Du compromis de vente à l'acte authentique : les étapes finales

Arsalain EL KESSIR
Du compromis de vente à l'acte authentique : les étapes finales

✍ Les points à retenir

  • Après la signature du compromis de vente, l'acheteur dispose d'un délai légal de rétractation de 10 jours avant de s'engager définitivement.
  • Durant cette période, les conditions suspensives prévues au compromis, comme l'obtention du prêt immobilier, doivent être réalisées.
  • Le notaire rassemble les documents nécessaires, effectue les vérifications juridiques et prépare l'acte authentique de vente.
  • Une fois le financement validé, la banque débloque les fonds pour permettre la signature définitive chez le notaire.
  • La signature de l'acte authentique marque le transfert de propriété et la remise des clés à l'acheteur.

Le compromis de vente : rôle et portée juridique

Le compromis de vente, également appelé promesse synallagmatique de vente, est l'avant-contrat par lequel le vendeur et l'acquéreur s'engagent mutuellement à conclure la transaction immobilière à un prix déterminé. Contrairement à une simple offre d'achat, cet acte scelle l'accord des deux parties et fixe les conditions précises de la mutation de propriété, marquant le véritable point de départ du processus administratif et financier.

Un engagement réciproque et définitif

Sur le plan juridique, le compromis de vente vaut vente dès lors qu'il y a accord sur la chose et sur le prix. En signant ce document, le vendeur s'interdit de proposer son bien à un autre acheteur et l'acquéreur s'oblige à acquérir le logement. C'est un contrat synallagmatique, ce qui signifie qu'il crée des obligations réciproques. Si l'une des parties refuse de signer l'acte définitif sans motif légal, l'autre peut l'y contraindre par voie de justice ou réclamer le versement de dommages et intérêts.

Le délai de rétractation de l'acquéreur

La portée juridique du compromis de vente est tempérée par une protection spécifique accordée à l'acheteur non professionnel. Conformément à la loi SRU, l'acquéreur dispose d'un délai de réflexion de 10 jours calendaires pour revenir sur sa décision sans avoir à justifier de motif ni à payer de pénalités. Ce délai commence le lendemain de la notification de l'acte signé. Passé ce délai, l'engagement devient ferme et définitif, sauf en cas de non-réalisation d'une clause suspensive inscrite au contrat.

Le versement du dépôt de garantie

Lors de la signature du compromis de vente, il est d'usage que l'acquéreur verse une somme appelée dépôt de garantie, généralement comprise entre 5 % et 10 % du prix de vente. Ces fonds sont bloqués sur un compte séquestre, souvent celui du notaire, jusqu'à la signature de l'acte authentique. Ce versement témoigne du sérieux de l'acheteur. En cas de rétractation légale ou de non-obtention d'un prêt immobilier (si prévu au contrat), cette somme est intégralement restituée. En revanche, si l'acheteur se désiste sans motif valable après le délai légal, le vendeur peut conserver ce montant à titre d'indemnisation.

La fixation du cadre contractuel de la vente

Le compromis de vente définit l'intégralité des règles qui régiront la transaction jusqu'à son terme. Il précise l'état du bien, les diagnostics obligatoires, la date limite de signature de l'acte authentique et les éventuelles charges qui resteront à la charge de chacune des parties. Ce document est la base de travail du notaire, qui s'appuiera sur ces clauses pour purger les droits de préemption et préparer le transfert de propriété officiel.

Les délais entre le compromis de vente et l'acte authentique

Le temps qui s'écoule entre la signature du compromis de vente et celle de l'acte authentique est une période de transition nécessaire pour sécuriser la transaction. En règle générale, ce délai est d'environ trois mois. Cette durée n'est pas choisie au hasard : elle correspond au temps incompressible requis par les différents acteurs (notaires, banques, mairies) pour accomplir les formalités administratives et financières indispensables au transfert de propriété.

Le délai moyen de trois mois : une norme d'usage

Bien qu'aucune loi ne fixe de durée minimale ou maximale, l'usage veut que l'on compte 90 jours entre le compromis de vente et la signature finale. Ce laps de temps permet au notaire de rassembler les pièces d'urbanisme, de vérifier l'état civil des parties et de purger les droits de préemption urbains. Pour l'acheteur, ces trois mois sont principalement dédiés à l'obtention de son financement, une étape qui prend généralement entre 45 et 60 jours selon la réactivité de l'établissement bancaire.

