Les critères d'éligibilité au prêt à taux zéro (PTZ)

✍ Les points à retenir
- Le statut de primo-accédant : Vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale au cours des 2 dernières années précédant l'offre de prêt (sauf exceptions comme l'invalidité ou une catastrophe naturelle).
- Les plafonds de ressources : Vos revenus (Revenu Fiscal de Référence de l'année N-2) ne doivent pas dépasser des limites fixées selon la zone géographique (A, Abis, B1, B2 ou C) et la composition de votre foyer.
- La résidence principale : Le logement financé doit devenir votre résidence principale au plus tard 1 an après l'achat ou la fin des travaux. Il doit être occupé au moins 8 mois par an.
- Le zonage et le type de bien :
- Dans le neuf : Le PTZ est principalement ciblé sur les appartements en zones tendues (A, Abis, B1).
- Dans l'ancien : Il est disponible en zones détendues (B2, C) à condition de réaliser des travaux de rénovation représentant au moins 25 % du coût total de l'opération.
- La quotité de financement : Le PTZ ne finance pas 100 % du bien. Selon la zone et le type de projet, il peut couvrir jusqu'à 20 %, 40 % ou 50 % du montant de l'achat (dans la limite d'un plafond de prix).
- Le bail réel solidaire (BRS) : En 2026, les achats via un BRS sont éligibles au PTZ sur l'ensemble du territoire, facilitant l'accès à la propriété dans les secteurs les plus chers.
Qu'est-ce que le Prêt à Taux Zéro (PTZ) ? Définition et principe
Le PTZ est un dispositif financier de soutien à l'accession à la propriété, mis en place par l'État pour aider les ménages à financer l'achat de leur première résidence principale. Contrairement à un crédit immobilier classique, ce prêt ne comporte aucun intérêt : le taux nominal est de 0 %. Il s'agit d'un prêt complémentaire, ce qui signifie qu'il ne peut pas financer la totalité de l'opération immobilière. Il doit obligatoirement être associé à un prêt principal, comme un crédit bancaire traditionnel, un Prêt d'Accession Sociale (PAS) ou un Prêt Action Logement. En 2026, ce mécanisme reste l'un des piliers des aides publiques au logement, permettant de réduire significativement le coût total du crédit pour l'emprunteur.
Un prêt gratuit financé par l'État
Le principe fondamental du PTZ repose sur la prise en charge des intérêts par la collectivité. L'État accorde une compensation fiscale aux établissements bancaires ayant signé une convention, afin que ces derniers puissent prêter des fonds sans exiger de rémunération sous forme d'intérêts de la part des particuliers. L'emprunteur ne rembourse donc que le capital emprunté. Cette gratuité permet d'augmenter la capacité d'emprunt des ménages et de faciliter l'obtention d'un accord bancaire en améliorant le profil financier du dossier. Bien qu'il soit exempt d'intérêts, le bénéficiaire doit néanmoins s'acquitter de l'assurance emprunteur, qui reste obligatoire pour garantir le remboursement en cas d'accident de la vie.
Une aide ciblée sur l'accession sociale
Le PTZ n'est pas une aide universelle ; il est conçu comme un outil d'accession sociale. Sa vocation première est de permettre aux personnes aux revenus modestes ou intermédiaires de devenir propriétaires alors qu'elles en seraient potentiellement exclues par le seul jeu des taux du marché libre. Pour garantir cette mission, le dispositif est encadré par des plafonds de ressources qui assurent que l'avantage financier bénéficie réellement à ceux qui en ont le plus besoin. Le principe de ce prêt est de solvabiliser les acquéreurs en proposant des modalités de remboursement souples, incluant souvent une période de différé, durant laquelle aucune mensualité de capital n'est due, ce qui allège la charge financière durant les premières années de l'achat.
Un levier pour le dynamisme du marché immobilier
Au-delà de l'aide individuelle, le PTZ joue un rôle macroéconomique en stimulant la construction et la rénovation. En orientant les financements vers le neuf dans certaines zones ou vers l'ancien avec travaux dans d'autres, l'État utilise ce levier pour répondre aux besoins de logements sur le territoire. Le principe est d'adapter l'offre de prêt aux enjeux locaux : favoriser la densité urbaine là où la demande est forte et encourager la revitalisation des centres-bourgs en zones rurales. Ainsi, le PTZ n'est pas seulement un produit bancaire avantageux, c'est une composante stratégique de la politique du logement en France, visant à équilibrer le marché tout en sécurisant le parcours résidentiel des citoyens.
