comment. D'ailleurs, elle est souvent victime de quelques inexactitudes :

  • Attention à ne pas confondre financement solidaire et investissement socialement responsable :

C'est une erreur qui est communément commise, le financement solidaire et l'investissement socialement responsable sont bien deux types de placements bien distincts.

L'investissement socialement responsable désigne une méthode de sélection des entreprises cotées en bourse en fonction de leur performance financière mais aussi d'une appréciation de leur comportement éthique, social et environnemental.

Le financement solidaire représente un engagement plus important. Les activités financées sont d'abord choisies en fonction de leur utilité sociale.

Pour être plus clair, l'investissement socialement responsable va être plutôt défini par des cibles négatives en matière d'investissement. Par exemple, le financeur éthique va s'interdire d'investir dans le nucléaire lorsqu'il est hostile à cette forme d'énergie, dans les laboratoires fabriquant la pilule lorsqu'il est militant contre l'avortement ....

La finance socialement responsable est plutôt définie par des cibles positives en matière d'investissement. Elle est motivée par des objectifs sociaux avant tout. 

  • Le LDDS (livret de développement durable et solidaire)

Attention également au Livret de développement durable et solidaire. Malgré son appellation, ce type de financement n'est pas un type de placement solidaire. En effet, ici, rien n'oblige les banques à orienter les fonds du livret développement vers l'économie sociale et solidaire.

En décembre 2017, une note destinée aux ministres de la transition écologie et de l'économie expliquait même que : « Cette inadéquation de l'objet à son nom est problématique, s'agissant d'un produit aussi répandu, car elle décrédibilise l'idée même de labellisation et de "fléchage" de l'épargne des particuliers ».

Le label Finansol

Depuis 1997, Finansol, une association professionnelle indépendante, accorde son label aux placements solidaires proposés par les organismes financiers qui le demandent.

Il permet aux investisseurs de s'assurer que leur argent va bien être investi dans un projet solidaire. Pour vérifier que les produits labellisés respectent leur cahier des charges, Finansol s'appuie sur deux critères :

  •  La transparence : l'organisme qui gère l'épargne doit informer le client du caractère solidaire de son placement lorsqu'il y souscrit et l'informer régulièrement (au moins une fois par an) de l'utilisation des fonds placés.
  •  La solidarité : pour être reconnu en tant que produit solidaire, l'encours de l'épargne doit être investi de 5 à 10 % dans une activité solidaire. Autre option, 25 % du revenu ou de la performance de l'épargne doit être versé sous forme de dons à des organismes solidaires choisis par l'investisseur.

Les différents types de placements solidaires

Maintenant que tous les pièges sont évités, il est temps de miser sur l'épargne solidaire.

Avant de s'intéresser aux types de placement, il est intéressant de comprendre que différents acteurs existent en termes de placement solidaire :

Les acteurs de terrains (associations, sociétés coopératives de capital-risque ou financières, foncières, clubs d'investisseurs...) qui, grâce à cette épargne, financent les projets à forte utilité sociale et/ou environnementale.

Les banques, assurances, mutuelles et sociétés de gestion qui assurent la gestion, et/ou la commercialisation de produits solidaires et acheminent l'argent collecté vers les acteurs de terrain.

Globalement, dans ce type de placement, trois possibilités s'offrent à l'épargnant :

  • Via la banque ou l'assurance :

Dans ce type de placement, il est possible de choisir de partager les intérêts : Il s'agit alors de placer l'épargne sur un placement de partage solidaire (livret, OPC, compte à terme) ou sur une assurance-vie solidaire. Il faudra alors choisir de reverser entre 25 à 100% de la rémunération perçue à une association de choisie par l'épargnant.

Aujourd'hui, les banques et les compagnies d'assurance proposent plusieurs options de placements solidaires. Avec cette alternative, 66% ou 75% de la somme versée peut être déduite de l'impôt sur le revenu.

Il est également possible de choisir d'investir solidaire : Tout ou partie de l'argent que vous placez est investi dans des projets à forte utilité sociale et/ou environnementale, et vous conservez la totalité de vos intérêts. Ce placement ne bénéficie pas d'une fiscalité particulière.

  • Des fonds solidaires d'épargne salariale :

Cela est accessible via un Plan d'Epargne Entreprise (PEE) ou un Plan pour la Retraite Collectif (PERCO).

Toutes les entreprises permettant à leurs salariés de souscrire un plan d'épargne entreprise (PEE) ou un plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO) sont aujourd'hui dans l'obligation de proposer au moins un fonds solidaire parmi l'ensemble des fonds proposés.

Les sommes investies ainsi que les intérêts générés sont exonérés d'impôts, à condition qu'on les place au moins 5 ans pour le PEE et jusqu'à la retraite pour le PERCO

  • Devenir actionnaire :

Il faudra ici souscrire au capital d'une entreprise solidaire qui exerce une activité à forte utilité sociale et/ou environnementale. Elle est non délocalisable et réinvestit la majorité de ses bénéfices dans son activité. Niveau fiscalité, cette option bénéficie d'une réduction de l'impôt sur le revenu équivalent à 18% du montant de souscription.

Puis-je m'enrichir grâce à l'épargne solidaire ?

Soyons honnête, miser sur l'épargne solidaire ne doit pas être motivé par l'appât du gain. Elle se présente comme étant un moyen de donner une utilité à son placement tout en gardant de la rentabilité. En aucun cas elle aura pour but d'enrichir l'épargnant.

L'épargne solidaire ne garantit pas le capital investi ni la rentabilité des fonds placés. Voilà pourquoi il ne faut pas y souscrire à la légère. Comme tout type de placement, il mérite réflexion et anticipation.

Pour autant, même si le rendement est un peu moins élevé que pour des fonds d'investissement classiques, il permet tout de même un allègement de la fiscalité sur les intérêts perçus.

De plus, il représente surtout une opportunité d'aider de manière effective des initiatives solidaires et de se rapprocher un peu des réalités sociales. Tentant non ?

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