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Plan de surendettement : comment ça marche et que prévoit la Banque de France ?

Ouafâa MACHRI
Plan de surendettement : comment ça marche et que prévoit la Banque de France ?

✍ Les points à retenir

  • Le rééchelonnement est la mesure la plus fréquente du plan et n'allège pas le montant total de la dette mais l'étale sur une période pouvant aller jusqu'à 7 ans avec des intérêts parfois réduits ou supprimés.
  • Le moratoire est une suspension temporaire de tous les paiements accordée quand la difficulté est passagère, un plan de remboursement prenant le relais à son terme si la situation s'est stabilisée.
  • La clôture anticipée du plan est possible si la situation financière s'améliore suffisamment, la levée immédiate de l'inscription FICP permettant alors de retrouver plus vite l'accès aux produits financiers courants.
  • Toute amélioration significative de revenus ou disparition de charges doit être déclarée à la commission car elle peut revoir les mensualités à la hausse, raccourcissant mécaniquement la durée totale d'exécution du plan.
  • Ne pas avoir documenté de tentatives amiables de négociation directe avec les créanciers avant le dépôt peut rendre le dossier irrecevable, la commission vérifiant systématiquement l'épuisement de ces démarches préalables.

Plan de surendettement : comment ça marche, ce que prévoit la Banque de France et quand envisager un rachat avant d'en arriver là

Le plan de surendettement est la solution proposée par la commission de surendettement de la Banque de France aux particuliers dont les dettes dépassent toute capacité de remboursement raisonnable. Il ne se substitue pas au rachat de crédit - il en est la conséquence quand la fenêtre d'action préventive a été manquée. Comprendre le fonctionnement du plan de surendettement permet d'identifier les situations où un rachat de crédit peut encore éviter d'y recourir, et celles où la procédure est devenue inévitable. Le calculateur de taux d'endettement projeté permet d'évaluer si la situation est encore dans les seuils d'un rachat possible. Pour les profils encore éligibles au regroupement, l'ensemble des solutions de rachat disponibles recense les acteurs qui traitent les dossiers en tension avant inscription au FICP.

« Le plan de surendettement n'est pas une seconde chance - c'est un dernier filet. La vraie seconde chance, c'est le rachat de crédit quand il est encore accessible. Une fois inscrit au FICP, aucun organisme de rachat ne peut légalement traiter le dossier. Le moment d'agir est avant le premier incident caractérisé, pas après. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Ce que la commission de surendettement peut proposer - les six outils du plan

Le rééchelonnement des dettes

C'est la mesure la plus fréquente. Elle consiste à étaler les remboursements sur une période plus longue afin de réduire les mensualités à un niveau compatible avec les ressources du débiteur. La commission fixe une mensualité qui préserve un minimum vital - logement, alimentation, transport - et répartit le solde entre les créanciers au prorata de leurs créances. La durée du rééchelonnement peut aller jusqu'à 7 ans. Ce n'est pas un allègement de dette mais un allongement de délai : le montant total reste identique, parfois avec des intérêts réduits ou supprimés selon les conditions négociées.

La remise partielle de dettes et le moratoire

Quand le rééchelonnement seul ne suffit pas, la commission peut ordonner une remise partielle de certaines créances - généralement les intérêts et pénalités en premier, puis une partie du capital si la situation l'exige. Le moratoire est une suspension temporaire de tous les paiements, accordée pour une période déterminée quand l'emprunteur traverse une difficulté temporaire (maladie, perte d'emploi) sans que la situation soit irrémédiable. Au terme du moratoire, un plan de remboursement prend le relais.

Le plan de rétablissement personnel - la procédure de dernier recours

Quand aucune des solutions précédentes n'est viable - revenus trop faibles, dettes trop importantes, aucune perspective de remboursement - la commission recommande le plan de rétablissement personnel. Il en existe deux formes :

  • Sans liquidation judiciaire : applicable quand le débiteur ne possède aucun bien saisissable. Les dettes sont effacées intégralement à l'issue de la procédure.
  • Avec liquidation judiciaire : les biens non protégés par la loi sont vendus, le produit de la vente est réparti entre les créanciers, et les dettes résiduelles non couvertes sont effacées.

La résidence principale bénéficie de protections légales mais n'est pas intouchable dans toutes les configurations - notamment si sa valeur est très supérieure aux dettes ou si aucune solution alternative n'existe.

La procédure pas à pas - de la déclaration à l'exécution du plan

ÉtapeContenuDélai
Dépôt du dossier En ligne sur banque-france.fr ou par courrier à la commission locale. Formulaire + justificatifs revenus, charges, dettes, identité Dès que la situation est avérée
Recevabilité La commission vérifie les critères d'éligibilité, la bonne foi et l'épuisement des solutions amiables Environ 3 mois
Suspension des poursuites Automatique dès acceptation - les créanciers ne peuvent plus saisir, ni prélever, ni relancer Immédiat après acceptation
Élaboration du plan La commission propose le plan aux créanciers - en cas de refus d'un créancier, le juge peut l'imposer Quelques semaines à 3 mois
Exécution Suivi des mensualités du plan. Tout changement de situation doit être signalé à la commission pour révision éventuelle 3 à 7 ans selon la solution

Droits et obligations de l'emprunteur pendant le plan

Ce que le plan protège

Dès acceptation du dossier, l'emprunteur bénéficie de protections légales concrètes :

  • Suspension immédiate de toutes les procédures de recouvrement - saisies sur salaire, saisies de comptes, relances des huissiers.
  • Préservation d'un minimum vital - la commission fixe une mensualité qui garantit que logement, alimentation et charges essentielles peuvent être couverts.
  • Confidentialité des informations transmises à la Banque de France - elles ne peuvent pas être utilisées contre l'emprunteur dans un autre contexte.
  • Possibilité de révision du plan si la situation financière évolue - à la hausse comme à la baisse.

