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Je simule mon rachat de crédit

Sommaire

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

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✍ Les points à retenir

  • L'interdiction bancaire, inscrite au FCC après un chèque sans provision non régularisé, n'interdit pas juridiquement un crédit, mais la plupart des établissements refusent tant qu'elle court.
  • Un propriétaire qui accepte une garantie sur son bien garde des options ; pour un locataire, le rachat reste exceptionnel et suppose un co-emprunteur ou un garant non fiché.
  • L'interdiction est levée dès que tous les chèques sont régularisés, par paiement au bénéficiaire ou provision bloquée ; une trésorerie intégrée au rachat peut financer cette régularisation.
  • Interdiction bancaire et FICP sont deux fichiers distincts : le FICP concerne les impayés de crédit et les demandes de surendettement.
  • Un crédit vous engage et doit être remboursé. Aucune somme ne peut être exigée avant le déblocage des fonds.

Peut-on faire un rachat de crédit en étant interdit bancaire ?

Faire un rachat de crédit en étant interdit bancaire n'est pas prohibé par la loi. L'interdiction bancaire porte sur les chèques, pas sur le crédit. En pratique, les établissements refusent presque tous tant que l'interdiction court. Un propriétaire qui accepte une garantie sur son bien garde des options. Pour les autres, la priorité est de régulariser les chèques à l'origine de l'inscription.

Pour un propriétaire, le rachat de crédit hypothécaire est souvent la seule voie : la garantie sur le bien compense, pour le prêteur, le risque que représente l'inscription. Le tableau ci-dessous situe ce qui reste possible selon votre situation.

Votre situationRachat possible ?Piste adaptée
Interdit bancaire, propriétaire, bien avec une valeur nette suffisante Au cas par cas Regroupement avec garantie sur le bien, régularisation des chèques incluse
Interdit bancaire, locataire, revenus stables et co-emprunteur non fiché Exceptionnellement Montant limité ; régulariser d'abord reste souvent plus réaliste
Interdit bancaire, locataire sans garant Très rarement Régulariser les chèques, puis présenter un dossier une fois l'interdiction levée
Interdit bancaire et fiché au FICP Rarement Les règles propres au fichage pour incidents de crédit s'appliquent
Demande déposée auprès de la commission de surendettement Non Laisser la procédure suivre son cours
Chèques régularisés, interdiction levée Oui Rachat classique, avec un historique bancaire examiné de près

Types de rachat accessibles

Type de rachatAccessibilitéConditions
Rachat conso Sous conditions Situation financière stabilisée, revenus réguliers
Rachat hypothécaire Plus facilement envisageable Propriétaire avec bien immobilier en garantie
Regroupement avec garantie Au cas par cas Garant solvable ou hypothèque
Rachat partiel Solution intermédiaire Regrouper uniquement les dettes les plus lourdes

Critères de faisabilité

Les établissements qui étudient ces dossiers regardent quatre éléments. D'abord la stabilité des revenus : CDI hors période d'essai, fonction publique ou retraite. Ensuite la capacité de remboursement : reste à vivre, endettement après opération ne dépassant pas, en principe, le seuil de référence d'environ 35 % retenu par la plupart des organismes. Puis la valeur du bien, le cas échéant. Enfin les preuves concrètes de régularisation : chèques déjà payés, provision constituée, comptes tenus sans nouvel incident.

Interdit bancaire, FCC ou FICP : de quoi parle-t-on ?

Définition de l'interdiction bancaire

L'interdiction bancaire est la mesure prise contre une personne qui a émis un chèque sans provision et ne l'a pas régularisé. Elle interdit d'émettre des chèques sur tous ses comptes, dans toutes ses banques, pendant cinq ans au plus, sauf régularisation. Elle est enregistrée au Fichier central des chèques (FCC), tenu par la Banque de France. Être interdit bancaire et être fiché au FCC désignent donc la même situation : la question d'un rachat de crédit quand on est fiché au FCC se pose dans les mêmes termes.

Les causes d'une inscription au FCC

  • Un chèque sans provision non régularisé : la banque rejette le chèque, adresse une injonction de ne plus émettre de chèques et déclare l'incident à la Banque de France.
  • Une décision judiciaire : un juge peut prononcer une interdiction d'émettre des chèques, qui s'ajoute à l'interdiction bancaire.
  • Le retrait d'une carte bancaire pour usage abusif : il est recensé au FCC, sans constituer pour autant une interdiction bancaire.

Un retard de remboursement de crédit ne relève pas du FCC mais d'un autre fichier, le FICP.