Le délai de rétractation : les 10 premiers jours

La première phase des délais commence dès le lendemain de la notification du compromis de vente par lettre recommandée. L'acquéreur dispose d'un délai légal de 10 jours calendaires pour changer d'avis sans pénalité. Durant cette période, aucune démarche lourde n'est généralement engagée par le notaire, car la vente peut encore être annulée de plein droit par l'acheteur. Ce n'est qu'à l'issue de ces 10 jours que le dossier entre réellement dans sa phase active de traitement administratif.

L'incidence du droit de préemption urbain

L'un des délais les plus contraignants est celui lié à la Déclaration d'Intention d'Aliéner (DIA). Une fois le compromis de vente signé, le notaire informe la mairie de la transaction. La municipalité dispose alors d'un délai de deux mois pour décider si elle souhaite se porter acquéreur du bien en priorité pour réaliser un projet d'intérêt général. Si ce délai peut être raccourci par une réponse rapide de la mairie, le notaire est légalement tenu d'attendre l'expiration de ces deux mois en l'absence de réponse explicite pour pouvoir conclure la vente.

Le calendrier bancaire et l'offre de prêt

Le calendrier est également dicté par le Code de la consommation en ce qui concerne le crédit. L'acheteur dispose généralement d'un mois après le compromis de vente pour déposer son dossier de prêt et de deux mois pour obtenir une offre. Une fois l'offre de prêt reçue, un délai de réflexion obligatoire de 10 jours doit être respecté avant de pouvoir la signer. Ces étapes cumulées constituent la majeure partie du temps d'attente et expliquent pourquoi il est difficile de descendre sous la barre des deux mois pour une vente avec financement bancaire.

Les conditions suspensives à lever avant la vente définitive

L'une des fonctions majeures du compromis de vente est de protéger les parties contre les imprévus. Les conditions suspensives sont des clauses qui permettent d'annuler la transaction sans pénalité si un événement futur et incertain ne se réalise pas. Leur levée est une étape cruciale qui transforme un accord provisoire en une obligation d'achat ferme.

La condition suspensive d'obtention de prêt

Il s'agit de la clause la plus courante. Elle protège l'acquéreur au cas où les banques refuseraient de financer son projet. Le compromis de vente précise alors le montant emprunté, le taux maximal accepté et la durée du crédit. Si l'acheteur essuie au moins deux refus de prêt conformes aux caractéristiques inscrites dans le contrat, il peut se libérer de son engagement et récupérer l'intégralité de son dépôt de garantie.

L'absence de droit de préemption

Le transfert de propriété est toujours subordonné à la renonciation des collectivités publiques à leur droit de priorité. Une fois le compromis de vente signé, le notaire interroge la commune. Si celle-ci décide d'exercer son droit de préemption pour construire des logements sociaux ou des infrastructures, la vente entre le vendeur et l'acheteur initial est annulée de plein droit. La levée de cette condition est indispensable pour purger le titre de propriété.

L'état de l'urbanisme et les servitudes

Pour que la vente soit définitive, le notaire doit vérifier qu'aucune servitude grave (passage de canalisations, droit de passage, alignement) ne vient déprécier la valeur du bien ou empêcher son usage normal. De même, si l'achat est lié à un projet spécifique, une condition suspensive d'obtention d'un permis de construire ou d'un certificat d'urbanisme opérationnel peut être insérée dans le compromis de vente pour protéger l'acquéreur.

Les conditions liées à la vente d'un autre bien

Dans certains cas, un acheteur peut conditionner l'acquisition de son nouveau logement à la vente de son habitation actuelle. Cette clause, bien que plus difficile à faire accepter par les vendeurs, permet de sécuriser le plan de financement. Elle doit être rédigée avec une précision extrême dans le compromis de vente, en fixant des délais stricts pour la signature d'un avant-contrat et de l'acte définitif du bien vendu.

