Demande de prêt immobilier refusée : quelles solutions possibles ?

✍ Les points à retenir
- En cas de refus de prêt immobilier, il est important d'analyser les raisons, comme un taux d'endettement trop élevé, un historique bancaire négatif ou un dossier incomplet.
- Améliorer son profil financier en réduisant les crédits en cours, en augmentant l'apport personnel ou en assainissant ses comptes peut faciliter un nouveau dépôt de demande.
- Demander un prêt auprès d'autres banques ou faire appel à un courtier peut offrir de nouvelles opportunités de financement adaptées à votre situation.
- Le prêt entre particuliers ou les prêts aidés (PTZ, PAS, Action Logement) peuvent constituer des alternatives lorsque le prêt bancaire classique est refusé.
- Enfin, revoir le projet immobilier, comme le prix du bien ou le type de financement, peut permettre de trouver une solution compatible avec votre capacité d'emprunt.
Les principales raisons de refus d'un prêt immobilier
Face à une demande de prêt immobilier, les établissements bancaires procèdent à une analyse rigoureuse des risques. Un refus n'est jamais arbitraire ; il résulte généralement du non-respect de critères prudentiels ou d'une fragilité détectée dans le profil de l'emprunteur. Comprendre ces motifs est la première étape pour rectifier le tir et soumettre un dossier plus solide lors d'une prochaine tentative.
Le dépassement du taux d'endettement maximal
L'une des causes les plus fréquentes de refus lors d'une demande de prêt immobilier est le non-respect du taux d'endettement. Actuellement fixé à 35 % (assurance comprise) par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), ce seuil est une limite stricte pour la plupart des banques. Si vos mensualités actuelles, cumulées à celles du futur crédit, dépassent ce pourcentage de vos revenus nets, le dossier est souvent rejeté d'office, à moins que le reste à vivre ne soit jugé exceptionnellement élevé.
Un apport personnel jugé insuffisant
Les conditions d'octroi se sont durcies et l'apport personnel est devenu un critère quasi éliminatoire. Les banques exigent désormais que l'emprunteur finance au minimum les frais de notaire et de garantie (environ 10 % du prix du bien). Une demande de prêt immobilier sans apport, dite "financement à 110 %", est de plus en plus rare. L'absence d'épargne préalable est interprétée par le prêteur comme un manque de prévoyance ou une incapacité à gérer un budget sur le long terme.
Une situation professionnelle instable
La pérennité des revenus est le socle de la confiance bancaire. Un refus peut survenir si l'emprunteur est en période d'essai, en contrat à durée déterminée (CDD) sans une ancienneté significative, ou si les revenus d'un entrepreneur sont jugés trop irréguliers. La banque cherche à s'assurer que les mensualités pourront être honorées sur toute la durée du crédit, souvent sur 20 ou 25 ans. Sans la garantie d'un CDI ou de bilans positifs sur plusieurs années, le risque de défaut est jugé trop important.
Une gestion bancaire présentant des anomalies
L'examen des trois derniers relevés de compte est une étape déterminante. La présence de découverts bancaires, de commissions d'intervention ou de rejets de prélèvements constitue un signal d'alarme immédiat. Même avec des revenus confortables, une mauvaise gestion des comptes courants suggère un risque de comportement. De plus, l'existence de trop nombreux crédits à la consommation peut saturer la capacité de remboursement et fragiliser votre demande de prêt immobilier.
Le refus lié à l'assurance emprunteur
Parfois, le blocage ne vient pas de la capacité financière, mais de l'état de santé ou de l'âge de l'emprunteur. L'assurance est une condition sine qua non à l'obtention du financement. Si l'assureur refuse de couvrir le prêt en raison de pathologies lourdes ou de risques de santé aggravés, la banque rejette automatiquement la demande de prêt immobilier. De même, si le coût de l'assurance (TAEA) fait basculer le coût total du crédit au-delà du taux d'usure, le dossier se retrouve dans une impasse réglementaire.
Refus de crédit immobilier : que faire immédiatement après ?
Recevoir une réponse négative suite à une demande de prêt immobilier est une étape éprouvante, mais elle ne signifie pas l'arrêt définitif de votre projet. La réactivité est essentielle, car les délais fixés dans le compromis de vente pour l'obtention du financement sont limités. Il est crucial d'adopter une approche méthodique pour comprendre les causes du blocage et actionner les leviers nécessaires afin de protéger vos intérêts financiers et juridiques.
