SCI et fiscalité : comment choisir le régime le plus avantageux ?

✍ Les points à retenir : SCI à l'IR vs SCI à l'IS
- SCI à l'IR (Transparence fiscale) : C'est le régime par défaut. La société ne paie pas d'impôt : les bénéfices ou déficits sont directement répartis entre les associés et taxés selon leur Tranche Marginale d'Imposition (TMI) + 17,2 % de prélèvements sociaux. Idéal si vous êtes peu imposé personnellement.
- SCI à l'IS (Opacité fiscale) : La société paie son propre impôt sur les bénéfices (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà). Les associés ne sont imposés que s'ils se versent des dividendes. C'est un excellent outil de capitalisation pour réinvestir les loyers sans pression fiscale personnelle.
- Le levier de l'amortissement (Exclusif à l'IS) : À l'IS, vous pouvez déduire chaque année une partie de la valeur du bâtiment de vos revenus imposable (amortissement). Cela permet souvent de réduire le bénéfice comptable à zéro, et donc de ne payer aucun impôt pendant la phase d'exploitation du bien.
- La fiscalité des plus-values à la revente :
- À l'IR : Vous bénéficiez d'abattements pour durée de détention (exonération totale après 22 ans pour l'impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux).
- À l'IS : C'est le point noir. La plus-value est calculée sur la valeur nette comptable (prix d'achat - amortissements). Plus vous avez amorti, plus la taxe est lourde à la revente, sans abattement pour durée de détention.
- La location meublée : Si votre SCI pratique la location meublée de manière habituelle (plus de 10 % des revenus), elle basculera obligatoirement à l'IS. Pour rester à l'IR, vous devez impérativement louer vos biens "nus" (vides).
- Le traitement des déficits : À l'IR, les déficits fonciers peuvent être imputés sur votre revenu global (jusqu'à 10 700 €/an). À l'IS, le déficit est "stocké" dans la société et pourra être déduit des bénéfices des années suivantes, sans limite de temps.
Quels sont les différents types de SCI et leurs objectifs patrimoniaux ?
La création d'une SCI (Société Civile Immobilière) est une démarche stratégique qui permet à plusieurs personnes de détenir et de gérer un ou plusieurs biens immobiliers de manière structurée. Ce véhicule juridique est particulièrement prisé en France en 2026 pour sa souplesse et les nombreuses possibilités qu'il offre en matière de gestion de patrimoine. Loin d'être un modèle unique, la SCI se décline en plusieurs variantes, chacune répondant à des besoins spécifiques, qu'il s'agisse de protéger sa résidence principale, de développer un parc locatif ou de préparer une transmission familiale fluide. Bien choisir la forme de sa société est la première étape pour aligner vos actifs immobiliers avec vos ambitions financières à long terme.
La SCI de gestion ou de location : le modèle classique
La SCI de gestion, souvent appelée SCI de location, est la forme la plus courante. Son objectif principal est l'acquisition, la détention et la mise en location de biens immobiliers. En optant pour cette structure, les associés facilitent la gestion collective d'un patrimoine, évitant ainsi les blocages propres au régime de l'indivision où l'unanimité est souvent requise pour les décisions importantes. Dans une SCI de gestion, les statuts déterminent les pouvoirs du gérant, ce qui assure une continuité dans l'exploitation des actifs. Ce type de société est idéal pour les investisseurs souhaitant bâtir un patrimoine locatif pérenne, tout en ayant la possibilité de choisir entre une imposition transparente (IR) ou opaque (IS) selon leur tranche marginale d'imposition.
La SCI familiale : protéger et transmettre le patrimoine
La SCI familiale est une variante de la société de gestion dont les associés sont unis par des liens de parenté ou d'alliance. Son objectif est essentiellement patrimonial et successoral. Elle permet de conserver un bien immobilier (comme une résidence secondaire ou une maison de famille) au sein de la lignée, en évitant que le bien ne soit démembré ou vendu lors d'une succession difficile. L'un des atouts majeurs de la SCI familiale réside dans la possibilité de donner des parts sociales de manière graduelle aux enfants, tout en conservant le contrôle de la gestion. En 2026, elle reste l'outil privilégié pour optimiser les abattements de droits de donation renouvelables tous les 15 ans, tout en protégeant le conjoint survivant grâce à des clauses de démembrement de propriété finement rédigées.
