Le marché de l'ancien retrouve des volumes de ventes proches de 2017

Après deux années de ralentissement marqué, l'immobilier ancien en France amorce une reprise tangible. Le dernier bilan 2025 des Notaires de France met en évidence un redémarrage des transactions, soutenu par un contexte financier plus favorable et une stabilisation progressive des prix.
Une reprise franche des transactions sur un an glissant
Le marché des logements anciens montre des signes clairs de redynamisation en 2025. À la fin septembre, le nombre de ventes enregistrées sur douze mois glissants atteint 921 000 transactions (hors Mayotte), contre 832 000 un an auparavant. Cette progression avoisine les 11 % et marque un retour à des volumes comparables à ceux observés à la mi-2017, selon les Notaires de France.
Les premières projections pour fin octobre confirment cette trajectoire ascendante, avec un volume annuel estimé autour de 929 000 ventes. Après l'effondrement constaté en 2023 et une phase d'attentisme en 2024, le marché semble ainsi avoir franchi un point d'inflexion durable.
| Période | Transactions annuelles | Évolution |
|---|---|---|
| Septembre 2024 | 832 000 | - |
| Septembre 2025 | 921 000 | + 11 % |
| Projection octobre 2025 | ≈ 929 000 | Hausse confirmée |
Des conditions de financement plus favorables pour les acquéreurs
Le retour des acheteurs s'explique en grande partie par un environnement de crédit plus lisible. En 2025, les taux des prêts immobiliers se sont globalement stabilisés autour de 3 %, après les fortes tensions observées les années précédentes. Cette accalmie a redonné de la visibilité aux ménages et facilité la relance des projets d'acquisition.
En parallèle, les revenus ont progressé de 1,7 % en euros constants sur l'année, contribuant à renforcer la solvabilité des candidats à l'achat. Ce double effet - taux contenus et revenus en hausse - soutient mécaniquement la reprise du marché ancien.
Un pouvoir d'achat immobilier en légère amélioration
L'évolution du pouvoir d'achat immobilier confirme ce regain d'activité. Sur les neuf premiers mois de 2025, la surface finançable pour une mensualité de 800 euros sur 20 ans atteint en moyenne 81 m². Ce niveau correspond à celui observé en 2022, après un creux marqué en 2023.
Cette progression reste toutefois mesurée et témoigne d'un marché encore en phase de rééquilibrage. Les ménages bénéficient d'une capacité d'achat un peu plus élevée, sans pour autant retrouver les conditions très favorables de la période pré-2022.
Des prix globalement stables malgré la reprise des ventes
Côté prix, la dynamique demeure contenue. Sur un an, les appartements anciens affichent une hausse moyenne de 1,3 %, tandis que les maisons progressent plus modérément, à + 0,2 %. Les disparités territoriales tendent par ailleurs à s'estomper.
Au troisième trimestre 2025, l'évolution annuelle des prix est identique en province et en Île-de-France, avec une augmentation de 1,3 % dans les deux cas. Cette convergence traduit un marché plus homogène, loin des fortes divergences observées lors des cycles précédents.
Le poids persistant des logements énergivores
Malgré la reprise, un enjeu structurel demeure : la part élevée des biens à faible performance énergétique. Les logements classés E, F ou G représentent encore près de 40 % des transactions réalisées en 2025. Cette proportion reste particulièrement importante en Île-de-France.
Ce constat pose la question de la rénovation énergétique dans un marché en redémarrage. Si les volumes repartent, la transformation du parc ancien reste un défi central pour maintenir l'attractivité des biens et sécuriser leur financement à moyen terme (source : Notaires de France).