Être primo-accédant : la règle d'or pour bénéficier du PTZ en 2026
La condition de primo-accession est le pilier central de l'éligibilité au PTZ. L'État réserve cet avantage aux ménages qui font le choix de devenir propriétaires pour la première fois, ou qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale depuis un certain temps. Cette règle vise à concentrer l'effort budgétaire public sur l'entrée dans le parcours de propriété, plutôt que sur l'investissement ou le changement de résidence pour des foyers déjà installés. En 2026, cette règle demeure stricte et fait l'objet de vérifications approfondies par les banques lors de l'instruction du dossier de prêt.
La définition légale du primo-accédant
Pour bénéficier du PTZ, l'emprunteur ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux dernières années précédant l'offre de prêt. Cela signifie qu'un locataire, ou une personne hébergée à titre gratuit, est considéré comme primo-accédant. Il est important de noter que cette condition s'applique à l'ensemble des futurs occupants du logement. Si l'un des co-emprunteurs a détenu sa résidence principale durant les 24 derniers mois, le foyer perd l'accès au dispositif. En revanche, posséder une résidence secondaire ou un bien en investissement locatif n'empêche pas l'obtention du PTZ, tant que l'on n'est pas propriétaire du toit sous lequel on vit habituellement.
Les justificatifs de non-propriété
Pour prouver sa qualité de primo-accédant, l'emprunteur doit fournir une série de documents à l'établissement prêteur. Les banques exigent généralement les baux de location des deux dernières années, accompagnés des dernières quittances de loyer. Pour les personnes hébergées, une attestation sur l'honneur de l'hébergeant, complétée par une preuve de domicile (facture, avis d'imposition), est indispensable. Ces pièces permettent de retracer le parcours résidentiel des demandeurs et de certifier qu'aucun acte de propriété concernant une résidence principale n'a été enregistré à leur nom durant la période de référence. Toute fausse déclaration expose l'emprunteur au remboursement intégral de l'avantage financier indûment perçu.
L'importance de la continuité de la résidence
La règle d'or implique une continuité dans le statut de non-propriétaire occupant. Si vous avez vendu votre résidence principale il y a 18 mois pour redevenir locataire, vous ne remplissez pas encore le critère des deux ans. Il est donc stratégique de bien calculer la date de signature de l'offre de prêt. Le PTZ est une opportunité qui nécessite parfois d'attendre la fin de ce délai de carence pour optimiser son plan de financement. Cette rigueur garantit que le PTZ remplit sa fonction de tremplin vers la propriété pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de constituer un patrimoine immobilier résidentiel.
Quelles sont les exceptions permettant d'obtenir le PTZ sans être primo-accédant ?
Bien que la règle des deux ans soit la norme, la législation prévoit des dérogations spécifiques pour répondre à des situations sociales ou de santé particulières. Ces exceptions permettent à certains ménages d'accéder au PTZ même s'ils étaient propriétaires de leur résidence principale récemment. Ces mesures de justice sociale visent à soutenir les populations vulnérables ou victimes d'aléas de la vie, en leur offrant une seconde chance de se loger dans des conditions préférentielles.
L'exception pour les situations de handicap
Les personnes titulaires d'une carte d'invalidité correspondant à une incapacité de 80 % ou bénéficiant de l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) peuvent solliciter un PTZ sans respecter la règle de primo-accession. Cette disposition s'applique également si l'un des occupants du foyer, à la charge de l'emprunteur, est dans cette situation. L'objectif est de faciliter l'acquisition d'un logement adapté aux contraintes de mobilité ou de santé, souvent plus coûteux en raison des aménagements nécessaires. Dans ce contexte, le PTZ devient un outil d'autonomie pour les personnes en situation de handicap.
Le cas des victimes de catastrophes naturelles
Les propriétaires dont la résidence principale a été rendue définitivement impropre à l'habitation suite à une catastrophe naturelle (inondation, séisme, sécheresse reconnue par arrêté ministériel) sont dispensés de la condition de primo-accession. Ils ont la possibilité d'utiliser le PTZ pour financer l'achat ou la construction d'un nouveau logement. Cette aide d'urgence permet de reloger rapidement des familles ayant tout perdu, sans qu'elles soient pénalisées par leur ancien statut de propriétaire. Le demandeur dispose d'un délai de deux ans après la publication de l'arrêté constatant la catastrophe pour déposer son dossier de prêt.
