Sommaire

Obtenez le meilleur taux immobilier

Je simule mon prêt

Investir en loi Censi-Bouvard : comment ça marche ?

Arsalain EL KESSIR
Investir en loi Censi-Bouvard : comment ça marche ?

✍ Les points à retenir : Censi-Bouvard en 2026

  • Le principe (pour les investissements passés) : Il permettait une réduction d'impôt directe de 11 % du prix de revient (plafonnée à 300 000 € d'investissement) étalée sur 9 ans, en plus de la récupération de la TVA (20 %).
  • L'engagement de location : Le propriétaire s'est engagé à louer le bien meublé pendant au moins 9 ans à l'exploitant de la résidence via un bail commercial. Rompre cet engagement avant terme oblige à rembourser la réduction d'impôt perçue.
  • Non-cumul avec l'amortissement : C'est la grande différence avec le LMNP classique. Sur la part du prix ayant servi à la réduction d'impôt (jusqu'à 300 000 €), vous ne pouvez pas pratiquer d'amortissement comptable.
  • La récupération de la TVA : Si vous vendez le bien avant 20 ans de détention, vous devez normalement rembourser une partie de la TVA au prorata du temps restant (1/20ème par année manquante), sauf si l'acheteur reprend le bail commercial et le statut fiscal.
  • L'après-Censi-Bouvard : Une fois les 9 ans écoulés, la réduction d'impôt s'arrête. Le propriétaire peut alors basculer sur le régime LMNP "réel" classique pour commencer à amortir les meubles ou les travaux de rénovation, afin de continuer à ne pas payer d'impôts sur les loyers.

Le principe de la loi Censi-Bouvard : investir dans l'immobilier géré

La loi Censi-Bouvard est un dispositif de défiscalisation immobilière conçu pour encourager l'investissement dans des résidences de services neuves ou réhabilitées. Contrairement à d'autres mécanismes fiscaux qui s'appliquent à la location nue, ce dispositif repose sur le concept de l'immobilier géré. L'investisseur acquiert un bien immobilier au sein d'une structure collective et délègue l'intégralité de la gestion locative à un exploitant professionnel. Ce cadre juridique permet de se constituer un patrimoine immobilier tout en bénéficiant d'une réduction d'impôt directe, calculée sur le prix de revient du logement. En 2026, bien que le dispositif ait évolué, comprendre ses fondements reste essentiel pour saisir les dynamiques de l'investissement locatif meublé en France.

Un mécanisme de réduction d'impôt sur le revenu

Le coeur du fonctionnement de la loi Censi-Bouvard réside dans l'octroi d'une réduction d'impôt sur le revenu. Pour l'investisseur, l'avantage n'est pas une simple déduction de charges, mais une diminution directe de la somme à payer à l'administration fiscale. Cette réduction s'étale sur une période de neuf ans, offrant une visibilité fiscale à moyen terme. Ce dispositif a été particulièrement plébiscité par les contribuables cherchant à gommer une partie de leur imposition tout en finançant un actif tangible. L'économie réalisée vient ainsi booster la rentabilité nette de l'opération, compensant une partie de l'effort d'épargne mensuel nécessaire pour rembourser le crédit immobilier associé à l'achat du bien en résidence de services.

La délégation de gestion via le bail commercial

Investir via la loi Censi-Bouvard signifie entrer dans le monde de l'immobilier géré. L'investisseur ne signe pas un bail d'habitation classique avec un locataire, mais un bail commercial avec une société de gestion. C'est cet exploitant qui prend en charge la recherche des occupants, l'état des lieux, l'entretien courant et la perception des loyers. Pour le propriétaire, ce système garantit une certaine tranquillité d'esprit : les loyers sont versés par le gestionnaire, que le logement soit occupé ou non, selon les termes contractuels définis. Cette structure sécurise le flux de revenus, ce qui est un argument majeur pour les profils d'investisseurs souhaitant se constituer une rente sans les contraintes de la gestion locative directe.

L'imbrication avec le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel

Le principe de la loi Censi-Bouvard est indissociable du statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel). En effet, le dispositif est une option fiscale spécifique offerte aux propriétaires qui louent en meublé. Alors que le statut LMNP "classique" permet généralement de pratiquer l'amortissement comptable pour neutraliser la fiscalité des revenus locatifs, le choix de la loi Censi-Bouvard substitue l'amortissement (pour la part du bien ayant servi à la réduction) par une réduction d'impôt directe. Cette particularité en fait un outil hybride, alliant la puissance de la défiscalisation immobilière et les avantages du régime des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Ce choix stratégique dépend de la situation fiscale globale de l'investisseur et de ses objectifs de revenus à long terme.

