Paris : les mesures radicales du nouveau maire pour lutter contre la crise du logement

La nouvelle administration parisienne, dirigée par Emmanuel Grégoire, affiche ses ambitions pour transformer le marché immobilier de la capitale. Entre restrictions sur les résidences secondaires et mesures de réquisition pour les logements inoccupés, les propriétaires s'apprêtent à faire face à une régulation sans précédent.
Un encadrement ciblé des résidences non principales via le PLU
Le constat dressé par la municipalité est sans appel : la part des résidences secondaires dans le parc privé parisien a progressé de trois points en trente ans, atteignant désormais 10 % des logements de la ville. Pour contrer cette tendance, Emmanuel Grégoire souhaite s'appuyer sur les leviers juridiques du Plan Local d'Urbanisme (PLU). L'objectif est de sanctuariser certains secteurs en réservant les nouveaux logements à la seule résidence principale.
Interrogée par CNEWS, l'économiste Bérénice Deville tempère toutefois la portée globale d'une telle réforme : « La loi permet surtout via le PLU d'encadrer certains logements nouveaux dans des secteurs ciblés en les réservant à la résidence principale. Donc juridiquement, c'est possible à la marge, pas comme une interdiction générale de toutes les résidences secondaires existantes ». Cette approche sectorielle permettrait à la mairie d'agir sans se heurter à une inconstitutionnalité totale, tout en freinant la spéculation immobilière dans les quartiers les plus tendus.
| Catégorie de logement | Mesure envisagée | Objectif |
|---|---|---|
| Locations touristiques | Interdiction des biens 100% Airbnb | Libérer des appartements à l'année |
| Vacance de + de 5 ans | Taxation forte et réquisition | Hébergement d'urgence |
| Résidences secondaires | Quota via le PLU | Limiter la désertification des quartiers |
Réquisitions et surveillance : la création d'une police de l'habitat
Le plan municipal prévoit également un volet coercitif pour les appartements laissés vides depuis plus de 60 mois. Ces logements vacants pourraient être réquisitionnés afin de répondre aux besoins de mise à l'abri des personnes sans domicile fixe. Pour piloter ces sanctions et vérifier l'usage réel des biens, la mairie annonce la création d'une "brigade du logement". Cette nouvelle unité de surveillance soulève des inquiétudes quant à l'intrusion de la municipalité dans la gestion du patrimoine privé.
« On installe une équipe municipale pour surveiller l'usage que les propriétaires font de leurs biens. Est-ce qu'on veut une mairie qui accompagne, ou une maire qui soupçonne en permanence les propriétaires ? », s'interroge Bérénice Deville. Parallèlement à ces contrôles, les bailleurs ne doivent pas s'attendre à un allègement de la pression fiscale. La taxe foncière, qui a généré plus de 600 millions d'euros de recettes l'an dernier, restera un pilier du budget parisien, sans aucune baisse à l'horizon. Cette stratégie globale marque une rupture nette, privilégiant la fonction sociale du logement au détriment de la liberté d'usage commerciale ou patrimoniale.