Comment acheter un logement social en France ?

✍ Les points à retenir : L'achat d'un logement HLM
- Les bénéficiaires prioritaires : Le locataire occupant est toujours prioritaire. S'il ne souhaite pas acheter, son conjoint, ses ascendants ou descendants (sous conditions de ressources) peuvent se porter acquéreurs.
- La mise en vente de logements vacants : Si le logement est vide, il est proposé en priorité aux locataires du bailleur social dans le département, puis à toute personne physique sous plafonds de ressources (Accession sociale).
- Le prix de vente : Il est fixé par le bailleur social après avis des Domaines. Il est souvent très attractif, mais le contrat inclut généralement une clause de rachat et de relogement en cas de coup dur (chômage, séparation) pendant 10 à 15 ans.
- La clause d'anti-spéculation : Si vous revendez le bien dans les 5 ou 10 ans suivant l'achat, vous devrez souvent reverser au bailleur la différence entre le prix d'achat et le prix du marché, ou une partie de la plus-value réalisée.
- Les aides au financement : L'achat d'un HLM est compatible avec le Prêt à Taux Zéro (PTZ) et le Prêt Accession d'Action Logement, ce qui réduit considérablement le coût du crédit.
Qui est prioritaire pour l'achat d'un logement social ?
Le processus pour acheter un logement social est strictement encadré par le Code de la construction et de l'habitation. Contrairement au marché immobilier classique, l'accès à la propriété via un organisme HLM (Habitation à Loyer Modéré) suit une hiérarchie précise appelée l'ordre de priorité. Cette organisation vise à favoriser le parcours résidentiel des occupants actuels tout en permettant une mixité sociale au sein des quartiers. En 2026, cette réglementation reste un pilier pour faciliter l'achat d'un logement social par les ménages aux revenus modestes. Il est essentiel de comprendre que la mise en vente d'un logement social ne s'adresse pas immédiatement à tout le monde ; une période d'exclusivité est systématiquement instaurée pour protéger les publics prioritaires.
Les locataires en place et les occupants de l'organisme
La première catégorie de personnes prioritaires pour acheter un logement social est constituée par les locataires occupant déjà le bien mis en vente. Si le logement est occupé, seul le locataire en titre (ou son conjoint, ou ses ascendants et descendants sous certaines conditions de ressources) a le droit de se porter acquéreur. Si le logement devient vacant, la priorité est donnée aux locataires de l'organisme HLM vendeur au sein du département, ainsi qu'aux gardiens employés par cet organisme. Cette stratégie permet aux bailleurs sociaux de libérer des fonds pour construire de nouveaux bâtiments tout en permettant à leurs locataires de devenir propriétaires de leur résidence principale à des conditions souvent avantageuses.
Les bénéficiaires de ressources modestes et les primo-accédants
Lorsque l'offre d'achat d'un logement social n'a pas trouvé preneur parmi les locataires directs de l'organisme dans les délais impartis, la priorité s'élargit à d'autres catégories. En 2026, les personnes dont les revenus ne dépassent pas les plafonds fixés par l'administration (notamment les plafonds PLI ou PLUS) restent en haut de la liste. Les primo-accédants, c'est-à-dire les personnes n'ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années, sont également privilégiés. L'objectif est de garantir que le logement social reste un outil d'accession sociale à la propriété, évitant ainsi que ces biens ne soient captés par des investisseurs privés dès leur mise sur le marché.
Les collectivités locales et les structures publiques
Dans certains cas spécifiques, si aucune personne physique prioritaire ne manifeste son intérêt pour acheter un logement social, les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent intervenir. Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) disposent d'un droit de regard et de priorité pour acquérir ces biens afin de maintenir un parc de logement social pérenne ou pour répondre à des besoins spécifiques de relogement. Ce n'est qu'après l'épuisement de toutes ces étapes de priorité, et généralement après un délai d'affichage légal de deux mois, que le bien peut éventuellement être proposé à toute autre personne physique, sans condition de ressources particulières.