L'usufruit et la nue-propriété
Une subtilité juridique permet également à certains profils de bénéficier du PTZ. Si l'emprunteur ne détient que la nue-propriété ou l'usufruit de sa résidence principale, sans en avoir la pleine propriété, il peut, dans certains cas très précis, être considéré comme éligible. Par exemple, une personne possédant seulement des parts dans une SCI familiale qui ne lui garantit pas la pleine jouissance gratuite peut parfois prétendre au dispositif. Toutefois, ces situations sont complexes et nécessitent une étude juridique pointue de la part de l'établissement bancaire pour valider la conformité du dossier avec les exigences de l'État.
Les plafonds de ressources 2026 : vérifier votre éligibilité selon votre zone
Le PTZ est conditionné par un niveau de revenus maximum, qui dépend de la zone géographique où se situe le futur logement. Ces plafonds sont révisés périodiquement pour s'adapter à l'évolution du coût de la vie et des prix de l'immobilier. En 2026, le zonage reste l'indicateur principal pour déterminer si un ménage peut prétendre à l'aide. Plus la zone est considérée comme "tendue" (forte demande, prix élevés), plus les plafonds de revenus autorisés sont hauts, afin de refléter la difficulté réelle d'accès à la propriété dans ces secteurs.
Le Revenu Fiscal de Référence comme base de calcul
Pour vérifier l'éligibilité, on prend en compte la somme des revenus fiscaux de référence (RFR) de l'ensemble des personnes destinées à occuper le logement. L'année de référence est l'année N-2. Pour une demande effectuée en 2026, c'est l'avis d'imposition de 2025 portant sur les revenus de 2024 qui fait foi. Cette méthode permet d'avoir une vision stable et vérifiée des revenus du foyer. Si l'un des occupants n'avait pas de revenus propres ou était rattaché au foyer fiscal de ses parents, ses revenus (même nuls) doivent être intégrés dans le calcul global présenté à la banque.
Le quotient familial spécifique au PTZ
Il ne suffit pas de regarder ses revenus bruts ; l'État applique un calcul de quotient pour moduler les plafonds selon la taille du foyer. Le montant total des ressources est comparé à un plafond qui augmente avec le nombre de personnes à charge. Par exemple, un couple sans enfant aura un plafond moins élevé qu'une famille avec trois enfants pour une même zone géographique. Ce système garantit que les familles nombreuses, qui ont des charges plus lourdes, conservent un accès équitable au PTZ même avec des revenus globaux plus importants. C'est une mesure de protection du pouvoir d'achat des familles.
La règle du neuvième du prix de l'opération
Il existe une règle méconnue mais cruciale : le revenu retenu pour l'éligibilité ne peut pas être inférieur au neuvième du coût total de l'opération immobilière. Si vos revenus N-2 sont très bas, mais que vous achetez un bien d'un montant élevé, la banque divisera le prix d'achat par 9. Si ce résultat dépasse le plafond de revenus autorisé pour votre zone, vous ne serez pas éligible au PTZ. Cette mesure de sécurité évite que des ménages disposant d'un capital important mais de peu de revenus déclarés ne captent une aide destinée aux travailleurs et aux classes moyennes. Elle assure la cohérence entre le niveau de vie réel et l'aide publique perçue.
Composition du foyer et Revenu Fiscal de Référence : comment est calculé votre droit ?
Le calcul du droit au PTZ est une étape technique où la composition précise du foyer rencontre la fiscalité. Ce n'est pas seulement l'emprunteur qui est évalué, mais l'unité familiale dans son ensemble. Ce calcul détermine non seulement si vous avez droit au prêt, mais aussi le montant maximal qui pourra vous être accordé. En 2026, la rigueur administrative sur ces points est totale, car elle conditionne la validité de l'offre de prêt émise par l'établissement financier.
Qui sont les occupants pris en compte ?
