Le dossier de diagnostic technique : un document essentiel pour vendre un bien

✍ Les points à retenir
- Centraliser l'ensemble des diagnostics obligatoires : Le DDT est un dossier unique qui doit impérativement être annexé à la promesse ou au compromis de vente ; il regroupe tous les contrôles (DPE, électricité, amiante, plomb, etc.) exigés par la réglementation.
- Protéger le vendeur contre les vices cachés : La fourniture d'un DDT complet et à jour exonère le vendeur de la garantie des vices cachés concernant les éléments diagnostiqués, évitant ainsi d'éventuels litiges après la signature de l'acte.
- Respecter les délais de validité spécifiques : Chaque diagnostic possède sa propre durée de validité (de 6 mois à une durée illimitée) ; il est crucial de vérifier que tous les documents sont encore valides au moment de la signature de l'acte définitif.
- Garantir la transparence envers l'acquéreur : Ce dossier permet à l'acheteur de connaître l'état réel du bien, d'anticiper d'éventuels travaux de rénovation et d'obtenir des informations sur les risques environnementaux ou sanitaires liés au logement.
- Confier la réalisation à un diagnostiqueur certifié : Pour être légalement valable, le DDT doit être réalisé par un professionnel certifié, disposant d'une assurance responsabilité civile professionnelle en vigueur pour couvrir les éventuelles erreurs d'expertise.
Qu'est-ce que le Dossier de Diagnostic Technique (DDT) et quelle est sa définition ?
Le dossier de diagnostic technique, plus couramment désigné par l'acronyme DDT, est un recueil de documents techniques obligatoires visant à informer un futur acquéreur ou locataire sur l'état général d'un bien immobilier. Défini par l'article L271-4 du Code de la construction et de l'habitation, ce dossier centralise plusieurs rapports d'expertise portant sur des aspects variés de l'immeuble : sécurité des installations, santé publique (présence de matériaux toxiques), performance énergétique et risques naturels. Le dossier de diagnostic technique constitue ainsi une photographie précise et objective des caractéristiques techniques du logement à un instant T. Il est impératif que ce dossier soit annexé à la promesse de vente, au compromis ou, à défaut, à l'acte authentique, afin de garantir une transaction transparente et sécurisée.
Une compilation d'expertises réglementées pour la transparence immobilière
La définition du dossier de diagnostic technique repose sur la notion de protection des parties. Il ne s'agit pas d'un simple document administratif, mais d'une compilation de diagnostics réalisés par des professionnels certifiés. Chaque rapport inclus dans le dossier de diagnostic technique répond à une méthodologie stricte définie par la loi. L'objectif est de s'assurer que l'acquéreur dispose d'une information exhaustive sur les éléments invisibles ou complexes du bâtiment. En regroupant ces données dans un document unique, le législateur a voulu simplifier l'accès à l'information technique, évitant ainsi que des détails cruciaux sur l'état des canalisations, de l'isolation ou de la structure ne soient occultés lors des négociations commerciales. C'est l'instrument de mesure de la valeur technique réelle du patrimoine immobilier.
Un socle de sécurité sanitaire et environnementale pour l'habitat
Au coeur du dossier de diagnostic technique se trouve une volonté de santé publique et de préservation de l'environnement. Le DDT définit le périmètre des risques auxquels les occupants pourraient être exposés. Par exemple, les diagnostics plomb et amiante, intégrés systématiquement selon l'ancienneté du bien, visent à prévenir des maladies graves. De même, le diagnostic de performance énergétique (DPE), pierre angulaire du dossier de diagnostic technique moderne, évalue l'empreinte carbone et la consommation de ressources du logement. Cette définition large permet au DDT de dépasser le cadre de la simple transaction pour devenir un outil de suivi de la qualité du parc immobilier français, incitant à la rénovation et à la mise aux normes des habitations les plus fragiles ou les plus énergivores.
Un document juridique protecteur contre les vices cachés
Sur le plan contractuel, le dossier de diagnostic technique définit les limites de la responsabilité du vendeur. En remettant un dossier complet et conforme, le vendeur remplit son obligation d'information et s'exonère de la garantie des vices cachés pour les éléments diagnostiqués. Pour l'acheteur, le DDT est un document de preuve qui atteste de l'état du bien au jour de la signature. Cette définition juridique est capitale : le dossier de diagnostic technique transforme des incertitudes techniques en données contractuelles. Si un problème survient après la vente sur un point qui n'a pas été correctement mentionné dans le dossier, les responsabilités peuvent être clairement établies entre le vendeur et le diagnostiqueur, protégeant ainsi l'investissement financier de l'acquéreur et la sérénité du vendeur.
