Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : fonctionnement et exonération

✍ Les points à retenir
- Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : Elles sont appliquées lorsque vous remboursez votre prêt immobilier avant son échéance prévue.
- Calcul des IRA : Le calcul des IRA dépend du montant anticipé du remboursement et du taux en vigueur dans le contrat de prêt.
- Limite légale : Les IRA ne peuvent pas dépasser 3 % du capital restant dû avant le remboursement anticipé.
- Exemptions possibles : Dans certains cas, comme la vente du bien immobilier pour des raisons professionnelles ou personnelles, vous pouvez être exempté des IRA.
- Inclus dans le coût total : Les IRA doivent être pris en compte dans le calcul du coût total de votre prêt immobilier, ce qui affecte le TAEG (Taux Annuel Effectif Global).
Que sont les indemnités de remboursement anticipé (IRA) ?
Dans le cadre d'un prêt immobilier, les IRA (Indemnités de Remboursement Anticipé) désignent les frais que l'organisme prêteur peut réclamer à un emprunteur lorsque ce dernier décide de solder tout ou partie de son crédit avant la fin du terme initialement prévu. Cette compensation financière est encadrée par le Code de la consommation. Elle vise à dédommager la banque pour le manque à gagner causé par la fin prématurée du contrat, notamment la perte des intérêts que l'établissement aurait dû percevoir sur la durée restante du prêt. Bien que ces frais ne soient pas systématiques si le contrat prévoit leur suppression, ils constituent une clause standard dans la majorité des offres de prêt classiques.
Une compensation pour le déséquilibre financier de la banque
Le fonctionnement des IRA repose sur la notion de préjudice financier pour l'établissement prêteur. Lorsqu'une banque accorde un crédit, elle se refinance elle-même sur les marchés ou utilise l'épargne de ses clients pour immobiliser une somme sur une longue durée. En remboursant par anticipation, l'emprunteur modifie les prévisions de rentabilité de la banque. Les pénalités permettent donc de couvrir les coûts de refinancement et les frais de gestion administrative liés à la clôture prématurée du dossier. C'est pour cette raison que les établissements financiers inscrivent généralement ces modalités dès l'offre de prêt, afin que l'emprunteur soit informé du coût d'une sortie anticipée.
La nature contractuelle des pénalités de remboursement
Il est important de souligner que les IRA sont avant tout une clause contractuelle. Si la loi fixe des limites strictes pour protéger les consommateurs, l'application effective de ces frais dépend de ce qui a été signé lors de la souscription. Selon le profil de l'emprunteur et la qualité de la négociation initiale, il est parfois possible d'obtenir une clause de "suppression des pénalités". Toutefois, même en cas de suppression négociée, les banques maintiennent souvent une exception : les frais restent dus si le remboursement est motivé par un rachat de crédit effectué par un établissement concurrent. Il convient donc de relire attentivement les conditions générales et particulières de son contrat avant d'entamer toute démarche.
Un élément clé du coût total du crédit immobilier
Bien que les IRA n'interviennent qu'en fin de vie du prêt ou lors d'un événement intermédiaire, elles font partie intégrante des éléments à surveiller lors de la comparaison des offres de financement. Elles impactent directement la flexibilité de l'emprunteur. Que ce soit pour la vente d'un bien en vue d'un nouvel achat ou pour l'utilisation d'une rentrée d'argent imprévue, le montant de l'IRA peut représenter plusieurs milliers d'euros. Comprendre leur définition permet ainsi de mieux anticiper sa stratégie patrimoniale et de calculer si l'opération de remboursement est financièrement avantageuse par rapport au maintien du crédit sur sa durée résiduelle.
Le cadre légal : comment est plafonné le montant des IRA ?
Le législateur a instauré des règles strictes pour éviter que les banques n'imposent des frais dissuasifs aux emprunteurs souhaitant se libérer de leur dette. Le montant des IRA est ainsi doublement plafonné par l'article L313-47 du Code de la consommation. La banque doit obligatoirement appliquer le calcul le plus favorable à l'emprunteur entre deux méthodes de plafonnement. Ce cadre protecteur s'applique à tous les prêts immobiliers destinés à l'achat d'un logement, qu'il s'agisse d'une résidence principale, secondaire ou d'un investissement locatif.
