Alimentation : vers la fin de l'accalmie sur les prix en rayon en 2026

Alors que l'inflation alimentaire semblait enfin maîtrisée avec une hausse limitée à 1 % en début d'année, de nouveaux nuages s'amoncellent sur le budget des ménages. Entre flambée des coûts de production agricole et tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les experts redoutent un nouveau cycle inflationniste d'ici les prochains mois.
Des coûts de production agricole en plein envol
Le répit aura été de courte durée pour les exploitations agricoles. Selon Que Choisir Ensemble, les charges des agriculteurs explosent à nouveau sous l'effet de la crise énergétique. Le gazole non routier (GNR), pilier de l'activité mécanisée, a progressé de 50 % en quelques semaines. Plus inquiétant encore, le prix des engrais azotés a doublé sur un an, directement corrélé aux cours du gaz naturel.
À ces tensions énergétiques s'ajoutent des aléas climatiques mondiaux. Les récoltes de café et de cacao sont déjà impactées, tandis que la sécheresse dans les plaines américaines fait peser une menace sérieuse sur les cours mondiaux du blé, base de nombreux produits d'épicerie.
Industriels et distributeurs : la réouverture des négociations
Les accords annuels issus des lois Egalim, conclus en début d'année 2026 sur la base d'une hausse de 1 %, semblent déjà obsolètes. Les industriels agroalimentaires, tels que Lactalis ou Danone, signalent des pressions insupportables sur leurs coûts de transport, d'emballage et d'énergie. En conséquence, les clauses de révision de prix prévues dans les contrats pourraient être activées prochainement.
| Poste de dépense / Indicateur | Évolution constatée / prévue |
|---|---|
| Gazole non routier (GNR) | + 50 % (depuis fin fév.) |
| Engrais (solution azotée) | + 100 % (sur un an) |
| Inflation alimentaire globale (cible) | ~ + 4 % |
| Accord initial Egalim 2026 | + 1 % |
Quels rayons seront les plus touchés ?
L'inflation ne frappera pas tous les rayons avec la même intensité. Que Choisir Ensemble identifie plusieurs zones de vigilance pour les consommateurs cherchant à protéger leur budget :
- Le rayon frais : En première ligne, notamment la crèmerie, en raison de la dépendance aux coûts énergétiques (réfrigération, transport) et du prix du lait.
- L'épicerie : Les produits à base de céréales (pâtes, farine) pourraient subir les contrecoups des mauvaises récoltes de blé.
- Hygiène et droguerie : Ce secteur suit traditionnellement les hausses des matières premières chimiques et de l'énergie de production.
Face à cette possible hausse de 4 %, la vigilance est de mise pour les ménages. L'adaptation des comportements d'achat et le recours aux marques de distributeurs pourraient redevenir des stratégies centrales pour stabiliser le budget familial au second semestre 2026.