Le diagnostic plomb (CREP) : un contrôle obligatoire dans l'ancien

Arsalain EL KESSIR
Le diagnostic plomb (CREP) : un contrôle obligatoire dans l'ancien

✍ Les points à retenir

  • Vérifier l'année de construction du bien : Le diagnostic plomb est strictement obligatoire pour la vente de tous les logements (appartements ou maisons) construits avant le 1er janvier 1949, date à laquelle l'usage de la céruse a été interdit.
  • Identifier les zones de contrôle : Le diagnostiqueur utilise un appareil à fluorescence X pour analyser les revêtements intérieurs et extérieurs (peintures, volets, portails), ainsi que les parties communes dans le cas d'une copropriété.
  • Maîtriser la durée de validité : Si la présence de plomb est détectée à des concentrations supérieures au seuil de 1 mg/cm², le diagnostic est valable 1 an pour une vente ; si aucune trace n'est trouvée, sa validité est illimitée.
  • Gérer l'obligation de travaux : En cas de présence de plomb dégradé (peintures écaillées), le vendeur a l'obligation d'informer l'acquéreur et de supprimer le risque d'exposition, ou de s'accorder avec ce dernier sur la prise en charge des travaux de recouvrement.
  • Protéger le vendeur contre les vices cachés : L'annexion du CREP au dossier de diagnostic technique (DDT) exonère le vendeur de la garantie des vices cachés et garantit la transparence sur la salubrité du logement vis-à-vis de l'acheteur.

Pourquoi le diagnostic plomb (CREP) est-il indispensable avant une transaction ?

Le diagnostic plomb, officiellement appelé Constat de Risque d'Exposition au Plomb (CREP), constitue l'un des piliers fondamentaux du dossier de diagnostic technique lors de la vente ou de la mise en location d'un bien immobilier. Cette expertise n'est pas une simple formalité administrative ; elle répond à une exigence de santé publique majeure. Historiquement, le plomb a été massivement utilisé dans les peintures et les revêtements intérieurs pour ses propriétés de durabilité et de résistance à l'humidité, particulièrement dans les habitations construites avant le milieu du XXe siècle. Cependant, la dégradation de ces matériaux au fil du temps libère des particules toxiques. Le diagnostic plomb a donc pour rôle d'identifier ces sources de danger potentiel afin de garantir la sécurité des futurs occupants et de sécuriser juridiquement la transaction pour le propriétaire.

Une mesure de prévention contre le saturnisme infantile

L'objectif prioritaire du diagnostic plomb est la lutte contre le saturnisme, une pathologie grave provoquée par l'ingestion ou l'inhalation de poussières ou d'écailles de plomb. Les jeunes enfants sont les premières victimes de ce risque sanitaire, en raison de leur tendance à porter des objets ou leurs mains à la bouche (pica). L'exposition au plomb, même à faible dose, peut entraîner des troubles neurologiques irréversibles, des retards de développement psychomoteur, des troubles du comportement et des difficultés d'apprentissage. En rendant le diagnostic plomb indispensable avant toute transaction, le législateur impose une vérification rigoureuse de l'état de conservation des peintures. Si le plomb est détecté dans un état dégradé, des mesures de travaux peuvent être prescrites pour supprimer le risque d'exposition, protégeant ainsi la santé des populations les plus vulnérables dès leur emménagement dans un nouveau foyer.

L'instauration d'une transparence totale entre les parties

Dans le cadre d'une transaction immobilière, le diagnostic plomb joue un rôle de régulateur de confiance. Il permet une transparence totale sur l'état sanitaire du bâti ancien. Pour l'acheteur ou le locataire, ce document offre une visibilité claire sur l'environnement intérieur du logement. Il ne s'agit pas d'interdire la présence de plomb, mais d'informer sur son accessibilité. Si le plomb est présent mais que les revêtements sont en bon état, le risque est jugé nul dans l'immédiat, mais l'occupant sait qu'il devra surveiller l'entretien des peintures. Pour le vendeur, le diagnostic plomb est un outil de protection : en signalant officiellement l'état des lieux, il s'exonère de la garantie des vices cachés relative à la présence de plomb. Cette clarté évite les litiges post-transaction et permet d'intégrer l'éventuel coût de rénovation dans la négociation globale du prix de vente ou dans les conditions de mise en location.

