Les frais de dossier : quels coûts prévoir pour votre prêt immobilier ?

✍ Les points à retenir
- Frais de dossier : Frais facturés par la banque pour l'examen de votre demande de prêt immobilier.
- Montant variable : Les frais de dossier peuvent varier d'une banque à l'autre, il est important de les comparer.
- Inclus dans le TAEG : Ces frais sont généralement inclus dans le Taux Annuel Effectif Global (TAEG) du prêt.
- Négociation possible : Il est parfois possible de négocier ou de faire réduire ces frais avec la banque.
- À payer à la signature : Les frais de dossier sont à régler au moment de la signature du prêt immobilier.
Que sont les frais de dossier d'un prêt immobilier et à quoi servent-ils ?
Lors de la souscription d'un crédit immobilier pour l'acquisition d'un bien, les emprunteurs se focalisent souvent sur le taux d'intérêt nominal. Pourtant, les frais de dossier constituent l'un des premiers coûts annexes à intégrer dans le budget global de l'opération. Ces frais représentent la somme facturée par l'établissement prêteur pour couvrir l'ensemble des étapes administratives et techniques nécessaires à la mise en place du financement. Ils font partie intégrante du coût total du crédit et sont systématiquement mentionnés dans la fiche d'information standardisée européenne remise par la banque.
La rémunération de l'analyse et de l'instruction du dossier
L'instruction d'une demande de prêt immobilier est un processus complexe qui mobilise des ressources humaines et techniques significatives. Les frais de dossier servent avant tout à rémunérer le temps passé par les conseillers et les analystes risques pour étudier la viabilité de votre projet. Cette phase comprend la vérification de la solvabilité de l'emprunteur, l'analyse des relevés de comptes, la validation de la stabilité professionnelle et le calcul des ratios d'endettement. Chaque dossier étant unique, cette expertise permet à la banque de s'assurer que le crédit accordé respecte les normes prudentielles et les capacités de remboursement du client.
Le financement des contrôles de conformité et de sécurité
Au-delà de l'analyse financière, la banque doit procéder à de nombreuses vérifications juridiques et réglementaires. Les frais de dossier couvrent les coûts liés à l'interrogation des fichiers de la Banque de France (FICP et FCC), ainsi que les contrôles relatifs à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. De plus, l'établissement doit s'assurer de la validité des garanties prises sur le bien immobilier (hypothèque ou caution). Ce travail administratif invisible pour l'emprunteur est pourtant indispensable pour sécuriser la transaction juridique et garantir que l'offre de prêt émise est conforme à la législation en vigueur.
La couverture des coûts de gestion informatique et d'édition
L'émission d'une offre de prêt immobilier génère des coûts logistiques et technologiques non négligeables. Les systèmes d'information bancaires doivent paramétrer les tableaux d'amortissement, gérer les flux avec les organismes de cautionnement et assurer l'édition sécurisée des documents contractuels. Les frais de dossier participent ainsi au maintien et à l'exploitation des infrastructures numériques qui permettent le déblocage des fonds et le suivi du prêt sur plusieurs décennies. Bien que la dématérialisation progresse, la responsabilité juridique liée à l'archivage et à la production de ces contrats demeure un poste de dépense structurel pour les établissements financiers.
Quel est le montant moyen des frais de dossier pratiqué par les banques ?
Le montant des frais de dossier n'est pas réglementé par la loi, ce qui laisse une grande liberté aux banques pour fixer leurs tarifs. En pratique, on observe une fourchette de prix assez large sur le marché, dépendant de la politique commerciale de chaque enseigne et de la nature du projet immobilier. En moyenne, pour un crédit immobilier classique, ces frais oscillent entre 500 et 1 500 euros. Il est important de noter que ce montant est souvent plafonné, évitant ainsi des coûts disproportionnés pour les emprunts très importants.
Les tarifs standards pour une acquisition classique
Pour l'achat d'une résidence principale, la plupart des banques de réseau appliquent un forfait de frais de dossier tournant autour de 1 % du capital emprunté, avec un plancher et un plafond. Par exemple, pour un prêt de 250 000 euros, il n'est pas rare de voir des frais s'élever à environ 800 ou 1 000 euros. Certains types de financements spécifiques, comme les prêts aidés ou les prêts à taux zéro (PTZ), peuvent faire l'objet de frais réduits, voire d'une exonération totale selon les conventions signées entre l'État et l'établissement bancaire.
