Argent dormant : les Français vident progressivement leurs comptes courants

Le comportement financier des Français évolue. Après avoir accumulé des réserves records sur leurs comptes de dépôt pendant la crise sanitaire, les ménages arbitrent désormais en faveur des placements d'épargne. Selon les dernières données de la Banque de France, les encours moyens baissent, même si de fortes disparités subsistent entre les ménages.
Moyenne vs Médiane : la réalité des comptes bancaires
Au mois de mars 2026, l'encours moyen sur un compte courant en France s'établit à 6 845 euros. Si ce montant peut paraître élevé, il cache une disparité majeure au sein de la population. Les statistiques moyennes sont structurellement biaisées par les patrimoines des ménages les plus aisés, dont les comptes sont particulièrement bien garnis.
Pour observer la réalité de la majorité des Français, il faut se tourner vers la valeur médiane. Celle-ci se situe aux alentours de 1 000 euros, ce qui signifie que la moitié des Français possède moins de 1 000 euros de liquidités immédiates sur leur compte de dépôt au quotidien.
| Indicateur (Mars 2026) | Montant constaté | Interprétation |
|---|---|---|
| Montant Moyen | 6 845 € | Tiré vers le haut par les hauts revenus |
| Montant Médian | ~ 1 000 € | Reflet de la majorité des épargnants |
Le reflux logique de l'épargne "Covid"
Ce recul des soldes bancaires marque la fin d'un cycle exceptionnel. En 2022, la moyenne des comptes courants avait atteint un sommet historique à 7 989 euros. À cette époque, les restrictions sanitaires successives avaient mécaniquement bloqué la consommation, tandis que la faiblesse historique des taux d'intérêt n'incitait pas à transférer l'argent vers des comptes d'épargne bloqués ou réglementés.
Bien que le montant moyen de 2026 reste supérieur aux niveaux observés avant la crise sanitaire, le mouvement de dégonflement des comptes chèques est bel et bien enclenché.
Le retour en grâce des livrets et de l'assurance-vie
Pour expliquer cette baisse de l'argent dormant, les analyses sectorielles mettent en avant deux facteurs principaux liés à la modification du paysage financier :
- Le sursaut des livrets réglementés : Malgré un récent tassement des taux, le Livret A et le LDDS ont retrouvé une attractivité réelle face aux comptes courants non rémunérés, poussant les ménages à y transférer leur surplus de trésorerie.
- La diversification des supports : Les épargnants disposant de capitaux plus importants se réorientent vers des placements de moyen terme, notamment les fonds en euros de l'assurance-vie, en quête de rendements plus protecteurs contre l'érosion monétaire.