Une obligation légale liée à l'ancienneté du bâti

Le diagnostic plomb est indissociable de l'histoire de la construction en France. Son caractère indispensable est défini par une date charnière : le 1er janvier 1949. Avant cette date, l'usage de la céruse (carbonate de plomb) était courant dans les peintures intérieures et extérieures. Les bâtiments construits durant cette période présentent une probabilité extrêmement élevée de contenir des strates de plomb sous les couches de peinture plus récentes. La loi impose donc systématiquement le diagnostic plomb pour ces immeubles, quel que soit leur état apparent. Cette obligation réglementaire permet de cartographier les risques de manière systématique dans le parc immobilier ancien. Sans la production d'un CREP valide, le notaire refusera de signer l'acte authentique de vente et le bailleur s'exposera à des sanctions civiles importantes. Le diagnostic devient ainsi le sésame indispensable pour valider légalement le transfert de propriété ou la jouissance d'un bien ancien, assurant la pérennité du patrimoine immobilier national.

Quand le constat de risque d'exposition au plomb est-il obligatoire ?

L'ancienneté du bâtiment comme critère unique

Le diagnostic plomb est exigé pour tous les immeubles d'habitation dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949. Ce critère est absolu : que le logement soit situé dans une zone rurale ou urbaine, qu'il s'agisse d'une maison individuelle ou d'un appartement en copropriété, l'obligation s'applique. Même si le bien a été entièrement rénové récemment, le diagnostic reste obligatoire car les méthodes de rénovation traditionnelles peuvent avoir recouvert les anciennes peintures au plomb sans les supprimer définitivement.

Vente, location et parties communes

L'obligation de réaliser un diagnostic plomb intervient lors de trois moments clés. Premièrement, lors de la vente de tout ou partie d'un immeuble à usage d'habitation. Deuxièmement, lors de la signature ou du renouvellement d'un contrat de location. Enfin, le CREP est également obligatoire pour les parties communes des immeubles collectifs d'habitation construits avant 1949, sans qu'une transaction soit nécessairement en cours. Dans ce dernier cas, la responsabilité incombe au syndicat des copropriétaires afin de prévenir les risques pour l'ensemble des résidents et des intervenants techniques.

Le cas des travaux de rénovation ou de démolition

Au-delà de la vente et de la location, un diagnostic plomb spécifique (parfois appelé plomb avant travaux) est nécessaire avant toute opération de rénovation lourde ou de démolition. Cette mesure vise à protéger les ouvriers du bâtiment contre l'inhalation de poussières de plomb lors du ponçage, du grattage ou de la démolition de cloisons. Cette obligation de sécurité au travail renforce la surveillance du plomb dans le cycle de vie du bâtiment, assurant que les déchets toxiques soient également traités selon les filières environnementales appropriées.

Que vérifie concrètement le diagnostiqueur lors de son intervention ?

L'analyse par fluorescence X des revêtements

Lors d'un diagnostic plomb, le professionnel utilise un analyseur à fluorescence X. Cet appareil portable permet de détecter la présence de plomb à travers plusieurs couches de peinture, sans dégrader les supports. Le diagnostiqueur parcourt chaque pièce du logement et effectue des mesures sur l'ensemble des unités de diagnostic : murs, plafonds, portes, plinthes, fenêtres et volets. L'appareil envoie des rayons X qui font réagir les atomes de plomb, permettant de mesurer précisément la concentration présente par centimètre carré, même si le plomb est enfoui sous dix couches de peinture moderne.

Le repérage des dégradations et des facteurs de risque

Le diagnostic plomb ne se limite pas à la simple détection chimique. L'expert doit évaluer l'état de conservation des revêtements contenant du plomb. Il recherche les signes de dégradation : écailles, fissures, cloques, poussières ou traces de frottement sur les parties ouvrantes (fenêtres, portes). Chaque mesure est associée à un état de conservation (état 1 : non dégradé, état 2 : état d'usage, état 3 : dégradé). C'est cet état de conservation qui déterminera si des travaux de mise en sécurité sont indispensables ou si une simple surveillance suffit.

Le contrôle des zones extérieures et annexes

L'intervention pour un diagnostic plomb couvre également les éléments extérieurs rattachés au logement, tels que les volets, les persiennes, les garde-corps ou les portails, s'ils ont été peints avant 1949. Les annexes habitables ou fréquentées régulièrement, comme une buanderie ou un cellier intégré, sont également inspectées. Le diagnostiqueur dresse un plan détaillé du logement et numérote chaque point de mesure, créant ainsi une cartographie exhaustive du risque plomb pour l'ensemble de l'unité d'habitation concernée.