Les conditions d'éligibilité : types de résidences et statuts requis

Pour bénéficier des avantages fiscaux de la loi Censi-Bouvard, le législateur a défini un cadre strict concernant la nature des actifs immobiliers. Tous les logements meublés ne sont pas éligibles. L'investissement doit impérativement s'orienter vers des résidences offrant des services spécifiques, répondant à des besoins sociétaux identifiés tels que l'hébergement des étudiants ou la prise en charge de la dépendance. Ces structures doivent proposer au minimum trois des quatre services para-hôteliers classiques : l'accueil, le petit-déjeuner, le nettoyage des locaux et la fourniture de linge de maison.

Type de Résidence éligiblePublic CibleObjectif de l'Investissement
Résidence Étudiante Étudiants, stagiaires, apprentis Répondre à la pénurie de logements proches des campus
Résidence Senior (Non médicalisée) Personnes âgées autonomes Proposer un habitat sécurisé avec services conviviaux
EHPAD Personnes âgées dépendantes Financer des structures de soins spécialisées
Résidences de tourisme (sous conditions) Vacanciers, touristes d'affaires Soutenir l'attractivité des zones touristiques classées

Le statut du propriétaire : Loueur en Meublé Non Professionnel

L'accès à la loi Censi-Bouvard est réservé aux investisseurs inscrits sous le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP). Pour conserver ce statut, les recettes locatives annuelles ne doivent pas excéder 23 000 € pour l'ensemble du foyer fiscal, ou ne pas représenter plus de 50 % des revenus globaux du foyer. Ce cadre garantit que l'activité reste une gestion de patrimoine privé et non une activité commerciale principale. Le respect de ces seuils est crucial, car le passage au statut professionnel (LMP) entraînerait l'inéligibilité au dispositif de réduction d'impôt spécifique au Censi-Bouvard. L'investisseur doit donc piloter son parc immobilier avec précision pour optimiser son avantage fiscal sans basculer dans un régime professionnel plus contraignant.

L'état du bien : neuf, en VEFA ou réhabilité

L'éligibilité repose également sur l'état physique du bien au moment de l'achat. La loi Censi-Bouvard cible prioritairement les logements neufs ou en l'état futur d'achèvement (VEFA). Cela permet de soutenir le secteur de la construction et de garantir des logements aux dernières normes environnementales et d'accessibilité. Toutefois, le dispositif s'ouvre également aux logements achevés depuis au moins 15 ans ayant fait l'objet d'une réhabilitation lourde ou d'une rénovation permettant de les mettre aux normes de sécurité et de confort actuelles. Cette option est intéressante pour les investisseurs souhaitant se positionner sur des emplacements de centre-ville où le foncier disponible pour du neuf est rare.

L'agrément et la qualité du gestionnaire

Au-delà du bien lui-même, la résidence doit être exploitée par un gestionnaire agréé. La qualité de cet exploitant est une condition implicite de la pérennité du montage. Pour que la loi Censi-Bouvard soit effective, l'immeuble doit être géré globalement. L'investisseur doit s'assurer que la structure dispose de tous les agréments préfectoraux ou médico-sociaux (notamment pour les EHPAD) requis. Un défaut d'agrément de la résidence pourrait remettre en cause l'avantage fiscal. La sélection de l'exploitant est donc une étape clé de l'audit pré-achat, car c'est lui qui porte la responsabilité opérationnelle du projet et qui assure le respect des conditions de services imposées par le code général des impôts.

Le calcul de la réduction d'impôt et le plafond d'investissement

La puissance fiscale de la loi Censi-Bouvard réside dans son taux de réduction appliqué au prix de revient de l'acquisition. Ce prix de revient englobe le prix d'achat hors taxes du logement (la TVA étant récupérable par ailleurs), augmenté des frais de notaire et des éventuelles commissions d'agence. Contrairement à d'autres dispositifs, l'assiette de calcul est claire et facile à anticiper dès la signature de la promesse de vente. Le gain fiscal est lissé sur neuf ans, offrant une réduction annuelle constante qui vient s'imputer sur l'impôt dû au titre de l'année de livraison du bien et des années suivantes.

