Le démembrement de propriété : fonctionnement et avantages fiscaux

✍ Les points à retenir : Démembrement de propriété
- La séparation des droits :
- L'usufruitier : Il peut habiter le logement ou le louer pour percevoir les loyers.
- Le nu-propriétaire : Il possède les "murs" mais n'a aucun usage immédiat. Il récupère la pleine propriété au décès de l'usufruitier ou à la fin d'une période définie.
- L'exonération d'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) : C'est l'atout majeur pour le nu-propriétaire. En 2026, le bien démembré sort de son patrimoine taxable. C'est l'usufruitier qui doit déclarer la valeur en pleine propriété à l'IFI (sauf exceptions légales).
- La décote à l'achat : Acheter la nue-propriété seule permet d'acquérir un bien avec une décote importante (souvent 30 % à 50 % du prix) car vous renoncez aux loyers pendant 15 à 20 ans.
- La transmission optimisée (Donation avec réserve d'usufruit) : Donner la nue-propriété à ses enfants permet de calculer les droits de donation sur une valeur réduite (selon l'âge du donateur). Au décès, les enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit de succession supplémentaire à payer.
- La gestion des charges : En l'absence de convention contraire, l'usufruitier paie la taxe foncière et les charges d'entretien, tandis que le nu-propriétaire ne finance que les "grosses réparations" (murs, toiture).
Qu'est-ce que le démembrement de propriété ?
Le démembrement de propriété est un mécanisme juridique sophistiqué issu du Code civil français qui consiste à diviser le droit de propriété d'un bien en deux blocs distincts : l'usufruit et la nue-propriété. Contrairement à la pleine propriété, où une seule personne détient l'intégralité des prérogatives sur un actif, le démembrement permet de répartir l'usage et la valeur du bien entre plusieurs intervenants. En 2026, cette stratégie est devenue un pilier de la gestion de patrimoine, car elle offre une flexibilité contractuelle unique pour dissocier la jouissance d'un bien immobilier de sa détention sur le long terme. Ce montage peut porter sur des actifs immobiliers, mais aussi sur des portefeuilles de valeurs mobilières ou des parts de sociétés.
La distinction fondamentale entre usufruit et nue-propriété
Pour comprendre le démembrement de propriété, il faut analyser les trois composantes du droit de propriété : l'usus (le droit d'utiliser le bien), le fructus (le droit d'en percevoir les fruits, comme des loyers ou des dividendes) et l'abusus (le droit de disposer du bien, c'est-à-dire de le vendre ou de le transformer). Dans un montage démembré, l'usufruitier récupère l'usus et le fructus. Il peut ainsi habiter le logement ou le louer pour percevoir des revenus complémentaires. À l'inverse, le nu-propriétaire ne détient que l'abusus. S'il possède les murs, il ne peut ni occuper le bien ni en tirer de revenus immédiats. Cette séparation juridique crée une complémentarité d'intérêts où chaque partie possède des droits réels limités par ceux de l'autre.
Les origines du démembrement : entre loi et contrat
Le démembrement de propriété peut naître de deux manières différentes. Il peut être "subi" ou automatique, notamment lors d'une succession. Par exemple, au décès d'un conjoint, la loi prévoit souvent que le survivant recueille l'usufruit des biens tandis que les enfants en reçoivent la nue-propriété. On parle alors de démembrement légal. Il peut également être "voulu" ou conventionnel. Dans ce cas, un propriétaire décide de son vivant de vendre ou de donner la nue-propriété de son bien tout en conservant l'usufruit. Ce choix volontaire est fréquemment utilisé pour anticiper la transmission d'un patrimoine tout en garantissant au donateur le maintien de son cadre de vie et de ses ressources financières jusqu'à la fin de ses jours.
La dimension temporelle : démembrement viager ou temporaire
La durée d'un démembrement de propriété est un paramètre essentiel de sa définition. Dans la majorité des cas patrimoniaux, il est viager : l'usufruit s'éteint naturellement au décès de l'usufruitier. À cet instant, le nu-propriétaire devient automatiquement plein propriétaire sans aucune formalité complexe ni fiscalité supplémentaire sur la valeur de l'usufruit. Cependant, il existe aussi le démembrement temporaire, conclu pour une durée fixe (souvent entre 10 et 20 ans). Cette formule est particulièrement prisée par les investisseurs qui souhaitent acquérir la nue-propriété d'un bien à prix décoté, laissant l'usufruit à un bailleur social ou une entreprise, pour récupérer la pleine propriété à l'issue de la période définie, une fois que l'actif s'est valorisé.