Les conditions d'éligibilité et les plafonds de ressources
Pour acheter un logement social, il ne suffit pas de manifester son intérêt ; il faut répondre à des critères d'éligibilité précis définis par la loi. Ces conditions garantissent que l'aide publique associée au logement social bénéficie aux foyers qui en ont le plus besoin. En 2026, ces critères reposent principalement sur la composition du foyer et le niveau de ressources annuelles imposables. L'achat d'un logement social est une opportunité rare qui impose une transparence totale sur la situation financière des candidats à l'accession.
Les plafonds de ressources annuelles (RFR)
Le critère majeur pour être éligible à l'achat d'un logement social est le Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l'année N-2. Ces plafonds sont révisés chaque année au 1er janvier et varient selon deux paramètres : la zone géographique du bien (zone tendue comme l'Île-de-France ou zones moins denses) et le nombre de personnes destinées à occuper le logement. Pour acheter un logement social, vos revenus ne doivent pas excéder ces limites. Si vous dépassez les plafonds, vous pourriez être relégué dans l'ordre de priorité ou voir votre dossier refusé, sauf si vous êtes déjà locataire du bien immobilier en question, auquel cas les conditions de ressources peuvent être assouplies.
La destination du bien : la résidence principale
Un principe fondamental de l'achat d'un logement social est l'obligation d'occuper le bien à titre de résidence principale. Il est strictement interdit d'acheter un logement social pour en faire une résidence secondaire ou pour le destiner immédiatement à la location spéculative. Les acquéreurs doivent s'engager à habiter personnellement le logement pendant une durée minimale définie dans l'acte de vente, souvent assortie de clauses de revente spécifiques. Cette condition assure que le parc de logement social remplit sa mission première : offrir un toit stable et abordable aux familles résidentes en France.
L'absence de propriété immobilière préexistante
Bien que ce ne soit pas une interdiction absolue dans tous les dispositifs, la priorité pour acheter un logement social est quasi systématiquement donnée aux primo-accédants. Si vous possédez déjà un bien immobilier, il est fort probable que votre dossier ne soit pas retenu au profit d'un ménage cherchant sa première acquisition. L'achat d'un logement social est conçu comme un tremplin vers la propriété pour ceux qui n'ont pas les moyens financiers d'accéder au marché libre. En 2026, la vérification du patrimoine immobilier des candidats est devenue plus rigoureuse pour éviter les abus et concentrer l'offre sur les publics cibles de l'accession sociale.
Quelles sont les étapes clés du processus d'achat (de l'offre à la signature) ?
Le parcours pour acheter un logement social est plus formalisé qu'une transaction immobilière classique. Entre le moment où un locataire reçoit une proposition de vente et la remise finale des clés, plusieurs mois peuvent s'écouler. Ce processus est jalonné d'étapes administratives et juridiques visant à sécuriser tant l'organisme HLM que l'acquéreur. Maîtriser ces étapes est crucial pour mener à bien son projet d'achat d'un logement social sans encombre.
L'information et la manifestation d'intérêt
Tout commence par la décision de l'organisme HLM de vendre une partie de son parc. Si vous êtes locataire, vous recevez une offre de vente prioritaire par courrier. Si vous cherchez à acheter un logement social vacant, vous devez consulter les annonces publiées sur les sites des bailleurs ou sur les plateformes dédiées. Une fois le bien identifié, la première étape concrète est la visite, suivie du dépôt d'une offre d'achat écrite. Pour un logement social, cette offre doit être accompagnée d'un dossier complet prouvant votre éligibilité (avis d'imposition, justificatifs d'identité, simulation bancaire).
L'examen par le conseil d'administration et le compromis
Contrairement au secteur privé, l'acceptation de l'offre ne dépend pas seulement d'un agent immobilier. Pour acheter un logement social, le dossier doit souvent être validé par le conseil d'administration de l'organisme bailleur ou une commission d'attribution. Une fois l'offre acceptée, les parties signent un compromis de vente ou une promesse de vente. Ce document fixe le prix, les conditions suspensives (notamment l'obtention du prêt immobilier) et les clauses spécifiques liées au logement social, comme les garanties de rachat. À partir de cette signature, le délai de rétractation légal de 10 jours s'applique, permettant à l'acquéreur de revenir sur sa décision sans frais.
