Placements et investissements : quelles options pour les jeunes ?

Mickaël Touré • 12 Avril 2019 • 15:02

Lorsque l'on a moins de 30 ans, les notions de placement et d'investissement peuvent parfois paraître assez abstraites. Avec l'entrée dans la vie active, il est important d'être bien conscient de toutes ces options afin de faire fructifier au mieux ses revenus. Voici donc quelques conseils.

Placements et investissements : quelles options pour les jeunes ?

Le manque d'éducation financière serait-il un mal français ? Selon une enquête diligentée par la banque de France, 8 français sur 10 estiment que leurs connaissances en matière financière sont insuffisantes. Un mal qui semble particulièrement impacter les jeunes.

Depuis quelques temps, le gouvernement réfléchit donc à l'instauration d'un passeport d'éducation financière. Tous les élèves de quatrième pourrait être sensibilisés aux questions d'argent via un enseignement de quelques heures.

D'ailleurs depuis 2016, Bercy met tout en oeuvre afin de remédier au problème. Mise en place dès 2016, la « stratégie nationale d'éducation financière » vise directement les jeunes. En octobre 2017, des outils pédagogiques ont également été mis à la disposition des enseignants du primaire et des professeurs de mathématiques au collège pour les inciter à parler davantage d'argent à l'école. Pourtant, le projet peine à séduire et le manque d'engouement est palpable.

Avec l'entrée dans la vie active, les millénials ne savent pas toujours comment bien gérer leur argent mais surtout quels placements pourraient être les plus avantageux. Voici quelques étapes clés.

Avant d'investir, penser à bien s'informer

Peut-être ce conseil peut-il paraître évident. Pour autant, beaucoup de jeunes passent outre cette étape indispensable.

Avant de placer son argent, il est nécessaire de bien s'informer sur les options disponibles. Augmenter sa culture financière est une assurance pour le présent mais aussi pour l'avenir. Les connaissances accumulées seront toujours utiles et permettront d'éviter certains pièges.

Pour s'informer correctement, de nombreuses options existent : Il est possible d'opter pour des formations express qui s'avèrent instructives et forment rapidement sur toutes les bases de la finance.

Il est également important de sonder ses proches. La plupart du temps, grâce à l'expérience, ils pourront guider tranquillement le non-initié vers des options de placement et parfois même renseigner sur les taux les plus avantageux.

Enfin, de plus en plus de groupes, forums et livres traitent de la question. Il suffira de choisir le support qui vous parle le plus. Attention cependant, internet regorge d'arnaques en tout genre qui induiront en erreur en proposant des placements hasardeux.

Soyez toujours vigilants sur les propositions de placement lorsque vous vous baladez sur la toile !

La valeur sûre : les livrets

Vous êtes bien renseignés ? Vous voilà prêt à investir. Dans un premier temps, la mesure n'est pas une mauvaise idée. Rien ne sert de se lancer tout de suite dans des investissements boursiers risqués tel un Leonardo DiCaprio dans le Loup de Wall Street.

Pensez d'abord à tranquillement remplir votre livret d'épargne avant d'envisager des placements plus risqués.

Ouvrir un livret d'épargne permet de placer une partie de son argent en profitant de rendement assez intéressant sur le long-terme. Bien sûr ne vous attendez pas à des plus-values très significatives d'entrée, mais c'est un bon début.   

  • Le livret jeune :

Dans ce sens, le livret jeune est bien évidemment tout indiqué. Il est accessible pour les 12-25 ans et ses rendements varient de 0.75% à 1.75% voire 2%, tout dépendra de votre établissement bancaire. En moyenne, 10€ suffisent pour ouvrir ce genre de livret. Un bon moyen de se mettre le pied à l'étrier.

Pourtant, assez étrangement, les jeunes semblent délaisser le livret jeune au profit du livret A. Il est en effet plafonné à 1600€ (hors intérêt) contre 22 950€ pour le livret A. Ceci étant dit, le livret jeune possède néanmoins de nombreux avantages.