La SCI d'attribution et la SCI de construction-vente
Il existe des formes de SCI plus techniques destinées à des projets spécifiques. La SCI d'attribution a pour but l'acquisition ou la construction d'un ensemble immobilier en vue de le diviser par lots, qui seront ensuite attribués en propriété ou en jouissance aux associés. Elle est souvent utilisée pour des projets d'habitat participatif. À l'inverse, la SCI de construction-vente (SCCV) est la seule forme de SCI autorisée à avoir une activité commerciale par nature : elle construit des immeubles pour les revendre immédiatement à des tiers afin de réaliser un bénéfice. Bien que fiscalement particulière, la SCCV est un outil incontournable pour les promoteurs immobiliers ou les marchands de biens opérant sous une structure civile pour des raisons de montage financier spécifique.
La SCI de jouissance à temps partagé
Enfin, la SCI de jouissance à temps partagé permet aux associés d'occuper un bien immobilier pendant des périodes déterminées de l'année, proportionnellement à leurs parts dans le capital social. Ce modèle est fréquemment utilisé pour des résidences de vacances de prestige. L'objectif patrimonial ici n'est pas la rentabilité locative, mais le partage des coûts d'entretien et de fonctionnement d'un actif onéreux entre plusieurs foyers fiscaux. Chaque associé bénéficie d'un droit d'usage privatif, ce qui transforme la détention immobilière en un service de confort, tout en encadrant juridiquement les droits de chacun pour éviter les conflits d'usage. C'est une solution pertinente pour optimiser la détention de résidences secondaires à forte valeur vénale.
Comment choisir entre une SCI soumise à l'Impôt sur le Revenu (IR) ou à l'Impôt sur les Sociétés (IS) ?
Le choix du régime fiscal est sans doute la décision la plus lourde de conséquences lors de la création d'une SCI. Par défaut, la société est dite "transparente" et soumise à l'Impôt sur le Revenu (IR). Cependant, les associés peuvent opter pour l'Impôt sur les Sociétés (IS), une option qui est désormais irrévocable après la cinquième année suivant l'exercice de l'option. Ce choix impacte non seulement l'imposition des bénéfices annuels, mais aussi le traitement des déficits, la déductibilité des charges et la fiscalité en cas de revente des actifs. En 2026, l'arbitrage doit se faire sur la base d'une simulation précise de votre cash-flow et de vos objectifs de réinvestissement.
| Critères de comparaison | SCI à l'Impôt sur le Revenu (IR) | SCI à l'Impôt sur les Sociétés (IS) |
|---|---|---|
| Type d'imposition | Transparence : les associés paient l'impôt directement. | Opacité : la société paie son propre impôt. |
| Calcul du résultat | Revenus fonciers (loyers - charges décaissées). | Bénéfices industriels et commerciaux (BIC). |
| Amortissement du bien | Impossible (sauf dispositifs fiscaux spécifiques). | Possible : réduit fortement le bénéfice imposable. |
| Déficit foncier | Imputable sur le revenu global (limite de 10 700 €). | Reportable sur les bénéfices futurs de la SCI. |
| Taux d'imposition | Tranche Marginale d'Imposition (TMI) + 17,2% PS. | 15% jusqu'à 42 500 €, puis 25% au-delà. |
Les avantages de la SCI à l'IR pour les particuliers
La SCI à l'IR est privilégiée par les foyers fiscaux dont la Tranche Marginale d'Imposition est faible (0% ou 11%). Dans ce cadre, les bénéfices de la SCI sont imposés comme des revenus fonciers classiques. Le principal atout de ce régime réside dans le traitement de la plus-value à la revente : la société bénéficie des abattements pour durée de détention propres aux particuliers, permettant une exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. C'est le régime idéal pour une détention patrimoniale de très long terme où l'objectif final est la valorisation du capital immobilier plutôt que la génération de revenus immédiats fortement taxés.
Pourquoi opter pour la SCI à l'IS : une stratégie de capitalisation
L'option pour l'IS transforme la SCI en un véritable outil de capitalisation. Ce régime est particulièrement attractif pour les contribuables fortement imposés (TMI à 30%, 41% ou 45%) car il permet de déconnecter la fiscalité de la société de celle des associés. Tant que les bénéfices restent dans la SCI, les associés ne paient aucun impôt personnel. De plus, la SCI à l'IS permet de déduire l'intégralité des charges, y compris les frais d'acquisition (frais de notaire) et, surtout, de pratiquer l'amortissement comptable. Cela permet souvent de ramener le bénéfice imposable à zéro pendant de nombreuses années, tout en utilisant les loyers pour rembourser l'emprunt bancaire.
