Comprendre les OPCI : un placement immobilier souple et diversifié

✍ Les points à retenir
- Une composition hybride et diversifiée : Contrairement à la SCPI, l'OPCI n'est pas investi à 100 % en immobilier. Il se compose généralement de 60 à 90 % d'immeubles physiques, le reste étant placé en actifs financiers (actions, obligations) et en liquidités (au moins 5 %). Cette structure permet de capter la performance immobilière tout en profitant de la dynamique des marchés financiers.
- Une liquidité supérieure pour l'investisseur : Grâce à la poche de liquidités obligatoire, les OPCI permettent de sortir plus facilement et plus rapidement que d'autres placements immobiliers. Le rachat des parts est géré par la société de gestion, ce qui évite d'avoir à attendre qu'un nouvel acheteur se présente, comme c'est parfois le cas avec les parts de SCPI.
- Un placement idéal pour l'assurance-vie : Bien que détenables sur un compte-titres, les OPCI sont particulièrement performants au sein d'un contrat d'assurance-vie ou d'un Plan d'Épargne Retraite (PER). Ils permettent de diversifier les unités de compte avec un support tangible tout en bénéficiant de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe choisie.
- Une gestion professionnelle totalement déléguée : L'épargnant n'a aucune contrainte. Une société de gestion agréée par l'AMF sélectionne les actifs, gère les locataires, réalise les arbitrages financiers et s'occupe de l'entretien des immeubles. Les revenus sont redistribués sous forme de dividendes ou capitalisés pour augmenter la valeur de la part.
- Une accessibilité dès quelques centaines d'euros : L'OPCI est l'un des moyens les plus accessibles pour investir dans l'immobilier tertiaire (bureaux, commerces, logistique). Avec un ticket d'entrée souvent très bas, il permet aux particuliers de se constituer un patrimoine immobilier institutionnel sans avoir à mobiliser des fonds importants.
Qu'est-ce qu'un Organisme de Placement Collectif Immobilier (OPCI) ?
L'OPCI, ou Organisme de Placement Collectif Immobilier, est un produit d'épargne hybride créé en 2005 pour offrir une alternative plus liquide à la pierre-papier traditionnelle. Contrairement à une détention immobilière directe, l'investissement via un OPCI permet de s'exposer au marché immobilier professionnel tout en conservant une partie de son capital dans des actifs financiers. Ce véhicule de placement collectif est réglementé par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et a pour mission principale de constituer un patrimoine immobilier destiné à la location, tout en intégrant des mécanismes de gestion de trésorerie. Il s'adresse aux épargnants qui recherchent une solution de placement moins contraignante qu'un achat en direct, avec un ticket d'entrée souvent très accessible.
La structure de l'actif : une composition tripartite
La particularité fondamentale de l'OPCI réside dans la répartition stricte de son actif, imposée par la réglementation. Un OPCI n'est jamais investi à 100 % dans l'immobilier physique. Sa structure se décompose généralement de la manière suivante : une poche immobilière représentant entre 60 % et 90 % du fonds (composée d'immeubles, de parts de sociétés immobilières ou de foncières cotées), une poche d'actifs financiers (actions, obligations ou monétaire) et une poche de liquidités obligatoire d'au moins 5 %. Cette dernière est cruciale car elle garantit que l'organisme peut honorer les demandes de rachat des investisseurs à tout moment, offrant ainsi une souplesse que l'on ne retrouve pas dans les structures purement immobilières.
Les deux formes juridiques de l'OPCI : FPI et SPPICAV
L'OPCI peut prendre deux formes juridiques distinctes, ce qui impacte directement la fiscalité du porteur de parts. On distingue d'abord la SPPICAV (Société de Placement à Prépondérance Immobilière à Capital Variable), qui fonctionne sur le modèle des SICAV classiques. Dans ce cas, les revenus distribués sont fiscalement assimilés à des dividendes de valeurs mobilières. À l'inverse, le FPI (Fonds de Placement Immobilier) est un copropriété d'actifs dont les revenus sont imposés selon le régime des revenus fonciers. Le choix entre une SPPICAV et un FPI dépendra donc de la situation fiscale de l'investisseur et de ses objectifs de revenus (capitalisation ou distribution). La majorité des OPCI destinés au grand public adoptent aujourd'hui la forme de la SPPICAV, notamment pour leur intégration facilitée dans les contrats d'assurance-vie.