Ce que le plan exige

En contrepartie, l'emprunteur a des obligations strictes dont le non-respect entraîne l'annulation du plan et la reprise des poursuites :

  • Respect des mensualités fixées par le plan - tout retard doit être signalé à la commission avant l'échéance, pas après.
  • Transparence totale sur les revenus et charges - toute amélioration de situation (augmentation de salaire, héritage, rentrée d'argent) doit être déclarée.
  • Aucun nouveau crédit pendant la durée du plan - l'inscription au FICP le rend impossible de facto, mais c'est aussi une obligation contractuelle.
  • Coopération avec la commission pour tout ajustement nécessaire du plan.

Points de vigilance et erreurs à éviter

Plusieurs erreurs fréquentes compromettent l'acceptation du dossier ou l'exécution du plan. La première est de ne pas avoir tenté de solutions amiables avant le dépôt - la commission vérifie systématiquement que des démarches de négociation directe ont été menées avec les créanciers. Sans trace de ces tentatives, le dossier peut être jugé irrecevable. La seconde est de fournir un dossier incomplet ou des informations inexactes - tout écart entre les revenus déclarés et les flux visibles sur les relevés bancaires génère une demande de complément qui retarde le traitement.

La troisième erreur, et la plus coûteuse, est d'attendre trop longtemps avant d'agir. Entre les premiers signaux de difficulté (découverts récurrents, retards ponctuels) et l'inscription FICP qui ferme l'accès au rachat, il existe une fenêtre d'action parfois courte mais précieuse. Un rachat de crédit peut encore être obtenu pendant cette période - une fois le FICP activé, cette option disparaît pour plusieurs années. Plusieurs propositions personnalisées de rachat permettent de tester l'éligibilité avant que cette fenêtre ne se ferme. Pour les dossiers complexes, un courtier spécialisé en restructuration de crédits identifie les organismes les plus ouverts aux profils en tension.

FAQ - Plan de surendettement

Le plan de surendettement efface-t-il toutes les dettes ?

Non - sauf dans le cadre d'un plan de rétablissement personnel, qui est la procédure de dernier recours. Dans les plans de redressement classiques, les dettes sont rééchelonnées avec des mensualités adaptées, et seule une partie des intérêts et pénalités peut être remise. L'effacement total des dettes n'est accordé que quand aucune solution de remboursement n'est envisageable, même sur une longue durée.

Un créancier peut-il refuser le plan proposé par la commission ?

Oui - mais son refus ne bloque pas définitivement la procédure. La commission peut saisir le juge du tribunal judiciaire pour imposer le plan à tous les créanciers, y compris ceux qui l'ont refusé. Cette intervention judiciaire est l'une des protections les plus importantes de la procédure pour l'emprunteur de bonne foi.

Peut-on demander une révision du plan si la situation s'améliore ?

Oui, et c'est même une obligation légale de signaler toute amélioration significative. Si les revenus augmentent ou si des charges disparaissent, la commission peut revoir le montant des mensualités à la hausse, ce qui raccourcit la durée du plan. À l'inverse, une dégradation peut justifier une révision à la baisse ou un moratoire temporaire - à condition de contacter la commission avant de manquer une échéance.

Le plan de surendettement protège-t-il la résidence principale ?

Partiellement. La résidence principale bénéficie de protections légales dans le cadre d'un plan de redressement - l'emprunteur peut généralement la conserver. En revanche, dans le cadre d'une liquidation judiciaire, si la valeur du bien est significative et qu'aucune autre solution ne permet de rembourser les créanciers, elle peut être incluse dans la liquidation. Le statut du bien (hypothéqué ou non, valeur nette par rapport aux dettes) est déterminant dans cette évaluation.

Combien de temps reste-t-on inscrit au FICP dans le cadre d'un plan de surendettement ?

L'inscription au FICP dure pendant toute la durée du plan, avec un maximum de 7 ans pour un plan de redressement. Si le plan est exécuté avant terme, l'inscription est levée à cette date. Pour un effacement total de dettes via le plan de rétablissement personnel, l'inscription dure 5 ans. Une fois l'inscription radiée, l'accès au crédit redevient théoriquement possible - mais les organismes restent prudents sur les profils récemment sortis de surendettement.

Quelles dettes ne peuvent pas être incluses dans le plan ?

Trois catégories sont systématiquement exclues : les dettes professionnelles contractées dans le cadre d'une activité commerciale ou artisanale, les pensions alimentaires dues qui ne peuvent jamais être réduites ou effacées, et les amendes pénales issues de condamnations judiciaires. Toutes les autres dettes personnelles - crédits conso, prêts immobiliers, loyers impayés, dettes fiscales, factures - peuvent être intégrées dans le plan.

Est-il possible de sortir plus vite du plan de surendettement ?

Oui - si la situation financière s'améliore suffisamment, l'emprunteur peut rembourser par anticipation le solde du plan et demander sa clôture anticipée. Cette possibilité est à discuter avec la commission qui vérifiera que tous les créanciers sont intégralement désintéressés. La clôture anticipée entraîne la levée immédiate de l'inscription au FICP, ce qui permet de retrouver plus vite l'accès aux produits financiers courants.

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