Les démarches de l'acheteur après la signature du compromis

Une fois le compromis de vente signé, l'acquéreur entre dans une phase active où la gestion du temps est primordiale. Bien que le notaire orchestre la partie administrative, l'acheteur doit accomplir plusieurs formalités obligatoires, principalement bancaires, pour transformer son projet en réalité juridique et financière.

La recherche et la validation du financement

C'est l'étape la plus critique. Dès la signature du compromis de vente, l'acheteur dispose généralement d'un délai de 45 à 60 jours pour obtenir une offre de prêt. Il doit déposer des dossiers complets auprès de ses partenaires bancaires sans tarder. Il est impératif de respecter les caractéristiques de financement (montant, durée, taux) inscrites dans l'avant-contrat. En cas de refus, l'acheteur devra fournir au notaire les justificatifs nécessaires pour faire jouer la condition suspensive et récupérer son dépôt de garantie.

La souscription à l'assurance emprunteur

Indissociable du crédit, l'assurance emprunteur doit être anticipée, surtout si l'acquéreur présente un profil de santé spécifique nécessitant des examens médicaux complémentaires. L'acheteur peut choisir l'assurance de la banque ou opter pour une délégation externe, à condition que les garanties soient équivalentes à celles exigées par le prêteur. Cette démarche doit être finalisée rapidement après le compromis de vente pour ne pas retarder l'édition des offres de prêt définitives.

Le déblocage des fonds et les frais annexes

À l'approche de la signature de l'acte authentique, l'acheteur doit s'assurer que son apport personnel est disponible et mobilisable. Il devra donner l'ordre à sa banque de transférer les fonds (apport et crédit) sur le compte de l'étude notariale quelques jours avant le rendez-vous final. Il faut également prévoir le règlement des frais de notaire, dont le montant exact est communiqué par l'étude peu avant la clôture du dossier. Un défaut de provision au moment de la signature rendrait le compromis de vente caduc par la faute de l'acquéreur.

La visite de courtoisie avant la signature finale

Il est fortement conseillé à l'acheteur de solliciter une dernière visite du bien juste avant de se rendre chez le notaire. Cette étape permet de vérifier que le logement est conforme à l'état décrit dans le compromis de vente, qu'il a été vidé de ses encombrants et qu'aucune dégradation nouvelle n'est apparue (fuite d'eau, vitres brisées). C'est également le moment idéal pour effectuer les relevés de compteurs (eau, gaz, électricité) afin de faciliter le transfert des contrats d'abonnement le jour de la remise des clés.

Les obligations du vendeur entre compromis et acte définitif

La signature du compromis de vente n'exonère pas le vendeur de ses responsabilités vis-à-vis du bien. Bien que le transfert de propriété ne soit pas encore effectif, le vendeur reste le gardien juridique du logement et doit respecter plusieurs obligations strictes pour garantir la bonne exécution du contrat final.

L'obligation de conservation et d'entretien du bien

Entre le compromis de vente et l'acte authentique, le vendeur est tenu de livrer le bien dans l'état exact où il se trouvait lors de la visite et de la signature de l'avant-contrat. Il doit veiller à l'entretien courant, maintenir le chauffage en période hivernale pour éviter les dégradations et s'assurer qu'aucun dommage nouveau ne survienne. Le vendeur ne peut pas modifier la structure du bien ou retirer des équipements mentionnés comme "biens meubles" inclus dans la vente (cuisine équipée, radiateurs, luminaires spécifiques) sans l'accord explicite de l'acquéreur.

L'interdiction de louer ou de modifier l'occupation

Le vendeur perd la liberté de disposer de son bien comme bon lui semble dès lors que le compromis de vente est signé. Il lui est formellement interdit de consentir un nouveau bail locatif, de proroger un bail existant ou d'autoriser l'occupation du logement par un tiers, même à titre gratuit. Le bien doit être libre de toute occupation le jour de la signature de l'acte authentique, sauf si une clause spécifique de l'avant-contrat prévoit le maintien d'un locataire en place.