Un accès simplifié à l'immobilier d'entreprise
Investir dans un OPCI, c'est avant tout accéder à un parc immobilier d'envergure, souvent inaccessible à un particulier seul. Le patrimoine d'un OPCI est majoritairement constitué d'immobilier tertiaire : bureaux, plateformes logistiques, murs de commerces, établissements de santé ou encore résidences hôtelières. Cette spécialisation permet de bénéficier de baux commerciaux solides et de locataires institutionnels de premier plan. Par ailleurs, l'OPCI permet une diversification géographique poussée, avec des actifs répartis sur l'ensemble du territoire français, mais aussi de plus en plus au sein de la zone euro. Cette mutualisation des risques locatifs et géographiques constitue l'un des piliers de la stratégie de l'OPCI, visant à stabiliser le rendement sur le long terme.
Le fonctionnement des OPCI : une gestion professionnelle pour une épargne diversifiée
Le fonctionnement d'un OPCI repose sur une gestion active assurée par une société de gestion agréée par l'AMF. Cette société a pour rôle de sélectionner les actifs, de piloter les travaux de rénovation, de gérer les relations avec les locataires et d'optimiser la poche financière. L'investisseur, en achetant des parts, délègue totalement la gestion opérationnelle du patrimoine, ce qui fait de l'OPCI un produit "clé en main". La valeur des parts est calculée régulièrement (souvent de manière bimensuelle ou mensuelle) sur la base de la valeur liquidative, qui reflète la performance globale des actifs immobiliers et financiers détenus par le fonds.
Le pilotage de la poche financière et de la liquidité
Contrairement aux autres véhicules de pierre-papier, l'OPCI doit gérer une composante financière fluctuante. La société de gestion utilise la poche d'actifs liquides et financiers pour lisser la volatilité du marché immobilier physique. En période de baisse des marchés immobiliers, les placements financiers peuvent agir comme un amortisseur, et inversement. La gestion des liquidités est au coeur du mécanisme de l'OPCI : elle doit être suffisante pour permettre aux épargnants de sortir du fonds sans attendre la vente d'un immeuble, un processus qui prendrait normalement plusieurs mois. Ce pilotage quotidien demande une expertise pointue tant en immobilier qu'en marchés financiers, justifiant ainsi les frais de gestion prélevés sur le fonds.
La distribution des revenus et la création de valeur
L'OPCI génère de la performance de deux manières : par les revenus locatifs perçus et par la valorisation du capital (plus-values latentes ou réalisées). La loi impose à l'OPCI de distribuer une part importante de ses bénéfices. Pour un FPI, l'obligation est de distribuer 85 % des revenus locatifs et 50 % des plus-values de cession. Pour une SPPICAV, l'obligation porte sur 85 % des dividendes perçus et 50 % des plus-values. Cette politique de distribution régulière est particulièrement appréciée par les épargnants cherchant un complément de revenus. Toutefois, certains OPCI proposent des parts de capitalisation où les revenus sont automatiquement réinvestis, permettant de bénéficier de la puissance des intérêts composés sur la durée de placement recommandée.
L'encadrement et la protection des investisseurs
L'investissement en OPCI bénéficie d'un cadre protecteur très strict. Outre l'agrément de l'AMF pour la société de gestion, le fonds est soumis au contrôle d'un dépositaire indépendant qui s'assure de la régularité des décisions d'investissement et de la conservation des actifs. De plus, la valeur des immeubles détenus par l'OPCI est évaluée au moins une fois par an par deux experts immobiliers indépendants. Ces garde-fous garantissent que la valeur liquidative affichée correspond à la réalité du marché. Enfin, les rapports annuels et les bulletins trimestriels offrent une transparence totale sur la composition du portefeuille, les frais de gestion et les performances passées, permettant à l'épargnant de suivre l'évolution de son investissement en toute connaissance de cause.
OPCI vs SCPI et foncières cotées : quelles sont les différences fondamentales ?