Pour le calcul du PTZ, on appelle "occupants" toutes les personnes qui feront du logement leur résidence principale dès la livraison ou l'achat. Cela inclut les conjoints (mariés, pacsés ou concubins), les enfants à charge, mais aussi toute autre personne (parent, ami) destinée à vivre dans les lieux de manière permanente. Chaque occupant doit fournir son avis d'imposition N-2. Si un enfant naît entre la date de l'avis d'imposition et la demande de prêt, il est comptabilisé dans la composition du foyer, ce qui peut augmenter le plafond d'éligibilité et le montant du prêt. La situation familiale s'apprécie au moment de l'émission de l'offre de prêt.
L'addition des Revenus Fiscaux de Référence
La banque additionne les lignes "Revenu Fiscal de Référence" de chaque avis d'imposition. Il est inutile de déduire des charges ou des crédits en cours à cette étape, car le critère est strictement fiscal. Si un occupant a perçu des revenus à l'étranger, ceux-ci doivent être convertis en euros et intégrés comme s'ils avaient été perçus en France. En cas de changement de situation (passage d'étudiant à salarié), c'est toujours le document fiscal N-2 qui prime. Cette règle peut parfois être frustrante pour ceux dont les revenus ont baissé, mais elle est compensée par le fait que ceux dont les revenus ont augmenté conservent leur droit basé sur leur situation passée.
L'influence sur la quotité de financement
La composition du foyer impacte directement la quotité du prêt, c'est-à-dire le pourcentage du prix d'achat que le PTZ peut couvrir. Plus le foyer est nombreux, plus le montant plafonné de l'opération (l'assiette de calcul) est élevé. Par exemple, en zone A, le PTZ peut financer jusqu'à 50 % d'un achat pour certains ménages. La structure de votre famille définit donc votre "tranche" de remboursement. Les ménages les plus modestes au regard de leur composition familiale bénéficient des durées de différé les plus longues, pouvant aller jusqu'à 15 ans, durant lesquels ils ne remboursent aucun capital.
Le zonage A, B1, B2 et C : l'impact déterminant de la localité sur votre dossier
Le territoire français est découpé en zones géographiques qui reflètent le niveau de déséquilibre entre l'offre et la demande de logements. Ce zonage est le paramètre le plus influent sur votre éligibilité au PTZ. Il détermine le type de bien que vous pouvez acheter (neuf ou ancien), le plafond de revenus à ne pas dépasser et la part du projet que le prêt peut financer. En 2026, ce zonage a été affiné pour répondre aux nouvelles réalités des marchés immobiliers régionaux et métropolitains.
| Zone | Type de marché | Éligibilité PTZ 2026 | Quotité max |
|---|---|---|---|
| A / A bis | Très tendu (Paris, Côte d'Azur, Genevois) | Neuf uniquement (Collectif/Maison) | 50 % |
| B1 | Tendu (Grandes agglomérations > 250k hab.) | Neuf uniquement (Collectif/Maison) | 40 % |
| B2 | Intermédiaire (Villes moyennes) | Ancien avec travaux (25 %) | 20 % |
| C | Rural / Non tendu | Ancien avec travaux (25 %) | 20 % |
Zones A et B1 : Le focus sur le logement neuf
Dans les zones dites tendues (A, A bis et B1), l'objectif de l'État est de stimuler la construction pour pallier la pénurie de logements. En 2026, le PTZ y est donc essentiellement réservé à l'achat de logements neufs, qu'il s'agisse d'appartements en copropriété ou de maisons individuelles. Les plafonds de revenus y sont les plus élevés pour tenir compte des prix de vente importants. La quotité de financement y est également avantageuse, permettant de couvrir une part substantielle de l'acquisition à taux zéro, ce qui est indispensable pour les jeunes actifs souhaitant rester proches des centres d'emploi métropolitains.
Zones B2 et C : Priorité à la rénovation de l'existant
En zones B2 et C, la stratégie est différente. Puisque la pression immobilière est moindre, le PTZ est utilisé comme un outil de revitalisation du parc immobilier ancien. Pour être éligible, l'achat doit obligatoirement s'accompagner de travaux de rénovation d'envergure. Cela permet de redonner de la valeur aux maisons de village ou aux appartements de centres-villes anciens qui nécessitent une modernisation. Les plafonds de ressources y sont plus bas, alignés sur le coût de la vie locale. Le dispositif soutient ainsi les ménages qui acceptent de s'éloigner des grandes métropoles pour investir dans le patrimoine existant.