Le plafond des six mois d'intérêts
La première limite légale stipule que l'indemnité ne peut pas excéder la valeur de six mois d'intérêts sur le capital faisant l'objet du remboursement anticipé. Pour le calcul, on utilise le taux d'intérêt moyen du prêt (hors assurance et frais annexes). Dans un contexte de taux bas, ce plafond est souvent le plus avantageux pour le client. Cette règle garantit que la pénalité reste proportionnelle au coût de l'argent au moment où l'emprunteur décide de solder sa dette, limitant ainsi l'impact financier d'un remboursement en début de prêt, période où les intérêts sont les plus élevés dans le tableau d'amortissement.
La limite des 3 % du capital restant dû
La seconde limite imposée par la loi est un plafond absolu de 3 % du capital restant dû avant le remboursement. Quel que soit le taux d'intérêt de votre crédit ou la durée restante, l'organisme prêteur n'a jamais le droit de vous réclamer une IRA supérieure à ce pourcentage. Ce plafond intervient généralement comme une sécurité supplémentaire pour les crédits contractés à des taux élevés. Lors d'un remboursement total, la banque compare systématiquement les "6 mois d'intérêts" et les "3 % du capital" et retient le montant le plus petit des deux. Pour un remboursement partiel, le calcul s'applique uniquement sur la part remboursée.
Une réglementation spécifique aux prêts à taux fixe
Il est à noter que ces plafonds concernent principalement les prêts à taux fixe. Pour les prêts à taux variable (ou taux révisable), la réglementation permet parfois d'augmenter ces indemnités des intérêts compensateurs, à condition que cette clause soit explicitement prévue au contrat. Toutefois, dans la pratique actuelle du marché immobilier français, la majorité des contrats suivent les plafonds classiques de l'IRA. La loi précise également qu'aucune autre somme, en dehors des intérêts échus et de cette indemnité, ne peut être exigée par la banque au titre du remboursement anticipé, interdisant ainsi les frais de gestion cachés.
Remboursement partiel ou total : quelles différences pour vos pénalités ?
Le choix entre un remboursement partiel ou total modifie non seulement votre tableau d'amortissement mais aussi le mode d'application de l'IRA. Chaque option répond à des objectifs financiers différents : réduire ses mensualités ou diminuer la durée de son prêt dans le premier cas, solder définitivement sa dette dans le second.
| Caractéristique | Remboursement Partiel | Remboursement Total |
|---|---|---|
| Base de calcul de l'IRA | Calculée uniquement sur le montant remboursé. | Calculée sur l'intégralité du capital restant dû. |
| Conditions contractuelles | Souvent soumis à un montant minimum (ex: 10 % du capital initial). | Possible à tout moment sans minimum. |
| Impact sur le prêt | Réduction de la mensualité ou de la durée restante. | Clôture définitive du crédit et levée des garanties. |
| Frais annexes | Généralement aucun frais de mainlevée. | Frais de mainlevée d'hypothèque si vente du bien. |
Les particularités du remboursement partiel
Lors d'un remboursement partiel, l'emprunteur injecte une somme d'argent (prime, héritage, épargne) pour réduire son capital. La plupart des banques imposent une clause contractuelle interdisant les remboursements partiels inférieurs à 10 % du montant initial du prêt, sauf s'il s'agit du solde du capital. L'IRA est alors calculée sur la somme injectée. Par exemple, si vous remboursez 20 000 €, la pénalité sera calculée sur ces 20 000 € et non sur ce qu'il vous reste à payer globalement. C'est une solution efficace pour réduire son endettement mensuel tout en conservant une réserve de trésorerie.
Le remboursement total : solder l'intégralité de la dette
Le remboursement total intervient le plus souvent lors de la revente du bien immobilier ou d'un rachat de crédit par la concurrence. Ici, l'IRA atteint son montant maximum puisqu'elle s'applique sur l'intégralité du capital restant dû. En plus de l'indemnité, l'emprunteur doit veiller aux frais de "mainlevée" si une hypothèque a été prise sur le bien. Bien que le coût soit plus important, le remboursement total permet de libérer totalement sa capacité d'endettement pour un nouveau projet. Il est impératif de demander un décompte de remboursement à sa banque pour connaître le montant exact de l'IRA à l'euro près.