Il est fréquent de confondre l'OPCI avec d'autres placements immobiliers. Pourtant, l'OPCI a été conçu comme un trait d'union entre la SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), axée sur le rendement immobilier pur, et les foncières cotées (SIIC), dont le cours varie en bourse. Comprendre ces nuances est essentiel pour construire une stratégie patrimoniale cohérente.
| Critère | SCPI | OPCI | Foncière Cotée (SIIC) |
|---|---|---|---|
| Part d'immobilier physique | ~100 % | 60 % à 90 % | ~100 % (via la bourse) |
| Liquidité | Modérée (marché secondaire) | Élevée (poche de liquidité) | Très élevée (cotation en continu) |
| Volatilité | Faible | Modérée | Élevée (marchés financiers) |
| Actifs financiers | Aucun | 10 % à 40 % | Aucun |
La liquidité : le point fort de l'OPCI face à la SCPI
La différence majeure réside dans la facilité de sortie. Dans une SCPI, la liquidité dépend souvent de la confrontation entre l'offre et la demande (sauf en capital variable où la société de gestion peut organiser le rachat). À l'inverse, l'OPCI garantit la liquidité grâce à sa poche de trésorerie de 5 % minimum. Si vous souhaitez vendre vos parts d'OPCI, l'organisme a l'obligation de les racheter à la prochaine valeur liquidative connue. Cette caractéristique fait de l'OPCI un support particulièrement adapté aux unités de compte au sein de l'assurance-vie, où l'épargnant peut effectuer des arbitrages rapides en fonction des fluctuations du marché.
La volatilité : l'influence des marchés financiers
L'OPCI est structurellement plus volatil que la SCPI. En effet, comme il contient une part d'actifs financiers (actions et obligations), sa valeur fluctue non seulement selon l'estimation des immeubles, mais aussi selon la santé des marchés boursiers. Les foncières cotées, quant à elles, sont soumises à une volatilité encore plus forte car leur cours de bourse peut dévier significativement de la valeur réelle des actifs sous-jacents. L'OPCI se situe donc dans un "entre-deux" : il est moins stable qu'une SCPI classique mais offre une performance potentiellement plus dynamique grâce à sa poche financière et une réactivité supérieure face aux cycles économiques.
La gestion des actifs : immobilier physique vs valeurs mobilières
Tandis que la SCPI n'investit quasiment que dans des immeubles physiques, l'OPCI panache ses investissements. Cette stratégie de diversification permet à l'OPCI de s'exposer indirectement à des secteurs immobiliers spécifiques via des foncières cotées internationales, tout en détenant des murs en direct. Pour l'épargnant, cela signifie que l'OPCI offre une diversification intrinsèque plus large. Cependant, cela implique aussi que la performance de l'OPCI ne sera jamais un pur reflet du marché immobilier local, mais une combinaison pondérée de rendements locatifs immobiliers et de performances de placements financiers classiques.
Les avantages des OPCI : accessibilité, fiscalité et liquidité simplifiée
L'investissement en OPCI séduit un nombre croissant d'épargnants grâce à des atouts qui répondent aux problématiques actuelles de gestion de patrimoine. En combinant la brique immobilière avec la souplesse des actifs financiers, l'OPCI lève les principaux freins de l'investissement immobilier traditionnel, à commencer par le montant de l'investissement initial et la lourdeur des démarches administratives.
Une accessibilité record pour l'immobilier pierre-papier
Le premier avantage de l'OPCI est son accessibilité financière. Là où un investissement immobilier locatif en direct demande souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros d'apport et un engagement bancaire, quelques centaines d'euros suffisent pour devenir porteur de parts d'OPCI. Cette modularité permet de se constituer un patrimoine immobilier de manière progressive, par exemple via des versements programmés. De plus, l'épargnant n'a pas à se soucier de la recherche de locataires, de la signature des baux ou du suivi des travaux : tout est géré par des professionnels, ce qui libère un temps précieux et élimine les soucis de gestion quotidienne.
La fiscalité avantageuse au sein de l'assurance-vie
Si l'OPCI peut être détenu en compte-titres, c'est au sein d'un contrat d'assurance-vie qu'il révèle son plein potentiel fiscal. En tant qu'unité de compte, l'OPCI bénéficie de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe assurance-vie : les revenus et plus-values ne sont pas imposés tant qu'ils restent au sein du contrat. En cas de rachat après huit ans, l'épargnant bénéficie d'abattements annuels significatifs sur la part de gains. De plus, la détention via l'assurance-vie simplifie la transmission du capital grâce à des droits de succession réduits. Cette combinaison entre immobilier et fiscalité de l'assurance-vie fait de l'OPCI un outil de capitalisation extrêmement efficace pour préparer sa retraite ou un projet de long terme.
