Livret A et LDDS : à quel taux s'attendre pour la hausse du 1er août 2026 ?

Le suspense prendra fin d'ici quelques jours. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a confirmé que le taux du Livret A – et par ricochet celui du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) – augmentera bien au 1er août 2026. Alors que l'exécutif finalise ses arbitrages, le verdict officiel est attendu pour le vendredi 10 juillet, date de la publication des chiffres définitifs de l'inflation par l'Insee. Entre formule mathématique stricte et coup de pouce politique, les scénarios oscillent désormais entre 1,70 % et 2,00 %.
La formule mathématique du Livret A : comment est-elle calculée ?
Sauf décision politique exceptionnelle, la rémunération du Livret A est révisée deux fois par an (le 1er février et le 1er août). Son calcul officiel repose sur l'application d'une formule paritaire qui combine deux indicateurs financiers majeurs, calculés en moyenne sur les six derniers mois :
- L'inflation hors tabac : Selon l'estimation provisoire de l'Insee, la moyenne semestrielle du premier semestre 2026 devrait s'établir à 1,533 %, freinée par une baisse surprise de la hausse des prix au mois de juin (1,80 % constaté contre 2,00 % initialement projeté).
- Les taux interbancaires (€ster) : Cet indice, qui reflète les échanges de liquidités à court terme entre les banques européennes, affiche une moyenne semestrielle arrêtée au 30 juin à 1,95857 %.
En faisant la moyenne de ces deux composantes, la formule mathématique brute donne un résultat théorique de 1,746 %. La réglementation imposant un arrondi au dixième de point le plus proche, l'application stricte de la règle technique ferait passer le taux du Livret A de 1,50 % actuellement à 1,70 % au 1er août.
Les scénarios des experts : 1,70 %, 1,80 % ou 2,00 % ?
Si la formule brute penche mathématiquement vers 1,70 %, les économistes et les observateurs du marché de l'épargne restent partagés sur l'arrondi final ou sur une éventuelle intervention de l'État.
Trois hypothèses majeures se dessinent pour la rentrée :
- Le scénario technique (1,70 %) : Soutenu par Éric Dor, directeur des études économiques de l'IESEG. Selon lui, la baisse inattendue de l'inflation hors tabac en juin a fait capoter le scénario d'une formule automatique à 1,80 %. L'arrondi inférieur à 1,70 % est donc techniquement le plus probable.
- Le scénario optimiste (1,80 %) : Évoqué par Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne. En s'appuyant sur des projections légèrement différentes (1,97 % pour l'€ster et 1,53 % pour l'inflation), l'arrondi au dixième supérieur pourrait être privilégié pour récompenser les épargnants.
- Le coup de pouce politique (2,00 %) : Le gouvernement dispose du pouvoir légal de s'écarter de la formule brute si les circonstances économiques le justifient. Fixer le taux à 2,00 % permettrait de maintenir le pouvoir d'achat des ménages, alors que l'Insee anticipe une inflation moyenne plus vigoureuse à 2,4 % pour le second semestre 2026.
Le Livret A et le LDDS partageant la même formule de calcul et le même taux, la revalorisation s'appliquera automatiquement et simultanément sur ces deux supports d'épargne réglementée. Pour les épargnants, une hausse (même limitée à 1,70 %) garantit un rendement totalement exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, consolidant le statut de placement refuge pour l'argent immédiatement disponible.
Tableau comparatif des scénarios de revalorisation du Livret A (1er Août 2026)
| Scénarios envisagés | Taux projeté au 1er août | Justification économique ou réglementaire |
|---|---|---|
| Taux en vigueur actuel | 1,50 % | Niveau de rémunération de base avant réévaluation de l'été. |
| Application stricte de la formule | 1,70 % | Moyenne brute à 1,746 % arrondie au dixième inférieur (Scénario IESEG). |
| Scénario d'arrondi supérieur | 1,80 % | Pondération basée sur un €ster semestriel plus haut (Scénario Cercle de l'Épargne). |
| Coup de pouce gouvernemental | 2,00 % | Dérogation politique pour s'aligner sur l'inflation annuelle attendue à 2,0 %. |
Le arbitrage final dépendra de la sensibilité politique du ministère des Finances. Suivre strictement la formule à 1,70 % permettrait de soulager le coût du crédit pour le logement social (financé par les fonds du Livret A centralisés à la Caisse des Dépôts), tandis qu'un arbitrage à 1,80 % ou 2,00 % enverrait un signal fort de soutien au pouvoir d'achat des ménages français.