L'arbitrage selon la distribution des dividendes
Le choix entre IR et IS dépend également de votre besoin de revenus complémentaires immédiats. Dans une SCI à l'IR, vous payez l'impôt sur le bénéfice, que vous appréhendiez l'argent ou non. Dans une SCI à l'IS, si vous souhaitez sortir de l'argent de la société, vous serez imposé une seconde fois au titre des dividendes (généralement via la Flat Tax de 30%). Par conséquent, l'IS est recommandé si vous avez pour objectif de réinvestir la trésorerie dans de nouveaux projets immobiliers au sein de la SCI, tandis que l'IR est plus adapté si vous comptez utiliser les loyers pour vos dépenses de vie quotidienne au fur et à mesure de leur perception.
L'impact de l'amortissement comptable : le levier majeur de la SCI à l'IS pour réduire l'assiette imposable
L'amortissement est un mécanisme comptable spécifique à la SCI soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). Il consiste à constater chaque année la dépréciation théorique du bien immobilier due à l'usure du temps. Contrairement au régime de l'IR où seules les charges réellement payées sont déductibles, l'amortissement est une charge "non décaissée" : elle réduit votre bénéfice imposable sans que vous ayez à sortir de l'argent de votre poche. En 2026, ce levier reste l'argument numéro un des investisseurs immobiliers pour maximiser le rendement net de leurs actifs immobiliers.
Le fonctionnement de l'amortissement par composants
Pour calculer l'amortissement au sein d'une SCI, l'expert-comptable décompose l'immeuble en plusieurs éléments (gros oeuvre, toiture, installations électriques, agencements). Chaque composant possède une durée d'amortissement propre, généralement comprise entre 15 et 50 ans. Par exemple, si une SCI achète un immeuble de 500 000 €, elle pourra déduire environ 15 000 € à 20 000 € de charges d'amortissement chaque année. Cette somme vient s'ajouter aux intérêts d'emprunt et aux taxes, permettant très souvent d'afficher un résultat fiscal déficitaire ou nul, alors même que la société encaisse des loyers positifs et rembourse son crédit immobilier.
Neutraliser l'impôt sur les revenus locatifs
Grâce à l'amortissement, la SCI à l'IS peut percevoir des loyers importants sans payer d'impôt sur les sociétés pendant les 15 à 20 premières années de détention. Cette stratégie de "tunnel fiscal" permet d'accélérer le désendettement de la société. En réinjectant l'économie d'impôt dans le remboursement anticipé ou dans l'entretien du bien, les associés augmentent la valeur de leurs parts sociales de manière exponentielle. Pour un investisseur en 2026, l'amortissement transforme la SCI en un "coffre-fort" fiscalement étanche, idéal pour se constituer un patrimoine sans subir la pression des prélèvements sociaux de 17,2% inhérents aux revenus fonciers classiques.
Le revers de la médaille : le calcul de la plus-value
Il est crucial de comprendre que l'amortissement est un avantage "prêté" par l'État. Lors de la revente du bien par la SCI à l'IS, les amortissements pratiqués durant toute la durée de détention sont réintégrés pour le calcul de la plus-value. La base de calcul ne sera pas le prix d'achat initial, mais la Valeur Nette Comptable (VNC), c'est-à-dire le prix d'achat moins les amortissements. Si le bien a été totalement amorti, la plus-value sera égale au prix de vente total. Cette fiscalité à la sortie peut être lourde, ce qui confirme que la SCI à l'IS est une structure de détention de très long terme, voire de transmission, où la vente finale n'est pas l'objectif premier.
Quelle fiscalité s'applique sur les plus-values immobilières réalisées par une SCI ?
La vente d'un immeuble détenu par une SCI génère une plus-value dont le traitement fiscal varie radicalement selon le régime d'imposition de la société. Cette étape est souvent celle où les associés regrettent ou se félicitent de leur choix initial entre l'IR et l'IS. En 2026, les taux d'imposition restent élevés, et il est primordial d'anticiper la quote-part qui reviendra à l'administration fiscale afin de calculer la rentabilité réelle de votre sortie d'investissement.