Comprendre les unités de mesure et les seuils d'alerte du plomb

Le seuil réglementaire de 1 mg/cm²

La réglementation française fixe un seuil de concentration au-delà duquel le diagnostic plomb est considéré comme positif : 1 milligramme de plomb par centimètre carré (). Si les mesures effectuées par l'appareil à fluorescence X sont inférieures à ce seuil, le revêtement est considéré comme ne présentant pas de risque notable. Si la mesure est égale ou supérieure à , la présence de plomb est confirmée. Ce seuil a été établi sur la base d'études toxicologiques pour minimiser les risques d'intoxication en cas de dégradation du support.

La classification des résultats par unité de diagnostic

Les résultats du diagnostic plomb sont classés en différentes catégories. Les zones sans plomb ou avec une concentration inférieure au seuil sont classées "Classe 0". Les zones présentant du plomb au-delà du seuil mais sans dégradation visible sont classées "Classe 1" ou "Classe 2". La "Classe 3" correspond aux unités de diagnostic où le plomb dépasse le seuil et où le revêtement est dégradé. Cette classification est déterminante pour le propriétaire, car seules les anomalies de classe 3 déclenchent une obligation de travaux immédiate.

L'interprétation des mesures de plomb dans les poussières

Dans certains cas spécifiques, notamment après des travaux ou en cas de suspicion de pollution généralisée, des prélèvements de poussières au sol peuvent être réalisés. La mesure s'exprime alors en microgrammes par mètre carré (). Le seuil d'alerte pour les poussières est généralement fixé à . Si ce seuil est dépassé, cela indique une contamination active de l'air intérieur, nécessitant un nettoyage approfondi et une recherche de la source de pollution, souvent liée à des écailles de peinture invisibles à l'oeil nu mais pulvérisées par le passage.

Quelles sont les limites techniques et le périmètre du diagnostic ?

L'exclusion des canalisations et des sols

Une confusion fréquente existe concernant le périmètre du diagnostic plomb (CREP). Celui-ci porte exclusivement sur les peintures et les revêtements (papiers peints, enduits). Il ne concerne pas le plomb présent dans les canalisations d'eau potable, qui fait l'objet de réglementations et d'analyses d'eau distinctes. De même, le diagnostic ne porte pas sur la pollution des sols extérieurs (jardins), sauf si l'expert constate la présence d'écailles de peinture tombées des façades. Le diagnostic plomb est donc une analyse de la "peinture au plomb" et non une recherche globale du plomb dans tout l'environnement du bien.

L'accessibilité des supports lors du contrôle

Le diagnostiqueur ne peut contrôler que ce qui est visible et accessible sans destruction. Si des parois sont recouvertes par des doublages en plaques de plâtre ou des coffrages permanents, le diagnostic plomb mentionnera que ces zones n'ont pas pu être inspectées. Cependant, l'appareil à fluorescence X peut traverser plusieurs couches de peinture, mais il a ses limites face à des matériaux très denses ou des écrans métalliques. Le rapport doit mentionner toutes les zones non expertisées pour limiter la responsabilité du professionnel et informer le futur occupant de zones d'ombre potentielles.

Le caractère non destructif de l'expertise standard

Le diagnostic plomb réalisé pour une vente ou une location est strictement non destructif. Le technicien ne gratte pas les peintures et n'effectue pas de prélèvements de matière pour analyse chimique en laboratoire, sauf cas exceptionnel de doute sur la mesure de l'appareil. Cette limite technique signifie que le diagnostic est un "instantané" de l'état de surface. Si un propriétaire décide de poncer un mur après le diagnostic, il modifie l'état de l'installation et peut libérer du plomb qui était jugé "non dégradé" lors du passage du diagnostiqueur.

Durée de validité du diagnostic plomb : les règles en vente et location

Validité illimitée en l'absence de plomb

L'un des avantages du diagnostic plomb réside dans sa pérennité lorsque les résultats sont négatifs. Si le CREP établit qu'aucune mesure ne dépasse le seuil de , ou que les concentrations détectées sont infimes, la durée de validité du diagnostic est illimitée. Le propriétaire n'aura jamais besoin de faire réaliser un nouveau diagnostic pour les transactions futures, à condition de conserver précieusement le rapport original. Cette règle s'applique aussi bien pour la vente que pour la mise en location, simplifiant ainsi les démarches pour les biens "sains".