L'exonération contractuelle selon le type de remboursement
Certaines négociations lors de la signature permettent d'obtenir une exonération de l'IRA uniquement pour les remboursements partiels. Cette souplesse permet à l'emprunteur d'utiliser son épargne au fil du temps sans être pénalisé, tout en garantissant à la banque de percevoir une indemnité si le prêt est soldé totalement (notamment en cas de rachat). C'est un compromis fréquent qui offre une flexibilité intéressante. Il est donc crucial de vérifier si votre contrat distingue ces deux situations pour optimiser la gestion de vos finances sans subir de frais inutiles.
Les cas d'exonération légale prévus par la loi (mutation, licenciement, décès)
Malgré les clauses prévues dans les contrats bancaires, la loi protège les emprunteurs faisant face à des accidents de la vie ou à des changements de situation imprévus. L'article L313-48 du Code de la consommation liste trois situations spécifiques où aucune IRA ne peut être réclamée par l'établissement prêteur, à condition que le prêt ait été contracté pour l'achat d'un logement (résidence principale).
La mutation professionnelle de l'emprunteur ou du conjoint
Si vous êtes contraint de vendre votre bien immobilier et de rembourser votre prêt par anticipation suite à une mutation professionnelle, la banque ne peut pas vous facturer d'IRA. Cette règle s'applique que la mutation soit à votre initiative ou à celle de votre employeur. Elle concerne l'emprunteur lui-même ou son conjoint (marié, pacsé ou concubin notoire). Cette exonération vise à favoriser la mobilité de l'emploi en France en évitant que des frais bancaires ne deviennent un frein au changement de résidence lié au travail.
La cessation forcée de l'activité professionnelle (licenciement)
Le licenciement de l'un des co-emprunteurs ouvre également droit à une exonération totale des frais de remboursement anticipé. Attention toutefois, cette règle ne s'applique pas en cas de démission ou de rupture conventionnelle, qui sont considérées comme des départs volontaires. L'exonération liée au licenciement permet de soulager financièrement un ménage devant vendre son bien suite à une perte brutale de revenus, garantissant que les pénalités IRA ne viennent pas aggraver une situation financière déjà fragilisée.
Le décès de l'un des emprunteurs
En cas de décès de l'emprunteur ou de son conjoint, le remboursement du prêt par anticipation est exonéré d'indemnités. Ce cas se présente souvent lorsque l'assurance emprunteur prend en charge le capital restant dû ou lorsque les héritiers décident de vendre le bien pour solder la dette. La loi considère qu'il serait injuste de pénaliser les survivants par des frais de IRA dans un moment de deuil. Pour bénéficier de ces exonérations légales, il suffit généralement de fournir à la banque les justificatifs correspondants (acte de décès, lettre de licenciement, attestation de l'employeur pour mutation).
Comment négocier la suppression des frais de remboursement anticipé dès le contrat ?
La négociation des IRA est une étape fondamentale lors de la recherche de crédit. Contrairement aux idées reçues, ces frais ne sont pas immuables et peuvent être supprimés par un geste commercial du banquier avant la signature de l'offre de prêt. Obtenir cette suppression offre une liberté totale pour l'avenir, sans alourdir le coût du crédit en cas de revente prématurée.
Argumenter sur la qualité du profil emprunteur
Pour obtenir la gratuité des remboursements anticipés, il faut valoriser son dossier. Un apport personnel conséquent, des revenus stables ou un potentiel d'épargne futur sont autant d'arguments qui incitent la banque à faire un geste. Le conseiller peut accepter de supprimer les IRA pour capter un client jugé fidèle et solvable. Il est conseillé de présenter cette demande dès le premier rendez-vous, en expliquant que la flexibilité est un critère de choix déterminant pour vous, au même titre que le taux d'intérêt nominal.
Accepter la clause d'exclusion du rachat de crédit
La négociation la plus courante consiste à accepter une suppression partielle des IRA. La banque accepte de ne pas facturer d'indemnités si le remboursement est fait avec vos propres deniers (vente du bien, héritage, épargne personnelle) mais maintient les frais si le remboursement provient d'un rachat de crédit par une autre banque. Pour l'établissement, c'est une sécurité : il accepte de vous laisser partir si vous vendez, mais il se protège contre la perte d'un client au profit d'un concurrent. Ce compromis est très souvent accepté par les banques de réseau.