Pourquoi utiliser le démembrement de propriété pour anticiper votre succession ?
L'anticipation successorale est l'une des motivations premières des foyers français qui optent pour le démembrement de propriété. En 2026, le coût des droits de succession reste une préoccupation majeure, et le démembrement permet de réduire l'assiette taxable de manière significative. En séparant la propriété de son vivant, le donateur transmet la nue-propriété à ses héritiers alors que la valeur de celle-ci est mathématiquement inférieure à la pleine propriété. Cela permet de consommer moins d'abattements fiscaux et de figer la valeur du bien au moment de la donation, évitant ainsi que la hausse des prix de l'immobilier n'alourdisse la note fiscale au moment du décès.
La réduction de l'assiette fiscale lors de la donation
Lorsqu'on réalise un démembrement de propriété pour transmettre un bien, les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété. Cette valeur est déterminée par un barème fiscal (article 669 du Code général des impôts) qui dépend de l'âge de l'usufruitier. Plus l'usufruitier est jeune au moment de la donation, plus la valeur de la nue-propriété est faible, et donc moins les taxes sont élevées. Par exemple, si vous donnez la nue-propriété à 55 ans, elle ne représente que 50 % de la valeur totale du bien. Vous transmettez ainsi un patrimoine important en utilisant seulement une fraction de vos abattements de 100 000 euros par enfant, ce qui constitue une optimisation fiscale de premier ordre en 2026.
L'extinction naturelle de l'usufruit sans taxation
L'avantage majeur du démembrement de propriété intervient au dénouement de l'opération. Au décès de l'usufruitier, l'usufruit rejoint la nue-propriété par "reconstitution" de la pleine propriété. Cet événement juridique s'opère en totale franchise d'impôts. Les héritiers, déjà nus-propriétaires, deviennent pleins propriétaires sans avoir à payer de droits de succession sur la valeur de l'usufruit qu'ils récupèrent. C'est un mécanisme extrêmement puissant : on paie un impôt réduit sur une base partielle (la nue-propriété) pour recevoir à terme la totalité (la pleine propriété). En 2026, cette stratégie est indispensable pour protéger les transmissions familiales face à la pression fiscale croissante.
Le maintien de l'indépendance financière du donateur
Utiliser le démembrement de propriété pour sa succession ne signifie pas se dépouiller de ses revenus. Le donateur, en restant usufruitier, conserve le contrôle total sur l'usage du bien. Il peut continuer à l'habiter ou choisir de le mettre en location pour percevoir des loyers qui financeront sa retraite ou ses éventuels frais de dépendance. Cette sécurité est psychologiquement cruciale : l'investisseur prépare l'avenir de ses enfants sans devenir dépendant d'eux. La loi protège l'usufruitier contre toute expulsion de la part des nus-propriétaires, garantissant ainsi une paix familiale durable tout en organisant une transmission de patrimoine efficace et sereine.
Faire une donation démembrée avec réserve d'usufruit pour optimiser la transmission de son patrimoine
La donation avec réserve d'usufruit est la mise en oeuvre pratique la plus fréquente du démembrement de propriété. Elle consiste, pour un propriétaire, à donner la nue-propriété d'un ou plusieurs biens tout en se réservant le droit d'en jouir jusqu'à son décès. Cette opération doit obligatoirement être constatée par un acte notarié. En 2026, ce montage est particulièrement recommandé pour les résidences secondaires ou les investissements locatifs, car il permet de transmettre des actifs de grande valeur tout en optimisant la fiscalité globale du foyer.
Le mécanisme de la réserve d'usufruit réversible
Dans le cadre d'un couple, le démembrement de propriété peut être optimisé par une clause de réversibilité de l'usufruit. Si l'un des conjoints effectue une donation avec réserve d'usufruit à ses enfants, il peut prévoir que, s'il décède le premier, l'usufruit reviendra intégralement au conjoint survivant. Cela assure que le partenaire restant pourra continuer à vivre dans le logement sans risque de remise en cause par les héritiers. Cette protection croisée est un atout majeur du démembrement conventionnel, permettant de sécuriser le cadre de vie du couple tout en ayant déjà acté la transmission de la propriété aux générations futures, avec les avantages fiscaux liés au barème de l'âge lors de l'acte initial.