Analyser précisément le motif du refus
La première démarche consiste à obtenir une explication claire de la part de l'établissement financier. Bien que les banques ne soient pas légalement tenues de motiver leur refus par écrit, un échange avec votre conseiller peut révéler si le problème vient de la structure de votre demande de prêt immobilier, du montant de l'apport ou d'une analyse spécifique du risque lié au bien. Cette information est capitale : elle vous évite de reproduire la même erreur auprès d'une autre banque et vous indique s'il s'agit d'un problème conjoncturel (taux d'usure, politique commerciale du moment) ou structurel (endettement trop élevé).
Vérifier les clauses suspensives du compromis de vente
Dès la notification du refus, vous devez consulter votre compromis de vente. Ce document contient une clause suspensive qui vous protège si vous n'obtenez pas votre financement. Pour faire valoir cette clause et récupérer votre dépôt de garantie, vous devez généralement fournir au notaire ou au vendeur une attestation de refus éditée par la banque. Soyez vigilant sur les délais : vous disposez souvent d'un temps très court pour notifier ce refus. Une demande de prêt immobilier rejetée doit être signalée immédiatement pour éviter de devoir payer des indemnités d'immobilisation au vendeur.
Solliciter une attestation de refus officielle
Pour justifier de vos démarches, demandez systématiquement un document écrit stipulant que votre demande de prêt immobilier a été déclinée. Ce document doit préciser le montant, la durée et le taux demandés, afin de prouver qu'ils sont conformes aux caractéristiques inscrites dans votre compromis. Cette attestation est votre sécurité juridique : elle prouve que vous avez rempli votre obligation de recherche de financement avec diligence, malgré l'issue négative de la procédure auprès de cet établissement particulier.
Faire le point sur ses comptes et sa situation financière
Utilisez ce temps d'arrêt pour auditer votre dossier. Si le refus est lié à une gestion de compte jugée trop souple, il est peut-être nécessaire de reporter votre projet de quelques mois. Assainir ses comptes, clôturer de petits crédits renouvelables ou augmenter son épargne de précaution peut transformer une future demande de prêt immobilier en succès. Parfois, un simple ajustement du plan de financement, comme l'augmentation de l'apport personnel ou l'allongement de la durée de l'emprunt, peut suffire à rendre le dossier éligible aux critères bancaires actuels.
Prendre rendez-vous avec d'autres enseignes bancaires
Un refus dans un établissement ne signifie pas un rejet universel. Chaque banque possède ses propres normes d'acceptation et ses propres objectifs de distribution de crédits. Il est donc urgent de multiplier les contacts. Présentez votre demande de prêt immobilier à des banques aux profils différents (nationales, régionales ou mutuelles). Certaines structures sont plus flexibles sur le taux d'endettement si le reste à vivre est significatif, tandis que d'autres privilégieront la stabilité professionnelle ou la qualité énergétique du bien immobilier visé.
Les alternatives pour obtenir un financement après un refus
Essuyer une réponse négative pour une demande de prêt immobilier n'est pas une impasse définitive. Le paysage bancaire est vaste et les critères d'acceptation varient sensiblement d'un établissement à l'autre. Il existe plusieurs leviers stratégiques pour rebondir et obtenir les fonds nécessaires à la réalisation de votre projet en explorant des pistes de financement alternatives ou en ajustant la structure de votre dossier.
Solliciter des banques aux politiques de risques différentes
Chaque banque possède sa propre stratégie commerciale. Si une banque nationale a rejeté votre demande de prêt immobilier à cause d'un critère rigide, une banque régionale ou mutualiste pourrait avoir une approche plus souple. Ces dernières disposent souvent d'une plus grande autonomie pour analyser le profil de l'emprunteur au-delà des simples scores automatisés. Elles peuvent valoriser la cohérence globale de votre patrimoine ou la qualité de l'emplacement du bien immobilier pour compenser un point faible du dossier.
Opter pour le prêt entre particuliers ou le cercle familial
Le crédit vendeur ou le prêt familial (familly office) constituent des solutions concrètes en cas de blocage bancaire. Le prêt familial doit être formalisé par une reconnaissance de dette ou un acte notarié pour éviter tout litige fiscal. Par ailleurs, certains vendeurs, pressés de conclure la transaction, peuvent accepter un paiement échelonné d'une partie du prix de vente. Ces options permettent de réduire le montant de la demande de prêt immobilier principale auprès de la banque, faisant ainsi repasser votre taux d'endettement sous le seuil critique des 35 %.
