Louer un logement vide : les atouts, les obligations, les pièges

✍ Les points à retenir : Location Vide 2026
- Le bail longue durée : Le contrat est conclu pour 3 ans minimum (si le bailleur est une personne physique) et se reconduit tacitement. C'est l'atout majeur pour éviter la vacance locative.
- Le préavis : Le locataire peut partir avec un préavis de 3 mois (réduit à 1 mois en "zone tendue" ou cas particuliers). Le propriétaire, lui, ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail et pour des motifs précis (vente, reprise pour y habiter, ou motif légitime et sérieux).
- Le dépôt de garantie : Il est strictement limité à 1 mois de loyer hors charges.
- La fiscalité des revenus fonciers :Les loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers.
- Micro-foncier : Abattement de 30 % (si revenus < 15 000 €/an).
- Régime Réel : Déduction de toutes les charges et travaux (indispensable en cas de rénovation énergétique).
- L'interdiction de louer (DPE G) : Depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location. En 2026, si votre logement est classé F, vous pouvez louer mais le loyer est gelé (interdiction de révision annuelle).
Louer un logement vide : les atouts, les obligations et les pièges
Choisir de louer un logement vide demeure la stratégie fondamentale pour de nombreux investisseurs immobiliers en 2026. Ce mode de mise en location, également qualifié de location nue, se distingue par une simplicité de gestion et une pérennité contractuelle qui rassurent les bailleurs à la recherche de revenus réguliers. Contrairement aux modes de location plus éphémères, la location vide s'inscrit dans un cadre législatif protecteur pour les deux parties, visant à offrir une stabilité résidentielle au locataire tout en garantissant au propriétaire une valorisation de son patrimoine sur le long terme. Pour réussir son investissement, il est crucial d'appréhender les spécificités de ce marché qui répond à un besoin primaire de logement durable.
La stabilité locative au coeur de la stratégie patrimoniale
L'un des principaux atouts lorsque l'on décide de louer un logement vide est la durée des engagements. Le bail type pour une location nue est généralement de trois ans lorsque le bailleur est une personne physique, avec une reconduction tacite. Cette durée favorise l'installation de ménages ou de familles qui s'approprient les lieux en apportant leur propre mobilier. Pour le propriétaire, cela se traduit par un taux de rotation (ou turnover) nettement plus faible que dans le meublé. Moins de changements de locataires signifie moins d'états des lieux, moins de frais de remise en location et, surtout, une vacance locative réduite au minimum, ce qui sécurise le rendement annuel de l'actif immobilier.
Le cadre des obligations et la sécurité juridique
Opter pour une location vide impose au propriétaire le respect de normes de décence strictes, mais offre en contrepartie une gestion administrative allégée. Le bailleur doit fournir un logement clos, couvert et doté des éléments de confort de base (eau, électricité, chauffage). En 2026, la conformité énergétique est devenue un pilier de la location nue, incitant les propriétaires à maintenir leurs biens en bon état pour répondre aux exigences du marché. Les obligations d'entretien se limitent aux grosses réparations, tandis que l'entretien courant et les petites réparations incombent au locataire, simplifiant ainsi le quotidien du bailleur qui n'a pas à gérer le renouvellement d'un inventaire de mobilier ou d'équipements électroménagers.
Les pièges de la vacance et de la sélection du locataire
Bien que la location vide soit synonyme de stabilité, elle n'est pas exempte de points de vigilance. Le principal piège réside dans une mauvaise évaluation du loyer de marché ou dans une négligence lors de la sélection du dossier locatif. Puisque le locataire s'installe pour une longue période, une erreur de casting peut avoir des conséquences financières sur plusieurs années. De plus, dans certaines zones géographiques, la concurrence avec le meublé peut rendre la location nue moins attractive si le bien ne propose pas des prestations de qualité ou une performance énergétique optimale. Il est donc impératif d'étudier la demande locale pour s'assurer que le logement vide répond parfaitement aux attentes des résidents permanents du secteur.