Le taux de réduction et son application annuelle

Pour les investissements réalisés sous ce régime, le taux de réduction d'impôt a été fixé à 11 %. Ce pourcentage s'applique sur le montant de l'investissement total éligible. Par exemple, pour un achat de 200 000 € HT, la réduction totale s'élève à 22 000 €. Cette somme est divisée par neuf, ce qui permet à l'investisseur de réduire son impôt de 2 444 € chaque année. Si le montant de la réduction annuelle dépasse l'impôt dû par le contribuable au titre d'une année, le solde n'est pas perdu : il est reportable sur l'impôt sur le revenu des années suivantes, dans la limite de six ans, à condition que le bien soit toujours loué par le propriétaire.

Le plafond d'investissement annuel

L'avantage fiscal de la loi Censi-Bouvard est encadré par un plafond annuel de 300 000 €. Ce plafond s'applique par foyer fiscal et par an. Il est possible d'acquérir plusieurs logements au cours d'une même année, mais la base de calcul de la réduction ne pourra jamais excéder cette limite. Si l'investissement total dépasse 300 000 €, la fraction supérieure n'ouvre pas droit à la réduction d'impôt du Censi-Bouvard. Toutefois, cette fraction excédentaire peut être amortie selon les règles classiques du LMNP réel, permettant une optimisation hybride intéressante pour les investisseurs disposant d'une capacité d'acquisition importante.

L'intégration dans le plafonnement global des niches fiscales

Comme la majorité des dispositifs d'incitation fiscale, la loi Censi-Bouvard entre dans le calcul du plafonnement global des niches fiscales, fixé en France à 10 000 € par an et par foyer. L'investisseur doit donc être vigilant s'il bénéficie déjà d'autres crédits ou réductions d'impôt (emploi à domicile, garde d'enfants, dons, investissements Outre-mer, etc.). Si le cumul de ces avantages dépasse le seuil des 10 000 €, l'excédent de réduction Censi-Bouvard ne pourra pas être utilisé l'année même. Cette contrainte impose une analyse patrimoniale globale avant de valider l'opération, afin de s'assurer que l'économie d'impôt théorique se traduira bien par un gain réel sur le avis d'imposition.

Récupérer la TVA sur le prix d'achat : un avantage financier majeur

L'un des atouts les plus spectaculaires de l'investissement en loi Censi-Bouvard, souvent confondu avec la réduction d'impôt mais pourtant distinct, est la possibilité de récupérer l'intégralité de la TVA payée lors de l'acquisition. En France, les logements neufs sont soumis à une TVA de 20 %. Dans le cadre d'un achat en résidence de services gérée, l'État permet à l'investisseur de se faire rembourser cette taxe, ce qui réduit instantanément le coût réel de l'investissement de près d'un cinquième. Cet avantage améliore considérablement le rendement net de l'opération et diminue l'endettement nécessaire.

Le mécanisme de remboursement de la taxe

Pour bénéficier du remboursement de la TVA, l'investisseur doit opter pour le régime réel d'imposition des BIC et soumettre son activité locative à la TVA. Étant donné que le gestionnaire de la résidence facture lui-même des services soumis à la TVA aux occupants, le propriétaire devient un maillon de la chaîne fiscale collectant et déduisant la taxe. Une fois le bien livré et l'exploitation commencée, une demande de remboursement est adressée au service des impôts des entreprises. Pour un bien affiché à 240 000 € TTC, la TVA représente 40 000 €. Une fois remboursée, le prix de revient net pour l'investisseur tombe à 200 000 €, alors que les loyers sont calculés sur la valeur marchande globale.

La règle de conservation des vingt ans

Le remboursement de la TVA par l'État n'est pas un acquis définitif sans contrepartie. Il est lié à une obligation de destination du bien pendant une durée de 20 ans. Si l'investisseur conserve son bien et continue de le louer sous un régime soumis à la TVA pendant deux décennies, la taxe remboursée lui est définitivement acquise. En revanche, en cas de sortie anticipée du dispositif (revente du bien à un acheteur qui ne reprend pas l'engagement de location avec TVA, ou arrêt de l'exploitation), le propriétaire doit rembourser la TVA au prorata du temps restant. Par exemple, une revente après 10 ans sans reprise de l'engagement obligerait à rendre 10/20ème de la TVA perçue initialement.