Augmenter les garanties pour rassurer le prêteur
Parfois, une demande de prêt immobilier est refusée car la garantie proposée (hypothèque ou caution classique) est jugée insuffisante au regard du risque. Proposer le nantissement d'une assurance-vie ou d'un portefeuille de titres peut débloquer la situation. De même, l'ajout d'un co-emprunteur ou la mise en place d'une caution solidaire par un tiers (souvent un parent) apporte une sécurité supplémentaire à la banque. Ces garanties réelles ou personnelles agissent comme un levier puissant pour transformer un refus initial en une acceptation sous conditions.
Explorer les banques en ligne et les nouveaux acteurs du crédit
Les banques en ligne disposent souvent de processus d'analyse différents des réseaux traditionnels. Bien que leurs critères d'octroi soient stricts, elles peuvent offrir des solutions pour des profils spécifiques, comme les cadres avec un fort reste à vivre ou les investisseurs locatifs. Soumettre une nouvelle demande de prêt immobilier via ces canaux numériques peut s'avérer payant, d'autant que les frais de dossier y sont souvent réduits, ce qui améliore mécaniquement votre TAEG et peut vous aider à respecter le taux d'usure.
Le bail-immo ou la vente à réméré comme solutions temporaires
Pour les profils dont la situation financière est momentanément complexe, des solutions comme le portage immobilier ou la vente avec faculté de rachat existent. Ces mécanismes permettent d'obtenir des liquidités ou de sécuriser un bien le temps d'assainir sa situation bancaire. Une fois que l'emprunteur a stabilisé ses comptes ou augmenté ses revenus, il peut de nouveau présenter une demande de prêt immobilier classique pour racheter le bien de manière définitive. Ces dispositifs, bien qu'onéreux, offrent une seconde chance aux dossiers initialement rejetés.
Comment anticiper et réduire les risques de refus de prêt immobilier ?
La meilleure façon de réagir à un refus est d'empêcher qu'il ne survienne. Anticiper les exigences des banques permet de corriger les faiblesses de son dossier avant même de déposer sa première demande de prêt immobilier. Cette préparation stratégique, qui doit idéalement débuter six mois avant l'achat, vise à lisser votre profil emprunteur pour le rendre parfaitement conforme aux normes de risques actuelles des établissements de crédit.
Épurer sa situation bancaire et ses crédits
Pour maximiser les chances de succès de votre demande de prêt immobilier, l'assainissement des comptes est la priorité absolue. Il est impératif de solder vos crédits renouvelables ou vos prêts à la consommation en cours, car ils pèsent lourdement sur votre taux d'endettement. Durant les trois à six mois précédant votre projet, évitez tout découvert bancaire et toute dépense superflue qui pourrait être interprétée comme un manque de maîtrise budgétaire. Une tenue de compte exemplaire est le premier gage de confiance que vous offrez au prêteur.
Se constituer une "épargne de projet" significative
L'apport personnel ne doit pas se limiter aux seuls frais de notaire. Pour réduire les risques de refus, essayez de constituer une épargne résiduelle, c'est-à-dire une somme d'argent qui restera sur vos comptes après l'achat. Présenter une demande de prêt immobilier tout en conservant une "épargne de précaution" rassure la banque sur votre capacité à faire face à des imprévus (travaux, réparations, baisse temporaire de revenus). Cela prouve également que vous avez une capacité d'épargne mensuelle solide, un indicateur clé pour valider la faisabilité du crédit.
Stabiliser sa situation professionnelle
Si vous envisagez de changer d'emploi ou de vous lancer en indépendant, il est souvent préférable de finaliser votre demande de prêt immobilier avant ce changement ou d'attendre d'avoir validé votre période d'essai (pour un CDI) ou d'avoir trois bilans (pour un indépendant). La stabilité de l'employeur et l'ancienneté dans le poste sont des facteurs rassurants. Si votre situation est complexe, préparez des arguments solides pour démontrer la pérennité de vos revenus futurs, comme des contrats signés ou des perspectives sectorielles favorables.