Logement vide : définition juridique et cadre de la location nue
Sur le plan juridique, la location nue se définit par la mise à disposition d'un bien immobilier à usage d'habitation sans aucun mobilier. Le locataire doit pouvoir y installer ses propres meubles pour y vivre. Ce type de location est régi principalement par la loi du 6 juillet 1989, qui encadre les rapports entre bailleurs et locataires. En 2026, ce cadre juridique reste la référence pour l'habitation principale, définissant avec précision les droits et devoirs de chaque partie, de la signature du bail jusqu'à sa résiliation.
La structure du bail en location vide
Le contrat de location vide doit impérativement respecter un modèle type réglementé. Il précise la désignation des parties, la description du logement, la surface habitable (loi Boutin), ainsi que le montant du loyer et des charges. La durée légale est de trois ans pour un bailleur privé et de six ans pour une personne morale (société, institutionnel). Le locataire peut, de son côté, donner congé à tout moment avec un préavis de trois mois, réduit à un mois dans les zones tendues ou pour des motifs spécifiques (mutation, santé, perte d'emploi). Cette dissymétrie dans la durée du préavis souligne la volonté du législateur de protéger le droit au maintien dans les lieux pour le résident.
Les conditions de décence et d'équipement
Même si l'on parle de location nue, le logement ne doit pas être totalement dépourvu d'installations. La loi impose que le bien soit décent et équipé des éléments indispensables à une occupation normale : un coin cuisine (avec évier et installation pour plaque de cuisson), une installation de chauffage fonctionnelle, une alimentation en eau potable, ainsi qu'une évacuation des eaux usées. En 2026, la définition de la décence inclut également un seuil de performance énergétique minimal. Un logement qui ne respecte pas ces critères ne peut être proposé sur le marché de la location vide, sous peine de sanctions allant de la suspension du loyer à l'obligation de réaliser des travaux de mise en conformité.
L'importance du dépôt de garantie et du cautionnement
Dans le cadre d'un projet pour louer un logement vide, le propriétaire peut demander un dépôt de garantie pour couvrir d'éventuels manquements du locataire (dégradations, impayés). Pour une location nue, ce montant est strictement limité à un mois de loyer hors charges. Cette somme doit être restituée dans un délai maximal de un à deux mois après le départ du locataire, selon l'état des lieux de sortie. Parallèlement, le bailleur peut exiger un cautionnement (garant) ou souscrire à une assurance contre les loyers impayés. Ces dispositifs forment le socle de la sécurité financière du propriétaire dans l'exercice de la location longue durée.
Avantages et inconvénients d'une location vide pour le propriétaire bailleur
Choisir de louer un logement vide implique d'arbitrer entre sécurité et rentabilité immédiate. Ce mode d'exploitation, pilier de l'investissement immobilier patrimonial, présente des caractéristiques propres qui impactent la gestion quotidienne et la fiscalité de l'investisseur en 2026.
| Critères | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Gestion locative | Faible turnover, gestion administrative simplifiée, pas de mobilier à entretenir. | Engagement de longue durée (bail de 3 ans), préavis court pour le locataire. |
| Finances et Revenus | Revenus réguliers, charges d'entretien mobilier nulles, éligibilité au déficit foncier. | Loyer souvent moins élevé (-15% à -20%) par rapport au meublé. |
| Fiscalité | Régime des revenus fonciers, déduction des travaux de rénovation. | Pression fiscale parfois plus élevée sans stratégie de déficit foncier. |
| Valorisation du bien | Meilleure conservation des lieux par des locataires installés durablement. | Logement sensible à l'obsolescence technique (DPE). |
Les bénéfices d'une gestion sereine et durable
Le principal avantage de la location nue réside dans sa simplicité opérationnelle. Le bailleur n'a pas à se soucier de l'ameublement, de l'usure de la literie ou des pannes d'électroménager, ce qui réduit considérablement les interventions ponctuelles et les litiges potentiels lors des états des lieux. En 2026, cette tranquillité de gestion est particulièrement appréciée des investisseurs qui ne résident pas à proximité de leur bien. De plus, la location vide attire souvent des locataires plus stables, tels que des couples ou des familles, qui envisagent leur logement comme un foyer à long terme, ce qui favorise un meilleur respect global des lieux et une régularité de paiement accrue.