Les variations selon les réseaux bancaires
Les tarifs pratiqués peuvent varier sensiblement entre une banque nationale et une caisse régionale. Dans les banques mutualistes, les frais de dossier sont parfois définis localement, ce qui peut créer des disparités géographiques pour un même profil d'emprunteur. À l'inverse, les banques commerciales nationales tendent à uniformiser leurs barèmes sur tout le territoire. Ces variations de prix justifient l'importance de consulter les guides tarifaires des banques, qui sont obligatoirement mis à disposition du public en agence et sur leurs sites internet respectifs.
Le cas des dossiers complexes et de l'investissement locatif
Le montant moyen peut être revu à la hausse lorsque le projet présente une complexité particulière. C'est souvent le cas pour les investissements locatifs réalisés via des sociétés civiles immobilières (SCI) ou pour les montages incluant des dispositifs de défiscalisation. Dans ces situations, le travail d'analyse juridique étant plus chronophage, les banques peuvent appliquer des frais de dossier plus élevés, pouvant atteindre 1,5 % du montant emprunté. L'étude de la structure de la SCI et la vérification des statuts demandent une expertise technique supplémentaire qui justifie ce surcoût tarifaire.
Frais fixes vs pourcentage du capital : comprendre les modes de calcul
Les établissements bancaires utilisent principalement deux méthodes pour déterminer le montant des frais de dossier. Le choix de la méthode influe directement sur le coût final pour l'emprunteur, notamment selon l'importance du capital sollicité.
| Mode de calcul | Description | Avantage pour l'emprunteur |
|---|---|---|
| Frais fixes (Forfait) | Un montant identique quel que soit le capital emprunté. | Économique pour les gros emprunts. |
| Pourcentage du capital | Calculé proportionnellement au montant du prêt (ex: 1 %). | Souvent plus bas pour les petits crédits. |
| Mixte (Proportionnel avec plafond) | Un pourcentage avec un montant maximum garanti. | Offre une visibilité et une sécurité budgétaire. |
Le fonctionnement des frais forfaitaires
Le forfait fixe est une méthode de calcul simple où la banque applique un tarif unique. Cette approche est de plus en plus plébiscitée par certains établissements qui souhaitent simplifier leur offre commerciale. Dans ce cas, que vous empruntiez 100 000 euros ou 400 000 euros, vos frais de dossier resteront les mêmes. C'est une solution particulièrement avantageuse pour les acquéreurs de biens de grande valeur, car le coût relatif des frais par rapport au montant total du prêt devient très faible.
La logique de la tarification proportionnelle
Le calcul en pourcentage repose sur l'idée que plus le prêt est important, plus la responsabilité et les vérifications de la banque augmentent. En règle générale, le taux appliqué est de 1 %. Toutefois, pour éviter que les frais de dossier n'atteignent des sommes déraisonnables sur des prêts de plusieurs millions d'euros, les banques instaurent presque toujours un "cap" ou plafond. À l'inverse, elles prévoient également un montant minimum (plancher) pour garantir que le travail de base sur le dossier soit rémunéré, même pour un petit emprunt immobilier.
L'importance de vérifier le montant minimal
Lors de la comparaison des offres, il faut être attentif au plancher tarifaire. Si une banque affiche "1 % de frais de dossier" mais précise en petits caractères un minimum de 700 euros, un emprunteur sollicitant 50 000 euros paiera finalement bien plus que le pourcentage annoncé. Cette subtilité de calcul peut modifier le classement des offres les plus compétitives. Il est donc crucial de regarder le montant en euros figurant sur l'offre de prêt plutôt que le simple pourcentage théorique.