Une liquidité garantie et réactive
La liquidité est sans doute l'avantage concurrentiel le plus marqué de l'OPCI. Contrairement à un appartement que l'on mettrait plusieurs mois à vendre, ou à certaines SCPI où le délai de retrait peut être long, les parts d'OPCI sont rachetables à intervalle régulier. Cette liquidité est assurée par la structure même du fonds. Pour l'investisseur, cela signifie que son capital n'est pas "bloqué" ad vitam aeternam. Cette souplesse est essentielle pour faire face à un besoin imprévu de trésorerie ou pour réorienter son épargne vers d'autres supports si les conditions de marché évoluent. L'OPCI transforme ainsi l'actif immobilier, par nature illiquide, en un placement financier souple.
Les inconvénients et les risques liés à l'investissement en OPCI
Comme tout placement financier, l'OPCI comporte des risques que chaque investisseur doit évaluer avant de souscrire. Il ne s'agit pas d'un placement à capital garanti. La performance de l'OPCI est liée à l'évolution de deux marchés distincts (immobilier et financier), ce qui expose le capital à des fluctuations parfois brutales.
Le risque de perte en capital et la volatilité
Le risque principal est la diminution de la valeur de la part. Si le marché immobilier subit un retournement ou si les marchés boursiers (poche financière de l'OPCI) chutent, la valeur liquidative baissera. Contrairement à un livret A, vous pouvez récupérer moins que votre mise initiale. La volatilité de l'OPCI, bien que lissée par sa composition, reste supérieure à celle d'une SCPI classique. Il est donc recommandé d'envisager ce placement sur un horizon de long terme (minimum 8 ans) pour absorber les cycles économiques négatifs et laisser le temps aux loyers de compenser d'éventuelles baisses de prix des actifs.
Les frais de gestion et de souscription
L'OPCI est un produit qui comporte plusieurs strates de frais. On distingue les frais de souscription (payés à l'entrée), les frais de gestion annuels (prélevés directement sur l'actif du fonds) et parfois des commissions de mouvement ou de surperformance. Ces frais servent à rémunérer la société de gestion, les experts immobiliers et le dépositaire. Cumulés, ils peuvent peser sur le rendement net servi à l'épargnant, surtout les premières années. Il est crucial de consulter le Document d'Informations Clés (DIC) avant d'investir pour comprendre l'impact des frais sur la performance globale et comparer les différents OPCI du marché.
Le risque de liquidité en cas de crise systémique
Bien que l'OPCI soit conçu pour être liquide, une crise immobilière ou financière majeure et simultanée pourrait mettre à mal ce mécanisme. Si un nombre massif d'investisseurs souhaitent sortir du fonds en même temps (mouvement de panique), la poche de 5 % de liquidités pourrait ne pas suffire. Dans ce cas extrême, la société de gestion peut être amenée à suspendre temporairement les rachats ou à les plafonner pour protéger les intérêts des porteurs restants. Bien que ce scénario soit rare et encadré par l'AMF, il rappelle que l'OPCI reste un produit investi en actifs physiques dont la vente n'est pas instantanée.
Comment investir dans un OPCI : assurance-vie, compte-titres ou PEA ?
Le choix du support de détention pour vos parts d'OPCI est une décision stratégique qui impactera votre fiscalité et vos modalités de gestion. Plusieurs enveloppes sont disponibles, chacune répondant à des profils d'investisseurs différents.
| Support | Éligibilité OPCI | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie | Oui (Unités de compte) | Fiscalité avantageuse, liquidité assurée par l'assureur | Frais de gestion du contrat en sus |
| Compte-titres | Oui | Pas de plafond de versement, liberté totale | Fiscalité de droit commun (PFU) |
| PEA / PEA-PME | Non | N/A | L'immobilier est exclu du PEA |
| PER (Plan Épargne Retraite) | Oui | Déduction fiscale des versements | Capital bloqué jusqu'à la retraite |
L'assurance-vie : le canal privilégié
La très grande majorité des investissements en OPCI se font via l'assurance-vie. Ce support offre une simplicité de gestion imbattable : vous achetez et vendez vos parts en quelques clics via votre espace client. De plus, c'est l'assureur qui porte la responsabilité de la liquidité vis-à-vis de vous. Si l'OPCI venait à manquer de liquidités, l'assureur doit tout de même honorer vos demandes de rachat (dans les limites contractuelles). C'est le support idéal pour ceux qui veulent intégrer une dose d'immobilier dans une stratégie de gestion diversifiée et bénéficier de la fiscalité préférentielle sur les rachats après 8 ans.