La rentabilité brute face aux coûts d'exploitation
Certes, le loyer d'une location vide est généralement inférieur à celui d'un meublé. Cependant, cette différence doit être nuancée par l'absence totale de charges liées au mobilier (achat, remplacement, réparation). Sur une période de dix ans, l'économie réalisée sur l'équipement peut compenser l'écart de loyer. De plus, les frais de remise en location sont moins fréquents. La location nue offre donc une rentabilité nette plus prévisible, car elle subit moins les aléas du marché de la mobilité rapide. Pour l'investisseur, c'est l'assurance d'un cash-flow constant, moins sensible aux fluctuations saisonnières qui peuvent affecter d'autres types de baux.
Les contraintes législatives et fiscales à anticiper
En revanche, louer un logement vide impose une certaine rigidité contractuelle. Le bailleur ne peut récupérer son bien qu'à l'issue du bail de trois ans, et ce, uniquement pour des motifs très précis (vente, reprise pour y habiter ou motif sérieux). Cette contrainte peut freiner certains projets de revente rapide. Fiscalement, la location nue est soumise au régime des revenus fonciers, qui peut s'avérer lourd si le propriétaire ne réalise pas de travaux. Il est donc indispensable d'élaborer une stratégie d'optimisation via le déficit foncier pour préserver la performance de l'investissement. Enfin, l'exposition aux nouvelles normes thermiques impose une veille constante pour éviter que le bien ne devienne une "passoire énergétique" interdite à la location.
La stabilité locative : pourquoi le logement vide réduit la vacance et le turnover
La pérennité de l'occupation est l'un des piliers de la performance en immobilier locatif. En choisissant de louer un logement vide, le propriétaire mise sur une relation contractuelle de longue durée. Cette stabilité, inhérente à la location nue, constitue un rempart efficace contre les pertes de revenus liées aux périodes d'inoccupation et aux frais de gestion répétés.
Le phénomène d'appropriation par le locataire
Lorsqu'un locataire emménage dans une location vide, il doit investir dans son propre mobilier et organiser son espace selon ses goûts. Ce processus d'installation crée un lien psychologique et matériel fort avec le logement. Déménager d'une location nue coûte cher et demande une logistique lourde pour le résident. Par conséquent, les locataires en logement vide ont tendance à rester en moyenne deux à trois fois plus longtemps que dans le meublé. En 2026, cette fidélisation est un atout majeur pour le bailleur, car elle garantit une continuité dans l'encaissement des loyers et limite l'usure prématurée des parties communes liée aux déménagements fréquents.
Réduction des coûts de recherche et de mise en place
Le turnover fréquent est l'ennemi de la rentabilité. Chaque changement de locataire implique des frais : diagnostics à réactualiser, annonces à diffuser, visites à organiser, et rédaction de nouveaux baux. En privilégiant la location nue, le propriétaire réduit drastiquement la fréquence de ces opérations. Un logement occupé pendant six ou sept ans par la même personne permet de lisser ces coûts fixes sur une longue période. De plus, une stabilité locative accrue permet au bailleur de mieux anticiper ses revenus et de simplifier sa gestion comptable, tout en maintenant une relation de confiance et de proximité avec l'occupant.
L'impact sur la vacance locative en zones tendues
Dans les zones où la demande est forte, louer un logement vide permet de capter une clientèle de résidents permanents (salariés, fonctionnaires) dont la situation est souvent plus stable que celle des publics mobiles (étudiants, travailleurs temporaires). Ces locataires recherchent avant tout la sécurité du logement. En offrant une location vide de qualité, le propriétaire s'assure de trouver preneur quasi instantanément. La vacance locative devient alors un phénomène marginal, se limitant souvent à quelques jours entre deux baux pour d'éventuels travaux de rafraîchissement. Cette fluidité est essentielle pour maintenir un rendement interne élevé tout au long de la détention du bien immobilier.