Banques en ligne vs banques traditionnelles : le match des frais de dossier
Le secteur bancaire a connu une profonde mutation avec l'arrivée des acteurs numériques, ce qui a eu un impact direct sur la structure des frais annexes au crédit immobilier. Les banques en ligne utilisent souvent les frais de dossier comme un argument d'appel pour attirer les nouveaux clients.
| Type d'établissement | Frais de dossier types | Particularités |
|---|---|---|
| Banques traditionnelles | 500 € à 1 500 € | Négociables, incluent le conseil en agence. |
| Banques en ligne | Souvent 0 € | Offre standardisée, autonomie du client. |
| Banques mutualistes | Variables selon la région | Possibilité de réduction pour les sociétaires. |
L'avantage concurrentiel des banques digitales
La plupart des banques en ligne ont fait le choix de supprimer totalement les frais de dossier immobiliers. Cette stratégie est possible grâce à une structure de coûts allégée (absence d'agences physiques) et une automatisation poussée de la collecte des documents. Pour l'emprunteur, c'est une économie immédiate et garantie. Cependant, cette gratuité s'accompagne souvent de critères d'octroi plus rigides et d'un accompagnement moins personnalisé. Le client doit être capable de gérer son dossier de manière autonome via les plateformes numériques.
La valeur ajoutée des agences traditionnelles
Dans les banques classiques, les frais de dossier sont la contrepartie d'un accompagnement de proximité. Le conseiller en agence joue un rôle de facilitateur, aide à la structuration du montage financier et assure le lien avec le notaire. Bien que ces frais soient plus élevés au départ, ils sont le point de départ d'une relation commerciale globale. Contrairement aux banques en ligne où les tarifs sont fermes, les banques de réseau laissent une marge de manoeuvre à leurs directeurs d'agence pour moduler ces frais en fonction de l'intérêt stratégique du dossier.
La flexibilité des banques mutualistes
Les banques mutualistes présentent un modèle intermédiaire. Les frais de dossier y sont souvent raisonnables et peuvent faire l'objet de remises si l'emprunteur souscrit à des parts sociales ou transfère l'ensemble de ses avoirs. La décision étant souvent prise à un échelon local, le dialogue avec le conseiller peut permettre d'obtenir des conditions tarifaires proches de celles des banques en ligne, tout en conservant le bénéfice d'un interlocuteur physique. C'est souvent dans ce type d'établissement que la négociation est la plus fructueuse.
Pourquoi les frais de dossier varient-ils selon la complexité de votre profil ?
Le profil de l'emprunteur et la nature de sa situation professionnelle influencent directement le volume de travail requis pour la banque. Les frais de dossier reflètent cette charge de travail additionnelle nécessaire pour valider des dossiers sortant des cadres standards de l'analyse automatique.
Salariés en CDI vs Travailleurs indépendants
Pour un salarié en CDI dans une grande entreprise, l'analyse des revenus est rapide et standardisée. Les frais de dossier restent donc dans la moyenne basse. À l'inverse, pour un entrepreneur, un artisan ou un professionnel libéral, la banque doit analyser les trois derniers bilans, les liasses fiscales et comprendre la pérennité de l'activité. Cette analyse technique, souvent confiée à des services spécialisés en interne, justifie que les frais soient parfois plus élevés pour compenser le temps d'étude supplémentaire nécessaire à la prise de décision.
L'influence de la structure patrimoniale
Un emprunteur détenant déjà plusieurs biens immobiliers ou ayant une organisation patrimoniale complexe (holding, SCI, démembrement de propriété) impose une charge de travail juridique accrue. La banque doit vérifier les garanties sur l'ensemble du patrimoine et s'assurer de l'absence de risques croisés. Dans ce contexte, les frais de dossier servent à rémunérer une ingénierie financière plus poussée. La banque peut également facturer des frais spécifiques pour l'analyse des statuts de société ou des conventions d'indivision.
Projets de construction et travaux importants
L'achat d'un terrain suivi d'une construction (contrat de construction de maison individuelle - CCMI) ou d'une rénovation lourde nécessite un suivi particulier. La banque doit valider les devis, vérifier les assurances dommages-ouvrage des constructeurs et gérer les déblocages de fonds successifs au fur et à mesure de l'avancement des travaux. Cette gestion opérationnelle étalée sur plusieurs mois, voire plusieurs années, explique pourquoi les frais de dossier peuvent être plus élevés pour une construction que pour l'achat d'un appartement déjà achevé.
Quand faut-il payer les frais de dossier ? (Accord de principe vs signature finale)
La question du moment du paiement est cruciale pour la trésorerie de l'acheteur. Il existe une règle stricte encadrée par le Code de la consommation concernant la perception de toute somme d'argent avant l'acceptation définitive du prêt.
