Logement neuf : la fin de l'ère Pinel précipite le marché vers des records négatifs

Le secteur de la promotion immobilière vient de clore une année 2025 particulièrement éprouvante, marquée par une chute brutale des réservations. Malgré ce bilan au plus bas depuis quarante ans, les professionnels entrevoient une lueur d'espoir pour 2026 grâce à une nouvelle configuration fiscale prometteuse.
Un effondrement historique des transactions sous la barre des 100 000 ventes
L'année qui vient de s'écouler restera gravée comme l'une des plus sombres pour l'immobilier neuf en France. Selon le bilan dressé par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le volume des ventes a fondu de 10,8 % en un an, plongeant le secteur sous le seuil critique des 100 000 unités commercialisées. Ce repli s'est violemment accentué lors du dernier trimestre 2025, affichant un décrochage de près de 20 %.
Le président de la fédération, Pascal Boulanger, n'a pas hésité à qualifier ces résultats de "catastrophiques". Il faut remonter quatre décennies en arrière pour retrouver des niveaux d'activité aussi faibles. Si les acheteurs de résidences principales ont montré une résilience relative avec une légère progression de 4,3 %, le segment de l'investissement locatif s'est littéralement évaporé, les réservations des particuliers dans ce domaine ayant été divisées par deux.
| Indicateur Immobilier Neuf | Évolution 2025 |
|---|---|
| Ventes globales aux promoteurs | - 10,8 % |
| Investissements des particuliers | - 50 % |
| Ventes au dernier trimestre | - 19,6 % |
Le statut du bailleur privé comme moteur de la relance en 2026
L'arrêt définitif de l'avantage fiscal Pinel au premier jour de 2025 a laissé un vide immense, mais le secteur compte sur un successeur de taille : le statut du bailleur privé. Ce nouveau mécanisme, activement soutenu par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, ambitionne de stimuler la construction de 50 000 habitations supplémentaires chaque année. Les enjeux sont également budgétaires, puisque l'exécutif table sur des rentrées fiscales dépassant le demi-milliard d'euros grâce à ce regain d'activité.
Pour la FPI, tous les signaux passent progressivement au vert pour un redémarrage imminent. La profession observe déjà un frémissement encourageant : les permis de construire repartent de l'avant avec une hausse de 19,8 %, tandis que l'offre commerciale se reconstitue avec des mises en vente en progression de 9,4 %. L'objectif affiché est clair : effacer la crise actuelle pour renouer avec les performances de 2019, année où le marché avait culminé à 167 000 transactions, soit presque le double de la performance réalisée en 2025.
Cette volonté de reprise intervient après trois années de paralysie causées par la flambée des coûts des matériaux et des taux d'emprunt prohibitifs. En misant sur cette nouvelle attractivité fiscale pour les bailleurs, les promoteurs espèrent enfin lever les verrous qui bloquaient les projets des ménages et des investisseurs institutionnels.