Le compte-titres pour une liberté maximale
Investir en OPCI via un compte-titres ordinaire (CTO) permet de ne pas être limité par les contraintes d'un contrat d'assurance-vie (choix limité d'unités de compte, frais de gestion du contrat). C'est une option pertinente pour les investisseurs ayant déjà atteint les plafonds de leurs autres enveloppes ou souhaitant détenir des OPCI spécifiques non référencés par les assureurs. En revanche, la fiscalité est celle du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30 %, ou le barème de l'impôt sur le revenu si cela est plus avantageux. C'est un choix de pur investissement financier sans l'enveloppe protectrice de l'assurance.
L'exclusion du PEA et l'alternative du PER
Il est important de noter que l'OPCI n'est pas éligible au PEA (Plan d'Épargne en Actions), car la loi interdit la détention d'actifs immobiliers dans cette enveloppe fiscale. Pour ceux qui visent spécifiquement la préparation de leur retraite, le Plan d'Épargne Retraite (PER) constitue une excellente alternative. Le fonctionnement est similaire à l'assurance-vie (détention en unités de compte), mais avec l'avantage de pouvoir déduire les sommes investies de votre revenu imposable, ce qui génère un gain fiscal immédiat proportionnel à votre tranche marginale d'imposition.
Fiscalité des OPCI : comprendre l'imposition selon le support de détention
La fiscalité des OPCI est l'un des points les plus techniques du placement. Elle dépend de la nature juridique de l'organisme (SPPICAV ou FPI) mais aussi du cadre dans lequel les parts sont détenues. Une bonne compréhension de ces règles permet d'optimiser le rendement net de votre investissement.
Fiscalité de la SPPICAV : le régime des valeurs mobilières
La SPPICAV est imposée comme une action classique. Si vous la détenez en direct (compte-titres), les dividendes distribués sont soumis par défaut à la "Flat Tax" de 30 % (incluant 17,2 % de prélèvements sociaux). En cas de vente avec plus-value, le taux est identique. Ce régime est simple et prévisible. Si la SPPICAV est détenue au sein d'une assurance-vie, c'est la fiscalité de cette dernière qui prend le dessus : aucune imposition tant qu'aucun retrait n'est effectué, et des abattements au bout de 8 ans.
Fiscalité du FPI : le régime des revenus fonciers
Le FPI est plus complexe car il est fiscalement "transparent". Les revenus qu'il distribue conservent leur nature d'origine. La quote-part de revenus issus des loyers est imposée comme des revenus fonciers (barème progressif de l'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). La quote-part issue de la poche financière est imposée comme des revenus mobiliers. Ce régime peut être lourd pour les contribuables situés dans les tranches hautes de l'impôt sur le revenu. C'est pourquoi les FPI sont de plus en plus rares par rapport aux SPPICAV dans les offres destinées au grand public.
L'impact de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)
Les parts d'OPCI entrent dans l'assiette de l'IFI à hauteur de la part d'immobilier physique détenue par le fonds. Chaque année, la société de gestion communique le "ratio IFI" de l'OPCI. Par exemple, si vous détenez 10 000 € d'un OPCI dont le ratio immobilier est de 70 %, vous devrez déclarer 7 000 € au titre de l'IFI. Cette règle s'applique que vous déteniez l'OPCI en compte-titres ou en assurance-vie. C'est un point de vigilance pour les foyers dont le patrimoine immobilier total approche le seuil de 1,3 million d'euros.
Les critères pour choisir le meilleur OPCI pour votre portefeuille
Tous les OPCI ne se valent pas. Avec la multiplication des offres, l'investisseur doit analyser plusieurs indicateurs clés pour s'assurer que le fonds correspond à son profil de risque et à ses attentes de performance. Le choix d'un OPCI doit se faire avec la même rigueur que l'achat d'un bien en direct.