Tout comme le livret A, il est défiscalisé. Les intérêts versés sont donc nets d'impôts et de prélèvements sociaux. De plus, les taux de rendements du livret jeune ne peuvent être inférieur à ceux du livret A.

Mieux, les livrets Jeunes proposent actuellement les taux d'intérêts les plus élevés du marché, en proposant des taux parfois 2x plus importants que ceux du livret phare.

Enfin, pour les parents, ce livret peut permettre d'éduquer en apprenant tout doucement à l'enfant la gestion de son argent.

>> Pour aller plus loin : offre des banques pour les livrets jeunes

  • Le livret A, Compte sur livret (CSL) et livret de développement durable (LDDS) :

Ces trois livrets bancaires affichent des niveaux de rentabilité compris entre 0,20% et 0,75%. Le LDDS est plafonné à 12 000 € tandis que le CSL n'est lui pas plafonné du tout.

Le livret A est LE livret par excellence. Valeur sûre, il bénéficie d'un plafond élevé de 22 950 € comme précisé précédemment.

Comme le livret Jeune, il est exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Les fonds sont disponibles à tout moment, sans frais ni pénalités et peuvent être retirés par virement, au guichet ou par carte. Par ailleurs, le livret A n'est soumis à aucune limite de durée.

>> À lire également : Guide : livret défiscalisé, un moyen de rentabiliser son épargne

Le principal inconvénient du livret A est qu'il ne protège plus contre l'inflation. Actuellement, le taux du livret A est gelé à 0.75 % jusqu'en 2020. À partir du 1er février 2020, une nouvelle méthode de calcul du taux doit entrer en vigueur.  Celle-ci prévoit un taux minimum de 0,50%. Reste à voir si le niveau remontera par la suite.

Concernant le CSL, il est un complément au livret A ou au LDD lorsqu'il ont atteint leur plafond. Il permet surtout de protéger son épargne disponible de l'inflation tout en générant quelques intérêts qui ne seront pas fiscalisés. Un versement minimum de quinze euros est demandé à l'ouverture d'un CSL. Même les mineurs peuvent bénéficier des avantages d'un CSL.

Le LDDS (ancien codevi) peut également être une bonne alternative. Moins prisé que le livret A, il en possède pourtant la plupart des avantages, et moins d'inconvénients.

Au niveau des similitudes, les deux livrets possèdent actuellement le même taux (0.75%), l'exonération de prélèvements sociaux et fiscaux, l'absence de risques et la totale disponibilité des fonds.

La différence fondamentale est en réalité son plafond de 12 000 € bien inférieur à celui du livret A. À la différence qu'avec ce livret, vous serez moins embêté en cas de doublon, strictement réglementé dans le cas d'un livret A.

>> Pour aller plus loin : Guide : choisir son livret d'épargne

Jamais trop tôt pour une assurance vie

Ouvrir une assurance vie n'est pas la première idée qui vient à l'esprit d'un jeune au moment d'envisager ses options de placement... Et pourtant. Ce produit d'épargne est une excellente option d'investissement.

L'assurance vie s'envisage sur le long terme. Elle bénéficie d'une fiscalité qui devient de plus en plus avantageuse avec le temps. En clair, plus on commence tôt à épargner, plus l'opération devient intéressante. Les rentabilités actuelles varient de quelques 2% à plus de 5% voire même 7% selon la nature du contrat.

>> À lire également : Assurance vie : la collecte connaît un net rebond en 2018

Elle permet par ailleurs plusieurs avantages non négligeables : Grâce à elle vous pourrez par exemple disposer de fonds propres en vue d'une création d'entreprise, financer un grand voyage à l'étranger, un mariage, l'achat d'une voiture ou encore préparer un apport pour un premier achat dans l'immobilier.

Un versement faible et régulier sur une assurance vie peut également aider à anticiper tôt sur une future retraite. Elle est non imposable et permet également de diversifier ses placements financiers.

