Succès historique de l'assurance-vie : les épargnants français plébiscitent le placement en 2026

Le début de l'année 2026 marque un tournant pour l'épargne des Français, qui se tournent massivement vers l'assurance-vie au détriment des livrets réglementés. Portée par des volumes de cotisations jamais vus, cette dynamique confirme le statut de "couteau suisse" financier de ce support dans un paysage économique en mutation.
Une collecte printanière qui pulvérise les précédents sommets
Les chiffres communiqués ce vendredi 27 mars par la fédération France Assureurs témoignent d'un engouement sans précédent. Durant le mois de février 2026, les versements sur les contrats d'assurance-vie ont atteint la somme vertigineuse de 19,5 milliards d'euros. Selon les données relayées par Capital, ce montant dépasse de 400 millions d'euros le record déjà établi en janvier dernier, et affiche une progression de 2,7 milliards d'euros par rapport à la même période l'an passé.
Pour Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, « Les résultats du mois de février confirment la bonne dynamique de l'assurance-vie en ce début d'année 2026, qui continue de s'affirmer comme un placement de référence pour les épargnants ». Cette vitalité se traduit par une hausse annuelle des cotisations de 16 %, portant l'encours global à un niveau historique.
| Indicateur Clé | Valeur au 28 février 2026 | Évolution annuelle |
|---|---|---|
| Cotisations mensuelles | 19,5 milliards € | + 16 % |
| Encours total | 2 143 milliards € | + 5,4 % |
| Collecte nette (Fév.) | Record sur 20 ans | En hausse |
Une allocation d'actifs tournée vers le soutien de l'économie réelle
L'argent déposé par les ménages ne reste pas passif. L'expert souligne que ces fonds participent activement « au financement de l'économie ». En effet, la structure des investissements révèle une orientation forte vers les entreprises (63 % des encours) et les dettes d'États (24 % en obligations souveraines). Cette répartition permet à l'assurance-vie de jouer un rôle de moteur pour la croissance nationale.
Par ailleurs, l'équilibre entre la sécurité et la recherche de performance s'affine. Le Monde note que les supports en unités de compte (UC), plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs, représentent désormais 41 % des cotisations de février, en croissance de 15 %. Les fonds en euros, garantis en capital, ne sont pas en reste avec une progression de 11 %. Malgré des rachats (retraits) s'élevant à 12,5 milliards d'euros, la balance reste largement positive, signant la meilleure collecte nette pour un mois de février depuis deux décennies.
Des incertitudes géopolitiques susceptibles d'orienter les futurs arbitrages
Si la baisse de rémunération du Livret A et des autres produits d'épargne réglementée favorise mécaniquement l'assurance-vie, le ciel n'est pas totalement dégagé. La stabilité des marchés financiers reste une condition sine qua non à la poursuite de ce cycle vertueux. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, tempère toutefois cet enthousiasme en soulignant les risques de tensions internationales.
Selon lui, « Néanmoins, la guerre en Iran pourrait rebattre légèrement les cartes. En période de crise, les ménages ont tendance à privilégier l'épargne de précaution, et en premier lieu le Livret A ». En cas d'escalade du conflit, le réflexe de sécurité pourrait freiner les versements vers les unités de compte au profit de liquidités immédiatement disponibles. Pour l'heure, l'assurance-vie profite d'un alignement des planètes rare, entre baisse des taux d'intérêt concurrents et résilience des marchés actions.