Faire jouer la concurrence entre les établissements
Si une banque refuse de négocier les IRA, mentionnez que d'autres établissements proposent cette option. Certaines banques en ligne ou banques mutualistes incluent parfois la suppression des indemnités de remboursement anticipé d'office dans leurs offres standards pour se démarquer. Utiliser une offre concurrente qui exonère les pénalités est un levier puissant pour forcer votre interlocuteur à s'aligner. Rappelez-vous que tout ce qui est négocié verbalement doit impérativement figurer dans les conditions particulières de votre offre de prêt définitive pour avoir une valeur juridique.
Le calcul des IRA : entre le semestre d'intérêts et le plafond des 3 %
Le calcul exact des IRA peut sembler complexe, mais il repose sur une logique mathématique précise que la banque doit détailler sur demande. Le montant réclamé correspondra systématiquement au plus petit des deux plafonds légaux. Comprendre ce calcul permet de vérifier que la banque ne commet pas d'erreur lors de l'édition du décompte de remboursement.
La formule du semestre d'intérêts
Pour calculer le plafond des 6 mois d'intérêts, la banque prend le montant du capital remboursé et lui applique le taux d'intérêt annuel du prêt. Le résultat est ensuite divisé par deux pour obtenir la valeur d'un semestre. Par exemple, pour un remboursement de 100 000 € à un taux de 2 %, le calcul est le suivant : (100 000 x 0,02) / 2 = 1 000 €. Cette somme représentera l'IRA si elle est inférieure au plafond des 3 %. Plus le taux d'intérêt de votre prêt est bas, plus ce mode de calcul devient avantageux pour l'emprunteur.
Le calcul du plafond des 3 %
Ce calcul est encore plus simple : il suffit de multiplier le capital remboursé par 0,03. Pour le même exemple de 100 000 €, le plafond serait de 3 000 €. Dans ce cas précis, la banque devra retenir le montant de 1 000 € (les 6 mois d'intérêts) car il est inférieur aux 3 000 €. À l'inverse, si vous aviez un prêt ancien à un taux de 7 %, les 6 mois d'intérêts s'élèveraient à 3 500 € ; la banque serait alors obligée de brider l'indemnité IRA à 3 000 € au maximum.
La date de valeur et les intérêts courus
Lors d'un remboursement anticipé, il faut distinguer l'IRA des "intérêts courus". Les intérêts courus sont les intérêts dus entre la dernière mensualité payée et le jour du remboursement effectif. Ils ne sont pas une pénalité mais le paiement normal du temps d'utilisation de l'argent. La banque calcule l'IRA sur la base du capital à la date du remboursement. Pour minimiser les frais, il est souvent conseillé de faire coïncider le remboursement avec le jour de prélèvement de la mensualité habituelle, afin de limiter le montant des intérêts intercalaires s'ajoutant à l'indemnité légale.
Quel est l'impact du rachat de crédit sur les indemnités de remboursement ?
Le rachat de crédit consiste à faire rembourser son prêt actuel par une nouvelle banque proposant un taux plus attractif. Dans cette opération, le paiement des IRA est quasiment inévitable et constitue l'un des principaux frais à prendre en compte pour évaluer la rentabilité globale du changement de banque.
L'IRA comme frein financier au rachat
Puisque le rachat de crédit entraîne un remboursement total anticipé du prêt d'origine, la banque sortante applique presque systématiquement les indemnités maximales. Pour l'emprunteur, l'IRA représente un coût immédiat qui doit être "amorti" par les économies réalisées grâce au nouveau taux plus bas. Si les pénalités sont trop élevées, elles peuvent annuler le bénéfice de la baisse du taux. C'est pourquoi, lors d'une simulation de rachat, le nouveau prêteur intègre généralement le montant de l'indemnité dans le capital global emprunté pour que l'opération soit transparente pour la trésorerie du client.
La quasi-impossibilité de négocier l'IRA lors d'un rachat
Il est extrêmement rare qu'une banque accepte de faire un geste sur les IRA lorsqu'elle voit son client partir à la concurrence. Les clauses d'exonération négociées à la signature prévoient d'ailleurs quasi systématiquement que les frais sont dus en cas de rachat par un tiers. L'enjeu pour l'emprunteur n'est donc pas de négocier la suppression des frais avec l'ancienne banque, mais de s'assurer que la nouvelle offre est suffisamment compétitive pour couvrir l'IRA, les nouveaux frais de dossier et les frais de garantie tout en restant gagnante sur le coût total.