Les conséquences au quotidien

La personne doit restituer ses chéquiers et ne peut plus en obtenir. Sa banque peut limiter l'usage de ses moyens de paiement, la carte à autorisation systématique devenant souvent la seule disponible. L'accès au crédit n'est pas interdit par la loi, mais les prêteurs consultent le FCC et refusent le plus souvent. Chacun conserve le droit à un compte avec des services de base, par la procédure du droit au compte de la Banque de France.

Interdiction bancaire et FICP : la différence

CritèreInterdiction bancaire (FCC)FICPDemande auprès de la commission de surendettement
Origine Chèque sans provision non régularisé, décision judiciaire Impayés sur un crédit Dépôt d'une demande à la Banque de France
Durée 5 ans au plus, levée dès la régularisation 5 ans au plus pour un incident, levée au paiement intégral Inscription au FICP pendant la procédure puis les mesures, 7 ans au plus
Effet sur un rachat Refus par la plupart des établissements tant qu'elle court ; quelques solutions avec garantie pour un propriétaire Refus par la plupart des établissements tant qu'il court ; quelques solutions avec garantie pour un propriétaire Rachat non envisageable pendant la procédure

Les incidents de crédit relèvent du FICP et d'un rachat de crédit FICP, avec ses propres conditions. Une personne peut être inscrite aux deux fichiers à la fois ; c'est alors le plus contraignant qui détermine les options.

Ce que le rachat peut vous apporter

Réduire la pression financière

Une interdiction bancaire survient rarement seule : elle signale souvent un budget qui ne tient plus, avec plusieurs crédits en cours et un compte régulièrement à découvert.

Le regroupement de crédits remplace plusieurs échéances par une seule, plus basse, grâce à l'allongement de la durée. La contrepartie est un coût total plus élevé. La baisse de mensualité redonne un reste à vivre et évite de nouveaux rejets, qui prolongeraient l'inscription.

Reconstruire son profil bancaire

Une mensualité unique honorée chaque mois, des comptes tenus sans incident et des chèques régularisés constituent l'historique que les banques examineront plus tard. C'est ce qui permet, à moyen terme, de retrouver un chéquier, un découvert autorisé et l'accès au crédit dans des conditions normales.

« L'interdiction bancaire est une situation que nous rencontrons régulièrement. Le rachat peut à la fois restructurer les dettes et financer la régularisation des chèques à l'origine de l'inscription, mais tant que l'interdiction court, peu d'établissements acceptent d'étudier le dossier. Pour un propriétaire, la garantie sur le bien ouvre parfois une solution ; pour un locataire, il est souvent plus réaliste de régulariser d'abord, puis de présenter un dossier une fois l'interdiction levée. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Le rachat peut-il lever l'interdiction bancaire ?

Régulariser les chèques grâce à la trésorerie du rachat

L'interdiction est levée quand tous les chèques à l'origine de l'inscription sont régularisés. Deux moyens existent : payer directement le bénéficiaire du chèque, ou constituer sur son compte une provision bloquée, réservée au paiement du chèque. Il faut ensuite remettre à sa banque la preuve de la régularisation.

Lorsqu'un rachat est accordé, une trésorerie complémentaire peut solder les chèques à l'origine de l'inscription en même temps que les crédits regroupés. La régularisation n'attend alors pas plusieurs mois d'économies. Le montant reste modeste au regard du total regroupé, et il est remboursé sur toute la durée du nouveau prêt.

Le délai de levée de l'interdiction

Une fois la régularisation justifiée, la banque la déclare à la Banque de France, qui lève l'interdiction et met à jour le FCC. La levée intervient dans les jours qui suivent cette déclaration. Il est utile de demander à sa banque une attestation de régularisation, puis de vérifier sa situation auprès de la Banque de France. Sans régularisation, l'inscription s'efface d'elle-même au bout de cinq ans.

Les démarches pour obtenir un rachat en étant interdit bancaire

Évaluer sa situation financière

Premier point : faire un diagnostic complet. Il recense le nombre et le montant des crédits en cours, les revenus nets, les charges fixes, les chèques impayés et leurs montants, et les éventuels retards sur les crédits. Ce bilan indique si un regroupement est envisageable et quel montant de régularisation il doit intégrer.

Préparer un dossier solide

  • pièce d'identité et justificatif de domicile récent ;
  • trois derniers bulletins de salaire ou justificatifs de revenus (pension, allocations durables) ;
  • relevés bancaires des trois derniers mois ;
  • tableaux d'amortissement des crédits à regrouper ;
  • relevé de situation auprès de la Banque de France et liste des chèques à régulariser ;
  • une lettre expliquant l'origine de la situation et les mesures prises pour la redresser.