Le délai d'un an pour une vente immobilière

Si le diagnostic plomb révèle la présence de plomb à des concentrations supérieures ou égales au seuil de , sa durée de validité est strictement limitée à un an pour une vente immobilière. Cette durée s'apprécie au moment de la signature de la promesse de vente ou du compromis. Si le délai d'un an est dépassé avant la signature de l'acte authentique chez le notaire, le vendeur doit faire réaliser une mise à jour du diagnostic pour s'assurer que l'état de conservation des peintures n'a pas empiré entre-temps.

Le délai de six ans pour la mise en location

Pour les propriétaires bailleurs, la réglementation est plus souple. En cas de présence de plomb au-dessus du seuil, le diagnostic plomb doit dater de moins de six ans lors de la signature d'un nouveau contrat de location. Cette validité plus longue s'explique par le fait que les mouvements de locataires sont plus fréquents que les ventes de biens. Toutefois, il est recommandé au bailleur de vérifier visuellement l'état des peintures entre deux locataires, car sa responsabilité reste engagée en cas de dégradation, même si le diagnostic a moins de six ans.

Vendeurs ou bailleurs : quel est l'impact sur votre responsabilité juridique ?

L'exonération de la garantie des vices cachés

La principale motivation juridique pour un vendeur de réaliser un diagnostic plomb conforme est l'exonération de la garantie des vices cachés. En annexant le CREP au dossier de diagnostic technique (DDT), le vendeur informe officiellement l'acquéreur de la présence éventuelle de plomb. Si l'acheteur découvre du plomb après la vente, il ne pourra pas se retourner contre le vendeur pour demander une baisse de prix ou l'annulation de la vente, dès lors que l'information figurait dans le rapport. C'est une sécurité juridique indispensable pour clore la transaction sereinement.

L'obligation de délivrance d'un logement décent

Pour le bailleur, le diagnostic plomb est un élément de preuve de la décence du logement. Un logement présentant des peintures au plomb dégradées (Classe 3) est considéré comme indécent au regard de la loi. Le bailleur qui loue un tel bien sans effectuer les travaux nécessaires manque à son obligation de délivrance. Sa responsabilité civile peut être engagée par le locataire pour obtenir des dommages et intérêts ou une suspension du loyer. Le diagnostic sert ici de guide de maintenance : il alerte le bailleur sur les réparations prioritaires à effectuer pour rester dans la légalité.

Le risque de responsabilité pénale en cas d'accident

L'impact juridique le plus grave concerne la responsabilité pénale. Si un enfant résidant dans le logement développe un saturnisme et qu'il est prouvé que le propriétaire (vendeur ou bailleur) avait connaissance de la présence de plomb dégradé sans avoir agi, ou s'il a dissimulé cette présence, il peut être poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui ou pour blessures involontaires. Le diagnostic plomb n'est donc pas seulement une protection financière, c'est une barrière contre des conséquences pénales dramatiques, soulignant l'importance de suivre scrupuleusement les préconisations du rapport.

Sanctions et risques encourus en cas de diagnostic plomb manquant ou erroné

SituationSanctions CivilesSanctions Pénales / Administratives
Absence de diagnostic lors de la vente Impossibilité de s'exonérer de la garantie des vices cachés. L'acheteur peut demander l'annulation de la vente ou une diminution du prix. Risque de poursuites pour dol si l'omission est volontaire.
Absence de diagnostic lors de la location Le locataire peut demander la résiliation du bail ou une baisse de loyer pour manquement à l'obligation de sécurité. Amende administrative possible par la DGCCRF.
Diagnostic erroné ou falsifié Responsabilité partagée entre le vendeur et le diagnostiqueur. Dommages et intérêts au profit de l'acquéreur. Jusqu'à 2 ans de prison et 300 000 € d'amende pour faux et usage de faux.
Présence de plomb dégradé non traitée Responsabilité civile engagée en cas de saturnisme des occupants. Prise en charge intégrale des frais médicaux. Condamnation pour mise en danger de la vie d'autrui (Code Pénal).