Fiscalité et rentabilité d'une location vide : revenus fonciers et déficit foncier
La fiscalité est un élément déterminant de la stratégie pour louer un logement vide. Contrairement au meublé qui relève des bénéfices industriels et commerciaux, la location nue dépend du régime des revenus fonciers. Comprendre ces mécanismes est indispensable pour évaluer la rentabilité nette réelle d'un investissement en 2026 et optimiser sa charge fiscale.
Le régime micro-foncier : la simplicité pour les petits revenus
Pour les propriétaires dont les revenus bruts annuels issus de la location nue ne dépassent pas 15 000 euros, le régime micro-foncier s'applique par défaut. Ce système brille par sa simplicité : le bailleur bénéficie d'un abattement forfaitaire de 30 % représentatif de l'ensemble de ses charges (assurances, taxes, entretien). L'impôt est alors calculé sur les 70 % restants. Si ce régime est facile à gérer, il peut s'avérer moins avantageux que le régime réel si les charges effectives (notamment les intérêts d'emprunt ou les gros travaux) dépassent ce forfait de 30 %. Une analyse comparative annuelle est donc conseillée pour s'assurer de ne pas surpayer d'impôts.
Le régime réel : déduire ses charges au centime près
Le régime réel devient obligatoire au-delà de 15 000 euros de revenus, mais il est accessible sur option en dessous de ce seuil. Il permet de déduire l'intégralité des dépenses réellement supportées par le propriétaire pour louer un logement vide. Parmi les charges déductibles figurent les intérêts du crédit immobilier, la taxe foncière, les frais de gestion, les primes d'assurance (PNO, loyers impayés) et les charges de copropriété. En 2026, l'optimisation via le régime réel est la méthode la plus efficace pour réduire la base imposable de la location vide, car elle colle au plus près de la réalité économique de l'investissement.
L'impact sur la rentabilité nette après impôt
La rentabilité d'une location nue ne doit jamais être analysée uniquement en brut. L'imposition sur le revenu, augmentée des prélèvements sociaux (17,2 %), peut sérieusement entamer les bénéfices. Cependant, la déduction des charges permet souvent de ramener le revenu imposable à un niveau très bas, voire nul. Le choix entre micro-foncier et réel est donc le levier principal pour préserver le cash-flow. Pour un investisseur en 2026, la rentabilité d'un logement vide se construit sur la durée, en alliant valorisation du capital et optimisation fiscale rigoureuse, faisant de la location vide un placement de "bon père de famille" performant.
Le levier du déficit foncier : optimiser sa fiscalité par les travaux de rénovation
Le déficit foncier est l'un des outils les plus puissants pour l'investisseur qui choisit de louer un logement vide. Ce mécanisme permet non seulement de moderniser son patrimoine, mais aussi de réduire significativement, voire d'annuler, l'imposition sur les revenus fonciers et parfois même sur le revenu global.
Comprendre la création du déficit foncier
Un déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles (hors intérêts d'emprunt) sont supérieures aux revenus bruts perçus au titre de la location nue. Les travaux de rénovation, d'entretien et d'amélioration sont les principaux moteurs de ce déficit. En effectuant des travaux importants avant ou pendant la location vide, le propriétaire crée une charge comptable qui vient s'imputer sur ses loyers. Si le déficit persiste après avoir "gommé" l'intégralité des loyers, il peut être déduit du revenu global (salaires, pensions) dans la limite de 10 700 euros par an, le surplus étant reportable sur les années suivantes.