La transparence sur l'évolution du dossier administratif

Le vendeur doit collaborer activement avec le notaire pour fournir toutes les pièces nécessaires à la purge des droits. Si un événement survient durant cette période intermédiaire (sinistre, nouveau procès avec un voisin, arrêté de péril ou notification de travaux de copropriété), le vendeur a l'obligation d'en informer l'acquéreur. Toute dissimulation d'une information substantielle survenue après le compromis de vente pourrait être qualifiée de dol et entraîner l'annulation de la vente ou une révision du prix.

L'obligation de délivrance et de remise des clés

Le jour de l'acte authentique, l'obligation principale du vendeur est la délivrance du bien. Cela implique non seulement le départ physique des lieux (logement vidé de tous les encombrants), mais aussi la remise de l'intégralité des clés, des codes d'accès et des télécommandes. Le vendeur doit également remettre les notices des appareils restants et les factures des travaux récents. Le non-respect de cette obligation de délivrance conforme aux clauses du compromis de vente peut bloquer le déblocage des fonds et entraîner des indemnités de retard au profit de l'acheteur.

Le rôle du notaire durant la phase intermédiaire

Le notaire est le pivot central de la transaction entre la signature du compromis de vente et l'acte définitif. Officier public assermenté, il ne se contente pas d'enregistrer la vente ; il exerce une mission de contrôle et de sécurisation juridique pour le compte de l'État, du vendeur et de l'acquéreur. Son travail invisible durant cette période est ce qui garantit la validité du titre de propriété.

La vérification de l'origine de propriété et des titres

L'une des missions prioritaires du notaire après la signature du compromis de vente consiste à retracer l'historique du bien sur les trente dernières années. Cette analyse, appelée recherche d'origine de propriété, permet de s'assurer que le vendeur est bien le propriétaire légitime et qu'il détient la pleine capacité juridique de vendre. Le notaire vérifie également l'absence d'hypothèques ou de privilèges inscrits sur le bien qui pourraient empêcher la transaction ou se transmettre à l'acquéreur.

La purge des droits de préemption

Dès que le compromis de vente est formalisé, le notaire adresse une Déclaration d'Intention d'Aliéner (DIA) aux autorités compétentes, principalement la mairie. Cette procédure vise à purger le droit de préemption urbain. Le notaire interroge également d'autres organismes si nécessaire (comme la SAFER pour des terrains agricoles). Sans la réponse de ces organismes ou l'extinction de leur délai de réponse légal, le notaire n'est pas autorisé à finaliser l'acte authentique.

La centralisation des pièces d'urbanisme et administratives

Le notaire rassemble un volume considérable de documents administratifs pour constituer le dossier de vente. Il sollicite le certificat d'urbanisme pour vérifier les règles applicables au terrain, demande l'état de situation des impôts et contacte le syndic de copropriété pour obtenir le "pré-état daté" et l'état daté. Ces documents permettent de répartir précisément les charges, les travaux et les taxes entre les deux parties, conformément aux accords stipulés dans le compromis de vente.

Le rôle de collecteur d'impôts et de gestionnaire des fonds

Enfin, le notaire assure la gestion financière de l'opération. Il reçoit les fonds de la banque et l'apport de l'acquéreur sur son compte de comptabilité publique. Lors de la signature finale, il procède au virement au vendeur après avoir déduit les éventuelles sommes dues (remboursement d'un prêt en cours, commissions, charges de copropriété impayées). C'est également lui qui collecte pour le compte du Trésor public les "frais de notaire", qui sont en réalité majoritairement des droits de mutation (taxes) reversés aux collectivités territoriales.

Comment raccourcir les délais entre compromis et acte authentique ?

Bien que le délai standard entre la signature du compromis de vente et l'acte final soit de trois mois, il est possible d'optimiser ce calendrier. Une préparation minutieuse en amont et une coordination réactive entre les parties permettent de gagner plusieurs semaines précieuses sur le traitement du dossier.

Anticiper la constitution du dossier technique et administratif

Le principal facteur de ralentissement est souvent l'attente de pièces administratives manquantes. Pour gagner du temps, le vendeur doit préparer l'intégralité du dossier de diagnostics techniques, les documents de copropriété (procès-verbaux, carnet d'entretien) et les justificatifs de travaux avant même la signature du compromis de vente. Si le notaire dispose de tous les éléments dès le premier jour, il peut lancer les demandes de certificats d'urbanisme et purger les droits de préemption immédiatement, sans attendre les relances habituelles.