L'impact sur le financement bancaire

La récupération de la TVA via la loi Censi-Bouvard influence positivement la stratégie de financement. De nombreux établissements bancaires proposent des prêts relais spécifiques pour couvrir le montant de la TVA en attendant son remboursement par le fisc, qui intervient généralement dans les six mois suivant la livraison. Cela permet de limiter l'apport personnel et de calibrer le prêt à long terme uniquement sur le montant hors taxes. Cette optimisation du capital investi est cruciale pour maximiser l'effet de levier du crédit. L'investisseur se retrouve propriétaire d'un actif dont la valeur de marché inclut la TVA, tout en ayant financé une base HT, créant ainsi une plus-value latente dès le premier jour.

Les obligations de l'investisseur : durée de location et bail commercial

Le bénéfice des avantages fiscaux de la loi Censi-Bouvard est conditionné par le respect d'engagements contractuels et temporels stricts. L'État accorde une réduction d'impôt en échange d'une participation active à l'effort de construction et de gestion de structures de services. Tout manquement à ces obligations peut entraîner une remise en cause de la réduction d'impôt perçue et l'obligation de rembourser les sommes économisées au Trésor Public. La vigilance est donc de mise tout au long de la vie de l'investissement.

L'engagement de location de neuf ans

L'obligation première pour défiscaliser en loi Censi-Bouvard est de s'engager à louer le logement meublé pendant une durée minimale de neuf ans. Cette période démarre à compter de la date de prise d'effet du premier bail commercial ou de la date d'acquisition si le bien est déjà loué. Durant cette période, le logement doit rester affecté à l'exploitation de la résidence de services. Si l'investisseur décide de vendre le bien avant la fin de ces neuf ans, il s'expose à un redressement fiscal, sauf cas de force majeure reconnus par la loi (décès, invalidité, perte d'emploi). Cette durée correspond à la période durant laquelle la réduction d'impôt est répartie, liant ainsi l'avantage à la réalité de l'exploitation.

La signature du bail commercial

L'investissement en loi Censi-Bouvard impose la signature d'un bail commercial avec l'exploitant de la résidence. Ce document est fondamental car il définit la relation entre le propriétaire et le gestionnaire. Contrairement à un bail d'habitation, le bail commercial engage l'exploitant à verser un loyer ferme, souvent indexé, pour une durée généralement comprise entre 9 et 11 ans. L'investisseur doit être attentif aux clauses relatives à la répartition des charges (articles 605 et 606 du Code Civil). Un bail bien négocié doit mettre à la charge de l'exploitant l'entretien courant et les petits travaux, laissant au propriétaire la responsabilité des gros travaux de structure. C'est la solidité de ce bail qui garantit la sécurité des revenus.

Le maintien de l'affectation du bien

Le propriétaire a l'obligation de maintenir l'affectation du bien au sein de la résidence de services. Si le gestionnaire fait faillite, l'investisseur doit rapidement trouver un repreneur pour assurer la continuité de l'exploitation afin de ne pas perdre son avantage fiscal. La loi Censi-Bouvard exige une gestion collective. Si l'immeuble perd son caractère de "résidence de services" (par exemple si trop de propriétaires décident de reprendre leur logement pour un usage personnel à la fin de leur bail), l'ensemble du montage fiscal pourrait être fragilisé. Il est donc recommandé d'investir dans des résidences gérées par des acteurs de premier plan, dont la solidité financière réduit le risque de rupture d'exploitation.

Comparaison entre Censi-Bouvard et l'amortissement LMNP classique

Lorsqu'un investisseur s'oriente vers l'immobilier géré, il fait face à un choix stratégique majeur : opter pour la réduction d'impôt loi Censi-Bouvard ou préférer le mécanisme de l'amortissement comptable du LMNP classique. Ces deux options sont exclusives l'une de l'autre pour un même logement. Le choix dépend principalement de la pression fiscale actuelle de l'investisseur et de sa volonté de générer des revenus défiscalisés sur le très long terme ou d'obtenir un gain immédiat sur son impôt global.

