Baromètre des taux immobiliers : quelles conditions d'emprunt en ce début d'année ?

Le marché du financement immobilier entame l'année 2026 avec une inflexion notable des barèmes bancaires. Malgré ce renchérissement du crédit, les établissements maintiennent des stratégies d'acquisition agressives, notamment en faveur de l'habitat durable.
Un ajustement modéré des barèmes bancaires dès le mois de janvier
Le secteur bancaire affiche ses premières tendances pour l'exercice 2026, marquées par une correction à la hausse des taux d'intérêt. Selon les relevés de ce début de mois, plusieurs prêteurs ont révisé leurs grilles avec une augmentation oscillant entre 5 et 10 points de base. Si certains établissements privilégient la prudence en maintenant leurs tarifs actuels, la trajectoire globale semble suivre celle des marchés obligataires, notamment l'OAT 10 ans qui a franchi le seuil des 3,6 % durant les dernières semaines de décembre.
En pratique, les futurs acquéreurs font face à des conditions de financement qui se stabilisent désormais autour de paliers plus élevés. Les dossiers moyens se négocient actuellement aux alentours de 3,20 % sur une durée de 15 ans et atteignent 3,60 % pour les remboursements s'étalant sur un quart de siècle. Néanmoins, l'excellence des profils reste un levier de négociation majeur, permettant d'obtenir des offres avoisinant les 3 % pour les ménages les plus solides.
| Durée du prêt | Taux moyen constaté | Taux "Excellents profils" |
|---|---|---|
| 15 ans | 3,20 % | 3,00 % |
| 20 ans | 3,40 % | 3,05 % |
| 25 ans | 3,60 % | 3,15 % |
Des perspectives de financement sous influence macroéconomique
Cette dynamique de hausse graduelle devrait, selon toute vraisemblance, se confirmer durant l'intégralité du premier trimestre 2026. Le paysage financier reste suspendu aux décisions budgétaires nationales, créant un climat d'attentisme qui pèse sur les marges bancaires. Sans une stabilisation des indicateurs étatiques, les experts anticipent une progression lente mais constante du coût de l'argent jusqu'au printemps.
Pour autant, le risque d'un blocage du marché semble écarté par la féroce concurrence que se livrent les réseaux bancaires. Souhaitant capter une clientèle active et solvable, les banques limitent volontairement l'impact des hausses de marché sur leurs clients finaux. Le crédit immobilier demeure leur principal outil de conquête, ce qui garantit aux emprunteurs le maintien d'un dialogue commercial ouvert et des possibilités de modulation de leurs conditions.
Priorité à la performance énergétique et aux coups de pouce bancaires
Pour compenser l'érosion du pouvoir d'achat immobilier, le secteur bancaire déploie des solutions de financement spécifiques, notamment via des prêts bonifiés. Ces enveloppes, dont les taux varient entre 0 % et 2 %, sont prioritairement fléchées vers les achats de logements écologiquement performants (étiquettes DPE A, B ou C). Les ménages se lançant dans la primo-accession ou dans d'importants travaux de rénovation énergétique bénéficient également de ces coups de pouce substantiels.
Ces aides complémentaires peuvent représenter jusqu'à 10 % de la somme totale empruntée, avec un plafond généralement fixé à 20 000 euros. L'intérêt majeur de ces dispositifs réside dans leur cumulabilité : ils s'articulent parfaitement avec le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ou l'éco-PTZ. Cette stratégie institutionnelle souligne une volonté de verdir le parc immobilier français tout en facilitant l'accès à la propriété malgré un contexte de taux moins favorable qu'auparavant.