Lancement du dispositif Jeanbrun : un remède suffisant pour la crise immobilière ?

Alors que le gouvernement s'apprête à lancer son nouveau plan de relance pour l'habitat, l'accueil des investisseurs privés s'avère particulièrement frais. Malgré des promesses d'amortissement massives, une récente enquête de la plateforme PAP souligne un fossé entre les ambitions ministérielles et la réalité des bailleurs.
Une attractivité fiscale mise en doute par les propriétaires
Attendu pour la fin du mois de février 2026, le mécanisme de soutien porté par le ministre Vincent Jeanbrun ambitionne de redynamiser un secteur de la construction en plein marasme. Le principe repose sur une déduction fiscale permettant d'amortir jusqu'à 80 % de la valeur d'une acquisition neuve ou d'un bien ancien lourdement réhabilité. L'objectif affiché par l'exécutif est clair : stimuler la mise en chantier de 50 000 résidences supplémentaires chaque année.
Cependant, les résultats d'un sondage mené par le portail Particulier à Particulier (PAP) auprès de 1 450 bailleurs jettent un froid sur ces prévisions. Plus de huit propriétaires sur dix (83 %) estiment que les avantages proposés ne sont pas assez percutants pour déclencher un acte d'achat. Dans le détail, l'intérêt reste marginal : seuls 11 % des sondés envisagent de se tourner vers l'immobilier neuf, et à peine 6 % vers l'ancien rénové, signe d'un manque de confiance profond dans la rentabilité réelle du projet.
| Principaux obstacles à l'investissement | Part des répondants (Source : PAP) |
|---|---|
| Rentabilité insuffisante du placement | 52 % |
| Rapport de force jugé trop favorable au locataire | 30 % |
| Complexité des normes et de l'administration | 18 % |
Des freins structurels qui vont au-delà de la simple fiscalité
Le désamour des Français pour l'investissement locatif ne semble pas uniquement lié au montant des aides. Pour plus de la moitié des investisseurs potentiels (52 %), la faiblesse des rendements financiers constitue le verrou majeur, d'autant que l'acquisition nécessite souvent la souscription d'un crédit immobilier dont les intérêts pèsent sur la balance finale. Par ailleurs, 30 % des propriétaires dénoncent un cadre législatif qu'ils perçoivent comme trop protecteur pour les occupants au détriment des bailleurs.
La réglementation environnementale et la bureaucratie jouent également un rôle de repoussoir pour 18 % des sondés. Les contraintes liées à la rénovation thermique et la lourdeur des dossiers administratifs découragent les profils les moins aguerris. Pour tenter de corriger le tir, le gouvernement prévoit d'élargir le dispositif Jeanbrun aux logements anciens dès lors que les travaux de réhabilitation atteignent au moins 30 % du prix de vente. Ce nouveau levier fiscal restera accessible jusqu'au 31 décembre 2028, laissant aux investisseurs quelques années pour évaluer la pertinence de cette stratégie patrimoniale.