Épargne des ménages : le baromètre Altaprofits-IFOP 2026 confirme une quête absolue de sécurité financière

Face à un horizon macroéconomique et géopolitique jugé instable, les épargnants français se replient massivement sur des positions défensives. Dévoilé le jeudi 4 juin 2026, le baromètre annuel réalisé par le courtier Altaprofits en partenariat avec l'IFOP met en lumière une stabilité globale des comportements financiers, mais révèle une aversion au risque en forte progression. La recherche de supports garantis et de liquidité immédiate s'impose désormais comme la norme, au détriment de la dynamisation des capitaux.
Le triomphe des placements sans risque face à l'incertitude
La détention d'actifs financiers est quasi universelle sur le territoire national : 95 % des Français déclarent posséder au moins un produit d'épargne. Toutefois, la gestion de ce capital est dictée par une prudence exacerbée. Désormais, 79 % des répondants privilégient des solutions totalement sécurisées à faible rendement, une proportion en nette hausse par rapport aux résultats de l'exercice 2024 (73 %).
Cette frilosité contractuelle réduit la part des investissements productifs à des niveaux marginaux :
- Le risque modéré : Seuls 18 % des épargnants acceptent de s'orienter vers des supports "un peu risqués" (unités de compte, fonds diversifiés) pour capter un potentiel de performance supérieur.
- Le risque spéculatif : À peine 3 % des sondés assument le recours à des produits hautement volatils dans l'espoir d'un rendement financier important.
Compte courant : le choix de la liquidité immédiate pour 13 % des Français
L'étude d'Altaprofits soulève une singularité comportementale : pour la deuxième année consécutive, 13 % des particuliers choisissent de conserver l'intégralité de leurs avoirs financiers sur leur compte courant, renonçant de fait à toute rémunération. Ce phénomène, particulièrement ancré chez les populations les plus âgées, traduit une double réalité : un besoin impérieux de disponibilité des fonds à vue et une incapacité psychologique à se projeter vers des placements de moyen ou long terme.
Les analystes de l'IFOP rappellent que cette aversion au risque n'est pas homogène et dessine des lignes de fracture sociologiques. Si elle s'avère structurelle chez les seniors en phase logique de préservation des acquis, elle se concentre de manière disproportionnée chez les femmes et au sein des ménages modestes, illustrant la persistance d'inégalités face aux leviers de l'investissement et de la capitalisation.
| Profil d'allocation de l'épargne (Données Juin 2026) | Moyenne Nationale (%) | Spécificité Bourgogne-Franche-Comté (%) |
|---|---|---|
| Supports sans risque / Rendement limité | 79 % | 83 % |
| Détention de livrets réglementés (Livret A, LDDS, PEL) | - | 70 % |
| Détention d'un Plan d'Épargne en Actions (PEA) | 13 % | 8 % |
| Conservation exclusive sur compte courant brut | 13 % | Stabilité |
Zoom régional : la Bourgogne-Franche-Comté accentue sa posture défensive
Le baromètre Altaprofits-IFOP décline ses résultats à l'échelle locale et met en évidence des disparités régionales marquées, à l'instar de la Bourgogne-Franche-Comté où la culture de la prudence financière surpasse les indicateurs nationaux. Dans cette région, 83 % des détenteurs de produits d'épargne refusent toute exposition aux fluctuations des marchés, soit 4 points de plus que la moyenne nationale.
Cette approche ultra-sécuritaire se matérialise par un recours massif aux livrets d'épargne réglementée (Livret A, LDDS, PEL), plébiscités par 70 % des résidents. En contrepartie, les outils de dynamisation du capital et de soutien aux entreprises sont boudés : le taux de détention d'un Plan d'Épargne en Actions (PEA) s'y effondre à 8 % (contre 13 % dans le reste de l'Hexagone), tandis que l'immobilier collectif de rendement (parts de SCPI) n'attire qu'une part marginale de 2 % de la population locale.