Réaliser une simulation réaliste et prudente
Anticiper le refus, c'est aussi savoir ne pas viser trop haut. Avant de déposer votre demande de prêt immobilier, effectuez des simulations en intégrant une marge de sécurité. Ne saturez pas votre taux d'endettement à 35 % si vos charges fixes sont déjà élevées. En visant une mensualité qui vous laisse un reste à vivre confortable, vous facilitez l'accord de la banque. N'oubliez pas d'inclure le coût de l'assurance emprunteur dans vos calculs, car un dossier qui passe "juste" sur le taux nominal peut être rejeté à cause du poids de l'assurance dans le TAEG.
Vérifier son éligibilité aux dispositifs d'aide
Certains dossiers sont acceptés grâce à l'intégration de prêts aidés comme le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ou le Prêt Action Logement. Ces dispositifs permettent de réduire le coût global du financement et, par extension, le taux d'endettement. En vérifiant votre éligibilité en amont, vous pouvez présenter une demande de prêt immobilier mieux structurée financièrement. Ces prêts sont considérés comme de l'apport personnel par certaines banques, ce qui renforce mécaniquement la solidité de votre plan de financement aux yeux de l'analyste crédit.
Accord de principe : un refus peut-il survenir ensuite ?
Il est fréquent de recevoir un document appelé « accord de principe » après avoir déposé une demande de prêt immobilier. Si cette étape est encourageante, elle ne constitue pas un engagement définitif de la part de la banque. Il est essentiel de comprendre que le processus de validation comporte plusieurs niveaux de vérification et qu'un refus peut encore être prononcé tant que l'offre de prêt officielle n'a pas été émise par l'établissement.
La différence entre accord de principe et offre de prêt
L'accord de principe est une validation commerciale préliminaire effectuée par votre conseiller. Il atteste que, sur la base des éléments déclarés, votre demande de prêt immobilier semble conforme à la politique de la banque. Cependant, ce document contient toujours une réserve d'usage : « sous réserve d'un examen approfondi des pièces justificatives et de l'accord des organismes de caution ». L'offre de prêt, quant à elle, est le document contractuel définitif qui engage la banque sur les modalités de financement.
Le rôle de l'organisme de cautionnement
L'une des raisons majeures d'un refus tardif est le rejet de la part de l'organisme de caution (comme Crédit Logement). Même si le conseiller bancaire valide votre demande de prêt immobilier, l'organisme garant peut estimer que le risque est trop élevé au regard de la situation du marché ou de votre profil. En cas de refus de caution, la banque peut soit rejeter le dossier, soit vous demander une autre forme de garantie, comme une hypothèque, ce qui prolonge les délais et peut parfois faire échouer la transaction.
L'analyse du dossier par le service « risques » ou « engagements »
Après l'accord de principe, votre dossier quitte l'agence pour être examiné par un service spécialisé. Les analystes vérifient la cohérence de chaque pièce justificative (bulletins de salaire, relevés de compte, justificatifs d'apport). Si une anomalie est détectée lors de cet audit rigoureux, ou si un document s'avère non conforme, la banque peut revenir sur sa décision. Pour sécuriser votre demande de prêt immobilier, il est donc crucial que les informations fournies initialement soient d'une exactitude absolue.
Les changements de situation entre l'accord et l'offre
Un refus peut également survenir si votre situation financière ou professionnelle change entre l'accord de principe et l'édition de l'offre. La souscription d'un nouveau crédit à la consommation, un changement d'employeur ou une baisse imprévue de revenus peuvent invalider l'analyse initiale de votre demande de prêt immobilier. Durant toute la phase d'instruction, il est fortement conseillé de maintenir une stabilité financière totale et d'éviter tout mouvement bancaire atypique qui pourrait alerter les services de contrôle de la banque.
Le blocage lié à l'assurance emprunteur
Enfin, l'accord de principe ne préjuge pas de l'acceptation par l'assurance. Si le questionnaire médical révèle un risque de santé ou si un examen complémentaire est requis, l'assureur peut demander une surprime ou exclure certaines garanties. Si le coût de cette assurance révisée fait dépasser le taux d'usure à votre crédit, la banque se retrouvera dans l'obligation légale de refuser votre demande de prêt immobilier, même si elle avait initialement donné son feu vert sur le taux d'intérêt.
Contester un refus de prêt immobilier : démarches et recours
Lorsqu'une demande de prêt immobilier est rejetée, il est légitime de vouloir comprendre ou contester cette décision. Bien que la banque soit libre de choisir ses clients, elle doit respecter certaines règles, notamment en matière de transparence. Si vous estimez que le refus est injustifié ou qu'une solution alternative n'a pas été explorée, plusieurs étapes s'offrent à vous pour tenter de débloquer la situation ou obtenir une révision de votre dossier.