Le rôle du DDT : pourquoi est-il indispensable lors d'une vente ou d'une location ?
Garantir une information loyale et transparente à l'acquéreur
Le rôle majeur du dossier de diagnostic technique est de restaurer l'équilibre d'information entre le vendeur, qui connaît parfaitement son bien, et l'acheteur, qui n'en a qu'une vision superficielle lors des visites. En fournissant des données chiffrées sur l'état des installations de gaz ou d'électricité, le DDT permet à l'acheteur de s'engager en toute connaissance de cause. Il évite les mauvaises surprises post-acquisition qui pourraient mener à des conflits lourds. Le dossier de diagnostic technique agit donc comme un tiers de confiance technique, validant ou infirmant les impressions ressenties lors des visites initiales et permettant de justifier le prix de vente au regard de l'état réel du bâti.
Sécuriser juridiquement la transaction et limiter les litiges
L'indispensabilité du dossier de diagnostic technique réside dans sa force probante devant les tribunaux. Lors d'une vente immobilière, le transfert de propriété est un acte grave. Le DDT sert de bouclier juridique pour le vendeur : une fois le document remis et signé, l'acheteur ne peut plus se retourner contre lui pour des défauts qui étaient clairement indiqués dans les rapports. À l'inverse, pour le locataire, le dossier de diagnostic technique assure que le logement qu'il occupe est décent et sécurisé. Sans ce dossier, la validité du contrat de vente ou du bail peut être remise en question, entraînant des sanctions financières ou l'annulation pure et simple des engagements contractuels.
Favoriser la rénovation énergétique et la mise aux normes du parc
Enfin, le dossier de diagnostic technique joue un rôle de conseil et d'incitation. Chaque diagnostic, notamment le DPE ou l'audit énergétique, comporte des recommandations de travaux pour améliorer la performance ou la sécurité du logement. Ce rôle pédagogique est indispensable pour accompagner la transition écologique. Le dossier de diagnostic technique aide les propriétaires à prioriser leurs investissements (isolation, changement de chaudière, mise aux normes électriques) et permet aux autorités de surveiller l'évolution de la salubrité des logements. C'est un levier de valorisation du patrimoine qui pousse les propriétaires vers une gestion plus responsable et durable de leurs biens immobiliers.
Quels sont les différents diagnostics obligatoires qui composent le DDT ?
Les diagnostics liés à la santé des occupants et au bâti
Le dossier de diagnostic technique regroupe des expertises visant à détecter des substances dangereuses. Le diagnostic amiante est requis pour tous les immeubles dont le permis de construire a été délivré avant juillet 1997. Le diagnostic plomb (CREP) est obligatoire pour les logements construits avant 1949. En zone déclarée à risque par arrêté préfectoral, le diagnostic termites doit également être intégré au dossier de diagnostic technique pour vérifier l'intégrité structurelle des bois de construction. Ces examens sont cruciaux car ils touchent directement à la sécurité physique et à la santé des futurs habitants, prévenant notamment les risques de saturnisme ou d'effondrement de structures infestées.
Les diagnostics de sécurité des installations techniques
Pour prévenir les risques d'incendie, d'électrocution ou d'asphyxie, le dossier de diagnostic technique doit obligatoirement inclure un état de l'installation intérieure d'électricité et de gaz si celles-ci datent de plus de 15 ans. Ces contrôles portent sur des points de sécurité précis comme la présence d'un disjoncteur accessible, la mise à la terre ou la ventilation des locaux où sont installés des appareils à combustion. S'ajoute à cela le diagnostic assainissement non collectif pour les maisons non raccordées au tout-à-l'égout. L'ensemble de ces rapports au sein du dossier de diagnostic technique permet de s'assurer que le bien est prêt à être occupé sans nécessiter de travaux de mise en sécurité immédiats et invisibles au premier abord.
