Baromètre Odoxa 2026 : les Français bousculent leurs habitudes d'épargne face à l'instabilité mondiale

La 13e édition de l'étude Odoxa révèle une méfiance croissante des épargnants français, tiraillés entre les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l'érosion des rendements classiques. Dans ce contexte incertain, les placements historiques comme le Livret A perdent de leur superbe au profit d'une prudence renforcée.
Un climat géopolitique qui pèse sur les décisions financières des ménages
Le conflit actuel impliquant l'Iran assombrit les perspectives économiques hexagonales, engendrant une vague de scepticisme chez les épargnants. Selon les dernières données d'Odoxa, plus de 80 % de la population manifeste une inquiétude marquée concernant l'évolution de la conjoncture. Parmi les 72 % de citoyens affirmant mettre de l'argent de côté, une écrasante majorité (84 %) exprime des doutes sérieux quant à la rentabilité réelle de leurs placements.
Cette instabilité internationale pousse un tiers des épargnants à revoir en profondeur leur stratégie. Toutefois, cette remise en question ne profite pas aux actifs financiers dynamiques. Au contraire, la quête de sécurité reste le moteur principal : 74 % des sondés privilégient des solutions de placement « sûrs » et prudents, refusant de s'exposer aux risques de marchés trop volatils en période de guerre.
Le déclin historique du Livret A et l'essor de l'investissement immobilier
Le Livret A, autrefois pilier de l'épargne populaire, subit une désaffection sans précédent. Sa part dans les choix de placement a chuté de 19 points en un an pour s'établir à 23 %. Il se voit désormais talonné, voire dépassé, par l'assurance-vie et l'acquisition de biens immobiliers via le crédit pour préparer ses vieux jours, deux options qui séduisent chacune un quart des investisseurs.
| Support de placement | Taux d'utilisation (2026) | Tendance |
|---|---|---|
| Livret A | 23 % | En forte baisse |
| Assurance-vie | 25 % | Stable / Leader |
| Investissement Immobilier | 25 % | En progression |
Le désintérêt pour le Livret A semble s'ancrer dans le temps. Près de la moitié des détenteurs (42 %) n'y déposent plus de fonds, et 7 % ont franchi le pas de la clôture définitive. L'étude montre d'ailleurs que sept Français sur dix envisagent sérieusement de cesser d'alimenter ce compte ou de s'en séparer totalement dans les mois à venir.
La réforme fiscale du PER et ses conséquences sur les seniors
Le Plan Épargne Retraite (PER), bien que connu par 77 % de la population, traverse également une zone de turbulences liée aux récents changements législatifs. Jusqu'ici, l'attrait majeur du produit résidait dans sa capacité à réduire l'assiette fiscale des ménages. Or, depuis début 2026, l'avantage fiscal lié aux versements est supprimé pour les épargnants de plus de 70 ans.
Cette modification réglementaire a un effet immédiat sur la collecte : environ 50 % des détenteurs d'un PER prévoient de stopper leurs versements volontaires. Ce sentiment de désengagement est particulièrement saillant chez les seniors, avec 85 % des plus de 65 ans qui déclarent ne plus vouloir alimenter leur plan. Privé de son levier fiscal pour les retraités les plus âgés, le PER perd sa fonction de niche protectrice, obligeant les ménages à chercher de nouvelles alternatives pour la transmission de leur patrimoine ou la gestion de leurs revenus futurs.