Procédures et solutions après un refus de financement
| Type de démarche | Action à entreprendre | Objectif visé |
|---|---|---|
| Demande de rendez-vous gracieux | Solliciter un entretien avec le directeur d'agence. | Expliquer les points mal compris et demander une révision du dossier. |
| Recours à la convention AERAS | Saisir le dispositif en cas de refus lié à un problème de santé. | Permettre aux profils présentant un risque de santé d'accéder à l'assurance. |
| Médiateur bancaire | Saisir le médiateur interne de la banque par courrier recommandé. | Régler un litige sur la forme ou un manque de transparence. |
| Négociation de garanties | Proposer un nantissement ou une caution solidaire externe. | Lever les réticences de la banque sur la sécurité financière du prêt. |
| Révision du TAEG | Ajuster les frais annexes pour repasser sous le taux d'usure. | Rendre le prêt légalement possible en diminuant le coût global. |
Le droit à l'information et le respect du taux d'usure
Bien que la banque ne soit pas tenue de vous prêter, elle doit agir dans un cadre légal strict. Un grand nombre de refus récents pour une demande de prêt immobilier sont liés au dépassement du taux d'usure (le taux maximum légal autorisé). Dans ce cas précis, contester le refus implique de revoir le coût de l'assurance ou des frais de dossier avec votre conseiller. Si vous prouvez qu'une baisse de ces frais annexes rend le prêt légalement possible, l'établissement peut parfois revoir sa position et valider le financement.
Solliciter le médiateur en cas de blocage persistant
Si vous jugez que le processus de traitement de votre demande de prêt immobilier a été entaché d'irrégularités, le médiateur bancaire peut intervenir. Bien qu'il ne puisse pas contraindre une banque à accorder un prêt, il vérifie que les règles de transparence et les engagements contractuels de l'enseigne ont été respectés. Cette démarche gratuite est particulièrement utile lorsqu'un accord de principe avait été donné puis retiré sans motif valable, vous permettant de demander une réévaluation neutre de votre dossier.
Les aides et solutions complémentaires pour emprunteurs en difficulté
Lorsque le système bancaire classique rejette une demande de prêt immobilier, il existe des dispositifs spécifiques conçus pour soutenir les ménages aux revenus modestes ou aux profils jugés à risque. Ces aides publiques ou paritaires ne remplacent pas toujours le crédit principal, mais elles permettent de consolider l'apport personnel ou de rassurer l'établissement prêteur en diminuant le montant global à emprunter au taux du marché.
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) pour renforcer l'apport
Le PTZ est une aide de l'État destinée aux primo-accédants. Il permet de financer une partie de l'achat immobilier sans aucun intérêt à rembourser. Intégrer un PTZ dans votre demande de prêt immobilier présente un double avantage : il réduit le coût total du crédit et il est considéré par la plupart des banques comme de l'apport personnel. Cela améliore votre solvabilité et peut transformer un dossier initialement refusé en une proposition viable, car le risque pour la banque est dilué sur un montant moins important.
Le Prêt Action Logement (ex-1% Logement)
Si vous êtes salarié d'une entreprise du secteur privé de plus de 10 personnes, vous pouvez solliciter le Prêt Action Logement. Ce crédit à taux très réduit vient en complément de votre demande de prêt immobilier principale. Son obtention est soumise à des conditions de ressources et à la zone géographique du bien. En diminuant la part du financement soumise aux taux bancaires classiques, ce prêt aidé fait baisser mécaniquement votre taux d'endettement, facilitant ainsi l'accord final de la banque prêteuse.
Le Prêt d'Accession Sociale (PAS)
Le PAS est un prêt conventionné par l'État destiné aux personnes ayant des revenus modestes. Bien que distribué par les banques classiques, il offre des garanties spécifiques et des frais de dossier plafonnés. Faire une demande de prêt immobilier sous la forme d'un PAS peut être une solution après un refus, car ce prêt ouvre droit aux aides au logement (APL) sous certaines conditions, ce qui peut être pris en compte par la banque dans le calcul de vos capacités de remboursement.
Les aides des collectivités locales
De nombreuses mairies, départements ou régions proposent des dispositifs d'aide à l'accession à la propriété (Prêt Paris Logement, chèque premier logement, etc.). Ces coups de pouce financiers, souvent sous forme de prêts à taux zéro locaux ou de subventions, viennent renforcer la crédibilité de votre demande de prêt immobilier. Présenter un dossier qui bénéficie du soutien d'une collectivité locale est un signal fort envoyé au banquier quant à la solidité et au sérieux de votre projet d'acquisition.
