Les ventes de maisons repartent après quatre ans de crise

Anissa Hammadi • 15 Septembre 2015 • 17:02

Les ventes de maisons individuelles ont amorcé une reprise après quatre ans de "marasme continu", annonce l'Union des maisons françaises (UMF). Mais pour combien de temps encore ?

Les ventes de maisons repartent après quatre ans de criseL'UMF s'inquiète d'une possible suppression de l'APL accession, ce qui freinerait l'accès à la propriété des ménages modestes.

Le marché de l'accession en maisons attire de nouveau les Français. À fin juillet, sur les douze derniers mois, les prises de commande de maisons individuelles ont progressé de 6 % comparé aux 12 mois antérieurs, selon les chiffres de l'Union des maisons françaises publiés mardi 15 septembre.

"Après quatre années de marasme continu, l'embellie sur la commercialisation des maisons en secteur diffus se confirme", et cette baisse continue "semble enrayée", estime l'UMF. Il faut dire que le marché de la maison individuelle revient de loin : "durablement dégradé", il a connu une chute de 50 % en dix ans, avec "un impact très négatif sur la primo-accession sociale".

Mais même si les ventes n'ont pas encore rejoint leurs niveaux des années 2011-2012, la "primo-accession modeste" semble revenir. Et ce, grâce à un prix moyen des opérations en diminution. La "reconfiguration positive" du PTZ depuis octobre 2014 (les critères d'octroi ont été assouplis), "couplée à des taux d'intérêts historiquement bas", y est pour beaucoup, analysent les constructeurs de maisons individuelles.

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Des craintes sur l'éventuelle suppression de l'APL accession

Toutefois, cette fragile reprise ne sera pérenne que sous certaines conditions. "Il est important de ne pas casser cette dynamique et même de la renforcer avec de nouvelles mesures", affirme l'UMF, qui s'inquiète d'une éventuelle suppression de l'APL accession. L'avenir de ce dispositif, qui aide les ménages modestes à devenir propriétaires, se jouera dans les prochaines semaines à l'Assemblée.

Or, son maintien est "indispensable" pour Patrick Vandromme, président de l'UMF. Selon les estimations du Crédit Foncier, si l'APL accession n'existe plus, "on comptera 30.000 opérations d'accession à la propriété en moins", ajoute Benoît Catel, directeur général délégué du Crédit Foncier.

Autre condition à la pérennité de l'embellie, l'allègement des démarches administratives. L'UMF et le Crédit Foncier s'accordent à dénoncer des "lourdeurs administratives qui s'aggravent" sur tous les maillons de la chaîne. Les délais de signature des actes notariés ne font que s'allonger, tout comme ceux des permis de construire. Sans oublier les banques, engorgées par les dossiers de renégociation de prêt immobilier.

Pour l'Union des maisons françaises, "la vraie question est de savoir si l'embellie actuelle est le signal d'un redressement pérenne sur une période de 15 ans à l'identique de la période 1993/2007". L'UMF en doute, du fait d'une tendance des taux qui sera "plutôt à la hausse" et du "maintien sur une longue période des contraintes budgétaires de l'État".

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