Accélérer les démarches de financement

Côté acquéreur, la réactivité est la clé. Pour réduire le délai après le compromis de vente, il est conseillé d'avoir déjà réalisé une simulation de prêt validée ou d'avoir obtenu un accord de principe de la part d'une banque. Une fois l'avant-contrat signé, l'acheteur doit déposer son dossier complet sous 48 heures. En relançant régulièrement son conseiller bancaire et en fournissant les pièces complémentaires sans délai, il est possible de recevoir l'offre de prêt en moins de 30 jours, contre 45 à 60 jours en moyenne.

Solliciter une réponse anticipée pour le droit de préemption

Le délai de deux mois accordé aux mairies pour exercer leur droit de préemption est souvent le plus long à purger. Toutefois, dans certaines communes, le notaire peut demander une réponse prioritaire. Si la mairie confirme par écrit qu'elle renonce à préempter avant la fin du délai légal, la vente peut théoriquement être signée dès réception de ce document. Cette démarche dépend toutefois de la charge de travail des services d'urbanisme locaux et n'est pas possible dans toutes les zones géographiques.

Privilégier la communication directe entre les études notariales

Si l'acheteur et le vendeur ont chacun leur propre notaire, la circulation des informations peut être ralentie. Pour raccourcir les délais après le compromis de vente, il est recommandé de mettre en place une boucle de communication fluide. L'utilisation de la signature électronique et de la visioconférence pour les rendez-vous intermédiaires permet également de supprimer les délais postaux et les contraintes de déplacement, facilitant ainsi une signature de l'acte authentique dès que toutes les conditions suspensives sont levées.

Retard ou blocage : que faire en cas de dépassement des délais ?

Malgré la signature du compromis de vente, il arrive que la date prévue pour l'acte authentique ne puisse pas être respectée. Qu'il s'agisse d'un retard administratif, d'un problème de financement ou d'une défaillance de l'une des parties, il est essentiel de connaître les recours pour débloquer la situation et protéger vos intérêts.

La prorogation amiable du délai

La date de signature indiquée dans le compromis de vente est souvent une date "butoir" ou cible. Si le retard est dû à un élément indépendant de la volonté des parties (lenteur administrative pour l'obtention d'un état daté ou réponse tardive de la mairie), la solution la plus simple est la signature d'un avenant de prorogation. Cet acte, rédigé par le notaire, permet de repousser officiellement la date limite de vente. L'accord amiable évite ainsi la caducité du contrat et permet de maintenir les conditions initiales de la transaction sans frais supplémentaires.

La mise en demeure en cas de silence ou de refus

Si l'une des parties ne se manifeste pas à l'approche de la date fatidique ou refuse de signer sans motif légitime, l'autre partie doit réagir de manière formelle. Le notaire peut alors convoquer les parties par lettre recommandée pour une signature à une date précise. Si l'un des signataires ne se présente pas, le notaire dresse un procès-verbal de carence ou de difficulté. Ce document est indispensable sur le plan juridique car il constate officiellement l'inexécution des obligations nées du compromis de vente et ouvre la voie à des recours judiciaires.

L'activation de la clause pénale

La quasi-totalité des modèles de compromis de vente inclut une clause pénale. Celle-ci stipule qu'en cas de manquement injustifié d'une partie à ses obligations, celle-ci devra verser à l'autre une indemnité forfaitaire, souvent fixée à 10 % du prix de vente. Si l'acheteur se désiste sans que les conditions suspensives ne soient en cause, ou si le vendeur refuse de vendre, la partie lésée peut demander l'application de cette clause. Le dépôt de garantie versé initialement sert alors souvent de base au paiement de cette indemnité.

Le recours à l'exécution forcée de la vente

Dans les cas les plus extrêmes, si l'une des parties souhaite absolument que la transaction aboutisse malgré le refus de l'autre, elle peut engager une action en exécution forcée devant le Tribunal Judiciaire. Le jugement rendu pourra alors valoir vente et remplacer la signature de l'acte authentique. Cependant, cette procédure est longue et coûteuse. Il est souvent préférable de négocier une résolution amiable du compromis de vente assortie d'un dédommagement, afin de libérer le bien et de permettre à l'acheteur comme au vendeur de poursuivre leur projet respectif.