Se tourner vers les bons interlocuteurs

Les banques de réseau refusent le plus souvent ces profils. Un courtier en rachat de crédit connaît les rares établissements qui étudient ces dossiers, selon leurs critères d'acceptation, et évite les demandes inutiles auprès de ceux qui refusent par principe.

Ce public est une cible fréquente des arnaques au crédit. Vérifiez l'immatriculation de l'intermédiaire sur le registre de l'ORIAS et exigez un mandat écrit. Refusez toute demande de paiement avant le versement des fonds : elle est interdite par l'article L519-6 du Code monétaire et financier.

Mettre en avant les garanties

Un bien immobilier pouvant être apporté en garantie, un co-emprunteur ou un garant non fiché, une évolution positive des comptes récents : chaque élément de sécurité renforce la crédibilité du dossier. Avec une hypothèque, le montant financé correspond à une partie de la valeur du bien, selon la politique de l'établissement.

Présenter son dossier avec transparence

Expliquer clairement la cause de l'interdiction et ce qui a été fait depuis pèse plus qu'un dossier présenté sous son meilleur jour. Accepter une durée un peu plus longue, ou limiter la demande aux dettes les plus lourdes, peut rendre le dossier plus acceptable. La mensualité doit cependant rester supportable sur toute la durée.

Exemple chiffré : rachat avec régularisation des chèques

Le cas ci-dessous est une simulation construite pour illustrer le mécanisme. Le taux est une hypothèse de calcul, hors frais et hors assurance. Une salariée en CDI depuis huit ans, interdite bancaire après plusieurs chèques sans provision pour 1 500 €, rembourse ses crédits sans retard. Son conjoint, non fiché, est co-emprunteur, et le foyer perçoit 3 200 € nets par mois. Leurs crédits :

  • Prêt personnel : 9 000 € restants, 260 € par mois, environ 38 mois.
  • Crédit auto : 7 500 € restants, 230 € par mois, environ 35 mois.
  • Crédit renouvelable : 2 000 €, 90 € par mois, environ 28 mois.
  • Chèques à régulariser : 1 500 €, dus immédiatement.

Un établissement accepte, selon ses critères, de regrouper les 18 500 € de crédits et d'ajouter 1 500 € de trésorerie pour régulariser les chèques. Le nouveau prêt est de 20 000 € sur 84 mois, à environ 6,5 %.

IndicateurAvant le rachatAprès le rachat
Mensualités de crédit 580 €, plus 1 500 € de chèques à régler 297 €
Interdiction bancaire En cours Levée après régularisation
Durée restante la plus longue 38 mois 84 mois
Total restant à payer environ 21 950 € environ 24 950 €

La mensualité baisse de 283 €, les chèques sont réglés et l'interdiction peut être levée. En contrepartie, l'opération coûte environ 3 000 € de plus et les remboursements courent près de quatre ans de plus. Sans co-emprunteur non fiché ni revenus stables, ce dossier aurait peu de chances d'être accepté.

Chaque situation dépend des revenus, des garanties et des fichiers dans lesquels on est inscrit. Une demande de rachat de crédit permet de faire étudier votre situation par un conseiller. L'étude indique si un regroupement est envisageable, sans engagement et sans aucun frais avant le déblocage des fonds.

Dans quels cas le rachat n'est-il pas recommandé ?

Absence de revenus stables

Sans revenu régulier, qu'il s'agisse d'un salaire, d'une pension ou d'une allocation durable, la demande sera refusée ou risquera d'aggraver la situation. Le rachat repose entièrement sur la capacité à payer la nouvelle mensualité.

Endettement trop important

Au-delà de 50 % d'endettement, le lien entre rachat de crédit et surendettement devient central. Combinée à une interdiction bancaire, cette situation rend un regroupement peu pertinent. L'allongement de la durée ne règle pas un déséquilibre de fond, et la commission de surendettement devient souvent l'interlocuteur adapté.

Fichage très récent sans action corrective

Si l'interdiction vient d'être prononcée et qu'aucun chèque n'a été régularisé, la demande est prématurée. Mieux vaut d'abord régler les chèques, stabiliser les comptes pendant quelques mois, puis présenter un dossier.

Risque de surcoût à long terme

Pour un profil fragile, regrouper ses crédits sur une très longue durée, à un taux majoré, peut produire un coût total bien supérieur à celui des crédits d'origine. Le rachat repousse alors les difficultés sans les résoudre.

Manque de garanties

Sans garant ni bien immobilier, les options sont très limitées. Un accompagnement budgétaire ou la saisine de la commission de surendettement peuvent alors être plus adaptés.

Quelles alternatives au rachat de crédit ?