Comment connaître la zone de sa commune ?
Il est crucial de vérifier la zone exacte de la commune visée avant de lancer ses simulations. Le zonage est défini par arrêté et peut évoluer : une ville peut passer de B2 à B1 si son attractivité augmente. Le ministère du Logement met à disposition des simulateurs officiels où il suffit de saisir le code postal. Cette information est la première que votre banquier vous demandera. Une erreur sur la zone peut rendre caduc tout votre plan de financement, car elle modifie à la fois votre droit à l'aide et le montant que vous pouvez espérer obtenir.
Éligibilité dans le neuf : l'extension du PTZ à tout le territoire (maisons et appartements)
Le logement neuf est l'un des piliers historiques du PTZ. En 2026, les conditions d'éligibilité dans le neuf ont été assouplies pour soutenir le secteur du bâtiment et offrir plus de choix aux futurs propriétaires. Contrairement aux années précédentes où certaines restrictions s'appliquaient sur les maisons individuelles en zone tendue, le dispositif actuel permet de financer une grande diversité de projets neufs sur l'ensemble du territoire, sous réserve de respecter des normes environnementales strictes.
Achat en VEFA et construction de maison
L'éligibilité au PTZ dans le neuf couvre plusieurs situations : l'achat d'un logement en Vente en l'État Futur d'Achèvement (VEFA), la construction d'une maison individuelle sur un terrain acquis séparément ou simultanément, ou encore l'achat d'un logement neuf déjà achevé mais n'ayant jamais été habité. Pour les projets de construction, le prêt finance non seulement les murs, mais aussi les frais liés au raccordement et aux aménagements indispensables à l'habitation. Le PTZ est alors un allié précieux pour couvrir les frais de construction qui ont fortement augmenté ces dernières années.
La transformation de locaux en bureaux
Une opération assimilée au neuf est la transformation de locaux non destinés à l'habitation (bureaux, granges, entrepôts) en logements. Si les travaux sont d'une ampleur telle qu'ils aboutissent à la création d'un logement "neuf" au sens fiscal (remplacement du gros oeuvre, des façades, etc.), l'opération devient éligible au PTZ neuf. Cette mesure encourage la mixité urbaine et la réutilisation du bâti existant, tout en offrant aux acquéreurs les avantages d'un financement à taux zéro sur des surfaces souvent atypiques et spacieuses.
Le respect de la RE 2020
Pour être éligible dans le neuf, le logement doit impérativement respecter les dernières normes de performance énergétique, à savoir la RE 2020 (Réglementation Environnementale 2020). Cette exigence garantit que le prêt aidé finance des logements durables, économes en énergie et à faible empreinte carbone. Le constructeur ou le promoteur doit fournir une attestation de conformité à l'issue du chantier. Sans ce document, la banque ne pourra pas valider le déblocage définitif des fonds du PTZ. L'éligibilité technique rejoint ici les enjeux écologiques de la transition énergétique nationale.
Éligibilité dans l'ancien : la condition sine qua non des 25 % de travaux
L'accès au PTZ dans l'immobilier ancien est possible, mais il est assorti d'une contrainte majeure : l'obligation de réaliser des travaux de rénovation importants. Ce dispositif, principalement disponible dans les zones B2 et C, vise à inciter les ménages à acheter des biens nécessitant une remise en état, participant ainsi à l'amélioration du parc de logements français et à la lutte contre l'étalement urbain.
Le calcul du montant des travaux
Pour que l'achat soit éligible, le montant des travaux doit représenter au moins 25 % du coût total de l'opération (soit un tiers du prix d'achat du bien seul). Par exemple, pour un projet global de 200 000 €, les travaux doivent s'élever au minimum à 50 000 €. Ces travaux peuvent inclure la modernisation, l'assainissement, l'aménagement de combles ou encore la création de nouvelles surfaces habitables. La banque exige des devis détaillés avant l'octroi du prêt pour vérifier que ce quota est bien atteint. C'est une condition sine qua non qui définit la nature même du PTZ dans l'ancien.