La signature de l'acte authentique de vente chez le notaire

La signature de l'acte authentique constitue l'aboutissement du processus initié lors du compromis de vente. Ce rendez-vous formel, qui se déroule généralement à l'étude notariale, marque le transfert de propriété officiel, le paiement intégral du prix et la remise des clés à l'acquéreur.

La lecture et la vérification de l'acte définitif

Le jour J, le notaire procède à la lecture complète de l'acte de vente devant le vendeur et l'acheteur. Cette étape permet de s'assurer que toutes les conditions et clauses particulières inscrites dans le compromis de vente ont été respectées. Le notaire vérifie une dernière fois l'état civil des parties, la désignation précise du bien et la levée de l'ensemble des conditions suspensives. C'est le moment ultime pour poser des questions techniques sur les servitudes ou les règlements de copropriété avant que l'engagement ne devienne irrévocable.

Le règlement financier de la transaction

Contrairement au compromis de vente où seul un dépôt de garantie est versé, l'acte authentique exige le paiement total. Le notaire s'est préalablement assuré que les fonds provenant du prêt bancaire et de l'apport personnel de l'acheteur ont bien été crédités sur le compte de l'étude. Durant la séance, il procède au décompte final incluant le prix de vente, les frais d'acquisition (taxes et émoluments) et les éventuels remboursements au prorata (taxe foncière, charges de copropriété). Aucun paiement direct entre les parties n'est autorisé : tout doit transiter par la comptabilité du notaire.

Le transfert de propriété et la remise des clés

Dès que l'acte est signé par les parties et par le notaire, le transfert de propriété est effectif. L'acheteur devient officiellement propriétaire et le vendeur lui remet l'intégralité des clés du logement. Bien que le titre de propriété définitif ne soit envoyé que quelques mois plus tard (après publication au service de la publicité foncière), le notaire remet immédiatement à l'acquéreur des attestations de propriété. Ces documents sont indispensables pour souscrire les contrats d'assurance habitation et effectuer les démarches auprès des fournisseurs d'énergie.

Les formalités de publicité foncière

Après la signature, le rôle du notaire se poursuit par l'enregistrement de l'acte. Il publie la vente auprès du service de la publicité foncière afin de la rendre opposable aux tiers. Cette procédure garantit que le droit de propriété de l'acheteur est désormais inscrit dans les registres officiels de l'État. C'est également à ce stade que le notaire reverse les droits de mutation perçus lors de la vente au Trésor public, finalisant ainsi le cycle administratif ouvert par le compromis de vente.

Ce qui change juridiquement après la signature de l'acte définitif

La signature de l'acte authentique marque une rupture juridique majeure avec la période du compromis de vente. Alors que l'avant-contrat n'était qu'une promesse réciproque, l'acte définitif opère le transfert de propriété immédiat et déclenche de nouvelles responsabilités pour l'acquéreur, tout en mettant fin à certaines obligations du vendeur.

Le transfert de la propriété et des risques

Dès la signature, l'acheteur devient le propriétaire légal du bien. Ce transfert de propriété entraîne simultanément le transfert des risques. Cela signifie que si un sinistre survient après la signature (incendie, dégât des eaux), la responsabilité incombe désormais à l'acquéreur et à son assurance. Contrairement à la phase du compromis de vente où le vendeur devait conserver le bien en bon état, c'est maintenant l'acheteur qui assume la pleine et entière jouissance, mais aussi la garde juridique de l'immeuble.

L'opposabilité aux tiers par la publicité foncière

L'acte authentique possède une force probante que n'a pas le compromis de vente. Le notaire se charge de publier l'acte au service de la publicité foncière. Cette démarche rend la vente "opposable aux tiers", ce qui signifie que personne ne peut plus contester la qualité de propriétaire de l'acquéreur. C'est cette formalité qui sécurise définitivement le patrimoine de l'acheteur face à d'éventuels créanciers du vendeur ou à des revendications de propriété ultérieures.

