Comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier ?

✍ Les points à retenir pour vos calculs
- Le Rendement Brut (La base) : C'est l'indicateur le plus simple pour comparer deux biens rapidement. Il ne prend en compte que les loyers hors charges et le prix d'achat.
Formule : (Loyer annuel / Prix d'achat total) × 100 - Le Rendement Net (La réalité) : Il est beaucoup plus précis car il intègre tous les frais de fonctionnement : taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, frais de gestion, assurances (PNO, GLI) et entretien courant.
Formule : [(Loyer annuel - Charges) / Prix d'achat total] × 100 - Le Rendement Net-Net (La fiscalité) : C'est le seul indicateur qui compte réellement pour votre portefeuille. Il déduit l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux du bénéfice. Ce taux dépend directement de votre régime fiscal (LMNP, Réel, Micro).
- Le Prix d'Achat "Tout Compris" : Pour un calcul juste, le prix d'achat doit inclure la valeur du bien, les frais de notaire, les frais d'agence, les éventuels frais de courtage et le budget travaux (indispensable pour les biens à rénover en 2026).
- L'impact de la vacance locative : Un investisseur prudent retire toujours entre 5 % et 10 % du montant des loyers annuels pour anticiper les périodes où le logement pourrait être vide entre deux locataires.
Le rendement brut : la méthode rapide pour une première sélection de biens
Le rendement locatif brut est l'indicateur le plus utilisé lors de la phase de prospection initiale. Il permet de scanner rapidement le marché et d'éliminer les biens dont la performance financière est manifestement insuffisante. Sa simplicité de calcul en fait un outil de communication standard chez les professionnels de l'immobilier, mais il doit être manipulé avec précaution car il ne reflète que la surface financière du projet, sans tenir compte de la réalité des charges qui viendront amputer les revenus du bailleur.
La formule de calcul du rendement brut
Pour obtenir le rendement brut, on utilise une formule linéaire simple : (Loyer mensuel x 12) / Prix d'acquisition total x 100. Le prix d'acquisition total doit inclure le prix d'achat du bien immobilier ainsi que les frais de notaire et les éventuels travaux immédiats. Par exemple, pour un appartement acheté 200 000 € (tous frais inclus) loué 800 € par mois, le calcul est le suivant : (800 x 12) / 200 000 x 100 = 4,8 %. Ce chiffre donne une base de comparaison immédiate. Si dans le même secteur, la moyenne des biens affiche 6 %, cet appartement pourrait être considéré comme surévalué ou sous-loué, déclenchant ainsi une analyse plus approfondie de la part de l'investisseur.
Les limites d'une analyse basée uniquement sur le brut
Le rendement brut ignore les disparités de charges entre deux immeubles. Deux appartements affichant un rendement brut identique de 5 % peuvent présenter des réalités économiques opposées : l'un peut se situer dans une copropriété récente avec de faibles charges, tandis que l'autre peut être grevé par des charges d'ascenseur, de chauffage collectif et une taxe foncière exorbitante. En 2026, l'écart entre le brut et le net peut varier de 1 % à plus de 3 % selon la typologie du bien. Se fier uniquement au brut expose l'investisseur au risque de sélectionner des biens "miroirs aux alouettes" qui brillent par leur loyer élevé mais dont la gestion s'avère déficitaire une fois toutes les factures payées.
L'utilité du rendement brut pour définir des zones d'investissement
Malgré ses défauts, le rendement brut est excellent pour cartographier les opportunités géographiques. Il permet d'identifier des villes ou des quartiers où le ratio prix/loyer est favorable. En période de recherche, établir un seuil de rendement brut minimal (par exemple 7 %) permet de gagner un temps précieux en filtrant les annonces. C'est un indicateur de flux : il indique la capacité théorique d'un secteur à générer de la trésorerie. Une fois une zone identifiée grâce au rendement brut, l'investisseur peut alors passer aux étapes suivantes de calcul plus fines, comme le rendement net de charges, pour valider la viabilité réelle de l'opération financière.
Le rendement net de charges : intégrer les dépenses courantes (taxe foncière, syndic, assurances)
Le rendement net de charges, souvent appelé rendement net, est l'indicateur qui se rapproche le plus de la réalité quotidienne de l'investisseur. Il permet de mesurer ce qui reste réellement dans la poche du propriétaire avant le passage de l'administration fiscale. C'est à ce stade que l'on commence véritablement à comprendre comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier de manière sérieuse, car il oblige à confronter les revenus aux coûts incompressibles de l'exploitation immobilière.
