Crédit immobilier : les emprunteurs français font face au retour de la hausse des taux

Le marché du crédit immobilier entame l'année 2026 sous le signe d'une tension croissante, portée par un contexte international instable. Si les barèmes bancaires s'orientent à la hausse, l'appétit des ménages pour l'acquisition ne semble pas encore s'émousser, malgré un coût de l'endettement de plus en plus lourd.
Une remontée progressive des barèmes sur fond de stabilité européenne
Le coût du financement pour l'acquisition d'un logement reprend sa marche en avant. Selon les statistiques récentes de la Banque de France, le taux moyen appliqué aux nouveaux prêts immobiliers (hors renégociations) s'est établi à 3,23 % en février 2026. Cette progression est notable par rapport au mois de janvier, où il s'affichait encore à 3,17 %. L'institution souligne que "Le même mouvement est également observé chez nos voisins européens", indiquant une tendance globale plutôt qu'une spécificité nationale.
Il est crucial de noter que ces pourcentages correspondent au taux nominal. Une fois intégrés l'assurance emprunteur, les garanties et les éventuels honoraires d'intermédiation, le coût effectif global (TAEG) bondit. Sur le premier trimestre, ce taux "tout compris" a atteint 3,89 %. Pour les ménages, cela se traduit par une charge financière conséquente : pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés sur une durée de 20 ans, le montant des intérêts à rembourser s'élève désormais à environ 44 000 euros.
| Indicateur de crédit (2026) | Janvier | Février |
|---|---|---|
| Taux d'intérêt moyen (hors frais) | 3,17 % | 3,23 % |
| Volume total de production | 10,9 Mds € | 11,6 Mds € |
L'impact des secousses géopolitiques sur le coût de la dette
Étonnamment, cette hausse tarifaire entamée en décembre n'a pas encore refroidi les ardeurs des investisseurs. La production de crédits a même progressé en un mois, passant de 10,9 milliards d'euros en janvier à 11,6 milliards en février. Cependant, l'optimisme des professionnels du secteur reste fragile. L'inquiétude se cristallise autour de la situation au Proche-Orient. Les tensions militaires impliquant l'Iran ont provoqué une onde de choc sur les marchés obligataires, essentiels au refinancement des banques commerciales.
Le rendement de l'OAT 10 ans (l'obligation d'État française), qui sert de référence pour fixer les taux de crédit aux particuliers, a subi une poussée de fièvre spectaculaire. Alors qu'il oscillait autour de 3,20 % fin février, il a atteint les 3,90 % le 27 mars dernier. Comme les établissements bancaires empruntent eux-mêmes sur ces marchés pour prêter aux clients, cette dégradation des conditions souveraines fait craindre un durcissement sévère des barèmes immobiliers dans les semaines à venir. La capacité des banques à absorber ce surcoût sans le répercuter intégralement sur les emprunteurs sera le grand défi du printemps 2026.