Le calcul du point mort dans un rachat de crédit
Pour savoir si un rachat de crédit est pertinent malgré l'IRA, les experts financiers calculent le "point mort". Il s'agit du moment où l'économie cumulée sur les mensualités rattrape le montant des frais payés (indemnités + frais de dossier + garantie). En général, on considère qu'un rachat est intéressant si l'écart de taux est d'au moins 0,70 à 1 point et si le prêt est dans sa première moitié de vie. L'IRA étant plafonnée à 6 mois d'intérêts, son impact est plus fort si vous rachetez votre prêt très tôt, car le capital restant dû est encore élevé.
Remboursement anticipé et assurance emprunteur : les démarches à suivre
Solder son prêt immobilier par anticipation a des conséquences immédiates sur votre contrat d'assurance emprunteur. Il est impératif de réaliser les démarches administratives nécessaires pour ne pas continuer à payer des cotisations pour un risque qui n'existe plus.
La résiliation automatique ou manuelle
Si vous avez souscrit l'assurance "groupe" directement auprès de votre banque, la résiliation est théoriquement automatique lors du remboursement total du prêt. Cependant, une vérification s'impose. En cas de remboursement total, la banque doit cesser les prélèvements. En revanche, si vous avez opté pour une délégation d'assurance (contrat externe), vous devez impérativement envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à votre assureur, accompagnée de l'attestation de remboursement fournie par la banque. Sans cette démarche, l'assureur continuera de prélever les cotisations, car il n'est pas forcément informé par l'établissement bancaire du paiement de l'IRA et du solde du prêt.
L'ajustement des garanties en cas de remboursement partiel
Lors d'un remboursement partiel, le contrat d'assurance ne s'arrête pas, mais son coût peut être revu. Si vos cotisations sont calculées sur le capital restant dû (ce qui est souvent le cas en délégation), le montant de la prime va baisser mécaniquement puisque le capital diminue. Si vos cotisations sont calculées sur le capital initial, vous devez demander à votre assureur un avenant au contrat pour ajuster la couverture au nouveau montant du prêt. Cela permet d'optimiser le coût de votre assurance en même temps que vous réduisez vos charges grâce au remboursement et au paiement de l'IRA correspondante.
Le remboursement des primes non consommées
Dans certains cas de contrats d'assurance avec paiement annuel, vous pouvez avoir droit au remboursement des primes versées pour la période courant après la date de remboursement effectif du prêt. C'est une démarche souvent oubliée par les emprunteurs focalisés sur le calcul de l'IRA. Pensez à réclamer ce reliquat si la clôture du prêt intervient juste après un prélèvement annuel. Ces petites économies permettent de compenser, même symboliquement, le poids des indemnités de remboursement anticipé.
Quand est-il réellement rentable de rembourser son prêt malgré les frais ?
Rembourser son prêt immobilier n'est pas toujours la meilleure option financière, même si l'on dispose de la somme nécessaire. Le paiement des IRA impose une réflexion sur le coût d'opportunité : l'argent utilisé pour rembourser le crédit ne pourrait-il pas rapporter plus s'il était placé ?
Comparer le taux du crédit et le taux de l'épargne
La règle d'or est de comparer le taux d'intérêt de votre crédit immobilier (assurance comprise) avec le rendement net de vos placements financiers. Si votre crédit vous coûte 1,50 % et que votre épargne vous rapporte 3 % net, il est mathématiquement préférable de garder votre argent placé plutôt que de l'injecter dans un remboursement anticipé soumis à l'IRA. En revanche, si le taux de votre prêt est élevé et que votre argent dort sur un compte qui rapporte peu, rembourser devient une opération rentable, car cela équivaut à un placement garanti au taux de votre crédit.
L'impact de la durée restante du prêt
La rentabilité d'un remboursement anticipé est plus forte au début du prêt. C'est à ce moment que vous payez le plus d'intérêts à la banque. Même avec le paiement d'une IRA, réduire le capital très tôt permet de supprimer une masse importante d'intérêts futurs. À l'inverse, si vous êtes à deux ans de la fin de votre prêt, vous avez déjà payé l'essentiel des intérêts (principe de l'amortissement). Dans ce cas, payer des indemnités de remboursement anticipé présente peu d'intérêt, car l'économie réalisée sur les mensualités restantes sera marginale.