L'instruction du financement et l'acte authentique
Après la signature du compromis, l'acquéreur dispose généralement de 45 à 60 jours pour obtenir son financement. C'est le moment de solliciter les prêts spécifiques qui facilitent l'achat d'un logement social. Une fois l'offre de prêt émise et le délai de réflexion passé, le notaire prépare l'acte authentique de vente. La signature finale se déroule devant notaire, scellant officiellement le transfert de propriété. C'est à ce moment que l'acquéreur verse les fonds et reçoit les clés de son logement social. En 2026, l'accent est mis sur l'accompagnement pédagogique des nouveaux propriétaires pour les préparer à leur futur rôle de copropriétaire.
Le prix de vente : comment est-il fixé et quelles sont les décotes ?
L'un des principaux arguments pour acheter un logement social réside dans son prix, souvent inférieur à celui du marché. La fixation du prix d'un logement social obéit à des règles strictes visant à favoriser l'accession sans pour autant brader le patrimoine public. En 2026, les mécanismes de décote permettent à de nombreux ménages de réaliser un achat d'un logement social avec un avantage financier immédiat par rapport aux prix pratiqués par les promoteurs privés dans le même quartier.
L'évaluation par le service des Domaines
Le prix de base d'un logement social mis en vente n'est pas fixé arbitrairement par le bailleur. L'organisme doit obligatoirement solliciter l'avis du service des Domaines. Ce service de l'État évalue la valeur vénale du bien en fonction de son état, de sa localisation et des prix du marché environnant. Le prix de vente final ne peut généralement pas s'écarter de plus ou moins 10 % de cette estimation. Cette procédure garantit une équité et empêche toute spéculation excessive lors de l'achat d'un logement social. Elle assure également au locataire qu'il achète son bien à sa juste valeur d'usage.
La décote pour les locataires en place
L'avantage le plus significatif lors de l'achat d'un logement social est réservé aux locataires déjà présents dans les lieux. Pour encourager la stabilité résidentielle, les organismes HLM appliquent souvent une décote importante sur le prix estimé par les Domaines. Cette réduction peut atteindre 20 % à 30 % selon l'ancienneté du locataire et la politique commerciale de l'organisme. Pour le locataire, cela signifie acheter un logement social avec une plus-value latente dès le premier jour. Cette décote est un levier puissant pour transformer une quittance de loyer en une mensualité de crédit immobilier supportable pour le foyer.
Les frais de notaire réduits dans certains dispositifs
Outre le prix du bien lui-même, l'achat d'un logement social peut bénéficier de frais d'acquisition optimisés. Dans le cadre de certains programmes neufs ou de dispositifs comme la location-accession (PSLA), les frais de notaire peuvent être dits "réduits" (environ 2 à 3 % du prix de vente contre 7 à 8 % dans l'ancien classique). De plus, l'organisme vendeur prend parfois en charge certains diagnostics techniques ou frais liés à la mise en copropriété. Ces économies cumulées rendent l'achat d'un logement social particulièrement compétitif, permettant aux ménages de consacrer une plus grande part de leur budget au remboursement du capital plutôt qu'aux frais annexes.
Les aides spécifiques et les solutions de financement (Prêt à Taux Zéro, Prêt Social Location-Accession)
Le financement est le nerf de la guerre pour acheter un logement social. Heureusement, de nombreux dispositifs d'aide ont été conçus pour solvabiliser les acquéreurs modestes. En 2026, combiner ces aides permet souvent de réduire drastiquement le coût total du crédit. L'achat d'un logement social devient ainsi accessible même avec un apport personnel limité, grâce à des prêts conventionnés et des avantages fiscaux spécifiques.
| Dispositif | Avantages principaux | Public cible |
|---|---|---|
| Prêt à Taux Zéro (PTZ) | 0% d'intérêt, différé de remboursement | Primo-accédants sous plafonds |
| PSLA (Location-Accession) | TVA à 5,5%, exonération de taxe foncière | Ménages modestes (neuf) |
| Prêt Accession Action Logement | Taux réduit, cumulable | Salariés du secteur privé |
| TVA à taux réduit | Économie directe sur le prix de vente | Zones ANRU ou QPV |
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) en zone HLM
Le PTZ reste l'outil phare pour acheter un logement social. Il permet de financer une partie de l'achat sans intérêts bancaires. Pour un logement social vendu par un organisme HLM à ses locataires, le PTZ est souvent accessible avec des conditions favorables. Le montant du prêt et la durée du différé (période pendant laquelle on ne rembourse rien) dépendent de vos ressources et de la zone géographique. C'est un levier indispensable pour l'achat d'un logement social, car il est considéré par les banques comme de l'apport personnel, facilitant ainsi l'obtention du prêt principal complémentaire.