La plus-value au régime de la SCI à l'IR
En SCI à l'IR, c'est le régime des plus-values immobilières des particuliers qui s'applique. La plus-value brute est égale à la différence entre le prix de vente et le prix d'achat (majoré des frais de notaire et des travaux s'ils n'ont pas été déduits). Le grand avantage est l'application d'abattements pour durée de détention. Après 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu (au taux de 19%). Après 30 ans, elle est également exonérée de prélèvements sociaux (17,2%). Ce mécanisme est extrêmement protecteur pour les familles conservant des biens sur une génération, car il permet de récupérer le capital net de toute taxe.
La plus-value au régime de la SCI à l'IS
Pour une SCI à l'IS, le calcul suit les règles des bénéfices professionnels. Comme mentionné précédemment, la plus-value est calculée par rapport à la valeur nette comptable (VNC). Elle est ensuite imposée au taux normal de l'IS (15% ou 25%). Il n'existe aucun abattement pour durée de détention. Ce régime peut être très pénalisant : pour un bien acheté 300 000 € et revendu 500 000 € après avoir été amorti de 100 000 €, la plus-value imposable sera de 300 000 € (500 000 - 200 000). L'impôt sera donc bien plus élevé qu'au régime de l'IR. C'est pourquoi la vente d'un bien en SCI à l'IS doit souvent s'accompagner d'un projet de réinvestissement immédiat pour éviter une "évaporation" fiscale du capital.
La surtaxe sur les plus-values élevées
Quelle que soit la structure, si la plus-value imposable réalisée par la SCI (après abattements pour le régime IR) excède 50 000 €, une surtaxe nationale s'applique. Son taux varie de 2% à 6% selon le montant de la plus-value. Cette taxe s'ajoute à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. En 2026, les associés d'une SCI doivent intégrer ce paramètre dans leurs calculs de sortie, notamment lors de la vente d'immeubles entiers ou de terrains à bâtir à forte valeur ajoutée, afin de ne pas surestimer le net vendeur final.
Quelle fiscalité en cas de revente des parts sociales de SCI par un associé ?
Plutôt que de vendre l'immeuble détenu par la société, un associé peut décider de vendre ses parts sociales de SCI. Cette opération est juridiquement différente et possède sa propre logique fiscale. La vente de parts est souvent préférée pour faire entrer un nouvel associé ou pour sortir d'un projet familial sans liquider le patrimoine immobilier global. Elle nécessite une évaluation précise de la valeur des parts, qui prend en compte l'actif de la société mais aussi son passif (notamment les dettes bancaires en cours).
L'imposition de la plus-value de cession de parts
La plus-value réalisée par l'associé lors de la vente de ses parts de SCI est imposée selon les règles des plus-values immobilières si la SCI est à prépondérance immobilière (ce qui est le cas pour la quasi-totalité des SCI). Si la SCI est à l'IR, l'associé bénéficie des mêmes abattements pour durée de détention que s'il vendait un immeuble en direct. La durée de détention se calcule à partir de la date d'acquisition ou de souscription des parts, et non à partir de la date d'achat du bien par la SCI. Cela offre une flexibilité intéressante : on peut vendre des parts exonérées même si la société vient d'acquérir un nouvel immeuble.
Les droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur
Lors de la cession de parts de SCI, l'acquéreur doit payer des droits d'enregistrement. En 2026, le taux est fixé à 5% du prix de cession des parts. Contrairement à la vente d'un immeuble classique où les "frais de notaire" (droits de mutation) s'élèvent à environ 7-8%, la vente de parts sociales permet une économie substantielle pour l'acheteur. Toutefois, l'assiette de ces 5% est calculée sur la valeur réelle des parts. Si la SCI a remboursé une grande partie de ses emprunts, la valeur des parts est élevée et les droits d'enregistrement deviennent un coût non négligeable qu'il faut négocier lors de la transaction.
La fiscalité spécifique pour les associés personnes morales
Si l'associé qui revend ses parts de SCI est lui-même une société soumise à l'IS (une société holding par exemple), le régime des plus-values professionnelles s'applique sans aucun abattement. La plus-value de cession sera alors intégrée au résultat imposable de la holding et taxée à 25%. Ce montage est fréquent en 2026 pour les investisseurs professionnels qui utilisent une cascade de sociétés pour piloter leur fiscalité. L'enjeu est alors de bénéficier du régime mère-fille ou de l'intégration fiscale pour optimiser la circulation du cash entre la SCI et la structure tête de groupe.
Quelles sont les obligations comptables et déclaratives d'une SCI selon son régime fiscal ?