Prendre en compte les aspects fiscaux
Pour les investisseurs locatifs, le remboursement anticipé doit être analysé avec prudence. Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers. En remboursant votre prêt et en payant des IRA, vous augmentez certes votre flux de trésorerie mensuel, mais vous augmentez aussi votre bénéfice imposable. Parfois, conserver un crédit permet d'effacer une partie de l'impôt sur le revenu. Il est donc conseillé de faire une simulation fiscale globale avant de décider de solder un prêt locatif, car l'indemnité payée pourrait être moins "gagnante" que prévu après passage des impôts.
Exemples concrets : simulation du coût d'un remboursement anticipé
Pour bien visualiser l'impact des IRA, rien ne vaut des exemples chiffrés. Ces simulations permettent de comprendre comment les plafonds s'appliquent en fonction des caractéristiques du crédit au moment de l'opération.
Cas n°1 : Remboursement total suite à une revente
Monsieur Martin a un capital restant dû de 150 000 €. Son taux d'intérêt est de 1,20 %.
- Calcul des 6 mois d'intérêts : (150 000 x 1,20 %) / 2 = 900 €.
- Calcul des 3 % du capital : 150 000 x 3 % = 4 500 €.
- IRA retenue : 900 €, car c'est le montant le plus faible.
Ici, l'indemnité est relativement modérée car le taux du prêt est bas.
Cas n°2 : Remboursement total d'un prêt à taux élevé
Madame Durand a un capital restant dû de 80 000 €. Son prêt ancien affiche un taux de 4,50 %.
- Calcul des 6 mois d'intérêts : (80 000 x 4,50 %) / 2 = 1 800 €.
- Calcul des 3 % du capital : 80 000 x 3 % = 2 400 €.
- IRA retenue : 1 800 €.
Même avec un taux élevé, le plafond du semestre d'intérêts reste ici la référence. Pour que le plafond des 3 % soit appliqué, il faudrait que le taux du prêt soit supérieur à 6 % annuel.
Cas n°3 : Remboursement partiel de confort
Un emprunteur souhaite rembourser 30 000 € sur son prêt à 2,50 %.
- Calcul des 6 mois d'intérêts sur la part remboursée : (30 000 x 2,50 %) / 2 = 375 €.
- Calcul des 3 % sur la part remboursée : 30 000 x 3 % = 900 €.
- IRA retenue : 375 €.
L'emprunteur devra donc payer 30 375 € à la banque pour réduire son capital de 30 000 €. L'économie réalisée sur les intérêts futurs sera calculée sur les années restantes pour valider la pertinence de ces 375 € de frais.
FAQ - Indemnités de remboursement anticipé (IRA) : fonctionnement et exonération
Les IRA sont-elles obligatoires dans tous les contrats ?
Non, les banques peuvent choisir de ne pas les facturer. C'est un point qui se négocie avant la signature de l'offre de prêt.
Peut-on être exonéré d'IRA pour un investissement locatif ?
Les cas d'exonération légale (mutation, licenciement, décès) concernent uniquement la résidence principale. Pour un investissement locatif, les frais sont dus sauf clause contraire négociée.
Comment obtenir un décompte de remboursement anticipé ?
Il suffit d'en faire la demande par courrier ou via votre espace client. La banque vous transmettra un document précisant le capital restant dû, les intérêts courus et le montant exact de l'IRA.
L'exonération en cas de mutation s'applique-t-elle pour un déménagement à 50 km ?
La loi ne précise pas de distance minimale. L'essentiel est que le remboursement soit justifié par la nécessité de vendre le bien suite à une mutation imposée par l'employeur ou acceptée par le salarié.
Peut-on négocier l'IRA après avoir signé le prêt ?
C'est très difficile car le contrat fait foi. La banque n'a aucune obligation commerciale de vous faire un cadeau sur une clause déjà signée, sauf si vous avez d'autres projets à lui proposer.
Un remboursement anticipé est-il possible en période de chômage ?
Oui, et c'est même un cas d'exonération légale si l'arrêt de l'activité résulte d'un licenciement. Vous rembourserez votre prêt sans payer d'indemnités.
L'IRA s'applique-t-elle sur le montant initial ou le montant restant ?
L'IRA est toujours calculée sur le montant que vous remboursez effectivement au moment de l'opération, et non sur le montant emprunté au tout début.