Le déclenchement des garanties post-vente

Après la signature, les relations entre les parties basculent dans le cadre des garanties légales. Le vendeur n'est plus responsable de l'entretien, mais il reste tenu par la garantie des vices cachés, sauf clause d'exclusion spécifique souvent insérée dans l'acte pour les ventes entre particuliers. Si le logement est neuf ou a fait l'objet de gros travaux de moins de dix ans, les garanties biennale et décennale sont transférées à l'acquéreur. Ces protections juridiques prennent le relais des clauses suspensives qui figuraient dans le compromis de vente.

L'extinction des obligations du compromis de vente

La signature de l'acte authentique emporte généralement l'extinction des engagements nés du compromis de vente, à moins que certaines obligations n'aient été expressément maintenues (comme une promesse de travaux à finir par le vendeur après la remise des clés). Le paiement du prix étant effectué et les clés remises, le contrat initial est considéré comme pleinement exécuté. L'acquéreur entre alors dans sa nouvelle vie de propriétaire, avec l'obligation de s'acquitter des taxes locales (taxe foncière) et des charges de copropriété à venir.

FAQ – Délais et étapes entre compromis et acte authentique

Quel est le délai minimum possible entre le compromis et l'acte authentique ?

Bien que la moyenne soit de trois mois, il est techniquement possible de descendre à deux mois si l'acheteur n'a pas recours à un prêt bancaire et si la mairie renonce rapidement à son droit de préemption. Cependant, les délais de vérification d'état civil et d'urbanisme par le notaire rendent difficile une signature en moins de 8 semaines après le compromis de vente.

Peut-on modifier le prix de vente après la signature du compromis ?

Non, le prix fixé dans le compromis de vente est ferme et définitif pour les deux parties. Une modification n'est possible qu'en cas de découverte d'un vice ou d'une non-conformité majeure (par exemple, une superficie réelle inférieure de plus de 5 % à celle annoncée pour un lot en copropriété), ce qui nécessite alors un avenant ou une renégociation encadrée par le notaire.

Que faire si l'offre de prêt arrive après la date limite du compromis ?

Si l'acheteur a déposé sa demande de prêt dans les délais mais que la banque tarde à éditer l'offre, il est impératif de demander une prorogation écrite au vendeur. Tant que le vendeur accepte de signer un avenant prolongeant la condition suspensive, le compromis de vente reste valable. Sans cet accord, l'acheteur risque de perdre son dépôt de garantie.

Est-il possible de commencer des travaux avant l'acte authentique ?

En principe, non. Le vendeur reste propriétaire et responsable du bien jusqu'à la signature de l'acte définitif. Autoriser des travaux après le compromis de vente comporte des risques juridiques majeurs (accident, travaux non conformes, abandon du projet). Si le vendeur l'accepte, cela doit impérativement faire l'objet d'une convention d'occupation précaire ou d'une clause spécifique rédigée par le notaire.

Qui paie la taxe foncière l'année de la vente ?

Légalement, la taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier de l'année. Cependant, le compromis de vente prévoit presque toujours un remboursement "prorata temporis". Lors de la signature de l'acte authentique, l'acheteur rembourse au vendeur la part de la taxe correspondant à la période allant de la signature jusqu'au 31 décembre.

Peut-on changer de notaire entre le compromis et l'acte définitif ?

Il est déconseillé de changer de notaire en cours de route, car cela ralentirait considérablement la procédure. En revanche, l'acheteur et le vendeur peuvent avoir chacun leur propre notaire dès la signature du compromis de vente. Dans ce cas, les deux officiers publics se partagent les honoraires sans surcoût pour les clients, et collaborent pour la préparation de l'acte final.

Que se passe-t-il si un sinistre survient avant la signature finale ?

Si un sinistre (incendie, inondation) survient entre le compromis de vente et l'acte authentique, le vendeur doit en informer l'acquéreur immédiatement. Si le bien n'est plus conforme à sa désignation initiale ou si les dommages sont importants, l'acheteur peut exiger la remise en état aux frais du vendeur ou décider d'annuler la vente sans pénalité.

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