Travaux d'amélioration énergétique et incitations fiscales
En 2026, les travaux visant à améliorer la performance énergétique des logements en location vide bénéficient d'une attention particulière du législateur. Isoler les combles, remplacer les fenêtres par du double vitrage ou installer une pompe à chaleur sont des dépenses intégralement déductibles au titre du déficit foncier. Ces travaux ont un triple bénéfice : ils permettent d'effacer l'impôt, ils augmentent la valeur patrimoniale du bien et ils garantissent la conformité du logement avec les futures interdictions de louer liées au DPE. Utiliser le déficit foncier est donc une stratégie d'investissement proactive qui transforme une obligation réglementaire en opportunité fiscale.
La règle de conservation du bien
Pour valider l'imputation du déficit foncier sur son revenu global, le propriétaire doit respecter une condition de détention. Le bien en location vide doit être maintenu à la location jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation du déficit. Si le bailleur vend son logement ou cesse de le louer en logement vide avant ce délai, l'avantage fiscal est remis en cause par l'administration fiscale. Cette règle souligne la dimension de long terme de la location nue : c'est un engagement de plusieurs années qui demande une planification minutieuse pour en tirer le meilleur profit financier.
Différences entre location vide et location meublée : le match des baux
Le choix entre louer un logement vide et proposer un meublé est un dilemme classique. Chaque mode dispose de son propre cadre réglementaire et fiscal. Pour un investisseur en 2026, comprendre les nuances entre la location nue et le meublé est essentiel pour aligner son projet sur ses objectifs personnels.
| Caractéristique | Location Vide (Nue) | Location Meublée (LMNP) |
|---|---|---|
| Durée du bail | 3 ans (personne physique) | 1 an (ou 9 mois étudiant) |
| Dépôt de garantie | 1 mois maximum | Jusqu'à 2 mois |
| Préavis locataire | 3 mois (1 mois en zone tendue) | 1 mois systématiquement |
| Régime fiscal | Revenus Fonciers | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) |
| Optimisation fiscale | Déficit foncier (via travaux) | Amortissement comptable du bien |
Un bailleur face à deux philosophies d'investissement
La location vide s'apparente à une gestion de patrimoine long terme, privilégiant la stabilité et la valorisation foncière. Le bailleur en location nue traite souvent avec des profils familiaux ou des actifs sédentaires. À l'inverse, le meublé s'apparente à une prestation de service. Si le meublé permet souvent de dégager un loyer plus élevé, il exige une implication plus forte : gestion des pannes d'équipement, renouvellement du mobilier, et gestion des entrées/sorties plus fréquentes. Pour louer un logement vide, l'investisseur accepte un loyer nominal plus faible contre une charge mentale et une logistique réduites.
La fiscalité : amortissement contre déficit
Le match se joue également sur le terrain fiscal. Le meublé (LMNP) permet d'amortir la valeur du bâti, une charge "fictive" qui réduit l'impôt sans décaisser d'argent. En location vide, on ne peut pas amortir le bien, mais on peut déduire les travaux réels via le déficit foncier. En 2026, la location nue est particulièrement intéressante pour les propriétaires réalisant de grosses rénovations, tandis que le meublé séduit ceux qui achètent un bien déjà aux normes et cherchent à optimiser l'imposition de leurs revenus immédiats sans engager de lourdes dépenses de chantier.
Mobilité géographique et adaptabilité du bien
Enfin, la configuration du logement peut dicter le choix du bail. Un studio en centre-ville aura naturellement vocation à être meublé pour répondre à la demande étudiante ou professionnelle mobile. En revanche, un grand appartement (T3, T4) ou une maison individuelle seront bien plus performants en location vide. Les familles préfèrent en effet apporter leurs meubles pour créer leur propre intérieur. Dans l'optique de louer en logement vide, la surface et la typologie du bien sont des critères déterminants pour attirer les profils les plus stables et sécuriser l'investissement sur plusieurs cycles de trois ans.
Les obligations du bailleur en location nue : décence, entretien et diagnostics
Le statut de propriétaire bailleur n'est pas qu'un titre de perception de revenus ; c'est un rôle assorti de responsabilités légales importantes. Lorsque vous décidez de louer un logement vide, vous vous engagez à respecter un ensemble d'obligations garantissant la sécurité et le confort du locataire. En 2026, la rigueur est de mise pour éviter les recours juridiques et assurer la pérennité de la location vide.