L'interdiction de perception anticipée
Il est strictement interdit à une banque de percevoir des frais de dossier tant que l'offre de prêt n'a pas été officiellement acceptée par l'emprunteur. Même si vous recevez un accord de principe ou une simulation détaillée, aucun versement ne peut vous être réclamé. Cette protection légale garantit que l'emprunteur ne soit pas engagé financièrement tant qu'il n'a pas eu le temps de réflexion obligatoire de dix jours après la réception de l'offre de prêt par voie postale ou numérique.
Le prélèvement lors du déblocage des fonds
Dans la majorité des cas, les frais de dossier sont prélevés directement sur votre compte bancaire le jour où la banque débloque les fonds pour le paiement chez le notaire. Ils apparaissent généralement sur le premier relevé de compte suivant la mise en place du crédit. Parfois, ils peuvent être lissés dans le capital emprunté, mais cette pratique est rare car elle augmente le montant du prêt. Le plus souvent, ils sont payés "comptant" à l'aide de votre apport personnel, au moment même où le prêt commence officiellement.
Le cas particulier des dossiers abandonnés
Si vous décidez de ne pas donner suite à une offre de prêt après l'avoir reçue, ou si la vente immobilière échoue (application d'une condition suspensive), la banque ne peut pas vous facturer les frais de dossier. Le travail d'étude effectué reste à la charge de l'établissement financier. En revanche, si vous acceptez l'offre et que vous annulez ensuite le projet sans motif légal prévu au contrat, la banque peut parfois réclamer des frais d'étude, mais ceux-ci sont strictement encadrés et plafonnés par la loi.
Frais de dossier offerts : comment les négocier avec votre conseiller bancaire ?
Les frais de dossier font partie des éléments les plus facilement négociables dans une offre de crédit immobilier. Contrairement au taux d'intérêt qui dépend du marché et du coût de refinancement de la banque, ces frais sont une marge de manoeuvre commerciale directe pour votre conseiller.
Mettre en avant la domiciliation des revenus
L'argument le plus puissant pour obtenir la gratuité des frais de dossier est la promesse d'une relation bancaire de long terme. En acceptant de domicilier vos salaires et de faire de l'établissement votre banque principale, vous devenez un client "rentable" sur la durée. Pour le conseiller, offrir les frais est un geste commercial de bienvenue qui facilite la captation d'un nouveau client. N'hésitez pas à souligner que vous envisagez également d'ouvrir des livrets d'épargne ou de souscrire à d'autres produits de la gamme bancaire.
Le levier de la concurrence
Si une autre banque vous propose une offre sans frais de dossier, mentionnez-le clairement. Dans le cadre d'une négociation, présenter une simulation concurrente oblige le conseiller à s'aligner pour rester dans la course. Les banques de réseau sont très sensibles à la perte de dossiers au profit des banques en ligne. Demander un geste sur les frais est souvent perçu comme une alternative plus acceptable pour la banque que de baisser encore le taux d'intérêt nominal, ce qui touche directement à sa marge d'intermédiation.
Négocier en fonction de la qualité du profil
Si vous disposez d'un apport personnel conséquent (supérieur à 20 %) ou d'une situation professionnelle très stable, votre dossier est considéré comme "peu risqué". Cette sécurité pour la banque doit être valorisée. Vous pouvez argumenter que le travail d'analyse de votre dossier est simplifié par la clarté de vos pièces justificatives. Obtenir une réduction de 50 % ou la gratuité totale des frais de dossier est une pratique courante pour les excellents profils d'emprunteurs qui savent faire valoir leurs atouts.
Le lien entre les frais de dossier et le TAEG (Taux Annuel Effectif Global)
Il est fondamental de comprendre que les frais de dossier ne disparaissent pas simplement de l'équation financière une fois payés. Ils jouent un rôle central dans le calcul du TAEG, qui est l'indicateur légal permettant de comparer le coût réel de différentes offres de prêt.
L'intégration des frais dans le coût total
Le TAEG inclut non seulement le taux d'intérêt, mais aussi les frais d'assurance, les frais de garantie et, bien sûr, les frais de dossier. Même si une banque affiche un taux nominal très bas, des frais de dossier élevés peuvent faire grimper le TAEG de manière significative. C'est cet indicateur, exprimé en pourcentage annuel, que vous devez regarder en priorité. Un prêt à 3 % avec 0 euro de frais de dossier peut s'avérer moins cher qu'un prêt à 2,90 % avec 1 500 euros de frais.
