Indice des prix à la consommation : l'inflation remonte à 2,4 % en mai sous la pression de l'énergie

La trajectoire des prix à la consommation s'accélère à nouveau sur le territoire national. Selon le rapport annuel publié par l'Insee, l'inflation s'établit à 2,4 % sur un an en mai 2026, marquant un rebond après les 2,2 % enregistrés au mois d'avril. Ce regain de tension sur le pouvoir d'achat des ménages est directement attribuable à la surchauffe des tarifs énergétiques et à l'augmentation des services de télécommunication, en dépit d'une accalmie continue sur les produits alimentaires.
Énergie et transport : l'impact direct des tensions géopolitiques
Le principal moteur de la reprise inflationniste se situe dans le compartiment de l'énergie. Le revirement le plus marquant concerne les tarifs du gaz, qui bondissent de 11,3 % en mai après avoir enregistré un repli de -3,1 % le mois précédent. En parallèle, bien que les produits pétroliers affichent une très légère décélération technique, leurs prix de vente restent historiquement élevés (+31,1 % sur un an).
Cette pression sur les carburants est alimentée par le contexte de guerre au Moyen-Orient et se décline de manière critique sur les produits dérivés :
- Le gazole : Le prix à la pompe affiche une progression annuelle massive de +38 % (après +42,1 % en avril).
- Les combustibles liquides : Le fioul et les solutions de chauffage s'envolent de +57,4 % sur un an.
- Le transport aérien : Reflétant la hausse des prix des kérosènes, les billets d'avion accélèrent à +6,8 % (contre +2,5 % le mois précédent).
Services de communication : explosion des tarifs de la téléphonie mobile
Au-delà de l'énergie, le secteur tertiaire pèse lourdement sur l'indice global. Les services s'apprécient de 2,1 % sur un an. Cette poussée est en grande partie provoquée par les services de communication qui grimpent de 9,5 %.
Dans le détail, les tarifs des services de communication mobile enregistrent une hausse spectaculaire de 25,8 % sur un an en mai, contre +10,2 % en avril. Cette revalorisation unilatérale des abonnements compense le ralentissement observé dans d'autres secteurs du quotidien, tels que la restauration (+1,9 % contre +2,7 %) ou les services de protection sociale et d'aide à domicile (+1,3 %).
| Postes de consommation (Données Insee - Mai 2026) | Taux d'inflation annuel - Avril (%) | Taux d'inflation annuel - Mai (%) |
|---|---|---|
| Indice des prix à la consommation global (IPC) | 2,2 % | 2,4 % |
| Tarifs du gaz de réseau | - 3,1 % | + 11,3 % |
| Services de téléphonie mobile | + 10,2 % | + 25,8 % |
| Alimentation globale | + 12 % | + 1,1 % |
| Indice des prix harmonisé zone euro (IPCH) | + 2,5 % | + 2,8 % |
Alimentation : quatrième mois consécutif de décélération
La seule véritable note positive pour le budget des ménages provient des rayons alimentaires. Pour le quatrième mois consécutif, l'Insee observe une décélération des prix de l'alimentation, qui s'établissent à +1,1 % sur un an en mai (après +1,2 % en avril). Ce mouvement de stabilisation est porté par les produits hors produits frais : la viande ralentit à +2,9 %, le pain et les céréales se figent à +0,2 % et le rayon crémerie/oeufs se stabilise à +0,5 %.
Enfin, la grande distribution bascule dans une légère déflation sur ses produits phares. Les prix cumulés de l'alimentation industrielle, des produits d'entretien et d'hygiène-beauté se replient de 0,1 % sur un an. Du côté des critères européens, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) grimpe de 2,8 % en mai, actant un écart de calcul par rapport à l'indice national.