Le dispositif PSLA : louer avant d'acheter
Le Prêt Social Location-Accession (PSLA) est une méthode progressive pour acheter un logement social. Il se décompose en deux phases : une phase locative pendant laquelle vous versez une "redevance" (part locative + part acquisitive), puis une phase d'accession où vous levez l'option d'achat. Ce système est particulièrement rassurant pour les familles, car il permet de tester ses capacités financières avant l'achat d'un logement social définitif. En plus de la TVA réduite, le PSLA offre souvent une exonération de taxe foncière pendant 15 ans, ce qui allège considérablement les charges du nouveau propriétaire.
Le Prêt Accession d'Action Logement
Pour les salariés des entreprises du secteur privé, Action Logement propose des prêts à taux très compétitifs pour aider à acheter un logement social. Ce prêt peut venir en complément du PTZ et du prêt principal. En 2026, ces fonds sont particulièrement fléchés vers l'accession sociale. L'achat d'un logement social via Action Logement permet de bénéficier de conseils personnalisés et d'une analyse de solvabilité adaptée aux revenus modestes. C'est une ressource complémentaire précieuse qui sécurise le plan de financement et réduit le coût global de l'emprunt pour l'acquisition de votre logement social.
Les garanties de rachat et de relogement offertes par l'organisme HLM
L'un des avantages uniques de l'achat d'un logement social est le filet de sécurité offert par le bailleur. Contrairement au marché privé où une baisse de revenus ou un accident de la vie peut mener à la saisie, l'accession sociale intègre des garanties protectrices. Pour acheter un logement social en toute sérénité, les acquéreurs bénéficient contractuellement de garanties de rachat et de relogement. En 2026, ces dispositifs sont obligatoires dans la plupart des contrats de vente de logement social, offrant une protection précieuse contre les aléas de l'existence.
La garantie de rachat : une sécurité contre la dépréciation
La garantie de rachat s'active en cas d'accident de la vie (chômage longue durée, décès, invalidité, divorce). Si l'acquéreur ne peut plus assumer ses mensualités, l'organisme HLM s'engage à racheter le logement à un prix minimum garanti pendant une période allant généralement jusqu'à 15 ans après l'achat d'un logement social. Cette clause protège le propriétaire contre une chute brutale des prix de l'immobilier et garantit qu'il pourra solder son emprunt bancaire. C'est un argument de poids qui rassure également les banques lors de l'octroi du crédit pour un logement social.
La garantie de relogement : le droit à un toit
Indissociable de la garantie de rachat, la garantie de relogement assure à l'acquéreur en difficulté qu'il ne se retrouvera pas à la rue. Si l'organisme rachete le bien, il a l'obligation de proposer au moins trois offres de location correspondant aux besoins et aux ressources du ménage. Ainsi, même si l'aventure de l'achat d'un logement social s'arrête prématurément, la famille réintègre le parc locatif social. Cette double garantie fait de l'achat d'un logement social l'un des investissements immobiliers les plus sécurisés en France, permettant une accession à la propriété sans risque d'exclusion sociale.
Une assurance contre les vices cachés et les malfaçons
Lorsqu'on décide d'acheter un logement social neuf ou récemment rénové, on bénéficie également des garanties classiques de la construction (parfait achèvement, biennale, décennale). L'organisme HLM, en tant que vendeur professionnel, est tenu à une obligation de conseil et de délivrance d'un bien conforme. En 2026, l'accompagnement post-vente est renforcé pour aider les nouveaux propriétaires à gérer l'entretien de leur logement social. Cette protection technique complète le dispositif de sécurité financière, assurant que l'investissement patrimonial ne sera pas gâché par des problèmes de bâti imprévus ou mal gérés.