CaractéristiqueLoi Censi-BouvardAmortissement LMNP Classique
Type d'avantage Réduction d'impôt sur le revenu (11 %) Déduction comptable (Amortissement)
Durée de l'avantage 9 ans Jusqu'à 25-30 ans
Impact sur l'impôt global Réduit l'impôt sur les salaires/autres revenus Réduit l'impôt uniquement sur les loyers
Plafond des niches fiscales Soumis au plafond (10 000 €) Hors plafond des niches fiscales
Récupération de la TVA Possible (20 %) Possible (20 %)

L'avantage de l'immédiateté avec Censi-Bouvard

L'option loi Censi-Bouvard est souvent privilégiée par les contribuables qui ont un besoin urgent de réduire leur impôt sur le revenu global. Parce que la réduction vient directement déduire la somme finale à payer, l'effet est immédiat et palpable sur le budget du foyer dès l'année suivant la livraison. C'est une stratégie "offensive" pour ceux dont la Tranche Marginale d'Imposition (TMI) est élevée et qui souhaitent que l'État finance une partie de leur acquisition immobilière par le biais de l'impôt qu'ils auraient de toute façon dû payer.

La performance de long terme avec l'amortissement

À l'inverse, l'amortissement LMNP classique est une stratégie de "fond". En déduisant l'usure du bâtiment et du mobilier des revenus locatifs, l'investisseur parvient souvent à un résultat fiscal proche de zéro. Les loyers perçus ne subissent alors ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux (17,2 %). Si l'avantage annuel est parfois moins impressionnant que la réduction Censi-Bouvard, il dure beaucoup plus longtemps (souvent plus de 20 ans). Sur la durée totale de détention du bien, l'amortissement peut s'avérer plus rentable financièrement, car il protège les revenus locatifs contre toute taxation sur une durée étendue, ce qui est idéal pour préparer une retraite.

Le choix en fonction du profil fiscal

Pour trancher entre ces deux mécanismes, l'analyse de la TMI est cruciale. Un investisseur dans une tranche à 41 % ou 45 % tirera un bénéfice immense de l'amortissement, car chaque euro de loyer neutralisé lui fait économiser près de 60 % de taxes (TMI + prélèvements sociaux). Pour un investisseur dans une tranche inférieure (11 % ou 30 %), la réduction d'impôt loi Censi-Bouvard peut s'avérer plus attractive car elle impacte l'impôt dû sur ses autres revenus, offrant un gain net de trésorerie plus direct. Enfin, rappelons que le Censi-Bouvard interdit d'amortir la fraction du prix ayant servi à la réduction, limitant ainsi les possibilités de cumul sur un même actif.

État des lieux et fin du dispositif : quelles alternatives aujourd'hui ?

Le dispositif de la loi Censi-Bouvard a marqué l'investissement immobilier français pendant plus d'une décennie. Toutefois, comme toute niche fiscale, il est soumis aux orientations budgétaires de l'État. En 2026, l'heure est au bilan pour ce mécanisme qui a permis de structurer un parc de résidences de services de qualité. La fin programmée du dispositif a obligé les investisseurs et les promoteurs à se tourner vers d'autres solutions pour maintenir l'attractivité du secteur meublé géré.

L'extinction du dispositif Censi-Bouvard

Le gouvernement a acté l'arrêt progressif du dispositif, ne le reconduisant plus pour les nouvelles acquisitions au-delà d'une certaine date butoir. Cette décision s'inscrit dans une volonté de simplification fiscale et de recentrage sur le droit commun du Loueur en Meublé Non Professionnel. Pour les investisseurs qui possèdent déjà un bien sous loi Censi-Bouvard, rien ne change : les avantages acquis sont conservés jusqu'au terme de l'engagement de neuf ans. L'extinction du dispositif marque la fin d'une ère où la réduction d'impôt directe était le principal moteur de l'investissement en résidences de services, laissant la place à des logiques de rentabilité plus intrinsèques.

Le retour en force du LMNP au régime réel

L'alternative naturelle et la plus robuste à la loi Censi-Bouvard est le statut LMNP sous le régime réel amortissable. Sans le "bonus" de la réduction d'impôt, les investisseurs redécouvrent la puissance de l'amortissement. En 2026, c'est ce mécanisme qui domine le marché. Il permet de générer des revenus locatifs nets d'impôts sur une période deux à trois fois plus longue que celle du Censi-Bouvard. Cette pérennité séduit particulièrement les épargnants en quête de compléments de revenus pour leur retraite. Le marché s'est ainsi assaini, privilégiant les biens dont la valeur locative et la qualité du gestionnaire sont les seuls garants de la performance, plutôt que la seule incitation fiscale.