L'évaluation environnementale et les risques extérieurs
Enfin, le volet environnemental du dossier de diagnostic technique comprend le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), devenu extrêmement influent pour la valeur verte du bien. Il est complété par l'État des Risques et Pollutions (ERP), qui informe sur les menaces naturelles (inondations, séismes), technologiques ou minières entourant le logement. Dans certaines zones, le diagnostic bruit (ENSA) lié à la proximité d'aérodromes doit aussi figurer au dossier de diagnostic technique. Cette vision périphérique assure que l'acheteur n'achète pas seulement des murs, mais aussi une situation géographique saine et un logement économe en ressources énergétiques.
Prix moyen et durée de validité de chaque diagnostic immobilier
La gestion du dossier de diagnostic technique nécessite une attention particulière aux dates d'expiration et aux coûts engagés. Les prix ne sont pas réglementés et varient selon la taille du bien et la zone géographique. De même, les durées de validité diffèrent selon que le résultat est positif ou négatif, ou selon la nature même du risque analysé. Il est essentiel de veiller à ce que chaque pièce du dossier de diagnostic technique soit encore valide au moment de la signature de l'acte authentique chez le notaire.
| Diagnostic | Prix moyen (indicatif) | Durée de validité (Vente) |
|---|---|---|
| DPE (Performance Énergétique) | 100 € - 250 € | 10 ans (sauf réformes) |
| Amiante | 80 € - 150 € | Illimitée (si négatif après 2013) |
| Plomb (CREP) | 120 € - 250 € | Illimitée (si négatif) / 1 an (si positif) |
| Électricité / Gaz | 90 € - 180 € | 3 ans |
| Termites | 70 € - 150 € | 6 mois |
| ERP (Risques et Pollutions) | Gratuit à 30 € | 6 mois |
Anticiper le renouvellement des diagnostics courts
Dans la constitution du dossier de diagnostic technique, certains rapports ont une durée de vie très limitée, comme l'ERP ou le diagnostic termites (6 mois). Si la vente traîne en longueur entre le compromis et l'acte définitif, il est fréquent de devoir les refaire. Le vendeur doit rester vigilant : un diagnostic périmé dans le dossier de diagnostic technique au jour de la vente rend caduque l'exonération de la garantie des vices cachés. Il est donc conseillé de ne pas réaliser ces diagnostics trop tôt ou de négocier avec le diagnostiqueur une mise à jour gratuite ou à tarif préférentiel si le délai de transaction dépasse les prévisions initiales.
L'importance de la date de réalisation pour les diagnostics anciens
Pour des diagnostics comme l'amiante, la durée peut paraître illimitée, mais des changements de réglementation (comme celui de 2013) peuvent obliger à renouveler un document même si le résultat était négatif auparavant. Le dossier de diagnostic technique doit toujours être conforme aux dernières normes en vigueur. Un DPE réalisé avant juillet 2021, par exemple, voit sa durée de validité réduite par la loi pour forcer l'adoption de la nouvelle méthode de calcul opposable. Il est donc crucial de faire vérifier l'intégralité du dossier de diagnostic technique par un professionnel ou un notaire pour s'assurer qu'aucune pièce n'est devenue obsolète suite à une évolution législative.
L'optimisation des coûts par les packs de diagnostics
Le coût total d'un dossier de diagnostic technique complet peut varier de 300 € à plus de 700 € selon la complexité du bien. Pour réduire la facture, il est fortement recommandé de commander l'ensemble des expertises en une seule fois auprès du même cabinet. Ces "packs" permettent au diagnostiqueur de n'effectuer qu'un seul déplacement et de rationaliser son temps de travail, ce qui se traduit par une baisse significative du prix par diagnostic. Un dossier de diagnostic technique groupé est non seulement moins onéreux, mais il garantit également une cohérence de dates entre tous les rapports, facilitant ainsi la gestion administrative de la vente pour le propriétaire.
DDT pour une maison vs DDT pour un appartement : quelles sont les différences ?
Les spécificités du diagnostic assainissement en maison individuelle
Lorsqu'on prépare le dossier de diagnostic technique pour une maison individuelle, un diagnostic spécifique s'ajoute souvent : l'état de l'installation d'assainissement non collectif. Si la maison n'est pas raccordée au réseau public, le propriétaire doit prouver que son système de traitement des eaux usées est aux normes. Ce diagnostic est crucial car des travaux de mise en conformité peuvent coûter plusieurs milliers d'euros. Dans un appartement, ce document n'est pas présent dans le dossier de diagnostic technique privatif, car l'assainissement est géré collectivement par la copropriété. C'est une différence majeure de responsabilité pour le vendeur d'une maison individuelle.