Les recours de l'acheteur contre le vendeur

Si le diagnostic plomb est manquant, l'acheteur dispose d'un levier juridique puissant. Il peut saisir le tribunal judiciaire pour demander une résolution de la vente ou une "action estimatoire" (réduction du prix correspondant au coût des travaux de désamiantage ou de déplombage). Le juge suit généralement ces demandes car le plomb est considéré comme une menace directe à la sécurité des personnes. Le vendeur est alors contraint de rembourser une partie de la somme perçue, ce qui peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros selon l'ampleur des dégradations constatées après coup.

La mise en cause de la responsabilité du diagnostiqueur

Dans certains cas, le diagnostic plomb est présent mais il s'avère erroné (unités de diagnostic oubliées, mesures fausses). La responsabilité du diagnostiqueur professionnel est alors engagée. Le vendeur peut se retourner contre l'expert pour obtenir le remboursement des indemnités versées à l'acheteur. Le diagnostiqueur doit obligatoirement posséder une assurance RCP (Responsabilité Civile Professionnelle) pour couvrir ces risques. Cependant, le vendeur reste le premier responsable vis-à-vis de l'acheteur, d'où l'importance de choisir un diagnostiqueur certifié et reconnu sur le marché.

Les interventions préfectorales et d'urgence

Lorsque le diagnostic plomb révèle des risques majeurs (Classe 3 généralisée) et que le propriétaire refuse d'agir, le préfet peut intervenir. Suite à un signalement (notamment en cas de saturnisme infantile diagnostiqué par un médecin), une enquête peut être déclenchée. Le préfet a le pouvoir d'ordonner la réalisation des travaux dans un délai déterminé. Si le propriétaire ne s'exécute pas, les travaux peuvent être réalisés d'office par l'administration aux frais du propriétaire, avec une majoration financière et une inscription au fichier des dettes publiques.

Acheteurs ou locataires : quelles sont les conséquences en cas de présence de plomb ?

Une vigilance accrue lors de l'aménagement

Pour un acquéreur, apprendre la présence de plomb via le diagnostic plomb n'est pas une fatalité, mais cela impose des précautions. Lors de l'emménagement, il est fortement déconseillé de procéder à des ponçages à sec ou à des décapages thermiques sans protection adéquate (masque FFP3, confinement de la zone). La poussière de plomb est invisible et très persistante. L'acheteur doit privilégier le recouvrement (doublage, peinture neuve après fixateur) plutôt que l'élimination brutale des anciens revêtements, afin de ne pas transformer une présence passive en un risque actif pour sa famille.

Le suivi de l'état des peintures au quotidien

Une fois dans les lieux, le locataire ou l'acheteur doit exercer une surveillance visuelle. Le plomb devient dangereux lorsqu'il s'écaille. Il faut être particulièrement attentif aux zones de frottement (portes, fenêtres coulissantes) et aux parties basses des murs accessibles aux enfants. Si des écailles apparaissent, il faut nettoyer le sol avec une serpillière humide (ne jamais passer l'aspirateur classique qui rejette les particules fines dans l'air) et recouvrir rapidement la zone dégradée. Le diagnostic plomb initial sert de guide pour savoir quelles pièces nécessitent cette attention particulière.

L'opportunité de négociation et d'anticipation financière

Pour un acheteur, un diagnostic plomb positif est un élément de négociation. Le coût des travaux de mise en sécurité (recouvrement par des plaques de plâtre, remplacement de menuiseries anciennes) peut être chiffré et déduit de l'offre d'achat. C'est également une information cruciale pour planifier le budget de rénovation. Plutôt que de découvrir le problème lors des travaux, l'acheteur peut intégrer cette contrainte dès le financement de son projet, s'assurant ainsi que le logement sera parfaitement sain avant l'arrivée d'enfants en bas âge.

Travaux de mise en conformité : qui doit payer et dans quels délais ?

La responsabilité financière du propriétaire actuel

En règle générale, la charge financière des travaux de mise en sécurité liés au plomb incombe au propriétaire du bien au moment où le risque est identifié. Dans le cadre d'une vente, si le diagnostic plomb révèle des dégradations de classe 3, le vendeur n'est pas légalement obligé de faire les travaux avant la vente (sauf arrêté préfectoral), mais il doit informer l'acheteur qui prendra alors la décision d'acheter ou non. En revanche, pour une location, le bailleur est dans l'obligation de réaliser les travaux de suppression de l'exposition au plomb avant l'entrée du locataire, à ses propres frais.