Les règles de revente et de mise en location après l'acquisition
Devenir propriétaire d'un logement social donne des droits, mais aussi des devoirs. Pour éviter que l'accession sociale ne soit détournée à des fins spéculatives, la loi impose des restrictions sur la revente et la location du bien pendant plusieurs années. Si vous envisagez d'acheter un logement social, vous devez intégrer ces contraintes temporelles dans votre stratégie patrimoniale. En 2026, les contrôles sont rigoureux pour s'assurer que le logement social vendu continue de remplir son rôle de résidence principale abordable.
La limitation de la revente dans les premières années
Si vous souhaitez revendre votre bien peu de temps après l'achat d'un logement social, vous pourriez être soumis à deux contraintes majeures. Premièrement, si le prix de revente est supérieur au prix d'achat initial, vous devrez peut-être reverser une partie de la plus-value à l'organisme HLM (souvent la différence entre le prix d'achat décoté et le prix du marché). Deuxièmement, l'organisme dispose souvent d'un droit de priorité pour racheter le bien. Cette règle vise à décourager les opérations d'achat d'un logement social réalisées uniquement pour réaliser un profit rapide sur le dos de la solidarité nationale.
L'interdiction ou l'encadrement de la mise en location
Pendant une période définie (souvent 5 à 10 ans), il est généralement interdit de louer un logement social que l'on vient d'acquérir, sauf cas de force majeure. Si la location est autorisée, le loyer est alors plafonné et ne peut excéder le dernier loyer acquitté par l'acquéreur avant son achat d'un logement social ou les plafonds de loyer social en vigueur. Cette mesure empêche la transformation d'un logement social aidé en un investissement locatif rentable sur le marché libre. Le but est de maintenir le bien comme résidence principale effective pour des ménages aux ressources limitées.
Les formalités d'information de l'organisme vendeur
Toute intention de revente ou de location doit être notifiée par écrit à l'organisme HLM qui a vendu le logement. En 2026, le non-respect de ces obligations de transparence peut entraîner des sanctions financières ou l'annulation de certains avantages fiscaux perçus lors de l'achat d'un logement social. Il est donc crucial de bien lire les clauses de votre acte de vente. Une fois le délai légal passé (souvent 10 ans), le propriétaire retrouve une liberté totale d'usage, de prix et de location, le bien rentrant alors définitivement dans le parc immobilier de droit commun.
Les charges de copropriété et les responsabilités du nouveau propriétaire
Passer de locataire à propriétaire d'un logement social implique un changement de paradigme majeur concernant la gestion du quotidien. Vous ne payez plus un loyer, mais des charges de copropriété et des impôts locaux. Cette transition doit être anticipée pour réussir son achat d'un logement social. En 2026, les bailleurs sociaux accordent une importance capitale à la formation des nouveaux acquéreurs pour éviter les phénomènes d'impayés de charges dans les copropriétés issues du logement social.
La découverte des charges de copropriété
Lorsqu'on choisit d'acheter un logement social au sein d'un immeuble collectif, on intègre une copropriété. Cela signifie qu'il faut payer sa quote-part pour l'entretien des parties communes (ascenseur, toiture, espaces verts, ménage). Ces charges peuvent être plus élevées que les anciennes "provisions pour charges" payées en tant que locataire, car elles incluent désormais les honoraires du syndic et les fonds pour travaux obligatoires. L'achat d'un logement social nécessite donc une étude minutieuse du budget prévisionnel de la copropriété pour s'assurer que ces coûts restent compatibles avec le remboursement du crédit immobilier.
La responsabilité des travaux privatifs et collectifs
En tant que propriétaire d'un logement social, vous êtes seul responsable de l'entretien intérieur de votre appartement (plomberie, électricité, embellissement). Vous participez également aux votes en assemblée générale pour les travaux collectifs. Si la toiture doit être refaite, vous devrez financer votre part des travaux. C'est une différence fondamentale avec le statut de locataire où le bailleur assume ces gros investissements. Pour sécuriser l'achat d'un logement social, il est conseillé de se renseigner sur l'état général du bâtiment et les travaux prévus à moyen terme afin d'éviter les appels de fonds imprévus juste après l'acquisition.