La nature des travaux éligibles
Tous les travaux ne sont pas acceptés pour atteindre le seuil des 25 %. Ils doivent viser à l'amélioration du logement ou à sa mise aux normes. Les travaux d'embellissement pur (peinture, décoration) sont généralement exclus s'ils ne s'accompagnent pas de rénovations structurelles. En revanche, le remplacement du système de chauffage, l'isolation des murs, la réfection de la toiture ou la mise aux normes de l'électricité sont parfaitement éligibles. L'emprunteur doit s'engager sur l'honneur à réaliser ces travaux et fournir les factures définitives dans un délai de trois ans après l'obtention du prêt.
L'articulation avec les aides à la rénovation
Une opportunité intéressante pour l'éligibilité dans l'ancien est le cumul avec des aides comme MaPrimeRénov'. Les travaux financés par ces aides peuvent être comptabilisés dans le calcul des 25 % requis pour le PTZ. Cela permet de solvabiliser des projets ambitieux de rénovation globale. En 2026, l'État encourage fortement cette approche intégrée où le PTZ finance l'acquisition tandis que les subventions et le prêt à taux zéro couvrent la transformation énergétique. C'est un levier puissant pour devenir propriétaire d'une maison ancienne avec le confort et la performance d'un logement moderne.
Performance énergétique : les nouvelles exigences du DPE pour l'éligibilité
En 2026, la performance énergétique est devenue un critère central de l'éligibilité au PTZ. L'État ne souhaite plus subventionner l'achat de passoires thermiques sans garantie d'amélioration. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) joue donc un rôle de filtre technique. Que ce soit pour un achat dans le neuf ou dans l'ancien, le niveau de consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre du futur logement sont scrutés par les organismes prêteurs.
Le DPE comme condition de déblocage
Pour un achat dans l'ancien avec travaux (zones B2 et C), l'emprunteur doit prouver que les travaux prévus permettront au logement d'atteindre une classe de performance énergétique minimale, généralement la classe E, voire D selon les dernières directives de 2026. Un DPE projeté, réalisé par un diagnostiqueur certifié, doit être joint au dossier de prêt. Si le bien est déjà classé A, B, C ou D, l'obligation de travaux reste de 25 % mais l'exigence de gain énergétique est plus souple. Ce lien entre financement et écologie est une constante de la politique du logement actuelle.
Les restrictions sur les passoires thermiques
Les logements classés F ou G au DPE ne sont éligibles au PTZ que si un programme de travaux de rénovation énergétique ambitieux est présenté. L'emprunteur doit démontrer que son projet de rénovation sortira le bien de cet état de précarité énergétique. Cette règle protège l'acquéreur contre des coûts d'exploitation (factures de chauffage) insupportables qui pourraient mettre en péril sa capacité de remboursement. Le PTZ sert ici de levier financier pour assumer le surcoût d'une isolation performante ou d'un changement de système de chauffage décarboné.
L'audit énergétique obligatoire
Dans certains cas complexes de rénovation globale, un audit énergétique peut être exigé en plus du simple DPE. Cet audit, plus détaillé, liste les bouquets de travaux nécessaires et leur impact chiffré sur les consommations. Pour l'éligibilité au PTZ, ce document offre une sécurité supplémentaire à la banque et à l'État sur la réalité de l'amélioration thermique. En 2026, le respect de ces trajectoires de performance est une condition de fond pour bénéficier des aides publiques, inscrivant l'accession à la propriété dans une démarche de durabilité environnementale.
Résidence principale et interdiction de louer : les engagements de l'emprunteur
Le bénéfice d'un PTZ impose des obligations strictes quant à l'usage du logement. Puisque l'État finance l'absence d'intérêts pour aider les citoyens à se loger, il exige en contrepartie que le bien soit utilisé comme résidence principale de manière effective. Tout manquement à ces engagements peut entraîner la déchéance du prêt et l'obligation de rembourser les avantages perçus. L'emprunteur signe, lors de l'offre de prêt, un contrat qui l'engage sur plusieurs années.
L'occupation effective du logement
Le logement doit devenir la résidence principale de l'emprunteur au plus tard un an après l'achat ou l'achèvement des travaux. On entend par résidence principale un logement occupé au moins huit mois par an par les bénéficiaires du prêt. Des exceptions existent pour des raisons professionnelles (déplacements fréquents), de santé ou en cas de force majeure, mais elles doivent être dûment justifiées auprès de la banque. Il est interdit d'utiliser un bien financé par un PTZ comme résidence secondaire ou comme meublé de tourisme de type Airbnb durant les premières années du crédit.