Si le rachat n'est pas accessible ou pas recommandé, plusieurs solutions existent :

  • Négociation directe : demander aux créanciers un report d'échéance, un étalement ou une remise de pénalités. Le bénéficiaire d'un chèque impayé peut accepter un échéancier écrit.
  • Saisine de la Banque de France : le dossier de surendettement reste la voie légale quand aucun regroupement n'est envisageable. Il peut aboutir à un plan, à des mesures de rééchelonnement ou à un effacement partiel, avec une inscription au FICP pendant toute la procédure.
  • Vente à réméré pour les propriétaires : vendre son bien avec une option de rachat dans un délai convenu libère des liquidités, au risque de perdre le logement si le rachat n'est pas possible au terme.
  • Microcrédit personnel accompagné : proposé par des structures d'accompagnement (CCAS, associations), il finance un projet d'insertion précis et ne sert pas, en règle générale, à rembourser des dettes.
  • Accompagnement budgétaire : les Points Conseil Budget, labellisés par l'État, aident gratuitement à établir un budget et à choisir la bonne démarche.

Ces solutions peuvent constituer une étape avant de redevenir éligible à un regroupement, une fois l'interdiction levée et les comptes stabilisés.

Comment sortir de l'interdiction bancaire ?

Régulariser les incidents

C'est la voie la plus rapide. Il faut régler chaque chèque impayé au bénéficiaire, ou constituer une provision bloquée sur son compte, puis en apporter la preuve à sa banque. Celle-ci déclare la régularisation à la Banque de France, qui lève l'interdiction. Tous les chèques doivent être régularisés : un seul chèque en suspens maintient l'inscription.

Attendre la fin de l'inscription

Sans régularisation, l'interdiction est maintenue cinq ans au plus. Passé ce délai, l'inscription au FCC s'efface. Les chèques restent dus pour autant, et le bénéficiaire peut toujours en poursuivre le recouvrement.

Négocier un accord amiable

Un échéancier avec le bénéficiaire du chèque permet d'étaler le paiement. L'interdiction n'est levée qu'une fois le chèque intégralement payé, mais l'accord écrit arrête les relances et montre la volonté de régulariser, ce qui comptera dans un futur dossier.

L'interdiction bancaire n'est qu'une des formes de fichage Banque de France : les incidents de remboursement de crédit et les demandes de surendettement relèvent du FICP, avec d'autres règles de levée.

Questions fréquentes sur le rachat de crédit en cas d'interdiction bancaire

Interdit bancaire et FICP, est-ce la même chose ?

Non. L'interdiction bancaire résulte d'un chèque sans provision non régularisé et est inscrite au FCC. Le FICP recense les impayés de crédit et les demandes de surendettement. Les deux fichiers sont tenus par la Banque de France, et une personne peut être inscrite à l'un, à l'autre ou aux deux.

Un propriétaire interdit bancaire a-t-il plus de chances ?

Oui. Une garantie hypothécaire sur le bien rassure le prêteur et ouvre l'accès à quelques établissements qui refuseraient le dossier sans garantie. Le montant financé correspond à une partie de la valeur du bien, selon l'établissement, et les frais d'acte notarié s'ajoutent au coût.

Un locataire interdit bancaire peut-il obtenir un rachat ?

C'est exceptionnel. Sans bien à apporter en garantie, il faut des revenus stables, un montant limité et, le plus souvent, un co-emprunteur ou un garant non fiché. Régulariser d'abord les chèques, puis présenter un dossier une fois l'interdiction levée, reste en général la voie la plus sûre.

Combien de temps dure l'interdiction bancaire ?

Cinq ans au plus. Elle est levée dès que tous les chèques en cause sont régularisés, par paiement au bénéficiaire ou par provision bloquée, et que la banque l'a déclaré à la Banque de France. Sans régularisation, l'inscription s'efface au bout de cinq ans.

Le rachat coûte-t-il plus cher pour un interdit bancaire ?

Le plus souvent, oui. Le prêteur intègre le risque dans le taux, une garantie et ses frais sont souvent exigés, et la durée est allongée pour baisser la mensualité. Le coût total est donc plus élevé que pour un profil sans incident. Aucune somme ne peut toutefois être exigée par un intermédiaire avant le versement des fonds.

Quelles conditions minimales pour un rachat ?

Un revenu stable, un endettement après opération ne dépassant pas, en principe, le seuil de référence d'environ 35 % retenu par la plupart des organismes, une garantie (hypothèque, co-emprunteur ou garant non fiché) et des preuves concrètes de régularisation des chèques. Aucune demande ne doit être en cours auprès de la commission de surendettement.

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