L'optimisation des tranches d'imposition
Réaliser une donation démembrée permet également de lisser la fiscalité dans le temps. En 2026, la progressivité des droits de mutation rend les transmissions massives très coûteuses. En utilisant le démembrement de propriété tôt dans la vie, on profite de la valeur décotée de la nue-propriété pour rester dans les tranches basses d'imposition ou pour utiliser pleinement les abattements renouvelables tous les 15 ans. C'est une stratégie dynamique : on peut donner la nue-propriété d'un premier bien, attendre 15 ans, puis recommencer avec un second actif. Cette méthode permet de transmettre un patrimoine immobilier conséquent sans jamais payer de droits de succession importants, grâce à la décorrélation entre la valeur fiscale de l'acte et la valeur réelle du bien au jour du décès.
La protection contre la dilapidation du capital
La donation démembrée protège également les héritiers contre eux-mêmes. Puisque les enfants ne reçoivent que la nue-propriété, ils ne peuvent pas vendre le bien sans l'accord de l'usufruitier (le parent). Le démembrement de propriété agit ici comme un garde-fou : le patrimoine reste dans la famille et les parents conservent un droit de veto sur les décisions majeures concernant l'actif. Cela évite qu'un jeune héritier ne vende prématurément un bien familial pour financer des dépenses de consommation. En 2026, cette fonction de conservation du patrimoine est de plus en plus appréciée par les investisseurs soucieux de léguer un héritage pérenne qui servira réellement à la protection de leur descendance sur le long terme.
Avantages et inconvénients du démembrement de propriété
Le démembrement de propriété est un outil puissant, mais il comporte des spécificités qu'il convient d'analyser froidement. Si les gains fiscaux sont souvent le moteur de l'opération, les contraintes de gestion et de prise de décision collective ne doivent pas être sous-estimées. En 2026, la réussite d'un démembrement repose sur une compréhension claire des bénéfices attendus et des risques de blocage éventuels entre les parties.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Économie substantielle de droits de succession. | Nécessité de l'accord unanime pour vendre la pleine propriété. |
| Conservation des revenus et de l'usage pour le donateur. | Répartition des charges parfois complexe entre les parties. |
| Reconstitution gratuite de la pleine propriété au décès. | Indisponibilité du capital pour le nu-propriétaire. |
| Optimisation de l'IFI (le bien est déclaré par l'usufruitier). | Coûts d'actes notariés initiaux. |
Un levier fiscal sans équivalent pour le patrimoine immobilier
Le principal avantage du démembrement de propriété réside dans sa capacité à faire "disparaître" fiscalement une partie de la valeur du patrimoine lors de la transmission. En 2026, alors que la pression fiscale reste forte, c'est l'un des rares mécanismes légaux permettant de ne pas payer d'impôts sur la plus-value réalisée par le bien entre le jour de la donation de la nue-propriété et le jour du décès de l'usufruitier. De plus, pour l'usufruitier, le bien sort partiellement du calcul de l'assiette taxable s'il est détenu via certaines structures professionnelles, même si en règle générale, l'usufruitier doit déclarer la pleine propriété à l'IFI, ce qui allège la charge fiscale des enfants nus-propriétaires.
La contrainte de la gestion partagée
L'inconvénient majeur du démembrement de propriété est la perte de liberté totale. En pleine propriété, vous faites ce que vous voulez. En démembrement, l'usufruitier ne peut pas vendre le bien seul, et le nu-propriétaire non plus. Ils doivent agir de concert. En cas de mésentente familiale grave en 2026, cette situation peut mener à une paralysie de l'actif. Si l'usufruitier veut vendre pour financer sa maison de retraite mais que le nu-propriétaire refuse, le blocage est total (sauf recours judiciaire long et coûteux). C'est pourquoi ce montage nécessite une grande confiance entre les parties et, idéalement, la rédaction de conventions de démembrement précises chez le notaire pour encadrer les décisions futures.