Le paiement de la taxe foncière
Un nouveau coût apparaît après l'achat d'un logement social : la taxe foncière. Bien que certains dispositifs comme le PSLA offrent une exonération temporaire, tout propriétaire finit par devoir s'en acquitter annuellement. Cette taxe dépend de la valeur locative du logement et des taux votés par votre commune. Elle doit être intégrée dans le calcul de votre reste à vivre. En 2026, de nombreux outils de simulation permettent d'estimer ce montant avant de finaliser l'achat d'un logement social. Devenir propriétaire, c'est assumer ces nouvelles responsabilités financières pour construire un patrimoine durable pour soi et ses proches.
FAQ - Comment acheter un logement social en France ?
Est-il possible d'acheter un logement social sans être déjà locataire HLM ?
Oui, il est tout à fait possible d'acheter un logement social sans être locataire, à condition que le bien soit vacant. Dans ce cas, l'organisme HLM publie une annonce et respecte l'ordre de priorité légal (locataires du département, personnes sous plafonds de ressources, etc.). Si aucune personne prioritaire ne se manifeste après un certain délai, l'offre d'achat d'un logement social est ouverte au grand public, sous réserve d'en faire sa résidence principale.
Quels sont les revenus pris en compte pour l'achat d'un logement social ?
Pour l'achat d'un logement social, on prend en compte le Revenu Fiscal de Référence (RFR) figurant sur l'avis d'imposition de l'année N-2. Par exemple, pour un achat en 2026, ce sont les revenus de 2024 qui font foi. Ces revenus sont comparés aux plafonds en vigueur dans la zone géographique du logement social visé. Il est important de noter que toutes les sources de revenus imposables du foyer sont additionnées pour vérifier l'éligibilité.
Peut-on acheter un logement social avec un apport personnel nul ?
Techniquement, l'achat d'un logement social peut se faire sans apport, car des dispositifs comme le PTZ ou les prêts Action Logement sont assimilés à de l'apport par les banques. Cependant, avoir un petit apport pour couvrir les frais de notaire ou les premiers frais d'installation est vivement recommandé. Les banques sont généralement plus enclines à valider un dossier d'achat d'un logement social si l'acquéreur démontre une capacité d'épargne, même modeste.
Quelle est la durée minimale d'occupation après l'achat d'un logement social ?
L'obligation d'occuper le bien comme résidence principale après l'achat d'un logement social est permanente tant que vous possédez le bien. Si vous souhaitez le revendre ou le louer, des restrictions s'appliquent souvent pendant les 5 à 10 premières années. En cas de non-respect, vous pourriez avoir à rembourser les aides perçues ou la décote sur le prix de vente. Le logement social acquis doit rester votre foyer effectif pour respecter l'esprit de l'accession sociale.
Peut-on négocier le prix de vente d'un logement social ?
La marge de négociation lors de l'achat d'un logement social est très limitée, voire inexistante. Le prix est fixé après avis des Domaines et intègre déjà souvent une décote substantielle pour les locataires. Contrairement au marché libre, il n'y a pas de surenchère ou de négociation agressive. Le prix affiché par l'organisme HLM est généralement le prix final. L'avantage financier de l'achat d'un logement social est intrinsèque au dispositif lui-même.
Un retraité peut-il acheter son logement social ?
Oui, il n'y a pas d'âge maximum pour acheter un logement social. Un locataire retraité peut tout à fait devenir propriétaire de son logement. La principale difficulté réside dans l'obtention d'une assurance emprunteur pour le crédit immobilier, dont le coût augmente avec l'âge. Cependant, de nombreux seniors utilisent leur épargne ou des durées de prêt courtes pour réaliser leur achat d'un logement social et sécuriser ainsi leur cadre de vie pour leurs vieux jours.
Que se passe-t-il si je veux revendre mon logement social pour acheter plus grand ?
La revente pour acheter un bien plus adapté à l'évolution de la famille est possible. Si vous revendez votre logement social avant 10 ans, l'organisme vendeur peut disposer d'un droit de rachat prioritaire. Vous devrez également l'informer du prix de vente. Si vous réalisez une plus-value importante dans les premières années, une partie pourrait être reversée à l'organisme. Après 10 ans, vous revendez votre bien comme n'importe quel autre logement sur le marché immobilier classique.
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