La convention AERAS pour les risques aggravés de santé
Si le refus de votre demande de prêt immobilier est dû à l'impossibilité de s'assurer pour des raisons médicales, la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est la solution de recours. Elle impose un examen du dossier à plusieurs niveaux par des experts médicaux afin de trouver une solution d'assurance adaptée. Ce dispositif est essentiel pour les emprunteurs ayant connu des pathologies lourdes, leur permettant de sécuriser leur financement malgré des antécédents de santé.
FAQ sur le refus de prêt immobilier
Une banque doit-elle justifier le refus d'un prêt immobilier ?
Légalement, les établissements bancaires ne sont pas tenus de motiver par écrit le rejet d'une demande de prêt immobilier. Le crédit est un contrat basé sur la liberté contractuelle. Toutefois, dans la pratique, un conseiller accepte souvent d'expliquer oralement les raisons (taux d'endettement, manque d'apport ou gestion des comptes) afin de vous permettre de rectifier votre dossier pour une future tentative.
Combien de refus faut-il pour faire jouer la clause suspensive ?
La clause suspensive du compromis de vente précise généralement le nombre de refus nécessaires pour annuler la vente sans frais. Dans la plupart des cas, il faut présenter au moins deux ou trois attestations de refus provenant d'établissements différents. Il est impératif que les caractéristiques de la demande de prêt immobilier refusée (montant, durée, taux) correspondent exactement à celles inscrites dans le compromis.
Le refus peut-il être lié uniquement au taux d'usure ?
Oui, c'est une cause technique fréquente. Le taux d'usure est le taux maximum tout compris (TAEG) que les banques ont le droit de pratiquer. Si le cumul de votre taux d'intérêt, de votre assurance et de vos frais de dossier dépasse ce seuil, la banque doit légalement rejeter votre demande de prêt immobilier. Dans ce cas, réduire le coût de l'assurance ou négocier les frais de dossier peut suffire à débloquer la situation.
Peut-on refaire une demande dans la même banque après un refus ?
Il est tout à fait possible de déposer une nouvelle demande de prêt immobilier dans le même établissement si votre situation a évolué. Par exemple, si vous avez soldé un crédit à la consommation, augmenté votre apport ou si votre période d'essai est terminée. Les banques réévaluent les dossiers en fonction des nouveaux justificatifs fournis et de l'évolution de leur propre politique commerciale.
Quel est l'impact d'un refus de caution sur mon dossier ?
L'organisme de cautionnement (comme Crédit Logement) analyse le risque indépendamment de la banque. Si cet organisme refuse de garantir votre demande de prêt immobilier, la banque peut se rétracter. La solution consiste alors à proposer une garantie alternative, telle qu'une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers, qui ne dépend pas d'un organisme tiers mais directement de la valeur du bien immobilier.
Une période d'essai est-elle un motif automatique de refus ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les banques exigent des revenus stables et pérennes. Une demande de prêt immobilier déposée alors que l'un des emprunteurs est en période d'essai est souvent mise en attente ou refusée. Il est préférable d'attendre la confirmation du poste pour présenter un dossier, car le risque de rupture du contrat de travail est jugé trop élevé par les services d'analyse des risques.
Peut-on obtenir un prêt après un refus pour raison de santé ?
Un refus lié à l'assurance emprunteur peut être contourné grâce à la convention AERAS. Ce dispositif permet de faire analyser votre demande de prêt immobilier par des experts médicaux de second ou troisième niveau. Si l'assurance accepte finalement de vous couvrir, même avec une surprime, la banque pourra éditer votre offre de prêt. Il est également possible de proposer le nantissement d'un capital financier pour compenser l'absence d'assurance décès.
L'âge est-il un facteur de refus pour un prêt immobilier ?
L'âge n'est pas un motif de refus en soi, mais il influe sur le coût de l'assurance et la durée du crédit. Une demande de prêt immobilier déposée par un emprunteur senior peut être rejetée si le coût de l'assurance fait grimper le TAEG au-delà du taux d'usure, ou si la fin du remboursement intervient trop tardivement par rapport à l'espérance de vie statistique. Des solutions d'assurance spécialisées existent pour ces profils.