L'impact sur la liquidité du patrimoine
Pour le nu-propriétaire, le démembrement de propriété présente un inconvénient de liquidité. Il détient un actif de valeur, mais il n'en tire aucun profit immédiat et ne peut pas l'utiliser comme garantie bancaire facilement sans l'accord de l'usufruitier. C'est une richesse "papier" qui ne se concrétisera qu'au décès de l'usufruitier. En 2026, dans un contexte économique parfois incertain, cet aspect doit être pris en compte : on ne donne pas la nue-propriété d'un bien si les héritiers ont besoin de cash immédiat. Le démembrement est une stratégie de temps long, conçue pour la protection générationnelle plutôt que pour la spéculation ou la consommation immédiate.
Rôles et obligations des parties : usufruitier et nu-propriétaire
Le démembrement de propriété crée une relation juridique encadrée par le Code civil qui définit précisément qui fait quoi. En 2026, la répartition des charges est souvent une source de questions. La règle générale veut que l'usufruitier assume les dépenses courantes liées à l'usage, tandis que le nu-propriétaire assure la pérennité de la structure du bien. Toutefois, cette répartition peut être aménagée par contrat lors de la mise en place du démembrement.
| Poste de dépense | Responsable légal | Nature des travaux/frais |
|---|---|---|
| Entretien courant | Usufruitier | Peintures, réparations mineures, chaudière. |
| Grosses réparations | Nu-propriétaire | Murs porteurs, toiture, charpente. |
| Taxes annuelles | Usufruitier | Taxe foncière, taxe d'enlèvement des ordures. |
| Charges de copropriété | Répartition variable | Charges locatives vs gros travaux d'immeuble. |
Les devoirs de l'usufruitier : conserver la substance du bien
L'usufruitier a l'obligation majeure de veiller à la conservation du bien. Dans le cadre d'un démembrement de propriété, il ne doit pas laisser le bien péricliter par manque d'entretien. Il doit se comporter comme un "bon père de famille", ce qui signifie qu'il doit assurer les réparations d'entretien nécessaires pour que l'actif reste en bon état. En 2026, si l'usufruitier néglige manifestement le bien (par exemple en laissant une fuite d'eau dégrader les structures), le nu-propriétaire peut engager sa responsabilité, voire demander en justice la déchéance de l'usufruit. L'usufruitier jouit du bien, mais il en est aussi le gardien temporaire pour le compte du futur plein propriétaire.
Les responsabilités du nu-propriétaire : la structure et le futur
Le nu-propriétaire est le garant de la pérennité structurelle de l'actif. Selon l'article 606 du Code civil, les "grosses réparations" lui incombent. En 2026, cela concerne principalement le clos et le couvert (toiture, murs porteurs). C'est une obligation qui peut être financièrement lourde, car le nu-propriétaire doit payer ces travaux sans percevoir de loyers pour les financer. Cependant, la loi n'oblige pas le nu-propriétaire à effectuer ces travaux si l'usufruitier les demande, sauf si la pérennité du bien est menacée. Dans la pratique du démembrement de propriété, il est fréquent d'insérer des clauses prévoyant que l'usufruitier prendra en charge l'intégralité des travaux pour ne pas peser sur les finances des enfants nus-propriétaires.
La gestion de la fiscalité locale et de l'IFI
Concernant les taxes, le démembrement de propriété impose une règle claire : celui qui a la jouissance paie les impôts locaux. L'usufruitier est donc le redevable de la taxe foncière. En ce qui concerne l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), la valeur en pleine propriété du bien démembré doit, sauf exceptions spécifiques, être déclarée par l'usufruitier dans son propre patrimoine. En 2026, cela protège les nus-propriétaires (souvent les enfants en début de carrière) d'une imposition sur un bien dont ils n'ont pas encore l'usage. L'usufruitier assume la charge fiscale globale, ce qui est cohérent avec sa perception des revenus ou son usage gratuit du logement.
Mise en place et sortie d'un démembrement de propriété
Le démembrement de propriété n'est pas une situation immuable. S'il commence généralement par un acte notarié (donation ou vente), il se termine soit par le décès de l'usufruitier, soit par une décision commune des parties. En 2026, les procédures de sortie sont strictement encadrées pour garantir que les droits financiers de chacun soient respectés, notamment en cas de vente anticipée du bien démembré.