La prise en compte de la taxe foncière et des charges de copropriété
La taxe foncière est une dépense annuelle qui peut représenter l'équivalent de un à deux mois de loyer selon les communes. Elle doit impérativement être soustraite des revenus bruts. De même, les charges de copropriété non récupérables sur le locataire (frais de syndic, honoraires de gestion, assurance de l'immeuble, petites réparations) doivent être intégrées. En 2026, les frais de gestion déléguée (si vous passez par une agence) oscillent généralement entre 7 % et 10 % des loyers encaissés. Ces sommes, bien que nécessaires pour la tranquillité du propriétaire, impactent directement le rendement net et doivent être budgétisées avec précision dès le début de la simulation.
Les assurances et les frais de gestion locative
La sécurisation de l'investissement passe par des contrats d'assurance spécifiques : l'Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO), désormais quasi-systématique, et l'Assurance Loyers Impayés (GLI). Bien que ces coûts semblent marginaux au premier abord, leur cumul avec les frais de gestion courante peut réduire le rendement locatif de près de 1,5 point. Pour calculer le rendement net, on utilise la formule : (Loyers annuels - Charges non récupérables - Taxe foncière - Assurances - Frais de gestion) / Prix d'acquisition total x 100. Ce résultat permet de vérifier si le bien génère un "cash-flow" suffisant pour couvrir les mensualités de crédit sans nécessiter un apport personnel constant.
La provision pour l'entretien et les imprévus
Un investisseur prudent n'oublie jamais d'intégrer une provision pour les petits travaux de maintenance. Un robinet à changer, une serrure défectueuse ou le rafraîchissement des peintures entre deux locataires sont des dépenses récurrentes. Il est conseillé de déduire environ 5 % des loyers annuels pour constituer une réserve de sécurité. En intégrant ces variables, le rendement net devient un juge de paix : il révèle si l'actif est capable de s'auto-entretenir. C'est cet indicateur que les banques scrutent en priorité pour évaluer la capacité de remboursement de l'emprunteur, car il représente la richesse réelle créée par l'exploitation du bien avant que l'investisseur n'ait à payer ses propres impôts.
Le rendement net-net (ou rendement fiscal) : l'impact de l'imposition et des niches fiscales sur votre gain réel
Le rendement net-net est l'indicateur ultime, celui qui détermine l'enrichissement net réel après impôts. C'est sans doute la partie la plus complexe pour comprendre comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier, car elle dépend directement de la situation fiscale personnelle de l'investisseur (sa Tranche Marginale d'Imposition ou TMI) et du régime fiscal choisi (micro-foncier, réel, LMNP, dispositifs de défiscalisation). En 2026, la fiscalité peut transformer une excellente affaire en une opération médiocre, ou à l'inverse, doper un projet grâce à des mécanismes d'amortissement ou de réduction d'impôt.
L'impact du régime fiscal : Revenus Fonciers vs BIC
Le choix entre la location nue et la location meublée change radicalement le rendement net-net. En location nue, les revenus sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux (17,2 %). Pour un investisseur en TMI 30 %, la ponction fiscale globale s'élève à 47,2 % sur les bénéfices. En revanche, le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) permet d'utiliser le mécanisme de l'amortissement comptable. En déduisant une fraction de la valeur du bien chaque année, on peut souvent ramener le bénéfice imposable à zéro. Le rendement locatif net-net devient alors quasi identique au rendement net de charges, offrant un avantage compétitif massif pour la constitution d'un patrimoine.
L'intégration des niches fiscales et des crédits d'impôt
Certains dispositifs, comme le Pinel (pour les investissements en cours) ou les nouveaux mécanismes de Denormandie, permettent de déduire une partie du prix d'achat directement de ses impôts. Pour calculer le rendement net-net, il faut donc ajouter cette économie d'impôt annuelle au revenu net de charges. Inversement, les prélèvements sociaux sont incompressibles pour la plupart des régimes. Un investisseur averti en 2026 calcule systématiquement son gain "après impôts" pour comparer l'immobilier avec d'autres produits financiers comme l'assurance-vie ou le PEA. C'est à ce niveau de lecture que l'on identifie les stratégies de "déficit foncier", où des travaux importants permettent de gommer l'impôt sur les revenus globaux, boostant artificiellement mais légalement la performance financière.