La décence, une obligation fondamentale
Le bailleur a l'obligation légale de délivrer un logement décent. Pour une location nue, cela signifie que le bien ne doit présenter aucun risque manifeste pour la santé ou la sécurité physique de l'occupant. Cela inclut l'étanchéité à l'air et à l'eau, des installations électriques et de gaz aux normes, et des garde-corps sécurisés. En 2026, la notion de décence s'est élargie à la performance énergétique : un logement classé G ou F au DPE est considéré comme indécent et ne peut plus être proposé en location vide sans travaux préalables. C'est l'obligation prioritaire qui conditionne le droit de percevoir un loyer.
L'entretien et les réparations durant le bail
La répartition des charges d'entretien est clairement définie dans le cadre de la location nue. Le bailleur doit prendre en charge les grosses réparations touchant à la structure du bâtiment (toiture, façade, menuiseries extérieures) et le remplacement des équipements majeurs devenus obsolètes (chaudière, chauffe-eau). En revanche, le locataire est responsable de l'entretien courant et des menues réparations (joints, entretien annuel de la chaudière, remplacement des ampoules). Cette distinction est essentielle pour maintenir le logement en bon état tout au long de la durée du bail. Une bonne gestion locative implique d'agir rapidement en cas de sinistre majeur pour éviter une dégradation aggravée du patrimoine.
Le dossier de diagnostics techniques (DDT)
Toute signature de bail en location vide doit s'accompagner de la remise d'un dossier de diagnostic technique complet. Ce dossier inclut le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), le constat de risque d'exposition au plomb (Crep), l'état des installations intérieures d'électricité et de gaz, ainsi que l'état des risques et pollutions (ERP). En 2026, la validité et la précision de ces documents sont scrupuleusement vérifiées par les locataires et les autorités. Le défaut de fourniture ou l'inexactitude de ces diagnostics peut entraîner une annulation du bail ou une réduction du montant du loyer. Pour louer en logement vide sereinement, le bailleur doit donc anticiper la réalisation de ces expertises par des professionnels certifiés.
Les pièges à éviter lors de la rédaction du bail et du choix du locataire
Réussir une location vide demande de la vigilance dès les premières étapes. Entre les subtilités administratives et l'analyse des candidatures, plusieurs écueils peuvent compromettre la rentabilité et la sérénité du bailleur. Pour louer un logement vide efficacement en 2026, il faut savoir identifier et contourner ces pièges classiques de la gestion immobilière.
Négliger la précision de l'état des lieux
L'état des lieux d'entrée est le document pivot de la location nue. Un piège courant consiste à réaliser ce constat trop rapidement ou sans précision. En cas de dégradations constatées au départ du locataire, seul un état des lieux détaillé permet de justifier une retenue sur le dépôt de garantie. En 2026, il est vivement conseillé d'utiliser des outils numériques incluant des photos haute définition pour chaque pièce. Un état des lieux incomplet protège systématiquement le locataire au détriment du propriétaire. Prendre le temps nécessaire lors de l'entrée dans les lieux est la meilleure assurance contre les litiges de fin de contrat.
Accepter un dossier locatif incomplet ou non vérifié
Dans l'empressement pour louer en logement vide et éviter la vacance, certains bailleurs font l'erreur d'accepter des dossiers sans vérifications approfondies. Le risque d'impayé est la menace principale en location vide longue durée. Il est impératif d'exiger les justificatifs originaux (bulletins de salaire, avis d'imposition, contrat de travail) et de vérifier la cohérence des revenus par rapport au loyer (ratio habituel de 1/3). En 2026, la fraude documentaire existe : un simple appel à l'employeur ou la vérification de l'avis d'imposition via les outils en ligne des services fiscaux permet d'écarter les candidats risqués avant qu'ils ne deviennent un problème difficile à résoudre juridiquement.