L'interdiction de louer durant les 6 premières années
Durant les six premières années suivant le versement du PTZ, il est formellement interdit de mettre le logement en location, sauf situations exceptionnelles prévues par la loi (mobilité professionnelle à plus de 70km, divorce, invalidité, chômage de plus d'un an). Si l'une de ces conditions est remplie, la location est possible mais sous un régime très encadré : le loyer est plafonné selon les barèmes sociaux et le locataire doit lui-même respecter des plafonds de ressources. Après ce délai de six ans, le propriétaire retrouve sa pleine liberté de louer ou de transformer l'usage de son bien, sous réserve d'en informer son établissement bancaire.
La revente et le remboursement anticipé
En cas de revente du bien immobilier avant la fin du remboursement du PTZ, l'emprunteur est tenu de rembourser intégralement le capital restant dû à la banque. L'avantage du taux zéro ne peut pas être conservé sur un nouveau projet, sauf si vous demandez un transfert de prêt sur une nouvelle résidence principale éligible. Cette règle assure que la plus-value éventuelle réalisée lors de la vente ne soit pas indûment augmentée par une aide publique détournée de son but initial. Le PTZ est un contrat de confiance entre l'acquéreur et l'État pour une installation durable.
Les opérations spécifiques : éligibilité en PSLA, Bail Réel Solidaire (BRS) et vente HLM
L'éligibilité au PTZ s'étend à des formes d'accession sociale à la propriété plus spécifiques, qui permettent de réduire encore davantage le coût d'acquisition. Ces dispositifs, souvent portés par des organismes publics ou des coopératives, sont parfaitement compatibles avec un financement à taux zéro. Ils offrent des opportunités précieuses pour les ménages modestes en zones tendues où le marché classique reste inaccessible.
Le Prêt Social Location-Accession (PSLA)
Le PSLA est un dispositif qui permet de devenir propriétaire en deux temps : une phase de location suivie d'une levée d'option d'achat. Le locataire-accédant peut bénéficier du PTZ au moment où il décide d'acheter son logement. L'éligibilité est alors facilitée car le ménage a déjà prouvé sa capacité à payer une redevance mensuelle. De plus, le PSLA offre des avantages fiscaux comme une TVA réduite à 5,5 % et une exonération de taxe foncière durant 15 ans. Le PTZ vient alors compléter ce montage pour minimiser l'effort de remboursement final.
Le Bail Réel Solidaire (BRS)
Le BRS est une innovation majeure de l'accession sociale. Le principe est de dissocier la propriété du sol (détenue par un Organisme de Foncier Solidaire) de celle des murs (détenue par l'emprunteur). Cela permet de faire baisser le prix de vente de 30 % à 50 %. Les acquéreurs en BRS sont pleinement éligibles au PTZ pour financer la partie "bâti" de leur acquisition. En 2026, ce dispositif rencontre un grand succès dans les grandes métropoles. Le PTZ calculé sur une assiette réduite par le BRS permet d'obtenir des mensualités extrêmement basses, idéales pour les jeunes familles.
La vente de logements HLM à leurs occupants
Les locataires de logements sociaux souhaitant acheter leur logement auprès de leur organisme HLM peuvent bénéficier du PTZ. Dans ce cas spécifique, les conditions d'éligibilité sont simplifiées : il n'y a pas de condition de travaux pour les logements anciens, et le prix de vente est souvent déjà décoté par rapport au marché. C'est une mesure de favoriser la mixité sociale et de permettre aux locataires de longue date de capitaliser sur leur logement. Le PTZ est ici un outil de stabilité sociale, encourageant l'enracinement des familles dans leur quartier.
Comment cumuler le PTZ avec d'autres financements (Prêt Action Logement, PAS, crédit classique) ?
Le PTZ n'est jamais un prêt solitaire ; il s'inscrit toujours dans un plan de financement global. Savoir comment l'articuler avec les autres crédits disponibles est essentiel pour optimiser son budget. En 2026, la diversité des prêts aidés permet de construire des montages financiers sur mesure, où la part de crédit soumise aux taux d'intérêt classiques est réduite au strict minimum.