Le calcul de la CSG et des prélèvements sociaux
Même en cas d'exonération d'impôt sur le revenu grâce à certains dispositifs, les prélèvements sociaux restent souvent dus sur les revenus du patrimoine. En 2026, ces prélèvements pèsent lourdement sur le rendement locatif. Pour obtenir le rendement net-net, la formule devient : (Revenus nets de charges - Impôts sur les loyers - Prélèvements sociaux) / Prix d'acquisition total x 100. Ce calcul permet de voir si l'investissement reste pertinent pour des foyers déjà fortement imposés. Dans bien des cas, le passage au statut professionnel ou l'investissement via des sociétés à l'impôt sur les sociétés (IS) devient la solution pour préserver un rendement net-net acceptable et réinvestir les bénéfices sans subir la progressivité de l'impôt sur le revenu des particuliers.
L'impact de l'emplacement et de la typologie du bien sur le rendement de l'investissement locatif
L'emplacement et la typologie du bien sont les deux variables qui influencent le plus le couple risque/rendement. En immobilier, la règle d'or "emplacement, emplacement, emplacement" ne signifie pas forcément "rendement maximum", mais plutôt "sécurité maximum". Plus un bien est situé dans une zone prisée et tendue, plus le prix d'achat est élevé, ce qui tend à écraser le rendement immédiat. À l'inverse, des typologies de biens plus spécifiques ou des secteurs géographiques en devenir peuvent offrir des performances boostées pour ceux qui savent analyser le marché en 2026.
| Typologie du Bien | Zone Géographique | Rendement Brut Moyen (Est. 2026) | Profil de Risque |
|---|---|---|---|
| Studio / T1 | Grande Métropole (Paris, Lyon) | 3,5% - 4,5% | Faible (Forte demande) |
| Appartement Familial (T4) | Banlieue résidentielle | 4,5% - 5,5% | Modéré (Stabilité des locataires) |
| Colocation (Grand appart.) | Villes étudiantes moyennes | 6,5% - 8,5% | Élevé (Turnover important) |
| Immeuble de rapport | Villes secondaires (Zone B2/C) | 8% - 11% | Très Élevé (Gestion complexe) |
La hiérarchie des zones géographiques
En 2026, la tension locative reste le moteur principal de l'emplacement. Dans les zones A bis et A, la demande est telle que le risque de vacance est quasi nul, ce qui permet aux bailleurs d'accepter un rendement locatif plus faible (souvent entre 3 % et 4 %). Ces zones sont privilégiées pour la conservation du capital. En revanche, les zones B2 et C offrent des rendements bruts dépassant souvent les 8 %, mais demandent une vigilance accrue : la santé économique locale, le dynamisme démographique et la présence d'écoles ou de bassins d'emplois sont les seuls garants que le rendement affiché se transformera en loyers réellement encaissés sur le long terme.
Typologie : du studio à la colocation
La typologie impacte la rentabilité par le biais du prix au mètre carré et du turnover. Les petites surfaces (studios, T1) ont un loyer au m² plus élevé, offrant un meilleur rendement théorique, mais elles subissent un changement de locataire fréquent, ce qui génère des frais de remise en état et de vacance. La colocation s'est imposée en 2026 comme une stratégie de rendement majeure : en louant à la chambre, on peut augmenter les revenus totaux de 20 % à 40 % par rapport à une location classique. Toutefois, cette typologie demande une gestion financière et humaine plus intense. L'appartement familial (T3/T4) offre souvent le rendement le plus faible, mais il assure une stabilité locative exemplaire, les familles restant en moyenne 5 à 7 ans, ce qui sécurise le rendement net sur la durée.
L'émergence des nouveaux critères de valorisation (DPE)
Un nouvel élément de typologie est apparu comme déterminant pour le rendement locatif : la classe énergétique. En 2026, les logements classés F ou G subissent une décote à l'achat, ce qui peut sembler booster le rendement brut. Cependant, l'interdiction progressive de louer ces "passoires thermiques" oblige à des travaux lourds. Un bien déjà rénové (classe A, B ou C) s'achète plus cher mais garantit la pérennité du rendement. À l'inverse, l'achat d'un bien dégradé pour le rénover (stratégie de déficit foncier) reste l'un des moyens les plus efficaces pour doper le rendement net-net grâce à l'optimisation fiscale des travaux, à condition de maîtriser ses coûts de chantier.
