Immobilier neuf : la construction de logements subit une forte correction en avril 2026

Le marché de la construction résidentielle fait les montagnes russes. Après le rebond spectaculaire enregistré en mars, le secteur du neuf essuie un coup d'arrêt brutal. Selon les chiffres corrigés des variations saisonnières (CVS-CJO) publiés par le SDES, les autorisations de construire ont plongé de 29,5 % sur un mois en avril 2026. Cette correction technique, menée par le décrochage du logement collectif, rappelle la fragilité structurelle d'un secteur toujours sous la pression de taux d'intérêt immobiliers élevés.
Autorisations de construire : la douche froide d'avril efface les gains de mars
Au cours du mois d'avril 2026, l'administration a délivré strict-exactement 28 979 permis de construire, actant un repli mensuel de 29,5 %. Ce décrochage efface la quasi-totalité de la hausse historique enregistrée le mois précédent (+ 29,3 %) et rompt avec la relative stabilité du début d'année (+ 2,4 % en janvier et - 0,1 % en février).
La tendance de fond conserve néanmoins une couleur positive. Sur les quatre premiers mois de l'année 2026, le volume moyen des autorisations accordées surpasse de 8,4 % le niveau mesuré sur la même période en 2025. Sur douze mois glissants (mai 2025 à avril 2026), le total s'établit à 384 539 logements autorisés, accusant toujours un déficit de 5,5 % par rapport à la moyenne quinquennale historique.
Le logement collectif encaisse le plus lourd contre-coup
Le segment du collectif, qui avait orchestré la hausse du début de printemps, s'impose comme le principal facteur de ce repli mensuel :
- Logements collectifs (Global) : Les permis s'effondrent de 40,4 % en avril, pour s'établir à 16 673 unités de compte.
- Collectif ordinaire & Résidences : Le collectif traditionnel recule de 38,3 % tandis que les programmes en résidences (étudiantes, seniors) décrochent de 45,9 %.
À l'inverse, l'immobilier individuel démontre une meilleure résilience. Les autorisations n'y reculent que de 6,3 % (12 306 unités), portées par l'individuel pur (- 5 %) et l'individuel groupé (- 8,9 %). Sur un an, le segment individuel reste toutefois le plus sinistré, affichant un retard de 15,7 % par rapport à sa moyenne de long terme.
| Indicateurs du Neuf (SDES - Avril 2026) | Volumes mensuels constatés | Évolution mensuelle (CVS-CJO) | Cumul sur 12 mois glissants |
|---|---|---|---|
| Logements autorisés (Permis) | 28 979 unités | - 29,5 % | 384 539 (- 5,5 % vs moyenne 5 ans) |
| - dont Logements Collectifs | 16 673 unités | - 40,4 % | + 1,4 % vs moyenne 5 ans |
| - dont Logements Individuels | 12 306 unités | - 6,3 % | - 15,7 % vs moyenne 5 ans |
| Logements mis en chantier | 27 756 unités | - 10,4 % | 290 841 (Plus haut depuis fin 2023) |
Mises en chantier : un repli mensuel qui cache un point haut annuel
L'ouverture effective des chantiers réplique fidèlement la trajectoire des permis de construire. En avril 2026, 27 756 logements ont commencé leur phase de construction, traduisant une baisse de 10,4 % par rapport à mars (mois qui avait bondi de 21,6 %). Sans surprise, le collectif fléchit de 17,1 %, alors que l'individuel grappille 3,2 % grâce au dynamisme des structures groupées (+ 13,3 %).
Malgré cette baisse de régime ponctuelle, les voyants industriels de la construction restent mieux orientés qu'en 2025. Sur le premier quadrimestre 2026, le niveau des mises en chantier affiche une progression robuste de 27,1 % sur un an. Mieux encore : le volume annuel glissant grimpe à 290 841 démarrages de travaux, signant la meilleure performance statistique du secteur depuis décembre 2023, même s'il reste inférieur de 14,9 % aux standards des cinq dernières années.