Les autres leviers de défiscalisation immobilière

Pour ceux qui recherchent impérativement une réduction d'impôt sur le revenu global, le regard se tourne vers d'autres dispositifs. Le Denormandie, axé sur la rénovation urbaine dans l'ancien, ou le Loc'Avantages pour le logement solidaire, offrent des alternatives. Cependant, aucun de ces dispositifs ne propose la simplicité de la gestion déléguée propre aux résidences de services. Certains investisseurs se tournent également vers les SCPI fiscales (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) qui permettent de défiscaliser avec un ticket d'entrée plus faible, bien que les rendements et les frais de gestion diffèrent sensiblement d'un investissement en direct en loi Censi-Bouvard ou LMNP.

Questions fréquentes sur l'investissement en loi Censi-Bouvard (FAQ)

Peut-on encore investir en loi Censi-Bouvard en 2026 ?

Le dispositif Censi-Bouvard n'a pas été reconduit par l'État pour les nouveaux investissements. Il n'est donc plus possible de bénéficier de la réduction d'impôt pour une acquisition réalisée aujourd'hui. Les investisseurs souhaitant se positionner sur des résidences de services doivent désormais s'orienter vers le statut LMNP classique avec amortissement, qui reste très avantageux fiscalement.

Qu'advient-il de ma réduction d'impôt si l'exploitant de la résidence fait faillite ?

La faillite de l'exploitant ne remet pas automatiquement en cause votre avantage fiscal, à condition que le bien soit remis en location sous bail commercial avec un nouveau gestionnaire dans un délai raisonnable (généralement 12 mois). Il est impératif de maintenir l'affectation du bien en résidence de services pour ne pas avoir à rembourser les réductions d'impôt perçues à l'administration fiscale.

Est-il possible de revendre le bien avant la fin des neuf ans d'engagement ?

La revente avant le terme de l'engagement de neuf ans entraîne la perte de l'avantage fiscal et l'obligation de rembourser toutes les réductions d'impôt obtenues, sauf dans des cas exceptionnels comme le décès, l'invalidité ou la perte d'emploi du contribuable. Il est donc fortement conseillé de considérer cet investissement sur une durée minimale de neuf ans pour sécuriser l'aspect fiscal.

Peut-on habiter le logement acheté en loi Censi-Bouvard ?

Non, vous ne pouvez pas occuper le logement, même à titre de résidence secondaire. Le bien doit être loué à l'exploitant de la résidence via un bail commercial pour que le dispositif soit valide. L'objectif de la loi est de créer une offre de logements gérés pour des tiers (étudiants, seniors, etc.). L'usage personnel du bien est incompatible avec la réduction d'impôt Censi-Bouvard.

Comment se passe la récupération de la TVA ?

La récupération de la TVA se fait après la livraison du bien, par une demande de remboursement auprès de l'administration fiscale. Pour cela, vous devez avoir opté pour le régime réel et le bien doit être situé dans une résidence proposant au moins trois services para-hôteliers. Cette TVA est définitivement acquise si vous conservez le bien et son mode d'exploitation pendant 20 ans.

Le plafond de 300 000 € est-il renouvelable chaque année ?

Oui, le plafond d'investissement de la loi Censi-Bouvard était annuel. Un investisseur pouvait théoriquement acheter pour 300 000 € de biens éligibles chaque année tant que le dispositif était en vigueur. Cependant, chaque nouvel investissement déclenchait son propre plafonnement des niches fiscales de 10 000 €, ce qui limitait en pratique la capacité de cumul pour un même foyer fiscal.

Quelle est la différence entre Censi-Bouvard et Pinel ?

La loi Pinel concerne la location nue de logements standards, tandis que la loi Censi-Bouvard concernait la location meublée en résidences de services gérées. Les taux de réduction et les obligations diffèrent : le Pinel impose des plafonds de loyers et de ressources des locataires, ce qui n'est pas le cas en Censi-Bouvard, où la rentabilité dépend du contrat signé avec l'exploitant commercial.

Inscrivez-vous à notre Newsletter hebdomadaire

Rejoignez 20.000 abonnés puis recevez gratuitement et sans engagement nos actualités et bons plans

Nos courtiers répondent à toutes vos questions

du lundi au vendredi de 8 h à 20h,
le samedi de 8h à 17h

Objet de votre demande Sélectionnez votre créneau

Un expert vous rappelle immédiatement

Votre numéro de téléphone

Ces données seront utilisées exclusivement dans le but de répondre à vos questions.

Votre demande a été enregistrée. Un courtier expert vous contactera le aux alentours de .

Nos courtiers peuvent parfois être submergés par leur succès ! Il peut donc y avoir un léger délai entre le créneau que vous avez sélectionné et l'appel effectif de votre expert.