L'influence de la vacance locative et du coût des travaux sur la rentabilité à long terme
Le calcul théorique du rendement se heurte souvent à la réalité du terrain. Deux facteurs peuvent radicalement altérer la performance d'un investissement sur dix ou vingt ans : le temps pendant lequel le logement reste vide et l'argent nécessaire pour maintenir l'actif en état. Une analyse lucide de comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier doit intégrer ces variables non pas comme des exceptions, mais comme des composantes structurelles du bilan financier.
La vacance locative : le coût du silence
Un mois de vacance par an réduit mécaniquement le rendement locatif de 8,3 %. Dans certaines villes où la demande est fluctuante (villes étudiantes en été, zones touristiques), la vacance "frictionnelle" est inévitable. En 2026, les investisseurs intègrent systématiquement un taux de vacance prudent de 5 % dans leurs prévisions. Ignorer ce facteur revient à surestimer ses revenus. Pour limiter cet impact, le choix de l'emplacement reste primordial, mais la qualité des prestations (cuisine équipée, fibre optique, décoration soignée) joue désormais un rôle de premier plan pour retenir les locataires et réduire le temps de relocation, préservant ainsi le rendement net-net.
Le cycle des travaux : de l'entretien à la rénovation lourde
L'immobilier est une matière périssable. Sur une détention longue, l'investisseur fera face à trois types de travaux : l'entretien courant (peintures, robinetterie), le remplacement des équipements (chaudière, électroménager en meublé) et les gros travaux de copropriété (ravalement, toiture). En 2026, l'obligation de rénovation énergétique ajoute une couche de complexité. Budgétiser 0,5 % à 1 % de la valeur du bien chaque année pour les travaux est une règle d'or pour ne pas voir sa rentabilité financière s'effondrer brutalement lors d'un appel de fonds du syndic. Un bien non entretenu voit son rendement s'éroder car il finit par attirer des locataires moins solvables et subit une vacance accrue.
L'impact du "cash-flow" négatif en cas d'imprévus
Le véritable risque pour l'investisseur est de passer d'un cash-flow positif à un cash-flow négatif à cause des travaux. Si le rendement net n'est pas suffisant pour constituer une réserve de trésorerie, chaque incident technique devient une charge pour le budget personnel du ménage. Dans le calcul du rendement locatif à long terme, on utilise souvent le TRI (Taux de Rendement Interne) qui lisse ces dépenses sur toute la durée de l'investissement. Un rendement élevé au départ peut cacher un actif "énergivore" qui demandera des injections de capitaux massives. La performance réelle se mesure donc à la capacité de l'actif à financer sa propre maintenance tout en remboursant son crédit immobilier, sans mettre en péril la santé financière globale du propriétaire.
La plus-value latente : pourquoi le rendement annuel n'est qu'une partie de la performance globale
Si le rendement locatif mesure l'efficacité de l'exploitation, la plus-value mesure l'efficacité de l'acquisition. Pour un investisseur immobilier en 2026, se focaliser uniquement sur le chèque mensuel du locataire est une erreur de vision. L'immobilier est l'un des rares actifs qui permet de cumuler un revenu régulier et une croissance du capital. La performance globale d'un investissement est la somme du rendement locatif net-net annuel et de la valorisation de l'actif au fil du temps.
Le concept de rentabilité globale (Yield + Growth)
Dans les zones "patrimoniales" comme le centre de Bordeaux, Nantes ou Lyon, le rendement locatif est souvent modeste (autour de 3 %). Pourtant, ces investissements sont extrêmement prisés car la valeur du bien augmente historiquement plus vite que l'inflation. À l'inverse, dans certaines villes périphériques, on peut trouver du 10 % de rendement, mais avec un risque de dépréciation du capital à long terme. La performance réelle doit se calculer ainsi : (Revenus nets cumulés + Plus-value à la revente - Frais de cession) / Capital investi. Cette approche montre qu'un bien à 4 % de rendement dans un quartier en pleine gentrification peut être bien plus rentable qu'un bien à 8 % dans une zone en déclin économique.