Opter pour un Plan d'Epargne Logement

Autre produit indispensable lorsque l'on est jeune : le Plan d'Epargne Logement. Le PEL est spécialement conçu pour préparer un futur achat immobilier. Que ce soit une construction ou l'achat d'un premier logement.

Le plafond du PEL est élevé puisqu'il est de 92 000 €. Il bénéficie par ailleurs d'un rendement très attractif. Par ailleurs, le PEL donne accès à un prêt immobilier ou le taux est connu d'avance.

Actuellement le taux d'emprunt avec un PEL est d 2.20%. Un taux pas très attractif mais qui peut très vite le devenir d'ici à quelques années.

Même s'il est critiqué dernièrement, le PEL reste une valeur sûre pour les jeunes qui souhaitent acheter à plus ou moins court terme.

Investir dans la pierre pour sécuriser son argent

Autre étape incontournable, l'achat du premier bien immobilier est souvent un moment charnière dans la vie d'un jeune adulte. Un investissement dans l'immobilier peut évidemment être un bon placement pour un jeune à condition d'être malin et de ne pas perdre le sens des réalités.

L'immobilier est un domaine qui demandera du temps pour trouver le bien qui vous conviendra. La mise en location permettra l'autofinancement du bien. Mais il existe également quelques astuces pour bien investir lorsque l'on est jeune.

Tout d'abord vous pouvez opter pour l'achat d'un parking. L'achat en lui même ne sera pas exorbitant. Si vous êtes étudiant, vous pouvez même envisager d'obtenir ce bien via un prêt étudiant. Le produit est assez petit et la prise de risque est donc limitée. Les revenus, eux, peuvent vite augmenter.

N'hésitez pas à correctement évaluer vos biens. Même une cave en location peut vous rapporter quelques deniers mensuels.

Vous pouvez également investir dans l'immobilier via une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier). Ici, l'épargnant achète des parts d'un patrimoine immobilier géré par un professionnel : bureaux, commerces, hôtels... L'épargnant ne détient pas de biens immobiliers en direct mais des parts de sociétés. Investir en SCPI peut être particulièrement rentable sur le long terme. 

Les niveaux de rentabilité peuvent parfois atteindre 4 à 7 %. L'autre intérêt étant que part ce biais, l'épargnant n'aura pas à se soucier de la gestion des biens immobiliers comme les travaux, l'entretien ou les loyers.

La bourse peut aussi être une bonne idée

Enfin, l'investissement boursier peut également être une source de rentabilité pour les jeunes. Mais attention, c'est également le plus risqué !

Il faudra d'abord acquérir une certaine maîtrise avant de se permettre d'investir en Bourse. Avant de s'y frotter, il vaut mieux prendre le temps de s'offrir une formation solide et s'informer correctement.

Ceci étant dit, il est possible de faire des profits intéressants grâce à la bourse. Avec l'apparition des banques en ligne, il est désormais possible d'investir en bourse sans frais avec des petits montants.

>> À lire également : Guide : PEA, pour qui ? 

D'ailleurs, un PEA jeune (Plan d'Epargne en Action) devrait voir le jour dans le cadre de la loi Pacte. Il devrait s'adresser aux jeunes de 18 à 25 ans à la charge de leurs parents, ainsi qu'aux mineurs émancipés et leur permettre des investissements jusqu'à 20 000 euros.

Ces versements viendraient en déduction du plafond de 150 000 euros du PEA des parents.

Le PEA jeune devrait bénéficier des mêmes avantages fiscaux que le PEA. Par ailleurs, il est également prévu qu'il soit automatiquement transformé en PEA classique lorsque le jeune majeur sort du foyer fiscal de ses parents suite à son 25e anniversaire.

Voilà, vous êtes maintenant prêt à faire fructifier votre argent et pourquoi pas vous offrir le bien de vos rêves !

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