Le mesurage Loi Carrez et les parties communes en appartement
Pour un appartement situé dans une copropriété, le dossier de diagnostic technique doit impérativement contenir le certificat de mesurage Loi Carrez. Ce diagnostic garantit la surface privative exacte vendue. Bien que conseillé pour les maisons, il n'y est pas obligatoire par la loi (on parle alors de surface habitable). De plus, le dossier de diagnostic technique d'un appartement se concentre sur les parties privatives, mais le vendeur doit également être en mesure de fournir le Dossier Technique Amiante (DTA) des parties communes, géré par le syndic. Cette dualité entre parties privatives et collectives complexifie la constitution du dossier pour les copropriétaires.
Les risques naturels et le carnet d'information du logement
La maison individuelle est souvent plus exposée aux risques de retrait-gonflement des argiles ou aux termites par le sol, ce qui rend ces diagnostics particulièrement sensibles dans le dossier de diagnostic technique. De plus, pour les maisons neuves ou ayant subi de grosses rénovations énergétiques, le nouveau Carnet d'Information du Logement (CIL) doit désormais être intégré au dossier de diagnostic technique. En appartement, les risques sont souvent plus dilués par la structure collective de l'immeuble. La préparation du dossier de diagnostic technique demande donc une analyse fine de la nature juridique du bien pour ne pas oublier de documents spécifiques liés à l'emprise au sol ou au statut de copropriété.
Comment choisir une entreprise de diagnostic certifiée pour établir votre DDT ?
Vérifier les certifications et les accréditations officielles
Pour que le dossier de diagnostic technique soit légalement valide, il doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité (type COFRAC). Chaque diagnostic demande une certification spécifique. Avant de signer un devis, il est impératif de demander les attestations de compétences du technicien. Un dossier de diagnostic technique dont les rapports sont signés par un professionnel dont la certification est expirée est considéré comme nul. Vous pouvez vérifier la validité des certifications sur l'annuaire officiel mis à disposition par le ministère de la Transition écologique, assurant ainsi que votre dossier sera inattaquable devant le notaire.
L'importance de l'assurance responsabilité civile professionnelle
Le choix du professionnel pour votre dossier de diagnostic technique doit aussi se baser sur son assurance. Le diagnostiqueur doit obligatoirement être couvert par une RCP (Responsabilité Civile Professionnelle) spécifique à son métier. En cas d'erreur de diagnostic (un oubli d'amiante ou une erreur sur la surface Carrez), c'est cette assurance qui indemnisera l'acquéreur. Sans une assurance valide annexée au dossier de diagnostic technique, c'est la responsabilité personnelle du vendeur qui pourrait être engagée. Un professionnel sérieux inclura systématiquement son attestation d'assurance à jour dans le dossier final qu'il vous remettra.
Indépendance et impartialité : les garanties de probité
Un bon diagnostiqueur doit exercer son activité en toute indépendance. La loi lui interdit d'avoir des liens avec une entreprise pouvant réaliser les travaux préconisés dans le dossier de diagnostic technique. Par exemple, il ne peut pas vous recommander une entreprise de désamiantage ou d'électricité dont il serait partenaire. Cette neutralité garantit que les conclusions du dossier de diagnostic technique ne sont pas biaisées par un intérêt commercial. Pour choisir le bon expert, privilégiez le bouche-à-oreille, les avis vérifiés et fuyez les tarifs anormalement bas qui cachent souvent des visites trop rapides ou un manque de rigueur dans l'analyse technique du bâtiment.
Responsabilité du vendeur : les risques juridiques en cas d'absence de diagnostic
La perte de l'exonération de la garantie des vices cachés
Le risque majeur pour le vendeur qui omet d'intégrer un diagnostic obligatoire dans son dossier de diagnostic technique est de rester responsable des vices cachés. Normalement, la clause de non-garantie des vices cachés dans l'acte de vente protège le vendeur. Mais cette protection tombe si le diagnostic correspondant fait défaut dans le dossier de diagnostic technique. Si l'acquéreur découvre la présence d'amiante ou une installation électrique dangereuse après la vente, il peut se retourner contre le vendeur pour demander le remboursement des travaux de remise aux normes, même si le vendeur ignorait lui-même le problème au moment de la vente.