L'impact sur le calcul de l'usure
Le TAEG d'un prêt immobilier, incluant les frais de dossier, ne doit jamais dépasser le taux d'usure fixé trimestriellement par la Banque de France. Dans des périodes où les taux sont proches du plafond de l'usure, le montant des frais de dossier devient un enjeu critique. Si l'ajout de ces frais fait basculer le TAEG au-dessus du seuil légal, la banque n'a pas le droit d'accorder le prêt. C'est parfois la raison pour laquelle les banques réduisent d'elles-mêmes ces frais pour permettre au dossier de passer techniquement sous le taux d'usure.
Un élément de comparaison indispensable
Pour comparer objectivement deux offres, demandez toujours le montant total remboursé sur toute la durée du prêt. Ce chiffre englobe absolument tout, y compris les frais de dossier payés au démarrage. Cela permet de lisser ces frais initiaux sur la durée totale du crédit (par exemple 20 ans). Vous réaliserez alors que les frais de dossier, bien que pesants au moment de la signature, représentent souvent une fraction infime du coût total comparé aux intérêts bancaires cumulés sur deux décennies.
Frais de dossier et rachat de crédit immobilier : quelles sont les spécificités ?
Le rachat de crédit par un nouvel établissement financier est une opération qui génère de nouveaux frais de dossier. Cette situation est souvent source de confusion pour les emprunteurs qui pensent avoir déjà payé ces frais lors de leur prêt initial.
Pourquoi payer de nouveaux frais ?
Lors d'un rachat de crédit, la nouvelle banque repart de zéro. Elle doit effectuer tout le travail d'analyse, d'instruction et de vérification comme s'il s'agissait d'une nouvelle acquisition. Elle assume un nouveau risque et met en place une nouvelle logistique administrative. Il est donc logique qu'elle facture des frais de dossier. L'emprunteur doit impérativement intégrer ces frais dans son calcul de rentabilité pour s'assurer que l'économie réalisée sur le taux d'intérêt est supérieure aux nouveaux frais engagés (incluant également les indemnités de remboursement anticipé du prêt précédent).
La négociation dans le cadre d'un rachat
Dans le cadre d'un rachat, la banque est en position de conquête. Elle souhaite "voler" un client à un concurrent. C'est donc le moment idéal pour négocier une suppression totale des frais de dossier. De nombreuses banques proposent des offres "clés en main" pour les rachats de crédit avec frais offerts afin d'inciter les propriétaires à changer d'établissement. Si ces frais ne sont pas offerts d'office, il est très simple de les faire sauter en expliquant que le surcoût freine la rentabilité de l'opération.
L'impact sur le montant emprunté lors du rachat
Contrairement à une acquisition initiale où l'apport couvre souvent les frais, lors d'un rachat de crédit, il est fréquent d'inclure les frais de dossier et les frais de garantie dans le nouveau montant global emprunté. Cela permet à l'emprunteur de ne pas avoir à décaisser de trésorerie. Dans ce cas, la banque recalcule la mensualité sur la base du capital restant dû majoré de ces frais. Cette pratique souligne l'importance de minimiser ces frais pour ne pas augmenter inutilement la dette globale.
Les frais de dossier sont-ils remboursables en cas d'annulation du prêt ?
L'annulation d'un projet immobilier peut intervenir pour diverses raisons après l'acceptation de l'offre. Le sort des frais de dossier dépend alors de l'étape à laquelle l'annulation se produit et des motifs invoqués.
Annulation avant le déblocage des fonds
Si vous avez accepté l'offre mais que la vente ne se réalise pas (par exemple suite à l'exercice d'un droit de rétractation ou d'une condition suspensive non levée), les frais de dossier ne sont généralement pas dus. La loi stipule qu'aucun versement ne peut être effectué avant la mise à disposition des fonds. La banque peut cependant, dans certains contrats, prévoir des frais d'étude en cas de non-réalisation de l'acte, mais cette clause est très encadrée. Dans la pratique commerciale courante, les banques ne réclament rien si le prêt n'est pas mis en place.