L'association obligatoire avec un prêt bancaire classique
Le PTZ ne peut couvrir qu'une partie du prix d'achat (maximum 50 % en zone A). Pour financer le reste, l'emprunteur doit contracter un prêt immobilier classique auprès d'une banque. L'établissement bancaire réalise alors un lissage des mensualités : il ajuste le remboursement du prêt principal pour que l'échéance totale reste stable, même lorsque le remboursement du PTZ commence après la période de différé. Cette ingénierie financière est gratuite et obligatoire pour garantir que le ménage ne subisse pas un saut de mensualité insurmontable au bout de quelques années.
Le cumul avec le Prêt Action Logement
Les salariés des entreprises du secteur privé de plus de 10 personnes peuvent souvent bénéficier du Prêt Action Logement (anciennement 1 % logement). Ce prêt à taux réduit (autour de 1 %) est parfaitement cumulable avec le PTZ. En additionnant ces deux aides, un emprunteur peut parfois financer jusqu'à 60 % ou 70 % de son acquisition à des conditions extrêmement avantageuses. C'est un levier majeur pour les jeunes actifs. La banque prend en compte ces deux lignes de crédit aidées pour évaluer la solidité du dossier de financement global.
Le Prêt d'Accession Sociale (PAS) comme socle
Le PTZ est souvent adossé à un Prêt d'Accession Sociale (PAS). Le PAS est un prêt conventionné par l'État qui offre des garanties supplémentaires, comme des frais de dossier plafonnés et des taux d'intérêt encadrés. L'avantage majeur du PAS est qu'il peut couvrir 100 % du reste du financement (hors frais de notaire). Le duo PTZ + PAS est la solution privilégiée pour les foyers disposant d'un apport personnel limité. En 2026, ce montage reste la voie royale pour l'accession à la propriété des ménages aux revenus modestes, sécurisant à la fois la banque et l'emprunteur.
FAQ - Les critères d'éligibilité au prêt à taux zéro (PTZ)
Peut-on obtenir un PTZ si l'on possède déjà une résidence secondaire ?
Oui, il est possible d'être éligible au PTZ même si vous êtes propriétaire d'une résidence secondaire ou d'un bien locatif. La condition impérative est de ne pas avoir été propriétaire de votre résidence principale (le lieu où vous vivez habituellement) au cours des deux dernières années précédant la demande.
Les auto-entrepreneurs sont-ils éligibles au PTZ ?
Tout à fait. Le statut professionnel n'est pas un critère d'exclusion pour le PTZ. En revanche, l'auto-entrepreneur devra fournir ses avis d'imposition N-2 et justifier de la stabilité de ses revenus pour que la banque accepte de monter le dossier. Le critère déterminant reste le Revenu Fiscal de Référence.
Le PTZ finance-t-il les frais de notaire ?
Non, le PTZ ne peut en aucun cas financer les frais de notaire, les droits d'enregistrement ou les frais d'agence immobilière. Ces coûts annexes doivent être couverts soit par votre apport personnel, soit par le prêt immobilier complémentaire si la banque l'accepte.
Que se passe-t-il si mes revenus ont augmenté depuis mon avis d'imposition N-2 ?
La règle est stricte : c'est l'avis d'imposition N-2 qui fait foi au moment de l'offre de prêt. Si vos revenus ont augmenté de manière significative depuis, cela ne remet pas en cause votre éligibilité, tant que vous étiez sous les plafonds durant l'année de référence fiscale.
Peut-on demander un PTZ pour acheter un terrain seul ?
Non, le PTZ ne peut pas financer l'achat d'un terrain nu seul. Il doit obligatoirement être rattaché à un projet de construction immédiat d'une maison individuelle. Le coût du terrain est alors intégré dans l'enveloppe globale du projet de construction financé par le prêt.
Le PTZ est-il possible pour un achat en colocation ?
C'est techniquement complexe car chaque occupant doit remplir les conditions de primo-accession et l'ensemble des revenus des occupants est additionné pour vérifier les plafonds. Si les colocataires ne sont pas co-emprunteurs, le dossier peut être refusé. Il est préférable de consulter un expert bancaire pour ce type de montage.
Peut-on bénéficier du PTZ pour un agrandissement de maison ?
Non, le PTZ est destiné à l'acquisition ou à la construction d'un logement complet. Il ne peut pas être utilisé pour des travaux d'extension ou d'agrandissement d'une maison dont vous seriez déjà propriétaire, car vous ne respecteriez plus la condition de primo-accession.