L'annulation de la vente ou la réduction du prix
L'absence de certains documents dans le dossier de diagnostic technique, comme le certificat Loi Carrez ou le DPE, peut avoir des conséquences radicales. Pour une erreur de surface de plus de 5 %, l'acheteur peut demander une réduction proportionnelle du prix de vente jusqu'à un an après la signature. Pour le DPE, si l'information est manquante ou mensongère, l'acquéreur peut demander l'annulation de la vente devant un tribunal. Le dossier de diagnostic technique est considéré comme une information déterminante du consentement de l'acheteur. Son absence entache la loyauté de la transaction et fragilise l'acte de vente au point de le rendre annulable par voie de justice.
Sanctions administratives et pénales pour manquement
Au-delà du litige avec l'acheteur, le vendeur s'expose à des sanctions pénales si le dossier de diagnostic technique est volontairement erroné ou falsifié. Le fait de cacher délibérément la présence de termites ou de plomb peut être qualifié de dol (fraude). Les amendes peuvent être lourdes et s'accompagner de dommages et intérêts. De plus, les notaires, garants de la légalité, refuseront systématiquement de finaliser une vente si le dossier de diagnostic technique n'est pas complet et à jour. Le vendeur risque alors de perdre son acquéreur, de voir sa responsabilité engagée par l'agence immobilière pour rupture abusive et de devoir payer des indemnités d'immobilisation du bien.
Conséquences d'un DDT non conforme : de la baisse de prix à l'annulation de la vente
La renégociation du prix de vente lors de la découverte de défauts
Lorsqu'un dossier de diagnostic technique révèle des anomalies graves (plomb accessible, électricité dangereuse, termites), l'acquéreur est en position de force pour renégocier le prix. Les conclusions du DDT servent souvent d'argument pour demander une baisse correspondant au montant des devis de remise en état. Un dossier de diagnostic technique non conforme à l'attente de l'acheteur peut ainsi impacter la rentabilité nette de l'opération pour le vendeur. C'est pourquoi il est recommandé de réaliser le DDT le plus tôt possible : cela permet au vendeur soit de faire les travaux lui-même, soit d'intégrer ces défauts dans le prix affiché dès le départ pour éviter des discussions tardives.
Le droit de rétractation prolongé ou réouvert
Si le dossier de diagnostic technique est complété ou modifié après la signature du compromis de vente, cela peut donner lieu à une nouvelle purge du délai de rétractation de 10 ans. En effet, l'acheteur doit avoir eu connaissance de l'intégralité du DDT avant que son délai de réflexion ne commence. Si un diagnostic termites est ajouté tardivement car il manquait au dossier initial, l'acheteur peut légalement se rétracter sans motif et récupérer son dépôt de garantie. La non-conformité temporelle du dossier de diagnostic technique est une faille juridique majeure que les acheteurs peuvent exploiter s'ils souhaitent finalement se désengager de la vente immobilière.
L'impact sur l'obtention du prêt immobilier pour l'acheteur
Un dossier de diagnostic technique présentant des notes de DPE catastrophiques (F ou G) ou des problèmes d'assainissement peut bloquer l'obtention du prêt de l'acquéreur. Les banques sont de plus en plus vigilantes sur la "valeur verte" et la conformité technique des biens qu'elles financent. Si le DDT indique des travaux obligatoires ou une consommation énergétique démesurée, l'organisme bancaire peut exiger que le coût des travaux soit intégré au plan de financement ou tout simplement refuser le crédit si le projet devient trop risqué. Un dossier de diagnostic technique médiocre peut donc indirectement faire capoter la vente en rendant l'acquéreur insolvable aux yeux de sa banque.
Comment transmettre le DDT à l'acquéreur ou au locataire (format papier vs numérique) ?
La remise du dossier lors des étapes contractuelles
La transmission du dossier de diagnostic technique doit se faire à des moments précis. Pour une vente, il est conseillé de le présenter dès les premières visites sérieuses et de le remettre impérativement avant la signature de la promesse ou du compromis. Pour une location, le dossier de diagnostic technique doit être annexé au contrat de bail lors de sa signature. Le notaire ou l'agent immobilier s'assurent que chaque page a été portée à la connaissance de la partie adverse. Une transmission tardive du dossier de diagnostic technique est risquée, car elle ne laisse pas assez de temps à l'acquéreur pour analyser les conclusions techniques et peut fausser son consentement.