La gestion d'une SCI n'est pas dénuée de contraintes administratives. Bien que la société soit civile, le fisc exige une transparence totale sur les flux financiers. Le niveau d'exigence varie considérablement entre une petite SCI familiale à l'IR et une SCI à l'IS gérant plusieurs actifs. En 2026, la dématérialisation des procédures est devenue la règle, et le gérant doit veiller à respecter un calendrier précis pour éviter des pénalités de retard ou des remises en cause de l'option fiscale.
Les obligations de la SCI à l'IR : la déclaration 2072
Pour une SCI soumise à l'IR, l'obligation comptable est théoriquement simplifiée (comptabilité de trésorerie : recettes/dépenses). Cependant, la société doit impérativement déposer chaque année une déclaration n°2072. Ce document détaille les revenus bruts, les charges déductibles et répartit le résultat entre chaque associé au prorata de ses parts. Les associés reportent ensuite leur quote-part sur leur déclaration personnelle de revenus (formulaire 2042). Même si aucun bénéfice n'est réalisé, le dépôt de la 2072 est obligatoire. Une absence de déclaration peut entraîner la perte du bénéfice de certains avantages fiscaux comme le déficit foncier.
La rigueur de la SCI à l'IS : comptabilité commerciale et liasse fiscale
La SCI à l'IS est soumise aux règles de la comptabilité commerciale (comptabilité d'engagement). Cela implique la tenue d'un grand livre, d'un livre-journal, et l'établissement annuel d'un bilan, d'un compte de résultat et d'une liasse fiscale (formulaires 2033 ou 2065). L'intervention d'un expert-comptable est quasi indispensable pour gérer les amortissements et les reports déficitaires. En plus de l'aspect fiscal, la SCI à l'IS doit approuver ses comptes en assemblée générale et les déposer au greffe du tribunal de commerce, ce qui engendre des frais de fonctionnement annuels (environ 1 500 € à 2 500 €) qu'il faut intégrer dans son calcul de rentabilité.
Le Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE) et les obligations juridiques
Au-delà du fisc, toute SCI doit tenir à jour son dossier au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS). En 2026, la vigilance est accrue sur le Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE), qui identifie les personnes physiques contrôlant réellement la société. Toute modification dans le capital social ou dans la gérance doit être déclarée sous peine d'amendes sévères. Enfin, le gérant a l'obligation légale de convoquer au moins une assemblée générale annuelle pour informer les associés de la gestion de la société. Le non-respect de ce formalisme peut être utilisé par le fisc pour qualifier la SCI de "fictive", entraînant l'annulation de tous ses avantages fiscaux.
Transmission de patrimoine : l'avantage de la SCI pour optimiser les droits de succession
L'une des motivations premières pour créer une SCI en France reste l'optimisation de la transmission. Contrairement à la détention d'un bien en direct, la SCI permet de "fractionner" le patrimoine en parts sociales. Cette division offre une souplesse inégalée pour transmettre progressivement ses actifs tout en minimisant l'impact des droits de mutation à titre gratuit (succession et donation). En 2026, la SCI s'impose comme le levier principal pour contourner les lourdeurs de l'indivision successorale.
Le démembrement des parts sociales de SCI
La stratégie la plus efficace consiste à démembrer les parts de la SCI. Les parents donnent la nue-propriété des parts à leurs enfants tout en conservant l'usufruit. Ce montage permet de transmettre la propriété future du patrimoine immobilier à un coût fiscal réduit, puisque les droits de donation sont calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété (selon un barème lié à l'âge de l'usufruitier). Au décès des parents, l'usufruit s'éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires des parts sans avoir à payer de droits de succession supplémentaires. Ce mécanisme permet de transmettre des millions d'euros d'immobilier avec une pression fiscale minime.
L'avantage de la décote pour "minorité" et "illiquidité"
Lors de la transmission de parts de SCI, la valeur déclarée à l'administration fiscale peut bénéficier d'une décote par rapport à la valeur des immeubles détenus. On applique généralement une décote de 10% à 15% pour tenir compte de la moindre liquidité des parts sociales (il est plus difficile de vendre des parts que l'immeuble lui-même) et de l'absence de contrôle pour un associé minoritaire. Cette décote "technique" réduit mécaniquement l'assiette des droits de succession ou de donation. Sur un patrimoine important, cette simple nuance d'évaluation peut représenter une économie de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les héritiers.