L'effet de l'inflation sur la dette et la valeur verte
L'inflation joue un rôle doublement positif pour l'investisseur immobilier. D'une part, elle permet de réindexer les loyers via l'Indice de Référence des Loyers (IRL), ce qui maintient le rendement réel. D'autre part, elle érode la valeur réelle de la dette bancaire tout en poussant les prix de l'immobilier vers le haut. En 2026, la "valeur verte" est devenue le principal moteur de la plus-value latente. Un bien qui passe d'une étiquette E à une étiquette B après rénovation gagne une valeur de marché bien supérieure au coût des travaux engagés. Cette création de valeur forcée dope la rentabilité locative finale bien au-delà des loyers perçus, car elle sécurise la sortie de l'investissement.
Quand l'arbitrage devient nécessaire
La plus-value latente est un capital dormant. Pour un investisseur cherchant comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier dans une optique de croissance, il arrive un moment où il est plus rentable de vendre pour réinvestir. Si un bien acheté 100 000 € vaut aujourd'hui 200 000 €, son rendement locatif calculé sur sa valeur actuelle a été divisé par deux. En vendant, l'investisseur récupère sa plus-value et peut utiliser cet apport pour acheter deux ou trois nouveaux biens avec un effet de levier renouvelé. C'est par cette gestion dynamique, alliant rendement immédiat et capture de la plus-value, que se construisent les plus grands patrimoines immobiliers en 2026.
Le levier du crédit : comment l'endettement améliore la rentabilité de vos fonds propres
Le crédit immobilier est l'accélérateur de particules de l'investissement locatif. C'est l'unique classe d'actifs qui permet d'acheter un patrimoine important avec de l'argent que l'on ne possède pas encore. L'effet de levier consiste à utiliser l'endettement pour doper la rentabilité financière de ses fonds propres. En 2026, même avec des taux de crédit plus élevés que lors de la décennie précédente, le levier reste le mécanisme principal qui permet de transformer un rendement immobilier de 5 % en une rentabilité financière de plus de 10 % sur le capital réellement injecté.
Le principe de l'effet de levier financier
L'effet de levier fonctionne dès que le rendement locatif net de charges est supérieur au taux d'intérêt de l'emprunt. Supposons que vous achetiez un bien de 100 000 € avec 10 000 € d'apport et 90 000 € d'emprunt à 3,5 %. Si le bien rapporte 5 000 € nets par an (5 %), vous payez environ 3 150 € d'intérêts. Le surplus de 1 850 € rapporté à vos 10 000 € d'apport représente une rentabilité de 18,5 % sur votre argent placé. Sans crédit (achat comptant), votre rentabilité ne serait que de 5 %. Le crédit permet donc de démultiplier la performance de vos économies, à condition que le bien s'autofinance ou que l'effort d'épargne reste maîtrisé.
L'amortissement du capital : un bénéfice invisible
On oublie souvent que chaque mensualité de crédit remboursée contient une part de capital. Ce capital n'est pas une charge, mais une épargne forcée payée par le locataire. Au bout de 20 ans, le bien vous appartient totalement. Dans le calcul de comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier sous l'angle de l'enrichissement, cet amortissement est capital. En 2026, avec des durées d'emprunt souvent limitées à 20 ou 25 ans, la vitesse de reconstitution du capital est un moteur puissant. La rentabilité réelle de l'investisseur est donc la somme du cash-flow net perçu ET du capital remboursé chaque mois par le locataire. C'est ce qui rend l'immobilier imbattable par rapport à un placement financier classique sans levier.
Maîtriser le risque de l'effet "massue"
Le levier est une arme à double tranchant. Si le rendement locatif chute (vacance prolongée, baisse des loyers) ou si les charges explosent au point que le rendement net devient inférieur au taux du crédit, l'effet de levier devient un effet "massue". Dans ce cas, l'endettement détruit votre rentabilité et vous oblige à injecter des fonds personnels massifs pour soutenir l'investissement. En 2026, la prudence dicte de conserver une marge de sécurité : ne pas chercher le levier maximum à tout prix, mais s'assurer que l'opération reste résiliente même en cas de hausse des charges ou de légère baisse de loyer. Une gestion financière saine repose sur un équilibre entre le recours au crédit pour booster la performance et la conservation d'une capacité d'épargne pour parer aux imprévus.