L'analyse de la composition du patrimoine
Le premier critère est la qualité et la diversité des actifs sous-jacents. Regardez la répartition géographique (France vs Europe) et sectorielle (bureaux, santé, logistique). Un OPCI trop exposé à un seul secteur (comme le commerce de centre-ville) peut être plus risqué en cas de crise sectorielle. Vérifiez également l'âge moyen des immeubles et la durée résiduelle des baux. Un patrimoine récent avec des locataires engagés sur de longues durées offre une meilleure visibilité sur les revenus futurs. Enfin, la part d'actifs financiers doit être scrutée : est-elle investie de manière prudente ou agressive ?
Les frais et la performance historique
S'il ne faut pas se baser uniquement sur les performances passées (qui ne présagent pas des performances futures), elles permettent d'évaluer la capacité de la société de gestion à naviguer dans différents cycles. Comparez les rendements de l'OPCI par rapport à sa catégorie sur 3, 5 et 10 ans. En parallèle, étudiez les frais. Des frais d'entrée trop élevés peuvent mettre plusieurs années à être amortis. Un OPCI performant mais trop chargé en frais de gestion pourrait finalement servir un rendement net décevant. Le "Total Expense Ratio" (TER) est un bon indicateur pour comparer le coût réel de différents fonds.
La solidité de la société de gestion
La réputation et l'expérience de la société de gestion sont primordiales. Privilégiez des acteurs ayant un historique solide en immobilier d'entreprise et une surface financière suffisante pour gérer les mouvements de liquidité. Une société de gestion qui gère déjà plusieurs milliards d'euros d'actifs immobiliers dispose généralement de meilleures capacités de négociation pour l'achat de grands immeubles et d'une expertise juridique et technique plus robuste. Vous pouvez consulter les avis d'experts indépendants ou les notations décernées par des organismes spécialisés pour vous forger une opinion sur la qualité du gestionnaire de l'OPCI.
Questions fréquemment posées sur les OPCI (FAQ)
Quel est le ticket d'entrée minimum pour un OPCI ?
L'un des grands atouts de l'OPCI est son accessibilité. Le ticket d'entrée peut être très bas, parfois dès 100 € ou 500 € selon les plateformes et les contrats d'assurance-vie. Cela en fait un outil de choix pour démarrer une épargne immobilière sans disposer d'un capital initial important.
Quelle est la durée de placement recommandée pour un OPCI ?
Compte tenu des frais de souscription et de la nature immobilière des actifs, une durée de placement minimale de 8 ans est fortement recommandée. Cela permet de lisser l'impact des frais d'entrée et de traverser les éventuels cycles baissiers du marché immobilier et financier.
Les OPCI sont-ils garantis en capital ?
Non, l'OPCI ne bénéficie d'aucune garantie en capital. Sa valeur peut fluctuer à la hausse comme à la baisse en fonction des marchés immobiliers et financiers. Il s'agit d'un placement à risque qui doit être intégré dans une stratégie de diversification.
Quelle est la différence entre un OPCI et un FCP ?
Un FCP (Fonds Commun de Placement) est un produit purement financier (actions, obligations). L'OPCI est un produit hybride qui doit obligatoirement détenir au moins 60 % d'actifs immobiliers. L'OPCI est donc beaucoup plus lié au marché de la pierre qu'un FCP classique.
Peut-on détenir des OPCI dans un Plan Épargne Retraite (PER) ?
Oui, de nombreux PER proposent des OPCI dans leur liste d'unités de compte. C'est une excellente solution pour préparer sa retraite en bénéficiant de la performance de l'immobilier tertiaire tout en profitant de la déductibilité fiscale des versements.
Les revenus des OPCI sont-ils imposés tous les ans ?
Si vous détenez l'OPCI en compte-titres, les revenus distribués sont imposés l'année de leur perception. Si vous le détenez dans une assurance-vie ou un PER, l'imposition est différée au moment du retrait (rachat) total ou partiel du contrat.
Comment sont évalués les immeubles d'un OPCI ?
Les immeubles sont évalués au moins une fois par an par deux experts indépendants agréés. De plus, la valeur liquidative de l'OPCI est recalculée régulièrement pour intégrer les variations de prix des actifs financiers et les éventuels changements notables sur le marché immobilier.
Peut-on acheter des parts d'OPCI à crédit ?
Contrairement aux SCPI, il est extrêmement rare et difficile de financer l'achat de parts d'OPCI par un crédit immobilier. L'OPCI étant considéré comme un produit financier hybride et liquide, les banques ne proposent généralement pas de solutions de financement dédiées.
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