La nature des travaux : recouvrement vs suppression

La loi ne demande pas forcément de supprimer tout le plomb, mais de supprimer l'exposition. Les travaux préconisés suite au diagnostic plomb consistent souvent en un recouvrement durable des surfaces dégradées. Cela peut passer par la pose de revêtements muraux épais, de plaques de plâtre, ou par un décapage professionnel suivi d'une mise en peinture. Dans les cas les plus graves, le remplacement complet des menuiseries (fenêtres, cadres de portes) est la seule solution pérenne. Ces travaux doivent être réalisés par des entreprises sensibilisées au risque plomb pour éviter de polluer le reste de l'habitation durant le chantier.

Les délais d'exécution et les aides financières

En cas de location, les travaux doivent être effectués sans délai si le diagnostic révèle un risque de classe 3. Dans le cas d'une procédure engagée par la préfecture, le délai est fixé par l'arrêté (souvent de 1 à 3 mois). Pour aider les propriétaires à financer ces travaux de salubrité, des aides de l'Anah (Agence Nationale de l'Habitat) peuvent être sollicitées, sous conditions de ressources ou de loyer conventionné. Ces subventions peuvent couvrir une part importante du coût de déplombage, reconnaissant ainsi l'aspect d'utilité publique de la lutte contre le saturnisme.

FAQ - Diagnostic Plomb (CREP)

Qu'est-ce que le diagnostic plomb (CREP) ?

Le diagnostic plomb, ou Constat de Risque d'Exposition au Plomb, est un contrôle technique obligatoire pour les logements construits avant 1949. Il vise à repérer la présence de plomb dans les peintures et à évaluer leur état de conservation afin de prévenir les risques d'intoxication, notamment le saturnisme.

Quelle est la durée de validité du diagnostic plomb ?

La validité du diagnostic plomb dépend du résultat : si aucune trace de plomb n'est détectée (ou sous le seuil de ), la validité est illimitée. Si du plomb est présent, le diagnostic est valable 1 an pour une vente et 6 ans pour une location.

Le diagnostic plomb est-il obligatoire pour tous les logements ?

Non, il est obligatoire uniquement pour les biens à usage d'habitation dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949. Les logements construits après cette date sont exemptés, car l'usage de la peinture au plomb a été interdit après cette période.

Qui doit réaliser le diagnostic plomb ?

Le diagnostic plomb doit impérativement être réalisé par un diagnostiqueur immobilier professionnel certifié par un organisme accrédité. Il doit utiliser un appareil à fluorescence X spécifique et être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle.

Que faire si le diagnostic révèle la présence de plomb ?

Si le plomb est en bon état (Classe 1 ou 2), aucune obligation immédiate n'est imposée, mais une surveillance est conseillée. Si le plomb est dégradé (Classe 3), le propriétaire (notamment le bailleur) doit réaliser des travaux pour supprimer le risque d'exposition avant d'occuper ou de louer le bien.

Le diagnostic plomb concerne-t-il aussi les canalisations d'eau ?

Non, le diagnostic plomb (CREP) porte exclusivement sur les revêtements intérieurs et extérieurs (peintures, enduits). La recherche de plomb dans l'eau potable relève d'une analyse différente et n'est pas incluse dans le diagnostic immobilier standard pour la vente ou la location.

Quelles sont les sanctions en cas d'absence de diagnostic plomb ?

En cas d'absence de diagnostic, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés et l'acheteur peut demander l'annulation de la vente. Pour un bailleur, cela peut entraîner la suspension du loyer ou des poursuites pour mise en danger de la vie d'autrui si un cas de saturnisme survient.

Inscrivez-vous à notre Newsletter hebdomadaire

Rejoignez 20.000 abonnés puis recevez gratuitement et sans engagement nos actualités et bons plans

Nos courtiers répondent à toutes vos questions

du lundi au vendredi de 8 h à 20h,
le samedi de 8h à 17h

Objet de votre demande Sélectionnez votre créneau

Un expert vous rappelle immédiatement

Votre numéro de téléphone

Ces données seront utilisées exclusivement dans le but de répondre à vos questions.

Votre demande a été enregistrée. Un courtier expert vous contactera le aux alentours de .

Nos courtiers peuvent parfois être submergés par leur succès ! Il peut donc y avoir un léger délai entre le créneau que vous avez sélectionné et l'appel effectif de votre expert.