Le passage au format numérique et la signature électronique
Aujourd'hui, la majorité des dossiers de diagnostic technique sont transmis sous format numérique (PDF). Cette méthode est non seulement écologique, mais elle facilite aussi le stockage et le partage avec le notaire ou la banque. La signature électronique du DDT par le vendeur et l'acheteur est désormais courante et possède la même valeur légale que la signature manuscrite. Toutefois, le vendeur doit s'assurer que l'acquéreur peut lire correctement les documents et qu'il en a bien reçu l'intégralité. Le format numérique permet également d'intégrer des liens vers des explications pédagogiques, aidant ainsi à mieux comprendre la portée technique du dossier de diagnostic technique.
La conservation et l'archivage du dossier par les parties
Une fois transmis, le dossier de diagnostic technique doit être conservé précieusement par l'acquéreur. En cas de revente future, certains diagnostics à durée de validité illimitée pourront être réutilisés. Pour le vendeur, garder une copie du DDT transmis est une preuve indispensable en cas de litige ultérieur. Il est recommandé de conserver le dossier de diagnostic technique pendant au moins 10 ans après la vente, durée correspondant à la responsabilité décennale et aux délais de prescription en matière de transactions immobilières. Que ce soit sur un cloud sécurisé ou dans un classeur papier, le DDT est le carnet de santé du logement qui doit suivre le bien tout au long de sa vie.
FAQ - Dossier de Diagnostic Technique (DDT)
Le dossier de diagnostic technique est-il payant pour l'acheteur ?
Non, le coût de la réalisation du dossier de diagnostic technique est intégralement à la charge du vendeur ou du bailleur. C'est lui qui doit mandater l'expert et régler les honoraires. L'acheteur ou le locataire reçoit le dossier gratuitement à titre d'information obligatoire. Seuls les diagnostics complémentaires demandés spécifiquement par l'acheteur pourraient être à sa charge.
Peut-on vendre sans avoir tous les diagnostics du DDT ?
Vendre sans un dossier de diagnostic technique complet est extrêmement risqué et généralement refusé par les notaires. Si un diagnostic manque, le vendeur ne pourra pas s'exonérer de la garantie des vices cachés pour ce point précis. De plus, pour certains diagnostics comme le DPE, la vente est tout simplement impossible légalement sans le rapport.
Qui doit signer le dossier de diagnostic technique ?
Le dossier de diagnostic technique doit être signé par le diagnostiqueur professionnel qui a réalisé les expertises. Le vendeur et l'acquéreur doivent également parapher chaque diagnostic ou signer une attestation de remise du dossier complet pour prouver que l'information a bien été transmise et acceptée par les deux parties lors de la transaction.
Combien de temps faut-il pour obtenir un DDT complet ?
En général, une fois le rendez-vous fixé avec le diagnostiqueur, la visite dure entre 1h et 4h selon la taille du bien. Les rapports sont généralement envoyés sous 24h à 48h. Il est donc possible d'obtenir un dossier de diagnostic technique complet en moins d'une semaine, mais il est préférable d'anticiper pour gérer d'éventuels besoins d'analyses complémentaires (laboratoire pour l'amiante par exemple).
Le DDT est-il obligatoire pour une vente entre particuliers ?
Oui, le dossier de diagnostic technique est obligatoire quelle que soit la forme de la vente : par agence immobilière, entre particuliers ou même lors d'une vente aux enchères. La loi ne fait aucune distinction sur le mode de transaction ; l'obligation d'information technique reste la même pour protéger tout acquéreur immobilier.
Peut-on réutiliser le DDT d'un ancien propriétaire ?
Il est possible de réutiliser certains diagnostics du dossier de diagnostic technique (comme l'amiante ou le plomb s'ils sont négatifs), mais cela est fortement déconseillé. Les rapports sont au nom de l'ancien propriétaire, et en cas d'erreur, vous ne seriez pas couvert par l'assurance du diagnostiqueur car vous n'êtes pas le donneur d'ordre initial. Il vaut mieux refaire le DDT à votre nom.
Que faire si un diagnostic du DDT révèle un danger immédiat ?
Si le dossier de diagnostic technique révèle un danger grave (fuite de gaz, installation électrique mortelle), le diagnostiqueur a un devoir d'alerte. Le vendeur doit alors procéder aux réparations urgentes pour que la vente puisse se poursuivre en toute sécurité. Un DDT avec des anomalies graves n'empêche pas la vente, mais il oblige à une transparence totale et souvent à une mise aux normes avant l'entrée des nouveaux occupants.
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