Les étapes de la création chez le notaire
La mise en place d'un démembrement de propriété nécessite une préparation rigoureuse. Le notaire doit d'abord évaluer la valeur du bien, puis déterminer la valeur respective de l'usufruit et de la nue-propriété en fonction de l'âge de l'usufruitier. Ensuite, il rédige l'acte (donation ou vente) et assure sa publication au service de la publicité foncière. En 2026, il est vivement conseillé de rédiger parallèlement une "convention de démembrement". Ce document annexe permet de personnaliser la répartition des travaux, de prévoir les modalités de gestion en cas de mise en location et de définir les conditions de vote dans les assemblées générales de copropriété ou de sociétés civiles immobilières (SCI).
La vente du bien démembré : le partage du prix
Si l'usufruitier et le nu-propriétaire décident ensemble de vendre le bien avant le terme du démembrement de propriété, le prix de vente doit être partagé. Sauf accord contraire, le prix est réparti entre eux selon la valeur respective de leurs droits au jour de la vente. Par exemple, si l'usufruitier a 75 ans, il percevra 30 % du prix de vente, et le nu-propriétaire 70 %. En 2026, une alternative fréquente consiste à utiliser le mécanisme du "quasi-usufruit" ou du "remploi". Dans ce cas, le prix de vente n'est pas partagé : l'usufruitier récupère la totalité de la somme pour acheter un nouveau bien ou l'investir, tout en conservant son obligation de restituer la valeur de la nue-propriété au nu-propriétaire lors de son décès.
Le dénouement par extinction de l'usufruit
La sortie la plus courante du démembrement de propriété est l'extinction de l'usufruit au décès de l'usufruitier. C'est une étape automatique et simplifiée. Le nu-propriétaire doit simplement fournir l'acte de décès au service de la publicité foncière (par l'intermédiaire d'un notaire) pour faire constater la réunion de la pleine propriété sur sa tête. En 2026, ce processus est rapide et, comme souligné précédemment, totalement exonéré de droits de succession. Le bien est alors pleinement disponible : le nouveau propriétaire peut choisir de l'habiter, de continuer à le louer ou de le vendre sans avoir de comptes à rendre à quiconque, clôturant ainsi le cycle de transmission initié des années auparavant.
Combien coûte un démembrement de propriété ?
Le coût d'un démembrement de propriété dépend de la nature de l'opération (donation ou vente) et de la valeur de l'actif concerné. S'agissant d'un acte authentique, les frais de notaire sont incontournables. En 2026, il faut intégrer dans son budget les émoluments du notaire, les taxes de publicité foncière et, le cas échéant, les droits de mutation. Cependant, ces frais initiaux doivent être mis en perspective avec les économies massives réalisées sur les droits de succession à long terme.
Les frais de notaire et émoluments
Pour une donation avec réserve d'usufruit, les frais de notaire sont calculés sur la valeur de la pleine propriété du bien, même si vous ne donnez que la nue-propriété. En 2026, ces frais sont tarifés par l'État et incluent les débours, la contribution de sécurité immobilière et les honoraires du notaire. Pour un bien de 300 000 euros, il faut compter environ 1,5 % à 2,5 % de la valeur totale en frais d'acte. Bien que cela représente une sortie de trésorerie immédiate, le démembrement de propriété reste l'investissement juridique le plus rentable pour une famille, car il sécurise la transmission contre un coût administratif relativement faible comparé aux 20 % ou 30 % de droits de succession qui pourraient s'appliquer sans anticipation.
La fiscalité des droits de donation
C'est ici que le démembrement de propriété révèle sa puissance financière. Les droits de donation ne sont payés que sur la valeur fiscale de la nue-propriété. Si vous donnez la nue-propriété d'un bien valant 400 000 euros à 61 ans, la base taxable n'est que de 240 000 euros (60 %). Après l'abattement de 100 000 euros par enfant, la part taxable est drastiquement réduite. En 2026, de nombreuses familles parviennent ainsi à transmettre des patrimoines immobiliers importants avec un coût fiscal nul ou très faible, simplement en jouant sur le calendrier et les barèmes légaux du démembrement. C'est un coût "maîtrisé" qui évite une spoliation fiscale future.