Utiliser le passif de la SCI pour réduire les droits de donation
Dans une SCI, la valeur des parts sociales est calculée "net de dettes". Si la société a contracté un emprunt bancaire pour acquérir ses biens, la valeur des parts est initialement très faible. Les parents peuvent alors donner des parts sociales à leurs enfants au début du projet, quand la valeur nette est proche de zéro, sans consommer leurs abattements fiscaux. Au fur et à mesure que la SCI rembourse son emprunt grâce aux loyers, la valeur des parts des enfants augmente sans qu'aucune nouvelle taxation ne soit déclenchée. C'est le principe de la "transmission de la croissance" du patrimoine, un avantage que ne permet pas la détention immobilière en direct.
FAQ - SCI et fiscalité : comment choisir le régime le plus avantageux ?
Est-il possible de passer de l'IR à l'IS en cours de vie de la SCI ?
Oui, une SCI initialement soumise à l'IR peut opter pour l'IS à tout moment. Depuis la loi de finances 2019, cette option est révocable jusqu'au cinquième exercice suivant celui au cours duquel l'option a été exercée. Au-delà de ce délai, le passage à l'IS devient définitif. Il faut toutefois être vigilant : le passage à l'IS est assimilé fiscalement à une cessation d'entreprise, ce qui peut déclencher l'imposition immédiate des plus-values latentes et des bénéfices non encore taxés.
Peut-on louer en meublé dans une SCI à l'IR ?
La location meublée est considérée comme une activité commerciale. Si une SCI à l'IR loue en meublé et que cette activité représente plus de 10% de son chiffre d'affaires, elle bascule automatiquement et de manière irrévocable à l'impôt sur les sociétés (IS). Pour louer en meublé tout en restant à l'IR, il est souvent préférable d'utiliser d'autres structures comme l'indivision ou la SARL de famille, ou d'accepter le régime de l'IS au sein de la SCI.
Une SCI peut-elle bénéficier de l'abattement de 30% sur la résidence principale ?
En principe, non. L'abattement de 30% sur la résidence principale pour le calcul de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) ne s'applique pas aux parts de SCI, même si le bien détenu par la société est la résidence principale de l'associé. Cependant, la jurisprudence et certaines tolérances administratives permettent parfois d'appliquer une décote pour occupation, mais celle-ci est généralement moins avantageuse que l'abattement direct accordé aux propriétaires en nom propre.
Quels sont les frais de création d'une SCI en 2026 ?
La création d'une SCI engendre des frais incompressibles : les frais d'annonce légale (environ 200 €), les frais de greffe pour l'immatriculation (environ 70 €) et les frais de déclaration des bénéficiaires effectifs (environ 25 €). S'y ajoutent les honoraires d'un professionnel (notaire ou avocat) pour la rédaction des statuts, qui varient entre 500 € et 2 500 € selon la complexité du montage. Enfin, si un immeuble est apporté à la SCI, des droits de mutation et des frais de publicité foncière s'appliquent.
Comment sont imposés les dividendes sortis d'une SCI à l'IS ?
Les dividendes versés par une SCI à l'IS aux associés personnes physiques sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) ou "Flat Tax" au taux de 30% (12,8% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux). L'associé peut toutefois opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu s'il y trouve un avantage, bénéficiant alors d'un abattement de 40% sur le montant des dividendes bruts, mais restant soumis aux prélèvements sociaux sur la totalité.
Peut-on déduire les travaux de rénovation dans une SCI à l'IR ?
Oui, au régime de l'IR, les travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration sont déductibles des revenus fonciers de la SCI, à condition qu'ils ne modifient pas la structure de l'immeuble (agrandissement ou reconstruction). Ces travaux peuvent générer un déficit foncier imputable sur le revenu global de l'associé dans la limite de 10 700 € par an, le surplus étant reportable pendant 10 ans sur les revenus fonciers futurs.
Le gérant d'une SCI doit-il être obligatoirement associé ?
Non, le gérant d'une SCI peut être un associé ou un tiers "non-associé". Il peut s'agir d'une personne physique ou d'une personne morale. Les statuts définissent librement les conditions de nomination, de rémunération et l'étendue des pouvoirs du gérant. Dans les SCI familiales, il est toutefois d'usage que l'un des parents soit nommé gérant statutaire pour conserver la main sur la stratégie immobilière tout en ayant déjà transmis les parts aux enfants.
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