FAQ - Comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier ?
Quelle est la différence entre rendement brut et rendement net ?
Le rendement brut se calcule simplement en rapportant le loyer annuel au prix d'achat. C'est une mesure de surface. Le rendement net est beaucoup plus précis car il soustrait des loyers toutes les dépenses à la charge du propriétaire : taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurances et frais de gestion. Pour bien comprendre comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier, il faut toujours viser le rendement net, qui est le seul indicateur de la performance réelle du bien.
Un rendement élevé est-il toujours synonyme de bonne affaire ?
Pas forcément. Un rendement locatif très élevé (par exemple 10 % ou plus) cache souvent des risques importants : localisation dans une zone en déclin, forte vacance locative, travaux lourds à prévoir ou locataires précaires. À l'inverse, un rendement de 3,5 % à Paris peut être une excellente affaire grâce à la sécurité du capital et à la plus-value latente. La "bonne affaire" est celle qui correspond à vos objectifs : cash-flow immédiat ou constitution d'un patrimoine sécurisé.
Comment intégrer les travaux de rénovation énergétique dans le calcul ?
En 2026, les travaux de mise aux normes DPE doivent être intégrés dans le prix d'acquisition total (au dénominateur de la fraction). Si vous achetez un bien 150 000 € avec 30 000 € de travaux de rénovation, votre base de calcul pour le rendement est de 180 000 €. Ces travaux améliorent souvent le rendement net à long terme en réduisant la vacance et en permettant de louer le bien plus cher, tout en protégeant la valeur de revente.
Le rendement locatif intègre-t-il les impôts sur le revenu ?
Le rendement net de charges ne l'intègre pas. Pour cela, il faut calculer le rendement "net-net". Ce calcul dépend de votre fiscalité personnelle. Si vous investissez via le dispositif LMNP, vous pouvez souvent calculer le rendement locatif net-net au même niveau que le rendement net grâce à l'amortissement comptable qui efface l'impôt sur les loyers. En location nue, l'impôt peut amputer votre rendement de 30 % à 50 % selon votre tranche d'imposition.
Pourquoi les frais de notaire sont-ils inclus dans le coût total ?
Les frais de notaire (environ 7,5 % dans l'ancien en 2026) sont une dépense réelle décaissée lors de l'achat. Ils ne créent pas de valeur intrinsèque pour le bien mais font partie de l'investissement initial. Pour savoir comment calculer le rendement locatif d'un investissement immobilier honnêtement, il faut les inclure. Ignorer ces frais reviendrait à gonfler artificiellement votre rendement et à fausser vos prévisions de rentabilité financière globale.
Qu'est-ce qu'un bon rendement locatif en 2026 ?
Il n'y a pas de chiffre magique, tout dépend de la zone. Dans les villes très tendues (Zone A), un rendement net de 3 % à 4 % est considéré comme correct. Dans les villes moyennes (Zone B1), on cherche plutôt entre 5 % et 7 %. Pour des stratégies de haut rendement (colocation, immeubles de rapport en province), les investisseurs visent souvent entre 8 % et 10 % brut. L'important est que le rendement soit cohérent avec le risque de l'emplacement.
Comment le cash-flow se calcule-t-il par rapport au rendement ?
Le cash-flow est le résultat en euros de votre opération après avoir payé TOUTES les dépenses, y compris la mensualité de crédit. Si le rendement locatif net est élevé, vous avez plus de chances d'avoir un cash-flow positif (de l'argent qui reste chaque mois). Le rendement est un pourcentage de performance, le cash-flow est un indicateur de trésorerie. Un bon rendement ne garantit pas un cash-flow positif si le crédit est remboursé sur une durée trop courte.
À lire aussi
- Comment calculer sa capacité d'emprunt pour un investissement immobilier ?
- Comment calculer et améliorer la rentabilité d'un investissement immobilier ?
- Comment est calculée la valeur locative d'un bien immobilier ?
- Comment réviser un loyer jamais réévalué ?
- Comment éviter la vacance locative dans un investissement immobilier ?
- Le cash-flow immobilier : un indicateur clé pour investir efficacement
- Comment le taux d'usure s'applique-t-il aux emprunts en SCI ?