Le coût des actes annexes et de la gestion
Enfin, il faut parfois prévoir des coûts annexes. La rédaction d'une convention de démembrement personnalisée peut faire l'objet d'honoraires libres de la part du notaire ou d'un avocat fiscaliste. En 2026, cette dépense supplémentaire (souvent entre 500 et 1 500 euros) est un investissement judicieux pour éviter les litiges de gestion. De même, si le démembrement de propriété porte sur des parts de SCI, il faudra prévoir les frais d'enregistrement des statuts modifiés au greffe. Ces coûts de "maintenance" juridique sont minimes au regard de la protection globale offerte par le montage et de la sérénité qu'il apporte dans l'organisation du patrimoine familial sur plusieurs décennies.
FAQ - Le démembrement de propriété
Peut-on vendre un bien en démembrement de propriété si l'une des parties refuse ?
En principe, non. La vente de la pleine propriété exige l'accord unanime de l'usufruitier et du nu-propriétaire. Si l'un des deux s'oppose à la vente, l'autre est bloqué. Toutefois, en 2026, il est possible de demander au juge d'autoriser la vente si le refus de l'autre partie met en péril l'intérêt commun, mais cette procédure est complexe. Le démembrement de propriété impose donc une cohésion familiale forte pour toute décision majeure concernant l'actif.
Qui paie les travaux de rénovation énergétique en 2026 ?
Selon la loi, les travaux d'amélioration énergétique (isolation, changement de fenêtres) sont généralement à la charge de l'usufruitier, car ils relèvent de l'entretien et de l'usage. Cependant, si ces travaux touchent à la structure du bâtiment (réfection totale d'une toiture avec isolation par l'extérieur), le coût peut être partagé. Dans un démembrement de propriété bien géré, il est conseillé de prévoir une clause spécifique pour ces travaux, de plus en plus fréquents en 2026 en raison des normes environnementales.
L'usufruitier peut-il transformer un logement en local commercial ?
L'usufruitier doit conserver la "substance" du bien. Il ne peut pas modifier radicalement la destination de l'immeuble sans l'accord du nu-propriétaire. Transformer un appartement en commerce change la nature et la valeur de l'abusus. Dans le cadre d'un démembrement de propriété, toute modification structurelle ou changement d'usage majeur nécessite un consensus entre les deux titulaires de droits réels.
Qu'est-ce qu'un démembrement de parts de SCPI ?
Le démembrement de propriété peut porter sur des parts de Sociétés Civiles de Placement Immobilier. Un investisseur achète la nue-propriété pour une durée fixe (souvent 10 ans) avec une forte décote, tandis qu'un autre (souvent une entreprise) achète l'usufruit pour percevoir les loyers. C'est un excellent outil pour se constituer un patrimoine futur sans augmenter ses impôts actuels, puisque le nu-propriétaire ne perçoit aucun revenu et n'est pas taxé à l'IFI sur ces parts.
Peut-on mettre fin à un démembrement de propriété avant le décès ?
Oui, par une opération appelée "licitation" ou "cession croisée". L'usufruitier peut décider de donner ou de vendre son usufruit au nu-propriétaire, ou inversement. En 2026, si les parties souhaitent arrêter le démembrement de propriété, elles passent devant un notaire pour acter la réunion de la pleine propriété sur une seule tête. Cela entraîne toutefois des frais d'acte et une fiscalité sur la valeur du droit cédé.
Le nu-propriétaire peut-il obliger l'usufruitier à faire des travaux d'entretien ?
Oui. Si l'usufruitier laisse le bien se dégrader gravement, le nu-propriétaire peut agir en justice. Le démembrement de propriété oblige l'usufruitier à maintenir le bien en état de "réparations d'entretien". S'il manque à son devoir, le juge peut ordonner l'exécution des travaux sous astreinte ou, dans les cas de dégradations extrêmes, prononcer l'extinction anticipée de l'usufruit pour abus de jouissance.
Comment est calculée la valeur de l'usufruit à 75 ans ?
Selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, toujours en vigueur en 2026, l'usufruit d'une personne âgée de 71 à 80 ans révolus est estimé à 30 % de la valeur de la pleine propriété. La nue-propriété représente donc 70 %. Ce calcul est automatique pour la fiscalité, mais pour une vente, les parties peuvent s'entendre sur un "usufruit économique" différent s'ils peuvent justifier d'un rendement locatif spécifique du bien démembré.
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