Droit de rétractation et remboursement
Le Code de la consommation prévoit un délai de réflexion, mais pas de délai de rétractation après le déblocage des fonds pour un prêt immobilier. Une fois que les frais de dossier ont été prélevés et que l'argent a été envoyé au notaire, ils sont considérés comme définitivement acquis par la banque. En cas de remboursement anticipé total du prêt quelques mois après, les frais de dossier ne sont pas remboursables au prorata du temps passé. Ils sont liés à l'acte initial de création du dossier et non à la durée de vie du prêt.
L'erreur bancaire ou le défaut de conseil
Le seul cas où un remboursement des frais de dossier peut être exigé est celui d'une faute avérée de l'établissement financier (erreur de calcul dans l'offre, non-respect des délais légaux, défaut de conseil flagrant). Si le prêt est annulé par voie de justice en raison d'une irrégularité commise par la banque, les frais de dossier perçus indûment doivent être restitués au client. Hormis ces situations conflictuelles exceptionnelles, ces frais restent définitivement acquis à l'établissement dès lors que le prêt a commencé à courir.
Le rôle du courtier immobilier : frais de dossier bancaire vs frais de courtage
Faire appel à un intermédiaire pour son crédit immobilier introduit une distinction importante entre deux types de frais. Il est fréquent que les emprunteurs confondent les frais de courtage et les frais de dossier bancaires.
Le cumul possible des deux frais
Un courtier immobilier facture des honoraires pour sa prestation de recherche et de négociation. En parallèle, la banque qui accepte finalement le dossier peut également facturer ses propres frais de dossier. Un emprunteur peut donc se retrouver à payer deux intermédiaires. Cependant, dans de nombreux cas, le courtier négocie auprès de la banque une réduction ou une suppression totale des frais de dossier bancaires en compensation de ses propres honoraires. L'objectif est que le coût total pour le client reste compétitif.
La transparence sur les frais d'intermédiation
Le courtier a l'obligation légale d'informer l'emprunteur du montant de ses honoraires et de l'existence éventuelle de frais de dossier bancaires dès le mandat de recherche. Il doit également préciser s'il perçoit une commission de la part de la banque. Cette transparence permet au client de comprendre qui il rémunère et pour quelle mission. Le travail du courtier consiste à mâcher le travail de la banque en fournissant un dossier "prêt à l'emploi", ce qui justifie souvent que la banque accepte de ne pas facturer ses propres frais internes.
Arbitrer entre frais de courtage et économies générées
Le paiement de frais de courtage, s'ajoutant ou se substituant aux frais de dossier, doit être analysé au regard du gain final. Si le courtier permet d'obtenir un taux nettement inférieur ou une assurance emprunteur moins chère, ses honoraires sont rapidement rentabilisés. L'emprunteur doit regarder le TAEG final incluant toutes ces rémunérations. Souvent, un bon courtier parvient à faire sauter les frais de dossier de la banque, rendant l'opération quasi blanche pour le client sur le plan des frais initiaux, tout en bénéficiant d'un meilleur taux.
FAQ - Les frais de dossier : quels coûts prévoir pour votre prêt immobilier ?
Peut-on payer les frais de dossier en plusieurs fois ?
Non, les banques prélèvent généralement la totalité des frais en une seule fois lors du premier déblocage des fonds ou de la première mensualité.
Est-il possible d'avoir 0 € de frais de dossier dans une banque classique ?
Oui, c'est possible par la négociation, surtout si vous avez un excellent profil ou si vous souscrivez à d'autres produits financiers dans la même banque.
Les frais de dossier sont-ils soumis à la TVA ?
Non, les frais liés aux opérations bancaires et de crédit sont exonérés de TVA en France.
Les banques en ligne facturent-elles systématiquement 0 € ?
La majorité d'entre elles proposent la gratuité des frais de dossier comme argument commercial, mais il convient de vérifier les conditions spécifiques de chaque offre.
Les frais de dossier sont-ils identiques pour un prêt relais ?
Souvent, les banques appliquent des frais de dossier spécifiques pour les prêts relais, qui peuvent être légèrement différents des prêts amortissables classiques.
Peut-on déduire les frais de dossier de ses impôts ?
Seulement dans le cas d'un investissement locatif sous le régime réel ; ils sont alors considérés comme des charges déductibles des revenus fonciers.
Pourquoi les frais de dossier sont-ils mentionnés dans le TAEG ?
C'est une obligation légale destinée à permettre aux consommateurs de comparer le coût réel de chaque offre de prêt en incluant tous les frais obligatoires.