Oublier les clauses spécifiques dans le bail
Bien que le bail de location nue soit encadré, certaines clauses facultatives mais essentielles sont souvent oubliées. Le piège est d'utiliser un modèle de contrat trop générique. Il est crucial d'insérer une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer ou des charges, ainsi qu'une clause d'indexation annuelle du loyer basée sur l'Indice de Référence des Loyers (IRL). Sans cette dernière, le propriétaire perd la possibilité de réviser son loyer chaque année pour suivre l'inflation. De plus, préciser clairement les modalités de charges (provisions ou forfait, bien que le forfait soit rare en vide) évite toute contestation lors de la régularisation annuelle. Une rédaction précise du bail est le rempart juridique indispensable de tout bailleur avisé.
FAQ - Louer un logement vide : les atouts, les obligations, les pièges
Quelle est la durée minimale d'un bail pour un logement vide ?
La durée minimale légale pour louer un logement vide est de trois ans si le propriétaire est une personne physique ou une société civile familiale. Si le propriétaire est une personne morale (institutionnel, société), la durée minimale est de six ans. Le contrat se renouvelle ensuite par tacite reconduction pour la même période, sauf si le bailleur ou le locataire donne congé dans les formes légales.
Peut-on transformer une location vide en meublée en cours de bail ?
Non, il n'est pas possible de changer le régime juridique en cours de contrat de manière unilatérale. La location vide et le meublé répondent à des réglementations et des fiscalités différentes. Pour passer du vide au meublé, il faut généralement attendre le départ du locataire, meubler le logement conformément à la liste légale, puis signer un nouveau bail de location meublée avec le nouvel occupant.
Le préavis en location nue est-il toujours de trois mois ?
Le préavis standard pour le locataire qui quitte une location nue est de trois mois. Toutefois, ce délai est réduit à un mois si le logement est situé en "zone tendue", ou en cas de circonstances exceptionnelles comme une mutation professionnelle, une perte d'emploi, un premier emploi, ou pour des raisons de santé justifiées. Le propriétaire, quant à lui, doit respecter un préavis de six mois s'il souhaite donner congé à l'échéance du bail.
Quel est le montant maximal du dépôt de garantie en location vide ?
Pour une location vide, le montant du dépôt de garantie ne peut excéder un mois de loyer hors charges. Cette somme est versée à la signature du bail et doit être conservée par le propriétaire jusqu'à la fin de la location. Elle sert à couvrir les éventuels impayés de loyers, de charges ou les dégradations constatées lors de l'état des lieux de sortie par rapport à l'entrée.
Peut-on indexer le loyer d'un logement vide chaque année ?
Oui, à condition qu'une clause de révision annuelle soit expressément prévue dans le bail. L'augmentation du loyer se fait une fois par an à la date anniversaire du contrat ou à une date convenue, en se basant sur l'Indice de Référence des Loyers (IRL) publié trimestriellement par l'INSEE. En l'absence de cette clause, le loyer doit rester fixe pendant toute la durée du bail de location nue.
Quels travaux sont à la charge du locataire en logement vide ?
En location vide, le locataire est responsable de l'entretien courant et des menues réparations. Cela comprend par exemple le remplacement des joints de robinetterie, le ramonage des conduits de cheminée, l'entretien annuel de la chaudière, les raccords de peinture ou le remplacement des prises défectueuses. Le bailleur ne prend en charge que les grosses réparations liées à la vétusté ou à la structure du bâtiment.
Est-il obligatoire de souscrire une assurance loyers impayés ?
La souscription à une Garantie Loyers Impayés (GLI) n'est pas obligatoire mais vivement recommandée pour sécuriser ses revenus fonciers dans le cadre d'une location nue. Elle protège le bailleur contre le non-paiement des loyers et prend souvent en charge les frais de procédure judiciaire. Attention, en 2026, la GLI ne peut généralement pas être cumulée avec un cautionnement physique (garant), sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.
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